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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 11:15
 
 
6 déc. à 12:14
 
https://www.nouvelobs.com/societe/20191206.OBS21989/retraites-trois-journalistes-blesses-dans-la-manifestation-parisienne.html

Par L'Obs avec AFP

Publié le 06 décembre 2019 à 07h43

Trois journalistes ont été blessés jeudi à Paris par des tirs lors de la manifestation contre les violences policières, ont indiqué plusieurs sources

Le correspondant de l’agence turque Anadolu, Mustafa Yalgin, a été blessé « par une grenade lacrymogène lancée par la police française » pendant la manifestation parisienne, a indiqué Anadolu sur son site. Le journaliste a été transporté à l’hôpital sur une civière, peut-on voir sur des images diffusées par le média turc. Blessé à l'oeil, place de la République, il a reçu un éclat de grenade lacrymogène.

Ici, le masque de protection du photojournaliste Mustafa Yalcin de l'agence turque.

Taha Bouhafs, journaliste de La-bas, si j'y suis

 "Notre reporter @T_Bouhafs a été blessé au genou par un tir (dont on ne connaît pas la nature pour le moment) », a confirmé son employeur, le site Là-bas si j’y suis. « Il a été évacué de la manifestation par les street medics ».

Taha Bouhafs s’était fait interpeller en juin alors qu’il couvrait une manifestation, s’attirant le soutien de la profession.

Une vingtaine de journalistes avait pris part plus tôt à une courte action, organisée par son collectif « Reporters en colère », pour dénoncer les « violences policières » contre les journalistes.

Le journaliste Gaspard Glanz a également été blessé jeudi aux jambes, par « 5 éclats de grenade désencerclante », a-t-il indiqué sur Twitter en fin d’après-midi. Son téléphone et un de ses appareils photo ont été endommagés.
e journaliste, à la tête du site Taranis News, était arrivé sur le devant de la scène en avril après son interpellation lors d’une manifestation des « gilets jaunes », suscitant de vives réactions.

Gaspard Glanz a été condamné mi-novembre à une amende pour avoir fait un doigt d’honneur à des policiers lors de cette manifestation. Il avait reconnu à l’audience « un geste inapproprié », parlant d’une « réaction épidermique » après avoir été poussé.

Le journaliste compte parmi les 300 signataires d’une tribune parue le 1er mai, dénonçant des « multiples violences d’Etat » et demandant au gouvernement de prendre « les mesures nécessaires pour que les forces de l’ordre cessent » de les « harceler » et les laissent travailler « librement ».

Les syndicats de la profession et Reporters sans frontières (RSF) avaient aussi dénoncé à plusieurs reprises des atteintes à la liberté d’informer, après des incidents entre forces de l’ordre et journalistes lors des manifestations des « gilets jaunes ».

Emmanuel Macron avait promis en mai que « des actions » seraient engagées pour sanctionner les violences policières délibérées contre des journalistes pendant ce mouvement.

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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 21:12
La France condamnée par la CEDH pour des
« traitements dégradants » infligés à un détenu

La France devra verser 18 000 euros au plaignant pour dommage moral.

Par L'Obs avec AFP

Publié le 05 décembre 2019 à 16h13

La Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a condamné ce jeudi 5 décembre la France pour les « traitements inhumains ou dégradants » infligés à un détenu transféré presque nu en 2007 ainsi que « l’usage disproportionné de la force par le personnel pénitentiaire » à son encontre.

Les magistrats européens ont également pointé le « manque d’effectivité et d’indépendance de l’enquête diligentée », selon un communiqué de la CEDH qui précise que la France devra verser 18 000 euros au plaignant pour dommage moral. L’instruction, relatent les magistrats européens qui siègent à Strasbourg, s’était conclue par un non-lieu alors que « la crédibilité des témoignages des surveillants aurait dû être minutieusement vérifiée ».

 

Surveillant suspendu

Né en 1981 et résidant à Lyon, le détenu avait été transféré du centre pénitentiaire de Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, vers celui de Varennes-le-Grand, en Saône-et-Loire, le 6 juillet 2007.

Selon la CEDH, il s’était auparavant scarifié le bras, avait eu un « comportement violent » et avait mis le feu à sa cellule avant d’être placé en quartier disciplinaire. Le 6 juillet 2007, encadré par trois surveillants, le détenu avait été transféré, les pieds liés par des « entraves réglementaires » et menotté.

« Vêtu d’un tee-shirt, un surveillant lui remit un drap pour se couvrir avant d’embarquer dans le fourgon », indique encore la CEDH, précisant qu’à l’arrivée, il « était pratiquement nu, vêtu d’un maillot de sport, le drap ayant glissé de ses épaules ».

Le détenu présentait alors « diverses contusions sur le visage, le cou et le buste, affirmant avoir été victime de violences de la part des surveillants avant de quitter l’établissement de Salon-de-Provence ».

Une enquête administrative interne diligentée le jour même avait conclu « à la faute disciplinaire du surveillant responsable du transfert », suspendu un temps de ses fonctions, toujours selon la CEDH.

« De nombreuses lésions »

Le détenu avait porté plainte et en juillet 2012, une juge d’instruction avait rendu une ordonnance de non-lieu, décision confirmée par la cour d’appel, la Cour de Cassation rejetant le pourvoi.

« Quatre certificats médicaux ont constaté de nombreuses lésions » dont une « marque de strangulation de 18 cm » restée inexpliquée, souligne la cour qui évoque aussi la « souffrance mentale » subie par le détenu.

L’usage d’une lance pour éteindre l’incendie de la cellule était « disproportionné » et avait eu « pour conséquence un arrosage intempestif du requérant et de son paquetage, générant ainsi un sentiment d’humiliation », selon la CEDH. Elle conclut :

« Un tel traitement a provoqué chez lui des sentiments d’arbitraire, d’infériorité, d’humiliation et d’angoisse [et] constitue un grave manque de respect pour la dignité humaine. »

« C’est un dossier assez exemplaire, qui permet de stigmatiser la violence des Eris (Equipes régionales d’Intervention et de Sécurité), un corps spécifique de l’administration pénitentiaire dont les actions sont très peu encadrées, ce qui aboutit à ce sujet de dérives », a pointé auprès de l’AFP l’avocat du détenu, Me Patrice Spinosi.

« Lorsque l’on est confronté à des plaintes de détenus qui évoquent des violences de la part de l’administration pénitentiaire, la CEDH dit clairement que la nature de la réponse apportée aussi bien par l’administration que par le pouvoir judiciaire n’est absolument pas suffisante », a également insisté l’avocat.

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 13:33
 
Menton : mobilisation pour atteintes aux droits
fondamentaux des migrants

Des associations et ONG réclament l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire et des mesures concrètes. Elles sont rassemblées pour le dire, ce mercredi, à Calais, Dunkerque, Hendaye, Briançon et Menton.
 

Par Coralie Chaillan Publié le 04/12/2019 à 12:27 Mis à jour le 04/12/2019 à 13:04

Réception des demandes d'asile, prise en charge sanitaire, protection des mineurs isolés, les droits fondamentaux des migrants sont-ils respectés aux frontières françaises ? A l’évidence non pour les associations d’aide aux migrants.

Pour faire la lumière sur cette question polémique, Amnesty International France, La Cimade, Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières France et le Secours Catholique-Caritas France demandent la création d'une commission d'enquête parlementaire et sont aujourd'hui rassemblées pour le dire à Calais, Dunkerque, Hendaye, Briançon et Menton.


En 2018, à Menton, 24 000 exilés se sont vu interdire l'entrée sur le territoire français.
19/20
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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 13:28
Vu les circonstances, il ne sera pas possible - à notre grand regret- qu'une délégation du Collectif Ali Ziri, participe ce samedi à RENNES, à la marche commémorative pour Babacar Gueye. C'est  pourquoi nous avons adressé à AWA GUEYE, soeur de Babacar ce message de soutien sous forme de communiqué.
 

Communiqué du Collectif Ali Ziri pour la Marche commémorative pour Babacar Gueye du 7 décembre 2019.

 

Le Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri est solidaire de la famille de Babacar Gueye, comme de toutes les familles des nombreuses victimes de violences policières.   Le 3 décembre 2015, ils étaient huit policiers devant un homme en crise, qui pour le maîtriser ont tiré cinq balles sur lui et l’ont laissé agoniser menotté !

Babacar a été abattu comme l’ont été Angelo Garand, Amine Bentounsi, Liu Shaoyao, Abdoulaye Camara...

 La famille d'Ali Ziri, a connu comme la vôtre, après la violence policière, la violence judiciaire, le scandale du très difficile accès à la justice, et lorsqu' on a réussi à la saisir, le scandale d'avoir à souffrir des années  pour entendre prononcer un classement sans suite ou un non-lieu pour les policiers.

Le refus d’actes d’instruction, comme la reconstitution des faits, l’étirement dans le temps des procédures, sont autant de dénis de justice. Après un premier classement sans suite, vous avez appris que les scellés contenant les deux chargeurs de l’arme ayant tué Babacar, ainsi que l’arme elle-même, avaient été détruits… par erreur ! Ainsi se construit l’impunité pour les forces de l’ordre, qui de surcroît prétendent avoir agi en légitime défense.

Cette impunité  garantie aux forces de l'ordre sur des années, est d'autant plus scandaleuse, que des peines lourdes s'abattent en comparution immédiate, sur toute personne qui conteste l'ordre policier !

C'est pourquoi la résistance unie de toutes les familles et de leurs collectifs de soutien est notre premier devoir pour la mémoire des victimes de la police, et parce que le combat contre l'injustice ne peut cesser.

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1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 13:04
Marseille : des centaines de personnes manifestent
en mémoire de Zineb Redouane
 
Depuis 14h ce samedi plusieurs centaines de personnes manifestent à Marseille quartier Vieux Port en hommage à Zineb Redouane, tuée l'an dernier par un tir de lacrymogène en décembre 2018.

 

Par Valérie Smadja Publié le 30/11/2019 à 15:45 Mis à jour le 30/11/2019 à 16:57

Zineb Redouane, 80 ans,  avait été touchée le 1er décembre 2018 alors qu'elle fermait les volets de son appartement, au 4e étage d'un immeuble situé sur la Canebière à Marseille.
A sa fenêtre, elle est  touchée au visage par des éclats de grenade lacrymogène. Elle meurt le lendemain sur la table d'opération à l'hôpital.
Un après on peut entendre dans la manifestation-hommage:

"on n'oublie pas, on ne pardonne pas"

Un an après, la responsabilité de la police est mise en cause. Mais le policer responsable du tir de grenade n'a toujours pas été identifié.
Fin août, la famille de Zineb Redouane a obtenu de la Cour de Cassation que l'information judiciaire soit dépaysée et confiée à un juge de Lyon pour plus de sérénité.
 

Une arrestation en milieu d'après midi ce samedi 30 novembre

 

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 13:05

Hommage à Zineb Redouane
Lundi 2 décembre 2019
19h – Place de La Comédie
Bordeaux



« Nous sommes tous Adama, nous sommes tous Zineb Redouane, parce qu’une injustice faite à un seul d’entre nous est une menace faite à tous... et un crime qui reste impuni est une permission pour d’autres crimes », ce sont ces mots poignants que Milfet avait adressés à la famille Traoré pour la troisième marche commémorative en la mémoire d’Adama.

Sa mère, Zineb, avait trouvé la mort le 2 décembre 2018 à l’hôpital de La Conception à Marseille, après avoir reçu, la veille, une grenade lacrymogène en pleine tête tirée par un C.R.S qui se trouvait en face de son immeuble.

Zineb n’était pas en train de manifester. Elle discutait tranquillement au téléphone avec Milfet quand elle s’est approchée de la fenêtre pour la fermer, croyant ainsi se protéger de la violente répression qui s’abattait contre les manifestants quatre étages plus bas.

Un geste anodin, en rien provoquant. Et pourtant…

« Il m’a visée, un policier m’a visée ! », c’est ce que Zineb, mère courage, trouve encore la force de crier au téléphone à Milfet, affolée, qui essaie à distance d’organiser les secours.

Arrivée à l’hôpital, le bilan est lourd.

L’hémiface droite du visage a été à ce point fracturée que les os de la face se sont affaissés pour venir oppresser ses voies respiratoires : le choc de l’impact a déplacé son maxillaire tandis que l’inhalation de gaz a provoqué un œdème pulmonaire ainsi que l’effondrement de son palais.

C’est trop pour Zineb, 80 ans, qui décède des suites de ses blessures.

Pour Milfet et sa famille, c’est le début d’un combat judiciaire où il faut faire face aux manipulations policières, à la désinformation, au déni de justice qui semble poindre comme dans beaucoup d’affaires concernant des crimes policiers.

Crimes qui s’abattent chaque année, essentiellement sur les jeunes des quartiers populaires, inscrivant le racisme d’Etat dans le sang, laissant pour longtemps les familles endeuillées sans réponse et offrant aux forces de l’ordre un blanc-seing pour commettre toutes les exactions, jusqu’à la mort donc.

De mars 2018 à juin 2019, ce ne sont pas moins de 35 personnes qui ont ainsi perdu la vie après une rencontre fatale avec la police.

Ce sont autant de familles brisées.
Ce sont autant de colères attisées par l’impunité.
Ce sont autant de raisons de se montrer solidaire, d’exiger justice et vérité !

Pour rendre hommage à Zineb, à toutes les personnes mortes sous les coups de la police, à toutes les personnes mutilées et blessées pendant les manifestations Gilets Jaunes et les mouvements sociaux, pour tous celles et ceux violentés, humiliés dans les commissariats, lors des contrôles au faciès, pour que cesse enfin cette violence systémique, nous vous donnons rendez-vous :

Munissez-vous de bougies, comme autant de lumières rappelant les vies à tout jamais perdues.

Nous n’oublierons jamais Zineb Redouane !
Tant qu’il n’y aura pas de justice, il n’y aura pas de paix !


Le collectif Contre Les Abus Policiers – C.L.A.P33
Le collectif des Mutilé-e-s Pour l’Exemple
L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre – O.P.A
Le collectif Jaunes Etc 33
Le collectif des Crieurs et Crieuses Bordelais
Le collectif On The Ric
 

Pour aller plus loin
[Articles]

La dernière journée de Zineb Redouane, racontée par sa fille
https://www.revolutionpermanente.fr/1er-decembre-2018-la-derniere-journee-de-Zineb-Redouane-racontee-par-sa-fille-Justice-et-verite

« La vraie sagesse c’est d’interdire ces armes »
La fille de Zineb Redouane répond à Macron
http://clap33.com/2019/04/la-vraie-sagesse-c-est-d-interdire-ces-armes-la-fille-de-zineb-redouane-repond-a-macron.html

Zineb Redouane, assassinée le 1er décembre 2018 à Marseille
Autopsie d'un crime policier
https://desarmons.net/index.php/2019/07/09/zineb-redouane-assassinee-le-1er-decembre-2018-a-marseille/8

Mort de Zineb Redouane : les enquêteurs se sont montrés peu curieux
https://mars-infos.org/mort-de-zineb-redouane-les-4464

[Vidéos]
"Pourquoi m'ont-ils tiré dessus ?" La fille de Zineb témoigne
https://youtu.be/aayuSfxTgzA

Nouveaux éléments troublants sur la mort de Zineb Redouane
https://youtu.be/Ny2g1Y3CjFM

Mort de Zineb Redouane : une affaire d'Etat
https://youtu.be/Ny2g1Y3CjFM
--

collectif Contre Les Abus Policiers - C.L.A.P33 - Bordeaux [Fr]
collectif.clap33@gmail.com
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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 21:13

https://www.revue-ballast.fr/campagne-internationale-justice-pour-adama/

En solidarité avec la Campagne internationale pour Assa Traoré et sa famille, qui débutera le 3 décembre prochain, nous avons sollicité plusieurs militantes et militants afro-américains, connus pour leur engagement en faveur de la justice sociale et de la lutte antiraciste. Cette tribune a ainsi vu le jour : un signe de soutien, adressé de l’autre côté de l’Atlantique, au combat judiciaire que mène, avec acharnement, les Traoré et le Comité Adama depuis l’été 2016. La revue Jadaliyya a publié la version anglaise ; nous la diffusons ici en français, en partenariat avec Bastamag.


Il y a trois ans, Adama Traoré, un jeune homme noir de 24 ans, a été retrouvé mort dans la cour d’une gendarmerie, à Persan (95), après avoir subi un placage ventral par trois gendarmes qui voulaient effectuer un contrôle d’identité. En dépit des premiers signes manifestes de malaise et des alertes formulées par Adama, quant à sa difficulté à respirer, les gendarmes n’ont rien fait. Lorsque les pompiers ont finalement été appelés, ils l’ont trouvé les mains attachées, tête contre le sol. Puis ont défait ses menottes afin de le mettre en position latérale de sécurité : Adama agonisait déjà. Il a été déclaré mort peu de temps après.

Un procureur a évoqué une « grave infection » et une « asphyxie » ; d’autres « experts » ont fait état de « problèmes cardiaques ». Des médecins ont quant à eux invoqué la drépanocytose1. Sa famille, elle, n’a cessé de contester ces résultats, rappelant qu’Adama était un homme athlétique en bonne santé. Plusieurs expertises et contre-expertises ont d’ailleurs démenti les déclarations officielles.

Le Comité Adama a vu le jour en 2016. Ce collectif, fondé par la famille et les proches du défunt, milite pour que « l’affaire » ne soit ni rejetée, ni oubliée. Pour que soient mises en lumière les fautes graves des gendarmes ainsi que les dysfonctionnements de la Justice. À ce jour, aucun des gendarmes n’a été entendu devant une cour de justice — plusieurs membres de la famille d’Adama se trouvent pourtant en prison à l’heure qu’il est.

Et voici qu’en octobre 2019, ces mêmes gendarmes portent plainte contre Assa Traoré, la sœur d’Adama, devenue, depuis, l’une des figures de la lutte contre les violences policières en France. Elle encourt une amende de 45 000 € et une peine de prison avec sursis, ceci pour avoir révélé publiquement les noms des responsables de la mort de son frère et organisé un évènement familial en sa mémoire, le 28 avril 2018, à Beaumont-sur-Oise.

Nous condamnons cette parodie de justice et exigeons que les représailles institutionnelles qui frappent la famille Traoré cessent sur-le-champ. Toute la lumière doit être faite sur ce drame : ainsi, seulement, justice sera rendue.


SIGNATAIRES


Mumia Abu Jamal, journaliste emprisonné depuis 1982 — il est devenu le symbole de l’opposition à la peine de mort
Tunde Adebimpe, musicien et acteur
Michael Bennett, joueur de football et soutien de Bernie Sanders
Angela Davis, essayiste, féministe et ex-candidate à la vice-présidence des États-Unis en tant que membre du Parti communiste
Emory Douglas, ministre de la Culture du Black Panther Party de 1967 à 1982
Patrisse Cullors, cofondatrice du mouvement Black Lives Matter et activiste queer
Talib Kweli, rappeur — soutien d’Occupy Wall Street et de BDS, il lutte contre les violences policières et pour les droits des prisonniers
Tom Morello, guitariste du groupe Rage Against the Machine et membre du syndicat IWW (Industrial Workers of the World)
Boots Riley, rappeur, scénariste et cinéaste — il est l’une des figures d’Occupy Oakland 
Alice Walker, écrivaine, poétesse et féministe
Keeanga-Yamahtta Taylor, professeure d’université et auteure de From #BlackLivesMatter to Black Liberation

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 10:33

 

Bilan des Victimes de l’Anniversaire des Gilets
Jaunes (16-17 Novembre)

Le bilan ci-dessous fait compte des victimes prises en charge par les différentes équipes de street-médics et secouristes volontaires en lien avec la Coordination lors de l’Acte 53 des Gilets Jaunes et de l’anniversaire du mouvement les 16 et 17 Novembre 2019.

Ce bilan n’est pas exhaustif. Il ne comprend que les prises en charge non-superficielles réalisées par les équipes de la Coordination et ne comptabilise pas l’ensemble des victimes prises en charges par d’autres équipes de street-médics, décontaminées des gaz ou non pris en charge. Le bilan qui suit ne peut donc pas et ne doit pas être considéré comme exhaustif ou représentatif de la totalité des victimes.
Ce bilan est provisoire (version 1.0 du 28/11/2019) et sera mis à jour au fur et à mesure que de nouveaux bilans d’interventions seront reçus.

Synthèse

La Coordination recense actuellement 140 victimes prises en charge,
Dont ​29 traumatismes à la tête​, ​13 évacuations et extractions vers les urgences​.

  • 1 femme enceinte
  • 1 nourrisson (2 ans)
  • 5 enfants (4 à 8 ans)
  • 4 mineurs
  • 1 personnes âgée
  • 7 passants
  • 5 journalistes
  • 6 street-médics / secouristes

A partir des bilans communiqués, ​nous estimons que au moins 3644 personnes ont été décontaminées par les médics des gaz lacrymogènes​, et soulagées grâce aux sérums phy et aux pulvérisations de solutions décontaminantes. Ce chiffre ne représente en rien le nombre réel de victimes atteintes et incapacitées par les gaz.

Non recensé dans ce bilan : un homme de 30 ans a perdu l’usage de son œil après avoir reçu au visage une grenade lacrymogène, le 16 novembre sur la Place d’Italie (Source: Libération)

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 07:17

https://reporterre.net/Nous-avons-visite-Milipol-le-salon-de-la-repression

Nous avons visité Milipol, le salon de la répression

21 novembre 2019 / Émilie Massemin (Reporterre)

Le salon « de la sécurité intérieure » Milipol a ouvert ses portes mardi au nord de Paris. Reconnaissance faciale, lanceurs de balle de défense, aspirateurs à données téléphoniques... Reporterre s’est renseigné sur les nouveautés du secteur, qui raffine sans cesse les outils de surveillance et de répression.

(...)

PGM Précision fait partie des 1.005 exposants présents à Milipol, le salon mondial dédié à la sûreté et à la sécurité intérieure des États, qui tient sa 21e édition du mardi 19 au vendredi 22 novembre au parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis). Des entreprises venues d’une vingtaine de pays, parmi lesquels la Chine, Israël et la Turquie, y tiennent un stand. Cette année, quelque 30.000 visiteurs accrédités des secteurs public (ministère de l’Intérieur, douanes, fonctionnaires de la défense, de la justice...) et privé (fabricants, sociétés de services, distributeurs…), fouleront les moquettes synthétiques du salon et pourront y tester gilets pare-balles, lanceurs de balles de défense et dispositifs de reconnaissance faciale dans une ambiance high tech et feutrée.

Le secteur est florissant. Fin 2018, le marché mondial de la sécurité affichait une croissance insolente de 7 %, bien supérieure aux 2 % de croissance mondiale, pour atteindre un chiffre d’affaires de 629 milliards d’euros. En France aussi, les entreprises dites « de la sécurité » se portent bien : leur chiffre d’affaires a progressé de 3,2 % en 2018 et atteint 29,1 milliards d’euros. À une nuance près : les dépenses consacrées à la sécurité intérieure de l’État (contrôle des identités, contrôle des frontières, équipements de maintien de l’ordre…) ont crû de 0,5 % seulement. « Un certain rebond pourrait intervenir en 2019 et en 2020 », indique toutefois Patrick Haas, directeur du journal spécialisé En toute sécurité, interviewé pour le dossier de presse du Milipol. « Certains créneaux sont plus porteurs, comme la détection de produits dangereux, en raison de la persistance des attaques ou des menaces terroristes, ou les équipements de maintien de l’ordre à cause du mouvement des Gilets jaunes. »

En visite pour inaugurer le salon mardi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a présenté la « violence dans le maintien de l’ordre » comme une des « menaces fortes » auxquelles sont confrontés « la France et ses alliés », au même titre que le terrorisme, le trafic de drogues et les cyber-attaques. « Nous assistons à une radicalisation des mouvements contestataires nés en 1999 à l’occasion d’un sommet de l’OMC à Seattle et consacrés en 2001 lors du sommet du G8 à Gênes », a-t-il déclaré lors de son discours d’inauguration du salon, face à un public costumé à 95 % masculin, pendant que des serveurs distribuaient flûtes de champagne et petits fours. « Depuis, chaque rassemblement international est émaillé de violences. Il a fallu toute la mobilisation de nos forces et la coopération internationale pour que le sommet du G7 de Biarritz, en août dernier, se déroule bien et soit un succès diplomatique. "

(...)

Un logiciel capable d’aspirer toutes les données d’un téléphone en moins de dix minutes

En revanche, dès qu’il ne s’agit plus d’armes risquant de blesser des manifestants, les langues se délient. La police nationale a énuméré à Reporterre toutes ses innovations présentées sur le salon : outil de détection des hackers, dispositifs de lutte anti-drones du Raid, drone filaire de la police aux frontières, laboratoire mobile d’analyse de la fraude documentaire… et certainement le plus attendu, le « kiosque » de l’entreprise Cellebrite, logiciel capable d’aspirer toutes les données d’un téléphone portable en moins de dix minutes. « Actuellement, les téléphones saisis doivent être envoyés dans un centre spécialisé de la police technique et scientifique, qui ne sont que 35 et sont souvent embouteillés. Avec ce kiosque qui sera installé dans les commissariats de premier niveau, il suffira de brancher le téléphone et toutes les données seront extraites pendant la garde à vue : SMS, photos géolocalisées… Autant d’informations qui peuvent être utiles pour conduire l’interrogatoire », vante Clémence Mermet-Grenot, du service de la criminalité numérique.

(...)

« Il y a en France 25.000 fichés S, il serait très facile de tous les écouter »

Les exposants sont moins prolixes lorsqu’il s’agit d’obtenir des informations sur un autre dispositif de surveillance de masse, les IMSI-catchers capables d’intercepter le trafic des communications mobiles, de récupérer des informations à distance ou de pister les mouvements des utilisateurs des terminaux. Un constructeur allemand, Rhode & Schwarz, a expliqué ne pas en présenter en salon « pour éviter qu’il soit pris en photo, on préfère qu’il reste secret » et a invité Reporterre à envoyer un courriel pour en savoir plus sur ses clients. « On ne l’utilise pas, c’est interdit par la réglementation », a assuré la gendarmerie. Pourtant, son utilisation est définie dans un cadre légal depuis 2015 et la réforme de la loi pénale de juin 2016 et un appel d’offres d’avril 2019 de la gendarmerie et de la police nationale inclut cet équipement controversé.

(...)

VERS UN « CONTINUUM ENTRECURITÉ RÉGALIENNE ETCURITÉ PRIVÉE »

« Les menaces globales nous touchent tous, nous devons agir fortement ensemble. Le continuum de sécurité doit être fait d’actes et de projets concrets. L’État et le secteur de la sécurité intérieure doivent agir ensemble, car la sécurité privée agit également pour la protection des Français, a déclaré le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner lors de son discours d’inauguration. Pour les grands événements comme les Jeux olympiques de 2024, un partenariat est indispensable. »

Cette déclaration s’inscrit dans la continuité d’un rapport de septembre 2018 des députés En Marche ! Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue, qui préconisent un « continuum » entre les forces régaliennes, les polices municipales et la sécurité privée, une meilleure coordination et un élargissement des compétences des entreprises de sécurité privée. Avec, en son cœur, une question hautement sensible : faut-il donner la possibilité aux agents de police privée d’intervenir sur la voie publique, ce qui leur est interdit à ce jour ?

Cette évolution serait dans le prolongement de la loi du 28 février 2017 relative à la sécurité publique qui autorise pour la première fois l’armement des agents de sécurité privée, ce qui était interdit à de très rares exceptions (protection des installations nucléaires notamment) : armes de catégories D comme des bâtons de défense, des matraques télescopiques, des tonfas ou des aérosols pour les agents de surveillance « classiques », et fusils et aux armes de poing pour les agents de la « surveillance armée ».

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22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 08:27

https://www.mediapart.fr/journal/france/201119/manuel-le-gilet-jaune-eborgne-samedi-porte-plainte-contre-le-prefet-de-police-lallement?utm_source=20191120&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20191120&M_BT=38489112813

Manuel, le «gilet jaune» éborgné samedi, porte
plainte contre le préfet de police Lallement
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Manuel, gilet jaune, a été éborgné samedi à Paris par un tir de grenade. Il a déposé plainte pour « violences volontaires ayant entraîné une mutilation par personne dépositaire de l’autorité publique ». Cette plainte vise également Didier Lallement. Manuel accepte de témoigner et explique pourquoi il refuse d’être entendu par l’IGPN.

Samedi 16 novembre, Manuel, 41 ans, venu de Valenciennes, arrive à Paris pour fêter le premier anniversaire du mouvement des « gilets jaunes ». Alors qu'il discute tranquillement avec son épouse et un « street medic », il est atteint par une grenade lacrymogène (MP7) à l’œil gauche. Il en perd l’usage.

(...)

Les instructions de Christophe Castaner au préfet : « briser l’émeute », avec une « impunité zéro »

L’usage massif et disproportionné des gaz lacrymogènes fait partie des pratiques répressives de maintien de l’ordre, mises en place par Didier Lallement, face aux gilets jaunes, avant même son arrivée à Paris. Précédemment en poste à Bordeaux, le préfet a appliqué cette stratégie d’affrontement entre policiers et manifestants dès le mois de décembre 2018. 

 (...) Comme à Bordeaux, Didier Lallement a durci à Paris le maintien de l’ordre, avec la bénédiction du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, qui, le 21 mars, lors de la prise de fonctions du préfet lui a demandé de « briser l’émeute », avec « une impunité zéro » en ajoutant : « Votre main ne devra pas trembler. »

À cela s’ajoute une transgression des règles encadrant le maintien de l’ordre, figurant notamment dans le code de la sécurité intérieure. L’usage du lanceur de grenade est réglementé et seuls sont autorisés les tirs en cloche afin que la grenade lacrymogène éclate en l’air et ne blesse aucun manifestant.

« Cette interdiction de tir tendu figure également dans un avis du Défenseur des droits, précise l’avocat Arié Alimi. La responsabilité du préfet Didier Lallement est engagée. Autorité civile de commandement, il donne les instructions et autorise l’usage des armes et cela de façon absolument disproportionnée, se rend complice des infractions commises par les fonctionnaires de police sous son contrôle. »  

(...)

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « violence par personne dépositaire de l’autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours » et confié les investigations à l'IGPN, la police des polices. Mais « nous avons demandé qu’un juge d’instruction soit saisi et que l’enquête ne soit pas confiée au parquet et ne soit pas menée par l’IGPN », annonce Arié Alimi.

Manuel, qui est le 24e gilet jaune à être éborgné, a d'ailleurs refusé d’être auditionné par l’IGPN, estimant que cette instance « étouffe délibérément toutes les affaires de violences policières ». « Le ministre de l’intérieur ne pourra pas dire que les policiers ripostent à des casseurs, espère-t-il. Les images parlent d’elles-mêmes et cette fois le mensonge ne sera pas possible. »

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