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8 août 2023 2 08 /08 /août /2023 14:05
Mort de Mohamed Bendriss :
cinq policiers du Raid
en garde à vue à Marseille
Des agents du Raid sont suspectés d’avoir tué un homme de 27 ans dans la nuit du 1er au 2 juillet, à Marseille, alors qu’ils intervenaient pour réprimer les émeutes provoquées par l’homicide de Nahel M., à Nanterre.
par Ismaël Halissat
 

«Traumatisme balistique»

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6 août 2023 7 06 /08 /août /2023 12:31
Limoges : deux jeunes sont morts
dans un accident de scooter
après un refus d’obtempérer

Selon la version donnée par la police, le scooter aurait grillé un feu rouge et percuté un véhicule tiers, tuant sur le coup le mineur, âgé de 16 ans, au guidon du deux-roues. Son passager, majeur, est mort à l’hôpital.

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui à 12h50

https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/08/06/limoges-deux-jeunes-sont-morts-dans-un-accident-de-scooter-apres-un-refus-d-obtemperer_6184632_3224.html
 

Deux jeunes hommes circulant à scooter sont morts à Limoges (Haute-Vienne) après avoir percuté un véhicule à la suite d’un refus d’obtempérer dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 août, a appris l’Agence France-Presse de sources policières.

Selon la version des faits donnée par la police, le deux-roues aurait pris la fuite à la vue d’un véhicule de la brigade anticriminalité (BAC) qui s’apprêtait à le contrôler. Une course-poursuite se serait engagée, avant que les policiers y renoncent, « jugeant la situation trop dangereuse ». Le scooter, un puissant Yamaha T-Max, aurait alors grillé un feu rouge et percuté un véhicule tiers, tuant sur le coup le mineur, âgé de 16 ans, au guidon du deux-roues. Son passager, majeur, est, quant à lui, mort à l’hôpital.

La préfecture de Haute-Vienne n’a pas souhaité faire de commentaire, renvoyant vers le parquet de Limoges, qui doit communiquer sur l’affaire dans la journée.

Selon le site de faits divers Actu17, des « violences urbaines » ont eu lieu à Limoges après cet accident, « mais le calme est rapidement revenu ».

Ce drame s’est déroulé un peu plus d’un mois après la mort de Nahel M., 17 ans, tué par un policier, le 27 juin à Nanterre, après un refus d’obtempérer. Sa mort a déclenché plusieurs nuits de violences urbaines dans tout le pays. Elles ont été marquées par des heurts entre émeutiers et forces de l’ordre, des scènes de pillages, des tirs de mortiers d’artifice sur des bâtiments publics et des incendies.

 
 
 

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5 août 2023 6 05 /08 /août /2023 08:50
L’effroyable bilan provisoire
des violences policières
après la mort de Nahel

Mehdi, Abdelkarim, Jalil, Virgil, Nathaniel ont tous perdu un œil. Hedi a la tête fracassée. Aimène est dans le coma. Mohamed est mort dans des conditions encore troubles. Un mois après le décès de Nahel, Mediapart dresse un premier bilan provisoire d’une vague impressionnante de violences policières.

Antton Rouget 2 août 2023 à 18h22
esureraMesurera-t-on un jour l’ampleur de la répression qui s’est abattue contre la jeunesse des quartiers populaires il y a un mois ? Depuis l’explosion de colère en réaction à la mort de Nahel, 17 ans, tué à bout portant par un policier le 27 juin à Nanterre (Hauts-de-Seine), pas une semaine ne se passe sans un nouveau récit de violences policières. Un homme de 27 ans qui meurt à Marseille ; un autre, âgé de 25 ans, toujours dans le coma en Meurthe-et-Moselle ; un adolescent de 15 ans éborgné en Essonne, etc.

Au fil des récits et des images de ces jeunes hommes aux visages fracassés commencent à se dessiner, comme une mosaïque, les conséquences de la semaine de révoltes qui s’est étalée du 27 juin au 5 juillet.

À ce jour, le tableau des victimes de violences policières, qui ne fait l’objet d’aucun commentaire officiel, reste forcément parcellaire et incomplet. Comme lors des « gilets jaunes », les cas remontent progressivement à la surface, les uns après les autres, faute d’institutions, d’organisations politiques, de structures syndicales ou d’associations capables de faire rapidement le lien entre toutes les victimes, ou même de les encourager à prendre la parole, à s’organiser en collectif, à s’adjoindre les services d’avocats ou à solliciter des médias.

Il n’en reste pas moins que ce bilan, très provisoire, donne un premier aperçu de la brutalité extraordinaire qui s’est abattue en quelques jours dans plusieurs villes françaises.

 
Illustration 1 Des policiers du Raid déployés pour du maintien de l’ordre à Lille, le 30 juin 2023. © Photo Kenzo Tribouillard / AFP
  • Mehdi, 21 ans, éborgné par un tir policier à Saint-Denis, dans la nuit du 28 au 29 juin

Mehdi a perdu l’usage de son œil droit après avoir été touché par un tir de lanceur de balles de défense (LBD) lors d’affrontements à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) dans la nuit du 29 juin. « Ce soir-là, mon fils est parti avec un de ses amis à la Plaine Saint-Denis, près d’un parc, rue Jamin. Pas loin, il y avait des affrontements entre les jeunes et les policiers. Tout le monde courait et Mehdi a voulu rentrer, mais il s’est retrouvé seul face aux forces de l’ordre », a témoigné auprès de Mediapart le père de la victime, Rachid, 51 ans. D’après le récit de ce dernier, un policier aurait alors « mis en joue » Mehdi avant de « lui tirer dessus au LBD ».

À la suite de la plainte déposée par l’avocate de la victime, Me Lucie Simon, le parquet de Bobigny a ouvert, jeudi 20 juillet, une enquête préliminaire pour « violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente », avec les circonstances aggravantes qu’elles ont été commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique (PDAP) avec arme (en l’occurrence un LBD), un crime passible de quinze ans d’emprisonnement. Les investigations ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

  • Nathaniel, 19 ans, éborgné à Montreuil dans la nuit du 28 au 29 juin

Tout juste bachelier, Nathaniel sortait d’un anniversaire, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), lorsqu’il a été pris dans une charge policière. « On a descendu la rue sans se méfier. On a vu des jeunes qui auraient pu être des émeutiers et plus loin une voiture de police secours arrêtée [...] Je suis plutôt quelqu’un qui se laisse intimider alors j’ai dit à mon copain qu’il fallait mieux qu’on rebrousse chemin. Le temps de se retourner, les policiers avaient jeté des lacrymogènes qui formaient comme un mur blanc. On est repartis dans l’autre sens. On a voulu s’abriter dans un renfoncement à l’entrée d’un bâtiment et là, ça a été très vite », a raconté le jeune homme à Radio France et Libération.

Victime de sept fractures au visage, Nathaniel a perdu l’usage de son œil droit. Il ne sait pas quelle arme a été utilisée. Sa mère, ancienne cadre administrative dans la police nationale, l’a encouragé à porter plainte. Son avocat, Me Arié Alimi, a indiqué qu’une enquête préliminaire, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), a été ouverte.

  • Aimène, 25 ans, dans le coma à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle), le 30 juin

Un mois après, Aimène se trouve toujours dans le coma. D’après les témoignages de ses proches recueillis par Le Monde, ce jeune homme aurait été touché à la tête par un « bean bag », une munition tirée par un policier du Raid, unité mobilisée dans plusieurs villes françaises, dont Mont-Saint-Martin, ville de 10 000 habitant·es en Meurthe-et-Moselle. Dans le quartier où a eu lieu le drame, des habitants ont raconté au Monde avoir été « pris pour cible » par des membres du Raid, alors qu’ils ne participaient pas aux émeutes, décrivant cette nuit comme « terrifiante ». « Des jeunes m’ont dit que ça tirait à tout-va », a aussi témoigné auprès de l’AFP Serge de Carli, le maire de Mont-Saint-Martin (divers gauche).

La procureure de la République au tribunal judiciaire de Val de Briey a dans un premier temps ouvert une enquête en flagrance pour « violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique », confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Le parquet de Val de Briey s’est ensuite dessaisi, au vu de la « complexité des faits », au profit de celui de Nancy et une information judiciaire a été ouverte. L’avocat de la famille d’Aimène, Me Yassine Bouzrou, vient de demander le dépaysement de l’affaire, en dénonçant le refus des juges d’instruction de lui donner accès au dossier.

  • Virgil, 24 ans, éborgné à Nanterre dans la nuit du 29 au 30 juin

Ancien militaire, Virgil « ne comprend pas pourquoi on lui a tiré dans l’œil, sans raison aucune ». D’après son récit, révélé par Blast, il marchait dans une rue de Nanterre aux alentours de minuit après avoir participé à la marche blanche en hommage à Nahel, le 29 juin, quand il a été pris à partie par un groupe de policiers, qui lui auraient dit « casse-toi », avant de recevoir quelques instants plus tard un projectile au niveau de l’œil gauche, a-t-il indiqué dans sa plainte. Selon son avocat, Me Arié Alimi, Virgil ne pourra jamais récupérer l’usage de son œil.

Une enquête, confiée à l’IGPN, a été ouverte par le parquet de Nanterre le 7 juillet, jour du dépôt de sa plainte.

  • Abdelkarim, 22 ans, éborgné à Marseille, dans la nuit du 30 juin au 1er juillet

À Marseille, Abdelkarim a lui aussi perdu l’usage de son œil gauche alors qu’il passait près d’un groupe de policiers. D’après son récit à Mediapart, il marchait alors « seul » en centre-ville, pour se rendre chez un ami qui habite à 150 mètres. « Les gens qui cassaient des trucs étaient loin. Il n’y avait personne, juste les policiers », a-t-il aussi expliqué en se remémorant les circonstances du drame. « J’ai marché vers eux pour tourner dans la ruelle et rejoindre mon collègue, poursuit-il. Ils m’ont laissé avancer. Ils n’ont rien dit du tout. J’ai vu un policier en train de me viser mais je n’ai pas remarqué qu’il allait me tirer dessus, je n’ai pas caché mon visage. Quand j’ai voulu tourner, ils m’ont tiré dessus. »

D’après le jeune homme, les policiers se trouvaient dans des véhicules du Raid, unité également mobilisée ce soir-là à Marseille. Une enquête préliminaire a été ouverte à la suite de la plainte déposée par son avocat, Me Arié Alimi, pour « violences volontaires en réunion ayant entraîné une mutilation définitive ou une infirmité permanente, par personne dépositaire de l’autorité publique, avec arme » et « tentative d’homicide volontaire ». 

  • Mohamed, 27 ans,  cousin d’Abdelkarim, tué à Marseille, dans la nuit du 1er au 2 juillet

Mohamed, cousin germain d’Abdelkarim, a quant à lui succombé à ses blessures, le lendemain. Alors qu’il s’était arrêté à scooter dans le centre-ville, il est mort d’une crise cardiaque probablement causée par un impact de LBD en pleine poitrine.

À l’hôpital, les médecins qui l’ont examiné ont constaté deux impacts « en cocarde » de 4,5 cm de diamètre, évocateurs d’un « flash-ball » (aujourd’hui remplacé par le LBD) : l’un sur l’intérieur de sa cuisse droite, l’autre sur son thorax, côté gauche. D’après l’autopsie, ce « commotio cordis » (choc sur le cœur) a probablement causé la crise cardiaque qui a emporté ce jeune homme de 27 ans, sans antécédents médicaux. 

Le 4 juillet, le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire pour « coups mortels » avec arme, confiée à la police judiciaire et à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Dans un communiqué, il jugeait alors « probable » que le décès ait été causé « par le tir d’un projectile de type “flash-ball” », qui « a entraîné un arrêt cardiaque ». L’hypothèse d’un tir policier n’a pas été validé à ce stade et les investigations sont toujours en cours pour déterminer les circonstances exactes du décès.

  • Hedi, 22 ans, « laissé pour mort » à Marseille, dans la nuit du 1er au 2 juillet

Le soir de la mort de Mohamed, Hedi a été touché par un tir de LBD qui lui a causé un grave traumatisme crânien. Ce jeune homme de 22 ans, dont le témoignage est devenu viral ces derniers jours, a aussi indiqué avoir avoir été « tabassé » par un groupe de policiers de la BAC, avec plus de 60 jours d’arrêt de travail à la clef.

 

Quatre fonctionnaires de police ont été mis en examen le 21 juillet par un juge d’instruction pour « violences volontaires en réunion, par personne dépositaire de l'autorité publique, avec arme, ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours ». L’un d’eux a même été placé en détention provisoire, ce qui a provoqué l’ire des syndicats de police, mais aussi du directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux.

« Je suis contente qu’ils les aient arrêtés, ça va dans le bon sens », réagissait auprès de Mediapart Leila, la mère de Hedi, après les mises en examen. « J’imagine qu’ils ont dû avoir des éléments grâce aux caméras. On a confiance en la justice. Mais j’ai dit à Hedi et à son ami Lilian de se préparer à être attaqués, à ce que certains aillent chercher la moindre petite broutille. » 

  • Jalil, 15 ans, éborgné par la police pendant les révoltes à Chilly-Mazarin, dans la nuit du 1er au 2 juillet

La tête baissée, l’air encore perdu, Jalil a décidé de témoigner dans StreetPress, mardi 1er août. Cet adolescent a 16 ans. Il en avait 15 quand il a perdu l’usage de son œil droit, un mois plus tôt.

Malgré le couvre-feu instauré par le maire divers-gauche de la ville, Jalil sort rejoindre un ami aux alentours de 22 h 30, dans la nuit du 1er au 2 juillet. « Je n’avais aucune envie de casser quoi que ce soit, on a juste l’habitude de se retrouver là avec mes potes », témoigne-t-il. Le jeune homme explique ensuite s’être retrouvé dans un groupe d’une dizaine de personnes avec « un plus grand que [lui qui a] allum[é] un mortier et commenc[é] à viser les CRS » présents sur place. Jalil dit s’être retrouvé sur la ligne de tir. Ensuite : « J’ai des flashs, comme si j’avais perdu connaissance et que je me réveillais 20 mètres plus loin en train de courir. Je ne sentais plus rien. »

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet d’Évry le 4 juillet pour « violences volontaires commises par une personne dépositaire de l’autorité publique ». 

À la date du 24 juillet, Emmanuel Macron, qui préférait insister sur les « 900 blessés » parmi les forces de l’ordre, livrait au passage les chiffres suivants : « 28 enquêtes lancées par l’IGPN, la police des polices, et l’IGGN, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale ». Dernier bilan disponible à ce jour.

 
 

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5 août 2023 6 05 /08 /août /2023 08:47
Prisons surpeuplées en France :
un niveau historique
qui devrait empirer avec
les incarcérations liées aux émeutes

La densité carcérale globale est actuellement de 122,8 % contre 118,7 % il y a un an. En raison de cette surpopulation, près de 2 500 détenus doivent dormir sur des matelas posés sur le sol.

Par Abel Mestre Publié aujourd’hui à 15h30,


https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/08/01/population-carcerale-en-france-un-niveau-historique-qui-devrait-empirer-avec-les-incarcerations-dues-aux-emeutes_6184099_3224.html
 

Les mois se suivent et se ressemblent. En tout cas, en matière d’emprisonnement. Le nombre de détenus a atteint un nouveau record en France, avec un total de 74 513 personnes incarcérées au 1er juillet, contre 73 699 le 1er juin, selon les chiffres diffusés par le ministère de la justice, lundi 31 juillet. Cela représente 2 500 détenus de plus qu’au 1er juillet 2022. C’est la sixième fois que la France bat son nombre record de détenus. Mais c’est aussi une triste « première » : jamais la barre des 74 000 détenus n’avait été dépassée.

L’accumulation des chiffres donne le tournis. La France dispose de 60 666 places opérationnelles dans ses établissements pénitentiaires. Cela donne donc une densité carcérale globale à 122,8 % contre 118,7 % il y a un an. Dans certains établissements, ce taux dépasse même les 200 %. C’est le cas à Majicavo (Mayotte, 278,1 %) ; Perpignan (212,2 %) ; Nîmes (212 %) ; Rochefort (Charente-Maritime, 205,8 %) ; Foix (près de 205 %). En raison de cette surpopulation, près de 2 500 détenus doivent dormir sur des matelas posés à même le sol. Environ 27 % des personnes incarcérées sont en attente de leur jugement.

Problème : la situation devrait encore empirer à court terme. En effet, les incarcérations suite aux émeutes déclenchées après la mort du jeune Nahel M., tué par le tir d’un policier le 27 juin, ne sont pas toutes décomptées. En effet, les violences urbaines se sont déroulées pendant huit jours, entre le 27 juin et le 5 juillet, le pic ayant eu lieu entre le 30 juin et le 2 juillet. Or, Eric Dupond-Moretti, le ministre de la justice, avait demandé une réponse pénale « rapide, ferme et systématique » après ces événements.

Le 19 juillet, interrogé sur RTL, le garde des sceaux affirmait qu’au total, 1 278 jugements avaient été prononcés. Dans 95 % des cas, une condamnation a été prononcée. Soit 1 056 personnes condamnées à une peine d’emprisonnement, dont 742 à une peine ferme (la peine moyenne est de 8,2 mois). Le contingent de détenus devrait donc, en toute logique, encore battre les records.

Travail de réinsertion quasi impossible

La question de la surpopulation carcérale est un débat récurrent aussi bien dans l’Hexagone qu’à l’échelle européenne. A plusieurs reprises, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) s’est penchée sur le sujet. Y compris tout récemment. Ainsi, le 6 juillet, la Cour de Strasbourg a rendu un arrêt condamnant une nouvelle fois la France pour des conditions indignes de détention.

Si certains utilisent ces chiffres de personnes incarcérées comme la preuve que la justice n’est pas laxiste, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, elle, ne cesse d’alerter sur la situation explosive qu’induit la surpopulation. Dans son rapport annuel, publié en mai, la CGLPL a dressé un tableau apocalyptique des prisons françaises. Dans ce document, Mme Simonnot estime ainsi que « notre société tolère ce qui, à bien des égards, s’apparente aux antiques châtiments corporels » et pointait « un abandon de l’Etat ».

Car au-delà même de la question de la dignité et des droits de l’homme, la surpopulation carcérale nuit au sens de la peine prononcée et à son efficacité. Ainsi, dans les établissements bondés, la vie en prison devient intenable, puisque la surpopulation a pour conséquence directe les violences, un manque d’hygiène, l’entrave aux activités, au travail et à l’enseignement. Le travail pour préparer la réinsertion devient quasi impossible.

« Cadeau inespéré » pour l’extrême droite

Face à ce constat, aussi bien la CGLPL que certains élus (notamment de gauche et écologistes, mais aussi quelques députés de la majorité) prônent une régulation carcérale. Cette proposition consisterait à procéder à des libérations anticipées de détenus en fin de peine à partir du moment où un certain seuil de suroccupation est atteint. C’est ce qu’il s’est passé pendant la pandémie de Covid, en 2020. Pour la première fois, le nombre de détenus avait fortement diminué.

Mais cette option a été rejetée à plusieurs reprises par M. Dupond-Moretti, notamment lors du débat de son projet de loi d’orientation et de programmation de la justice. « J’ai une responsabilité qui est politique. Il y a 73 000 détenus et 60 000 places [le garde des sceaux se basait alors sur les chiffres au 1er mai]. Si vous voulez qu’il n’y ait plus de surpopulation carcérale là tout de suite, il faut que je libère 13 000 détenus, avait-il ainsi affirmé devant le Conseil national des barreaux en juin. Si je fais ça, j’offre à l’extrême droite un cadeau inespéré. La société française n’est pas prête à ce qu’on libère 13 000 personnes. »

Eric Dupond-Moretti préfère mettre en avant la construction de 18 000 nouvelles places de prison d’ici à 2027 et le renforcement des peines alternatives, comme le travail d’intérêt général. Mais – et même si plusieurs sites sont en chantier ou vont l’être prochainement – cet objectif très ambitieux semble difficilement réalisable en si peu de temps. Et ce, d’autant plus que le ministère de la justice se trouve face à un problème très concret : celui des élus locaux qui refusent de voir une prison arriver sur leur territoire. Lors du débat à l’Assemblée nationale, l’ancien avocat pénaliste avait même lancé « un appel solennel, républicain, afin que localement cessent les tentatives d’entrave » à la construction de nouvelles prisons.

Les partisans de la régulation carcérale rappellent, quant à eux, un adage connu en criminologie : « Plus on construit [de prisons], plus on [les] remplit. » Un axiome que rejette le garde des sceaux.

 

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5 août 2023 6 05 /08 /août /2023 08:44
[COMMUNIQUÉ UNITAIRE]
Une marche unitaire le 23 septembre 2023
mardi 1er août 2023, par Attac France
 

Nous appelons à reprendre la rue samedi 23 septembre, à organiser des manifestations ou d’autres initiatives sur tout le territoire, pour faire front ensemble contre la répression des contestations sociales démocratiques et écologiques, pour la fin du racisme systémique, des violences policières, et pour la justice sociale climatique, féministe et les libertés publiques.

Le meurtre de Nahel, tué par un policier à bout portant le 27 juin 2023 à Nanterre, a mis de nouveau la lumière sur ce qui doit cesser : le racisme systémique, les violences policières, et les inégalités sociales que creuse la politique de Macron. Une politique néolibérale imposée par des méthodes autoritaires, des lois sécuritaires et une doctrine du maintien de l’ordre décriée jusque dans les plus grandes instances internationales. Une politique régressive qui fait le lit de l’extrême-droite et piétine toujours plus nos libertés publiques, notre modèle social, notre avenir face à l’effondrement écologique.

En première ligne des victimes de ces choix politiques, les habitant·es, et notamment les jeunes des quartiers populaires et des territoires ultramarins, qui subissent de plein fouet l’aggravation de toutes les inégalités sociales dans un contexte économique d’inflation, de hausse des loyers, des prix de l’énergie et de politiques d’urbanisme brutales. Les réformes de la Macronie accentuent la pauvreté en durcissant notamment l’accès aux prestations sociales. La scandaleuse réforme de l’assurance chômage en est un exemple significatif alors que la précarité au travail augmente.

Les révoltes dans les quartiers populaires ne peuvent s’analyser que dans ce contexte global. Les habitant·es de ces quartiers, et notamment les mères isolées, pallient bien souvent seul·es les carences de services publics dont la destruction s’accélère de jour en jour.
A côté de cela, de nombreuses violences sont perpétrées contre les populations : délocalisation et destruction de l’emploi, évasion et fraude fiscale, mode de vie des ultras riches écocidaire, supers profits des multinationales, modes de production hypers polluants responsables de la crise climatique. Et pour cela, l’État laisse faire ! De plus, les populations racisées et/ou issues des classes sociales défavorisées, des quartiers populaires, des zones rurales et périurbaines appauvries, des territoires ultramarins sont victimes de violences institutionnelles et systémiques, notamment policières.

La politique répressive de l’État est encore renforcée par le dernier remaniement ministériel, qui a élargi les compétences du ministère de l’Intérieur à la ville, l’Outre-mer et la citoyenneté. La répression s’étend avec toujours plus d’intensité et de violences policières, d’interdictions de manifester, contre le mouvement social et écologiste, comme lors de la lutte contre la réforme des retraites rejetée par l’immense majorité des travailleur-ses et leurs syndicats et à Sainte-Soline. La liberté associative, directement et indirectement, est de plus en plus mise en cause.

Cette situation est d’autant plus inquiétante que l’institution policière paraît hors de contrôle du pouvoir politique. Des déclarations factieuses de certains syndicats de policiers suite au meurtre de Nahel aux déclarations du Directeur général de la police nationale et à celle du Préfet de police de Paris ainsi que le ministre de l’intérieur, c’est l’institution policière qui aujourd’hui remet en cause l’État de droit, plutôt que de mettre fin à l’impunité des auteurs de violences policières.

Nos organisations syndicales, associations, collectifs, comités de quartiers populaires, de victimes de violences policières et partis politiques se mobilisent ensemble dans la durée pour la convergence des justices antiraciste, sociale et écologique, féministes et pour que cessent les politiques sécuritaires et anti sociales. (Lire notre premier communiqué unitaire "Notre pays est en deuil et en colère")

La crise démocratique, sociale, politique que nous traversons est très grave.

Nous ne pouvons accepter qu’il y ait encore d’autres morts comme Nahel, ou d’autres blessé-es, victimes des violences policières.

Nous appelons à reprendre la rue samedi 23 septembre, à organiser des manifestations ou d’autres initiatives sur tout le territoire, pour faire front ensemble contre la répression des contestations sociales démocratiques et écologiques, pour la fin du racisme systémique, des violences policières, et pour la justice sociale climatique, féministe et les libertés publiques.

Nous exigeons des réponses immédiates et dans l’urgence :

  • abrogation de la loi de 2017 sur l’assouplissement des règles en matière d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre ;
  • une réforme en profondeur de la police, de ses techniques d’intervention et de son armement
  • le remplacement de l’IGPN par un organisme indépendant de la hiérarchie policière et du pouvoir politique ;
  • la création d’un service dédié aux discriminations touchant la jeunesse au sein de l’autorité administrative présidée par le Défenseur des droits et le renforcement des moyens de lutte contre le racisme, y compris dans la police ;
  • Un plan d’investissement public ambitieux dans les quartiers populaires et sur l’ensemble du territoire pour rétablir les services publics, le financement des associations et des centres sociaux

Marchons toutes et tous ensemble le 23 septembre !

PREMIÈRES ORGANISATIONS SIGNATAIRES

Collectifs/comités de quartiers populaires, de victimes de violences policières :Coordination pour la Défense des habitants des Quartiers Populaires, Coordination nationale contre les violences policières, Coordination nationale “Marche 40 ans”, Collectif Justice pour Claude Jean-Pierre, Comité Justice pour Othmane, Collectif Justice et Vérité pour Yanis, Comité Justice pour Alassane, Collectif Stop Violences Policières à Saint-Denis, Comité vérité et justice pour Safyatou, Salif et Ilan, Mémoire en marche Marseille.

Organisations syndicales : CGT, FSU, Union syndicale Solidaires, Fédération Syndicale Étudiante (FSE), Mouvement national lycéen ( MNL ), L’Union étudiante.

Associations et autres collectifs : Alternatiba, ANV-COP21, Attac France, Collectif National pour les Droits des Femmes (CNDF), Coudes à Coudes, Dernière Rénovation, Droit Au Logement (DAL), FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s), Fédération nationale de la LIbre Pensée, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·es), Les Amis de la Terre France, La Révolution est en marche, Marche des Solidarités, Memorial 98, Planning familial, Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR), Association Stop Aux Violences d’État, Alternatiba Paris, Association Intergénérationelle de la Rabière (AIR-37), Association Naya (37), Association Nouveaux Souffle pour l’Insertion Sociale et Professionnelle (ANSIP-37)

Organisations politiques : EELV Europe Ecologie Les Verts, ENSEMBLE Mouvement pour une Alternative de Gauche, Écologiste et Solidaire, LFI - La France insoumise, Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires ( FUIQP), Gauche démocratique et sociale (GDS), La Gauche Ecosocialiste, Génération.s, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Nouvelle Donne, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti Ouvrier Indépendant (POI), Révolution Écologique pour le Vivant (REV), Vivre Ensemble Solidaires en Métropole Tourangelle (VESEMT-37)

Contact presse
Youlie Yamamoto, porte-parole d’Attac France : 06 83 65 08 93

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1 août 2023 2 01 /08 /août /2023 18:50
Affaire Hedi :
l’un des policiers déjà inquiété
dans une enquête
sur le tabassage d’une jeune fille
L’un des quatre policiers mis en examen à Marseille pour des violences à l’encontre de Hedi est déjà apparu dans une information judiciaire relative au tabassage d’Angelina, en 2018. Cet agent, qui avait nié toute implication, n’a pas été poursuivi à l’issue d’investigations plombées par l’absence de vidéos exploitables et le mutisme de la hiérarchie. Mais l’enquête vient d’être rouverte.
Pascale Pascariello 31 juillet 2023 à 12h04
Leur anonymat a jusqu’ici été préservé et toute une profession le protège, plus que jamais. Mais l’identité de l’un des quatre policiers mis en examen dans l’affaire Hedi, jeune homme de 22 ans touché par un tir de LBD à Marseille, puis tabassé et « laissé pour mort »(selon ses termes), mérite pourtant d’être examinée.

D’après nos informations, David B. est l’une des figures centrales d’une précédente information judiciaire ouverte pour des faits de violences assez similaires, commis en décembre 2018 à Marseille. Une jeune fille de 19 ans, Angelina (plus connue sous le pseudonyme de Maria), avait été gravement blessée par un tir de LBD en marge des manifestations des « gilets jaunes », puis passée à tabac par plusieurs policiers, à ce jour non identifiés par la justice.

 
 
 

Dans l’affaire Hedi, David B. a pu être identifié, comme ses collègues de la BAC, grâce à l’exploitation d’enregistrements de caméras de vidéosurveillance de la ville, de celles d’un commerce et d’un lieu de culte, et de vidéos d’un témoin, d’après les informations recueillies par Mediapart.

 
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Hedi a subi un traumatisme crânien grave lié à un tir de LBD, dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023. © Nejma Brahim / Mediapart
 

Depuis le 20 juillet, il fait ainsi partie des quatre agents mis en examen pour « violences volontaires aggravées » (notamment parce qu’elles ont été commises en réunion, par des personnes dépositaires de l’autorité publique et avec armes). L’un d’eux, suspecté d’avoir tiré au LBD, a été incarcéré. Son placement en détention provisoire, qui doit être réexaminé jeudi 3 août devant la cour d’appel, a provoqué une fronde inédite au sein de la police nationale.

Laissé libre sous contrôle judiciaire, David B., lui, se voit reprocher d’avoir traîné Hedi au sol sur plusieurs mètres avec ses collègues, puis de l’avoir frappé, sans lui porter secours alors que le jeune homme, gravement blessé à la tête par le tir de LBD, perdait du sang.

D’après BFMTV, plusieurs des mis en cause ont d’abord nié leur participation aux violences. Reconnu notamment grâce à son T-shirt, le policier porteur du LBD a même réfuté qu’il s’agissait de lui sur les vidéos. Seuls deux policiers auraient fini, selon nos confrères, « par reconnaître des violences ».

D’après des informations obtenues par Mediapart, la juge d’instruction saisie du dossier a par ailleurs ordonné, le 28 juillet, une expertise des vidéos, afin de préciser le rôle de chacun – outre les quatre mis en examen, deux autres agents étaient présents. Dans son ordonnance, on apprend en effet que les caméras de vidéosurveillance de la ville ont permis à l’IGPN d’identifier l’arrivée de « six individus » comme étant des « policiers en civil » vers 1 h 51, jusqu’à ce que le jeune homme quitte les lieux à 1 h 56, filmé par la caméra d’un lieu de culte.

La magistrate indépendante demande ainsi aux experts de travailler plusieurs scènes, notamment celle « au cours de laquelle Hedi […] se trouve au sol, entouré de plusieurs individus, en décrivant les coups qui lui sont portés et le nombre de personnes participant à cette scène en rappelant leur signe distinctif ». Dans une interview à Konbini, Hedi a décrit ainsi l’ampleur des dégâts physiques : « [Les médecins] ont été obligés de m’enlever une partie du crâne pour que ça respire. »

Pour Angelina, une enquête devenue un chemin de croix

La vie d’Angelina, elle, a basculé le 8 décembre 2018 alors qu’elle sortait de son travail et regagnait son domicile, en marge des mobilisations des « gilets jaunes ». La jeune fille de 19 ans a soudain été projetée à terre par un tir de LBD dans la jambe. Une fois au sol, des policiers l’ont tabassée. Grièvement blessée, la jeune fille a eu le crâne fracturé et le cerveau atteint. Souffrant de séquelles physiques et psychologiques, elle a depuis été reconnue travailleuse handicapée. Mediapart l’avait interrogée en longueur en juin dernier.

Mais l’enquête judiciaire s’est transformée en chemin de croix. La plainte d’Angelina a d’abord été refusée par plusieurs commissariats. Lorsque l’enquête préliminaire a enfin été ouverte, les enregistrements des caméras de vidéosurveillance de la ville avaient donc été écrasés, conformément aux délais d’usage. De même que les écoutes des échanges radio de la police (Acropol), qui sont, elles, conservées deux mois. 

Le problème est que d’autres preuves, qui auraient pu être exploitées par la justice, ont disparu : le précieux rapport informatique faisant état de l’ensemble des mouvements et des interventions des policiers la journée du 8 décembre a été tronqué entre 14 h 37 et 23 h 21. Plus un mot de disponible. Seules deux vidéos de témoins ont pu être versées au dossier, qui montrent des policiers vêtus de noirs, le visage masqué, certains affublés de casques non réglementaires.

Des comptes rendus d’opération du 8 décembre 2018 montrent que David B. était présent dans le périmètre où Maria s’est fait agresser, à la même heure.

Les enquêteurs vont partir de certains détails révélés par l’analyse des vidéos pour rechercher les auteurs. Un policier a une attelle à la main gauche, d’autres portent un modèle particulier de casques de skateurs. Les investigations se recentrent ainsi sur quatre fonctionnaires, appartenant à deux unités de police, le service interdépartemental de sécurisation des transports en commun (SISTC) et la compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI).

À l’époque, le commandant à la tête de la CSI de Marseille reconnaît, sur procès-verbal, que David B., en poste dans un des six groupes dits « civils » depuis 2016 et ancien de la BAC de Paris, était l’un des seuls, avec un de ses collègues, Emmanuel B., à être porteur de casques non réglementaires, type skate. Il ne l’implique pas pour autant. Un autre fonctionnaire, qui a depuis quitté la région, confirme les déclarations du commandant.

Par ailleurs, des comptes rendus d’opération du 8 décembre 2018 montrent que David B. était présent dans le périmètre où Maria s’est fait agresser, à la même heure. Sur la base de ces éléments, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) recherche David B. pour l’auditionner. Mais ce dernier s’est envolé pour le Togo, pour une opportune mission militaire d’un an, au bénéfice d’une entreprise privée…

Particulièrement ciblé, mais non identifié

Ce n’est que deux ans après les faits, en février 2021, que l’IGPN l’entend enfin. Si David B. confirme avoir été « vêtu de sombre pour ne pas attirer l’attention » le 8 décembre 2018, et s’il confirme n’avoir porté aucun brassard apparent (contrairement à la réglementation), il déclare n’avoir pas du tout souvenir de ce qu’il a fait ce jour-là.

En même temps, il se dit certain « à 2 500 % » de ne pas avoir porté de casque non réglementaire et nie toute participation aux violences commises contre Angelina. Des déclarations dont se contentera l’IGPN, d’autant que les perquisitions du casier et du domicile de David B., menées en juin 2021, soit deux ans et demi après les faits, demeurent infructueuses.

Parmi tous les policiers auditionnés dans l’affaire d’Angelina, aucun n’a identifié les auteurs des violences. Les responsables des différentes unités de police présentes ce jour-là ont déclaré ne pas reconnaître les fonctionnaires sur les vidéos. Certains ont même expliqué être dans l’incapacité de localiser leurs propres agents au moment des faits. Et l’IGPN a recueilli leurs déclarations sans interroger ces commissaires, commandants ou majors sur de telles incohérences.

En définitive, si le nom de David B. apparaît dans la synthèse des investigations menées par l’IGPN, au côté de trois collègues, comme ayant été particulièrement ciblés par les investigations, la « police des polices » ne conclut à aucune identification.

Et faute de pouvoir formellement identifier les auteurs, le juge d’instruction saisi du dossier ordonne un premier non-lieu en décembre 2020, en concluant malgré tout que les individus qui ont roué de coups Angelina « avaient tous la qualité de fonctionnaires de police ». Ce magistrat indépendant ajoute : « Ces violences sont d’autant plus inacceptables qu’elles ont été commises de façon purement gratuite. » 

Comment comprendre que l’institution policière puisse couvrir les comportements violents et injustifiés de certains des siens ? La situation a été jugée suffisamment inacceptable par l’avocat général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence pour qu’il demande, le 10 mai dernier, la reprise des investigations, effectivement décidée par la chambre de l’instruction. Une nouvelle juge a depuis été saisie du dossier.

Sollicité par Mediapart, l’avocat d’Angelina, Me Brice Grazzini, confie : « En apprenant qu’un policier [de l’affaire Hedi] avait déjà été entendu dans le cadre de son affaire, Angelina a été très choquée. Le mode opératoire résultant des faits pour lesquels il est aujourd’hui mis en examen est identique à celui de l’affaire d’Angelina. Nous n’en tirons aucune conclusion hâtive, mais cela ne manque évidement pas de nous interroger. »

Questionnée, l’avocate de David B., Julie Mulateri, n’a pas souhaité répondre à nos questions, précisant qu’une instruction est en cours.

Dans l’affaire Hedi, apparaît par ailleurs un autre nom, celui de Mario S., l’un des agents présents au moment des faits mais qui n’a pas été mis en examen. L’expertise vidéo réclamée par la magistrate vise notamment à déterminer son rôle. D’après nos informations, ce policier de la BAC est déjà visé par une plainte pour faux en écriture publique, à la suite de faits remontant à avril 2021.

À la suite de l’interpellation d’un couple, il est soupçonné d’avoir rédigé un faux procès-verbal pour couvrir les violences commises par ses collègues. Comme nous l’avions révélé, un policier avait tabassé Eliot, 23 ans, tandis qu’un autre agent avait violemment projeté à terre et aspergé de gaz lacrymogène son amie, Marion, 32 ans.

Chargé de rédiger le procès-verbal de « saisine d’interpellation », Mario S., qui avait participé à l’interpellation, avait transformé les faits, présentant le couple comme agressif et auteur d’outrages et rébellion. Ces allégations n’ont pas résisté au visionnage d’une vidéo filmée par un témoin, qui montre des violences commises par ces agents de la BAC et dévoile l’ampleur de leurs mensonges.

Interrogé par l’IGPN, Mario S. a affirmé ne pas avoir été témoin des violences et avoir « établi son PV sur la base des descriptions » de ses collègues. Deux des policiers auteurs de ces violences doivent comparaître en septembre, tandis que la plainte pour faux déposée en février dernier par les victimes est toujours en cours de traitement par le parquet de Marseille.

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28 juillet 2023 5 28 /07 /juillet /2023 11:38
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28 juillet 2023 5 28 /07 /juillet /2023 11:18
Il aura fallu moins d’une semaine de grogne d’une partie de la profession, après le placement en détention provisoire d’un fonctionnaire, pour que les organisations syndicales soient en passe d’obtenir tout ce qu’elles demandaient, et notamment la possible création d’un statut juridique spécial pour les forces de l’ordre.
par Fabien Leboucq et Ismaël Halissat
publié aujourd'hui à 10h20
 

«Revenir sur la détention provisoire des policiers»

 

«Primes maintenues lors de suspensions»

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26 juillet 2023 3 26 /07 /juillet /2023 20:59
Mort d’Adama Traoré :
le parquet de Paris requiert
un non-lieu pour les gendarmes
Le parquet de Paris a requis ce mercredi 26 juillet un non-lieu au terme de l’enquête sur la mort du jeune homme en juillet 2016 dans l’enceinte de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise).
par LIBERATION et Charles Delouche-Bertolasi
publié aujourd'hui à 17h12
 
 

«Manqué à leur devoir de protection»

 

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26 juillet 2023 3 26 /07 /juillet /2023 20:22

Vérité et Justice pour CHECK CAMARA , 18 ANS,

retrouvé mort après une course poursuite policière à Dijon.

 

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