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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 11:06
 
Kamel Daoudi, le plus vieil assigné à résidence de
France, retourne en prison
Par

Condamné pour terrorisme en 2005, Kamel Daoudi est assigné à résidence depuis douze ans, après avoir purgé sa peine. Vendredi, il a été arrêté et incarcéré faute d’être rentré chez lui à l’heure du couvre-feu. 

 

Assigné à résidence sans perspective depuis sa sortie de prison en 2008, Kamel Daoudi est tenu de vivre dans les communes que le ministère de l’intérieur lui indique, ne peut en franchir les limites sans autorisation, doit pointer chaque jour au commissariat et rentrer à son domicile tous les soirs, à la même heure. Pour cet ancien condamné pour terrorisme, la même routine dure depuis douze ans. 

Vendredi 25 septembre, à 21 h 30, Kamel Daoudi participait à une soirée « karaoké et falafels » au café associatif « La Loupiote », dans lequel il s’investit depuis son arrivée à Aurillac, en février 2019. La Montagne révèle qu’il a été arrêté et incarcéré lors de cette soirée, pour non-respect de son couvre-feu fixé à 21 heures. Il doit être jugé le 6 octobre en comparution immédiate différée. 

L’épouse de Kamel Daoudi et leurs enfants vivent à 150 kilomètres d’Aurillac, dans une commune où la famille avait acquis une maison avant que l’assigné à résidence ne soit à nouveau déplacé. Kamel Daoudi avait déjà été poursuivi pour des retards de pointage lorsqu’il était assigné à résidence à Saint-Jean-d’Angély, en Charente-Maritime, mais le tribunal correctionnel de Saintes l’avait relaxé en mai 2019.

L’espoir était pourtant revenu quand son avocat, Bruno Vinay, avait soulevé une atteinte disproportionnée à la liberté d’aller et de venir, et obtenu du Conseil constitutionnel, le 30 novembre 2017, une censure partielle des dispositions qui permettaient de prolonger l’assignation à résidence sans limitation dans le temps.

Mais ce mercredi 7 février, la commission des lois du Sénat a discrètement adopté une modification d’un article du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) qui vise expressément le cas de Kamel Daoudi, pour le ramener à la case départ. Le texte doit être adopté le 15 février.

Mercredi, Kamel Daoudi a donc décidé d’entamer une grève de la faim et de la soif, dangereuse pour sa santé, afin de protester contre le sort qui lui est fait. « Je suis déterminé. Je veux dire au ministère de l’intérieur et à l’État : arrêtez d’instrumentaliser mon cas », explique-t-il à Mediapart.

Sur le plan des principes, Kamel Daoudi dit vouloir dénoncer les mesures liberticides nées de cette époque d’attentats et d’état d’urgence, qui ont conduit à assigner à résidence jusqu’à des militants et des demandeurs d’asile. Mais plus prosaïquement, il ne supporte plus sa situation personnelle.

« Ce que je subis de la part de l’État est du harcèlement, une forme de torture blanche, dit-il sur un ton étonnamment tranquille. On m’empêche d’avoir une vie familiale, professionnelle et sociale. Il me restait comme dernier soutien d’être auprès de ma femme et de mes enfants, mais même cela n’est plus possible. »

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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 11:00
 
Amnesty fustige l'acharnement judiciaire contre les
manifestants
Par Alexandra Pichard
29 septembre 2020 à 12:12
 

Entre 2018 et 2019, 40 000 personnes ont été condamnées après des manifestations. Utiliser la loi dans ces cas-là se voit sans doute moins que le recours à une force excessive, mais porte autant préjudice au droit de manifester, dénonce l'ONG.

Une femme arrêtée pour «participation à un groupement en vue de la préparation de violences» après avoir gonflé des ballons de baudruche sur les Champs-Elysées à Paris, quatre manifestants visés pour outrage à cause d’une banderole «Oui au muguet, non au LBD» lors d’une manif contre les violences policières à Narbonne. Dans un rapport, Amnesty International recense et dénonce des arrestations et poursuites «arbitraires» qui portent atteinte à la liberté de manifester. En cause, des lois «formulées en des termes trop vagues», qui ont amené à condamner 40 000 personnes entre 2018 et 2019.

L’urgence absolue est de réexaminer la loi interdisant de dissimuler son visage lors de rassemblements publics, en «profonde contradiction» avec le port du masque obligatoire à Paris pour cause de Covid-19, selon Amnesty. Depuis l’adoption de la loi en avril 2019, 210 personnes ont été placées en garde à vue et 41 condamnées pour avoir caché leur visage. L’organisation dénonce aussi les restrictions au droit de manifester qui «n’étaient pas nécessaires» après le 11 mai : 85 personnes ont reçu des amendes pour avoir participé à des rassemblements, même en respectant les gestes barrières. Certaines ont même été arrêtées. A l’avenir, «toute interdiction générale des manifestations doit être exclue», tonne le rapport.

Lunettes de natation dans le sac

Ces atteintes s’inscrivent «dans la continuité d’une pratique persistante et structurelle des responsables l’application des lois et du ministère public, qui instrumentalisent des lois vagues pour réprimer des manifestant·e·s pacifiques» depuis le début du mouvement des gilets jaunes en 2018. Une pratique qui s’étend désormais aux rassemblements à propos de l’urgence climatique, en faveur de la justice sociale ou encore contre l’impunité policière et le racisme au lendemain de l’homicide de George Floyd aux Etats-Unis.

Dans le viseur du rapport : le délit d’outrage à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique. En 2019, 20 280 personnes ont été jugées coupables de ce délit. Parmi elles, certaines à qui on reprochait simplement d’avoir exprimé des critiques ou d’avoir voulu défendre un autre manifestant. A Marseille, un homme qui avait juré contre un policier qui s’apprêtait à frapper une femme avec une matraque a été condamné à 900 euros d’amende.

Souvent, les manifestants sont arrêtés avant même d’accéder au rassemblement. En 2019, des milliers de manifestants ont été interpellés, et 1 192 ont été condamnés, pour «participation à un groupement en vue de la préparation de violences», une disposition introduite dans le code pénal en 2010. Dans la plupart des cas, on leur reprochait de porter un équipement de protection contre le gaz lacrymogène et les balles de défense. Comme Eleonor, une professionnelle de santé de 25 ans, qui a participé à une manifestation à Paris le 14 juillet pour alerter sur les conditions de travail difficiles des soignants. Elle a été placée vingt-quatre heures en garde à vue à cause d’un masque à gaz et une paire de lunettes de natation dans son sac.

Sentences «disproportionnées»

Les manifestants s’exposent à des amendes, gardes à vue, poursuites judiciaires, voire à des interdictions de manifester : 3 096 peines complémentaires qui limitent pendant des mois le droit à la liberté de réunion pacifique et le droit de circuler librement des personnes ont été prononcées de janvier à septembre 2019. Des sentences «disproportionnées» aux yeux des faits, selon le rapport. Résultat, de plus en plus de personnes sont dissuadées de participer à ces rassemblements. «Certaines ont décidé de ne plus manifester par crainte d’être de nouveau arrêtées ou poursuivies de manière arbitraire», déplore Amnesty.

Plus grave : des secouristes, observateurs des droits de l’homme et des journalistes, sont souvent la cible de ces arrestations «arbitraires». S’ajoute alors à l’atteinte à la liberté de manifester celle au droit d’informer. Amnesty lance l’alerte : «Utiliser la loi contre les personnes qui prennent part à des manifestations se voit sans doute moins que le recours à une force excessive, mais ne porte pas moins préjudice au droit de manifester.»

Alexandra Pichard
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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 13:10

Manifestation - Vérité pour Toufik -

Samedi 26 Septembre à 11 H -

place de la République à Lille

 

UN JEUNE EST MORT AU COMMISSARIAT DE LILLE !
Dans la nuit du 22 au 23 août, Toufik est arrêté à Wazemmes et meurt quelques heures plus tard dans une cellule de garde à vue du commissariat central de Lille. 
On ne sait pas ce qu'il s'est passé entre-temps et son décès reste inexpliqué
Toufik était un Algérien de 23 ans qui n'avait pas de papiers. 
Comme à l'accoutumée, la police prétend qu'il serait mort sans qu'aucune violence n'ait été exercée contre lui. 
Pourtant, depuis, les informations qui transparaissent apportent des éléments contraires aux dires des policiers qui ont été relayés par les médias, sur les conditions de son arrestation et sur les conditions de sa garde à vue.
Faut-il rappeler que les commissariats sont des lieux où l'opacité est presque totale ? 
Que des policiers de Lille sont connus pour leurs liens avec des groupes identitaires ouvertement racistes ? 
Faut-il encore rappeler qu'en vingt ans plus de 300 personnes sont mortes en France dans les mains de la police ou de la gendarmerie et que les décès sont de plus en plus nombreux chaque année ? 
Faut-il croire qu'il est normal qu'un jeune de 23 ans puisse mourir dans les geôles d'un commissariat ?
_ _ _ _

NOUS VOULONS LA VÉRITÉ SUR LA MORT DE TOUFIK !
NOUS VOULONS QUE CESSENT LES MORTS & LES VIOLENCES POLICIÈRES !

_ _ _ _

aux côtés du Comité des Sans-Papiers de Lille,rejoignons massivement la manif pour Toufik!

SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2020 à 11h00 - place de la République à Lille

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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 13:04
 
La colère du médiateur de Sevran un an après sa
bagarre avec un policier

En septembre 2019, Lamine Ba s’était battu avec un policier, un affrontement filmé par un passant. Tous deux avaient déposé plainte, mais celle du médiateur a été classée sans suite. Il saisit un juge d’instruction.

Par Thomas Poupeau
Le 24 septembre 2020 à 17h36

« Ce policier était là pour me mettre des coups. Je me suis dit : Il va m'allumer. J'ai pensé à Adama Traoré et à Théo et je me souviens m'être dit : Je ne veux pas être le prochain sur la liste… »

Il y a un an, Lamine Ba, un médiateur de Sevran (Seine-Saint-Denis) de 35 ans, a eu une violente altercation avec Jérémy A., un policier. Captées par le téléphone d'un particulier, les images ont fait le tour du monde. On y voit le policier se ruer vers le médiateur, puis en position de boxeur, tenter de l'enchaîner à coups de poing. Lamine Ba rend quelques coups, recule, avant d'être immobilisé d'un coup de Taser et emmené au commissariat.

Sevran : une bagarre éclate entre un policier et un médiateur de la ville

A l'époque, Jérémy A. avait déposé plainte pour outrages, rébellion et violences sur personne dépositaire de l'autorité publique. Il disait avoir été insulté et étranglé. De son côté, Lamine Ba avait déposé plainte pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique. Didier Lallement, préfet de police, avait saisi l'IGPN (la police des polices), suspendu le policier qui avait été rapidement réintégré, mais dans un autre service.

 
 
 

Mais, coup de théâtre : s'appuyant sur les conclusions de l'enquête IGPN, le parquet de Bobigny a récemment classé la plainte du médiateur. Or, la procédure pour outrage est, elle, toujours en cours d'instruction.

De quoi révolter Lamine Ba et son avocate, maître Diane de Condé. Ils annoncent avoir déposé plainte avec constitution de partie civile auprès du procureur, une procédure qui permet de directement saisir un juge d'instruction pour enquêter sur une affaire.

«Justice n'est pas faite»

« Nous entamons cette procédure car il est impensable que ce soit uniquement mon client qui risque de se retrouver sur le banc des accusés, tonne l'avocate. Justice n'est pas faite, on ne nous permet pas d'avoir accès à un procès ! »
amine Ba, solide gaillard, médiateur respecté à Sevran, par ailleurs comédien dans quelques grosses productions et séries, n'oubliera « jamais » le 11 septembre 2019. Il raconte.

Dans l'après-midi, au volant dans le quartier des Beaudottes, il voit la route bloquée par une voiture de policier, stationnée en double file. « Un bouchon s'était formé », se souvient Lamine Ba. Il approche. L'un des policiers, Jérémy A., a une altercation verbale avec un riverain. « Je suis sorti de ma voiture, j'ai dit au gars de bouger sa voiture, de pas calculer le policier… Et là, le policier m'a dit : C'est quoi ton problème ? »

«Le policier s'est rué sur mes jambes»

Sans se démonter, mais calmement selon sa version, Lamine Ba répond : « C'est toi le problème, il y a des bouchons. On va bouger la voiture, on se calcule pas. » Le ton monte. « Il m'a rétorqué : Tu te la racontes ? Contrôle d'identité. Il n'a même pas attendu mes papiers et m'a dit qu'il m'emmenait au poste. »

C'est là qu'un riverain se met à filmer.

« On était face à face, au milieu de la cité. J'ai tourné la tête vers un jeune pour lui dire de déplacer ma voiture car pour le coup, c'est moi qui gênais. Là, le policier s'est rué dans mes jambes ! » Sur les images, on voit le médiateur encaisser le choc, rester debout, saisir le policier sous les aisselles. « Je lui disais : Arrête ! Il m'a dit : T'es mort ! » Puis, Jérémy A., initié au ju-jitsu, tente un coup de poing au visage de Lamine Ba, qui esquive, recule, porte à son tour un coup qui sonne le policier. Lequel se met en garde et porte plusieurs coups de poing au visage du médiateur, qui en rend deux, avant d'arrêter et de reculer.

Coups de poing et tir de Taser

« J'ai frappé son gilet pare-balles, et constamment, je lui disais d'arrêter », raconte encore Lamine Ba. Sur la vidéo, on le voit mettre le bras en avant pour signifier l'arrêt de l'altercation. Le policier revient à la charge, mais tombe.

Là, une collègue du policier, par-derrière, tire avec un Taser sur Lamine Ba, qui chute immédiatement. La vidéo s'arrête au moment où Jérémy A., de nouveau debout, se rue sur Lamine Ba allongé pour l'immobiliser.

« Il m'a de nouveau frappé au visage », se souvient le médiateur. Qui assure aussi que, une fois dans la voiture sur le chemin du commissariat, Jérémy A., au volant, aurait lancé à Lamine Ba : « Tu vas voir f*** de p*** je vais te n*** ta mère ! »

Le médiateur pense aux récentes affaires médiatisées de violences policières : Adama Traoré, décédé en 2016 dans le cadre d'une intervention des gendarmes dans le Val-d'Oise, ou, dans la ville voisine d'Aulnay-sous-Bois, à Théo Luhaka, toujours handicapé après qu'un policier lui a enfoncé une matraque dans les fesses lors d'une interpellation. D'ailleurs, Jérémy A., à l'époque des faits, faisait partie de la Brigade spécialisée de terrain (BST), la même unité que le fonctionnaire en cause dans l'affaire Théo.

«Je suis toujours suivi par un psychologue»

Arrivé au commissariat, Lamine Ba est menotté et envoyé à l'hôpital pour être examiné. Un médecin lui prescrit cinq jours d'ITT (interruption totale de travail), contre quatre pour le policier. « Je n'ai repris le travail qu'un mois et demi après, souffle-t-il. Je suis toujours suivi par un psychologue. »

Pourtant, le solide gaillard travaille au quotidien avec la police. « Quand on est médiateur, on a régulièrement affaire à eux. Cela s'est toujours passé très correctement », assure l'agent, décrit comme « sans souci » par la ville. Ironie : une semaine plus tôt, il participait à l'événement Prox'Aventure à Sevran, un dispositif initié par d'anciens policiers au cœur des quartiers pour améliorer les relations police-jeunes. Et il avait aussi assuré la sécurité de… Laurent Nunez, alors secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, lors d'un déplacement à Sevran.

Selon son avocat, une « personne neutre » corrobore les accusations du policier

Maître Diane de Condé rappelle que « sans vidéo, l'affaire aurait pu être étouffée ». Elle insiste : « Il est normal que les policiers aient des moyens d'action violents, quand ils font face à des situations dangereuses. Mais là… personne ne le menaçait ! »

Contacté, Frédéric Gabet, l'avocat de Jérémy A. — qui est aussi celui du policier mis en examen pour viol dans l'affaire Théo — ne s'étonne pas que le parquet ait classé sans suite la plainte de Lamine Ba après l'enquête de l'IGPN.

Car une femme, témoin de la scène, aurait apporté une version similaire à celle de son client. « Nous avons versé au dossier le témoignage d'une personne neutre, qui s'est présentée d'elle-même au commissariat et a expliqué ce qu'elle a entendu de la bouche de M. Ba », détaille l'avocat.

Ainsi, selon ses déclarations, le médiateur aurait « insulté » et même « enjoint le policier à se battre ». Pour Frédéric Gabet, ce n'est donc plus simplement la parole de l'un contre celle de l'autre : « C'est la parole de M. Ba contre celle de mon client, qui est corroborée par le témoignage d'une tierce personne, laquelle n'est pas policière ! »

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 08:00

https://reporterre.net/Journalistes-et-ONG-vent-debout-contre-les-nouvelles-mesures-de-maintien-de-l-ordre?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

Journalistes et ONG vent debout contre les nouvelles
mesures de maintien de l’ordre

24 septembre 2020 / Laury-Anne Cholez (Reporterre)

Un recours au Conseil d’État contre le nouveau schéma national du maintien de l’ordre est engagé. Car syndicats, sociétés de journalistes et ONG des droits humains ne décolèrent pas face à des mesures qui les empêcheront de couvrir correctement les manifestations.

C’est une nouvelle atteinte à la liberté de la presse et au droit de manifester qui ne passe pas. Le schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) présenté le 17 septembre, qui définit la stratégie sécuritaire lors des manifestations, a été vertement critiqué par les organisations de défense des droits humains et les journalistes. La Scam et le Prix Albert Londres ont même publié un communiqué de presse incendiaire, estimant que ce document était un « floutage de gueule. »

Si le texte du ministère de l’Intérieur commence par reconnaître que « l’exercice de la liberté d’expression et de communication, dont découle le droit d’expression collective des idées et des opinions, est une condition première de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés » c’est pour mieux la réprimer par la suite.

En effet, pour couvrir une manifestation, un journaliste devra désormais être accrédité et posséder une carte de presse. Une disposition inadmissible pour une quarantaine de société de journalistes qui ont publié le 22 septembre un communiqué, demandant au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, de corriger ce nouveau schéma qui porte atteinte à la liberté d’informer.

Cette tribune rappelle que l’exercice de la profession de journaliste, telle que définie dans le code du travail, ne nécessite pas la possession d’une carte de presse. Ce qui vaut tant pour la couverture des manifestations dans l’espace public que pour l’« identification » demandée afin de pouvoir porter des équipements de protection.

(...)

Le SNJ compte également attaquer ce schéma devant le conseil d’État. « Ce texte ne fait qu’entériner des procédés qui sont déjà mis en œuvre dans les manifestations à l’encontre des journalistes et que nous dénonçons », explique Dominique Pradalié, la secrétaire générale du syndicat.

Ce texte porte également atteinte aux droits des observateurs de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et d’Amnesty. Les deux ONG ont pourtant été auditionnées de façon « courtoise et policée » selon Michel Tubiana, le président de la LDH. « Mais nous considérons qu’un rendez-vous qui se bornait à 1 h 30 d’audition n’était pas une concertation. » La LDH a décidé d’engager un recours devant le Conseil d’État.

Chez Amnesty, on s’étonne également du manque de communication de la part du gouvernement. « On a été auditionné une fois puis tenu à l’écart des travaux, malgré nos relances. On nous indiquait que Christophe Castaner [l’ancien ministre de l’Intérieur] n’avait pas le temps de nous recevoir. C’est surprenant car nous avons souvent dénoncé l’usage illégal de la force et les blessés très graves dans le cadre des manifestations », estime Anne-Sophie Simpere, chargée de plaidoyer chez Amnesty. « D’autres pays ont des pratiques problématiques au regard du droit de manifester. Mais la France est quand même très souvent le mauvais exemple ».

La France se situe en effet à la 34e place du classement mondial de la liberté de la presse.

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 07:04

https://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/argenteuil-la-manifestation-pour-sabri-annulee-18-09-2020-8387148.php

Argenteuil : la manifestation pour Sabri, mort à moto
à 18 ans, annulée

Le collectif annonce qu’un rassemblement aura lieu à une date ultérieure. Une rencontre avec le sous-préfet est tout de même prévue samedi.

L'événement était annoncé depuis le 17 août. Le collectif Lumière(s) pour Sabri avait prévu une manifestation ce samedi jusqu'à la sous-préfecture d'Argenteuil, après la marche blanche organisée en mai. « Elle est interdite, indique Omar Slaouti, porte-parole du collectif. Le directeur de cabinet du préfet m'a appelé en me disant que les conditions sanitaires étaient catastrophiques dans le Val-d'Oise et particulièrement à Argenteuil et que donc il interdisait la manifestation. » À l'issue du rassemblement, une délégation devait rencontrer le sous-préfet d'Argenteuil. Ce rendez-vous a été maintenu. Le collectif assure en outre que la manifestation aura lieu à une autre date sans préciser quand.

Par ce rassemblement, le collectif entendait demander « la vérité sur les circonstances du drame ». Le 17 mai dernier, Sabri Chouhbi, 18 ans, a perdu la vie au guidon de son moto-cross, rue Trouillet, dans le quartier des Coteaux, à 2 heures du matin. Non casqué, il aurait percuté un poteau après être monté sur un trottoir et endommagé deux voitures garées. En face, un véhicule de police banalisé s'était engagé dans cette rue comportant une seule voie de circulation.

Le dossier classé sans suite

Après expertise, le parquet avait conclu à l'absence de choc entre la voiture et la moto. « Des investigations minutieuses ont confirmé la thèse de l'accident, sans intervention extérieure, ayant causé le décès de Monsieur Sabri Chouhbi, indique le procureur de Pontoise. À l'issue de l'enquête, le dossier a été classé sans suite. »

Bien que réitérée depuis le début par le parquet et les forces de l'ordre, cette version ne convainc pas les proches de Sabri et le collectif. Après le décès du jeune homme, le quartier avait enchaîné plusieurs nuits de violences urbaines. « La moto ne peut pas passer à cet endroit, souligne Khalid Chouhbi, le père de Sabri. Je me dis qu'il s'est peut-être arrêté pour laisser passer la voiture et qu'il y a eu quelque chose. Si ça se trouve, ils l'ont percuté. » Inconsolable depuis le drame, il décrit un jeune homme respectueux, sportif (il pratiquait le taekwondo), apprécié, qui destinait à être ambulancier.

Le collectif ne comprend pas l'interdiction du rassemblement

À la défiance du collectif envers la police, s'ajoutent désormais des suspicions sur les raisons de l'interdiction de la manifestation. « Nous nous étonnons que plusieurs initiatives municipales ayant lieu ce week-end ne soient pas annulées. C'est pas cohérent », estime Omar Slaouti. Il cite une fête de quartier à la cité Champagne et un nettoyage organisé pour le world clean-up day. « Il y a des événements maintenus mais avec toute une série de règles », précise la préfecture. 400 personnes étaient prévues à cette manifestation. « Là, on ne pouvait pas mettre tout le monde à un mètre d'écart », ajoute-t-elle.

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 06:05
 
Maintien de l'ordre: journalistes et observateurs
pourront être interpellés en couvrant des manifs
Par Stella Bandinu
18 septembre 2020 à 16:41
 

Le nouveau «schéma national du maintien de l'ordre» souligne que les ordres de dispersions de manifestations ne connaissent nulle exception, au risque d'empêcher la presse et les ONG de témoigner d'éventuelles violences.

«L’exercice de la liberté d’expression et de communication, dont découle le droit d’expression collective des idées et des opinions, est une condition première de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés. L’Etat a la responsabilité de garantir cet exercice.» Voici ce que l’on peut lire dès les premières lignes du très attendu schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) paru jeudi. Ce document, qui fige une doctrine dure et valide l’usage des armes de force intermédiaire (lanceur de balle de défense, grenades), a été rendu public par le ministère de l’Intérieur après des mois de réflexion.

Passées ces quelques lignes, une phrase à l’accent bien moins libertaire accroche l’œil du lecteur : «Concomitamment, il sera proposé aux journalistes des sensibilisations au cadre juridique des manifestations, aux cas d’emploi de la force et notamment aux conduites à tenir lorsque les sommations sont prononcées, ainsi qu’aux dispositions du SNMO. Il importe à cet égard de rappeler que le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception, y compris au profit des journalistes ou de membres d’associations. Dès lors qu’ils sont au cœur d’un attroupement, ils doivent comme n’importe quel citoyen obtempérer aux injonctions des représentants des forces de l’ordre en se positionnant en dehors des manifestants appelés à se disperser.» En clair, les journalistes et les observateurs des différentes ONG pourraient ainsi être interpellés et poursuivis, faisant fi de leurs impératifs professionnels.

117 journalistes empêchés de travailler

C’est peu dire que ce point suscite l’indignation des ONG et des représentants de la presse. Et ce d’autant plus que le SNMO n'infléchit donc en rien les méthodes de répression à l’œuvre durant le mouvement des gilets jaunes, avec le nombre de blessés historique que l’on connaît. Dans les rangs du Syndicat national des journalistes (SNJ), le point incriminé fait bondir. «La philosophie de ce texte, c’est "hors de nos rangs, point de salut". Mais pourquoi ne pas donner d’uniformes aux journalistes aussi tant qu’on y est ? fulmine Dominique Pradalié, secrétaire générale de l’organisation la plus représentative de la profession des journalistes. Je pense que le ministre [Gérald Darmanin, ndlr] méconnaît la liberté de la presse, il est dans le déni. Notre confrère David Dufresne a effectué un travail très sérieux en documentant 117 cas de journalistes empêchés de travailler par les forces de l’ordre depuis un an et demi. Pour le SNJ, c’est 200 journalistes qui sont concernés. Ce texte n’essaie pas de comprendre notre métier, il est fait pour restreindre la liberté d’informer. On veut transformer les journalistes en propagandistes, comme les Etats-Unis l’ont éprouvé pendant la guerre du Golfe. Nous allons donc réaffirmer la liberté des journalistes, qui est de pouvoir être témoin de tout, partout et en tout moment.»

 

Plus loin, le texte aborde la question de l’équipement et de la sécurité des journalistes présents en manif, de nombreux photographes ayant pointé que leurs casques ou leurs gants avaient pu être confisqués par les forces de l’ordre. «La nécessité de préserver l’intégrité physique des journalistes sur le terrain est réaffirmée. Eu égard à l’environnement dans lequel ils évoluent, les journalistes peuvent porter des équipements de protection, dès lors que leur identification est confirmée et leur comportement exempt de toute infraction ou provocation», stipule le SNMO. Une terminologie extrêmement trouble pour Anne-Sophie Simpere, qui suit ces questions à Amnesty International : «Le terme "provocation" laisse une marge immense. Tous les journalistes doivent pouvoir se protéger. Il y avait pourtant des sociologues et experts intéressants dans le panel des personnes auditionnées lors des travaux d’élaboration du nouveau schéma. Je ne comprends pas, mais on va continuer à travailler sur le maintien de l’ordre», assure-t-elle.

Statut d’observateur

En outre, les ONG avaient réclamé la nécessaire reconnaissance par les autorités d’un statut d’observateur lors des manifestations, garanti selon elles par les engagements internationaux de la France. Une fois de plus, leurs recommandations n’ont pas été prises en compte, comme le déplore Anne-Sophie Simpere : «Ce texte est le produit de dix-huit mois de travail. Or, le résultat est précisément tout l’inverse de ce que nous avions demandé ! s’étonne-t-elle. Le rôle des observateurs est justement d’observer l’usage de la force. Ça n’a aucun sens de demander qu’ils soient dispersés au moment des sommations !»

Contacté, vendredi, le ministère de l’Intérieur n’en démord pas : «Le SNMO prévoit un meilleur contact des forces de l’ordre avec les journalistes, ce qui concourt à un meilleur positionnement de leur part, permettant un déroulement optimal de l’opération de maintien de l’ordre. Le SNMO prévoit par ailleurs que les journalistes puissent conserver des équipements de protection, assure-t-on place Beauvau. En revanche, la loi ne prévoit aucune exception. L’opération d’évacuation (tir de grenades, vague de refoulement, charge) ne peut discriminer, notamment lorsque journalistes et manifestants sont imbriqués. La présence de journalistes ne doit pas venir gêner la manœuvre de maintien de l’ordre. Il n’y a donc pas de garanties permettant aux journalistes de se maintenir en place.»

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 11:59

https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/nice/nice-prison-sursis-amendes-etudiants-enseignant-suite-slogans-hostiles-police-1870698.html#xtor=EPR-521-[france3regions]-20200908-[info-titre2]&pid=726375-1477164337-85227924

Nice : prison avec sursis et amendes pour des
étudiants et un enseignant suite à des slogans
hostiles à la police

Quatre enseignants comparaissaient ce 7 septembre devant le tribunal correctionnel de Nice pour "violence, outrage et rébellion" envers la police. Ils ont été condamnés à des peines de prison avec sursis et des amendes pour des slogans hostiles à la police.

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 20:44
 
Plan sécurité, loi sur le séparatisme : Darmanin et
Schiappa dévoilent les chantiers du gouvernement

Avant le séminaire sur les questions de sécurité, mercredi, les deux ministres détaillent au Parisien - Aujourd’hui en France les chantiers de ce qui sera l’une des priorités de l’exécutif dans les prochains mois, et dévoilent les mesures fortes du projet de loi sur le séparatisme.

Par Olivier Beaumont et Jean-Michel Décugis
Le 6 septembre 2020 à 17h05, modifié le 7 septembre 2020 à 05h43

Deux personnalités sous le feu des projecteurs, mais aussi des critiques. Polémique autour du terme d'«ensauvagement», multiplication des agressions au cours de l'été, accusations de violences et de racisme dans la police, projet de loi contre les séparatismes qui se fait attendre… Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et sa ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, ont du pain sur la planche. Mais huit semaines après son installation place Beauvau, le duo entend bien prouver que l'exécutif répondra présent sur le terrain de la sécurité. C'est même tout l'enjeu de la feuille de route qu'ils présenteront mercredi 9 septembre lors du séminaire gouvernemental de rentrée, où les questions régaliennes et de l'ordre juste seront abordées par le Premier ministre, Jean Castex.

A la tête de l'Intérieur, ce binôme iconoclaste sur le papier − elle a fait son parcours politique à gauche et gagné ses galons en défendant la cause des femmes, lui à droite et particulièrement aux côtés de Nicolas Sarkozy − compte se démultiplier tous azimuts au cours des prochaines semaines. « On a pas mal de points communs, et on est aussi très complémentaires sur d'autres champs. Ça fonctionne, c'est générationnel », confie Schiappa, qui rappelle qu'ils sont tous les deux nés la même année, en 1982.

Derrière les paroles, la pression pour eux deux reste cependant énorme. En exclusivité pour le Parisien - Aujourd'hui-en-France, ils détaillent ainsi les chantiers des mois à venir. Car l'obligation de résultats est impérative, à la veille d'une présidentielle où l'enjeu sécuritaire sera forcément au cœur de la campagne. Emmanuel Macron ne l'ignore pas.

LE PROCÈS EN LAXISME

Emmanuel Macron est régulièrement accusé de ne pas avoir mis les questions de sécurité parmi ses priorités. Cela vous agace ?

GÉRALD DARMANIN. C'est surtout injuste. Le bilan depuis trois ans sur le régalien est indiscutablement positif. Le budget du ministère des Armées a, par exemple, été augmenté de 1,6 milliard d'euros par an, ce que personne n'a jamais fait. Celui du ministère de l'Intérieur, de plus d'un milliard d'euros depuis le début du quinquennat. Mettre fin à l'Etat islamique, c'est réduire le risque d'avoir un attentat projeté sur le sol français. C'est aussi le recrutement sans précédent de 6000 policiers et gendarmes, dont 2000 au renseignement intérieur qui ont ainsi permis de déjouer plus de trente attentats depuis 2017.

Alors pourquoi ce procès en laxisme de la part de vos adversaires ?

MARLÈNE SCHIAPPA. L'opposition s'empare des questions régaliennes tout simplement parce que nous en faisons une priorité en cette rentrée. En fait, ils nous courent après en lançant soudainement des propositions, alors qu'ils n'ont rien proposé depuis le début du quinquennat.

G.D. Et puis de quelle opposition parle-t-on? Celle de M. Abad (NDLR, président du groupe LR à l'Assemblée )qui est pour la dépénalisation du cannabis? Celle de M. Piolle, le maire Vert de Grenoble, qui considère qu'un maire ne doit pas s'intéresser à la sécurité de sa ville? Ou des gens qui nous disent qu'il faut mettre des recettes qu'ils n'ont pas mises en place quand ils étaient en responsabilité? Moi, j'ai tendance à penser que c'est parce que le président de la République et la majorité s'intéressent à la protection des Français qu'il y a de l'énervement dans l'opposition.

GUERRE DÉCLARÉE AU TRAFIC DE STUPÉFIANTS

Mercredi, un séminaire gouvernemental portera sur les questions de sécurité et de l'ordre juste. Quelle sera votre première priorité ?

G.D. Indéniablement la lutte contre les stupéfiants. Cela doit être l'alpha et l'oméga de toutes nos interventions. A travers ce sujet, il y a la lutte contre le crime organisé, avec la traite des êtres humains et le financement du terrorisme, mais aussi une grande mesure de santé publique. Et, bien sûr, un lien avec la lutte contre l'insécurité du quotidien. Quand on voit qu'aujourd'hui un gamin de 14 ans peut gagner plus que son père en faisant le « chouf » (le guet), il ne faut pas s'étonner qu'il y ait une crise d'autorité dans notre pays.

Le sujet n'est pas nouveau. Qu'est-ce qui va changer avec vous ?

G.D. Il faut s'occuper de tous les trafics. Des gros réseaux jusqu'au bout de la chaîne, c'est-à-dire le consommateur. Il faut sanctionner tout le monde, y compris dans les beaux quartiers de Paris. Grâce à l'action de mon prédécesseur, nous avons tout de même saisi 34 tonnes de cannabis depuis le début de l'année, 6 tonnes de cocaïne. On doit pouvoir encore augmenter ces chiffres.

Vous avez testé pendant deux mois l'amende forfaitaire de 200 euros pour les consommateurs de stupéfiants, avant de la généraliser depuis le 1er septembre. Quels sont les premiers résultats ?

G.D. 558 amendes ont été dressées dans les cinq territoires où il y a eu ce test. Cela a été très probant. Et, rien que sur la première journée de généralisation de cette amende, 200 verbalisations. Désormais, il n'y a plus besoin d'une pièce d'identité pour être verbalisé. J'en remercie le garde des Sceaux. Et si jamais les gens ne payent pas, on peut imaginer une saisie sur salaire ou sur le compte bancaire de la personne. Je suis certain que les services de Bercy vont nous aider dans cette mission.

En vous attaquant aux petits trafics, ne craignez-vous pas qu'ils se déportent sur une autre forme de délinquance ?

G.D. Je n'ai pas l'esprit de capitulation. La drogue, c'est de la merde, ça finance le crime organisé, ça tue la vie de milliers de personnes et ça peut concerner toutes les familles de France. Le rôle d'un responsable politique, ce n'est pas d'accompagner tout doucement la mort d'une société.

Il y a eu une époque où le gouvernement communiquait sur les chiffres de la délinquance. Vous y réfléchissez ?

G.D. On n'y réfléchit pas, on va le faire ! Nous avons pris la décision de faire conjointement avec Marlène Schiappa un point presse mensuel sur tous les sujets, à la fin de chaque première semaine du mois, pour communiquer l'ensemble des résultats de nos services. Il se tiendra à Beauvau, à partir d'octobre. Il reprendra six points : la lutte contre les stupéfiants, les chiffres des violences conjugales, intrafamiliales et sexuelles, les heures de patrouilles pédestres sur la voie publique des gendarmes et des policiers, celles dans les transports publics également, le nombre de dérives sectaires signalées, et aussi le thème de l'immigration et de l'asile.

C'est le retour de la course aux chiffres ?

G.D. Nous ne sommes pas pour la politique du chiffre, mais pour la politique du résultat. Je pense profondément que la France est malade de son insécurité. Il faut vraiment être sourd et aveugle pour ne pas entendre ce que nous disent les Français. Ou alors habiter dans le monde des « Bisounours »… Si la France est malade, il faut prendre sa température. Et je ne connais pas d'autres moyens que de la prendre en se renseignant sur les chiffres, et en les rendant publics.

Mais certains vont vous reprocher de faire de la com…

M.S. La confiance, ça passe par la transparence. Ce que nous sommes en train de mener, c'est aussi un combat culturel pour l'ordre républicain. Il se mène en étant offensif, mais aussi en communiquant sur ce que l'on fait. Si on met en place des dispositifs, mais que les gens ne le savent pas, ils ne peuvent pas y avoir recours, et ça ne sert à rien.

Vous parlez de redéployer les forces de police sur le terrain. C'est qu'on ne les voit pas assez ?

G.D. L'objectif, c'est de remettre du « bleu » dans la rue, car cela rassure les honnêtes gens que nous voulons protéger. Les forces de l'ordre ne font jamais un travail inutile, quelle que soit leur mission. C'est le plus beau métier : celui de protéger. Et je veux le dire à tout le monde : à la fin, c'est toujours la police, c'est-à-dire la République, qui gagne. C'est à nous de le montrer davantage.

Vous dites qu'à la fin, « c'est la police qui gagne ». Mais les Français ont souvent l'impression que les condamnations ne suivent pas. Le problème, c'est la chaîne judiciaire ?

G.D. Je ne suis pas de ceux qui disent que la justice est laxiste. Elle fait son travail. En revanche, elle est lente, c'est ça la difficulté. Elle est lente, car elle manque de moyens et Jean Castex en a conscience. C'est pour cela qu'il va augmenter le budget de la justice. Quand on chope un mec de 19 ans à Tourcoing qui trafique du cannabis et qu'il faut parfois deux ans pour qu'il soit jugé en première instance, ce n'est pas normal. Ni pour la société ni pour lui. L'amende forfaitaire pour détention de stupéfiants, ça doit aussi permettre de désengorger les tribunaux, de faire moins de procédures. Je souhaite d'ailleurs qu'il y ait ce même système d'amendes pour d'autres faits : l'occupation illégale des halls d'immeubles, la vente à la sauvette de cigarettes…

DOUBLER LES PV POUR HARCÈLEMENT DE RUE

Qu'en est-il du chantier des violences conjugales ?

M.S. On poursuit le combat. La plate-forme arretonslesviolences.gouv.fr, créée à l'issue du Grenelle sur les violences conjugales, a déjà permis de recueillir 16000 signalements qui n'auraient peut-être pas pu être recueillis si elle n'avait pas existé, car ces femmes n'auraient pas poussé la porte d'un commissariat.

Et concernant le harcèlement de rue ?

M.S. La France est le seul pays à verbaliser le harcèlement de rue. Quand loi a été votée, tout le monde disait qu'on n'y arriverait pas. Eh bien, je peux vous dire que 1723 amendes ont été dressées par les forces de l'ordre depuis début 2019. Nous avons réuni les préfets mercredi dernier avec le ministre de l'Intérieur, on leur a demandé de doubler le nombre de verbalisations. Les femmes doivent pouvoir circuler librement partout.

VERS UNE INTERDICTION DES GAZ HILARANTS

Certains produits en vente libre posent aujourd'hui problème. Notamment le protoxyde d'azote, le fameux gaz hilarant, très prisé des jeunes dans les cités...

G.D. J'ai demandé à mon administration de me proposer des dispositions pour interdire purement et simplement l'utilisation des cartouches ou capsules de protoxyde d'azote. Je suis élu local, je sais que cela cause des nuisances et que cela pourrit le quotidien de nombreux Français.

Il y a aussi les mortiers de feu d'artifice, régulièrement utilisés dans les manifestations de rue contre la police. C'est un problème ?

G.D. Oui, car ils sont tirés sur les forces de l'ordre. Il faut aussi se poser la question de la vente au grand public, sans non plus embêter les artificiers. Le problème, là aussi, ce sont les ventes sur Internet. Je vais diligenter une mission pour réfléchir à cela afin d'en encadrer la vente.

Où en êtes-vous concernant le projet de loi contre les séparatismes qui sera présenté à l'automne ?

M.S. Nous sommes en train de le finaliser. Depuis trois ans, on a fermé 240 lieux soupçonnés de radicalisation, ce qui démontre le travail accompli sur le terrain. Mais nous voulons aller plus loin contre les séparatismes en légiférant sur un nombre de zones grises juridiques.

Lesquelles ?

M.S. Il y a une mesure forte que j'avais montée dans mes précédentes fonctions et que le président veut généraliser : la création pour les associations d'un contrat d'engagement sur la laïcité. Nous ne voulons plus un euro d'argent public aux associations qui sont les ennemies de la République ! A chaque fois que le ministère de l'Intérieur constatera que les valeurs de la République sont bafouées – comme l'égalité hommes-femmes, la laïcité, le respect de la dignité de chacun ou encore la liberté de conscience –, il s'opposera aux versements de subvention. Ceci concerne toutes les associations, qu'elles soient sportives, culturelles, ou autres.

Ce n'était pas déjà le cas avant ?

G.D. A certains endroits, des élus ont tenté de mettre en place des chartes pour empêcher le financement public de certaines associations, mais celles-ci ne s'inscrivaient pas dans la loi. Avec cette disposition, on va donner un vrai cadre législatif.

M.S. Aujourd'hui, la loi ne permet pas de fermer une association, ou une chaîne YouTube, qui invite, par exemple, quelqu'un qui se présente comme un imam susceptible de dire qu'une femme se parfumant est une fornicatrice méritant les flammes de l'enfer. On peut poursuivre la personne, mais pas le support ou l'association qui l'accueille. C'est une zone grise juridique. Le projet de loi sur le séparatisme doit donc permettre de nous outiller juridiquement pour y répondre. Il faut permettre aux élus de prendre leurs responsabilités par rapport au séparatisme dans les territoires. Certains élus sont courageux, mais d'autres font aussi preuve d'une grande lâcheté, comme à Grenoble, où le maire a soutenu des personnes ayant envahi la piscine municipale en burkini au mépris de toutes les règles d'hygiène.

Quelles seront les autres mesures ?

G.D. Nous allons aussi nous attaquer aux « certificats de virginité ». Certains médecins osent encore certifier qu'une femme est vierge pour permettre un mariage religieux, malgré la condamnation de ces pratiques par le Conseil de l'Ordre des médecins. On va non seulement l'interdire formellement, mais proposer la pénalisation. On va également mettre clairement dans la loi qu'aucun élu ne pourra prendre de dispositions pour favoriser l'inégalité entre les femmes et les hommes pour mettre en place des pratiques communautaires, comme réserver des horaires de piscine à un sexe plutôt qu'un autre.

Vous voulez aussi rendre plus solennelles les naturalisations ?

M.S. Devenir citoyen français, ce n'est pas seulement un acte administratif, c'est aussi un acte profond, symbolique et solennel. Comme l'a dit le président au Panthéon, c'est une volonté. Nous allons établir un vade-mecum de la naturalisation à destination des préfectures. Cela va passer systématiquement par des photos officielles, la diffusion d'un nouveau film sur les valeurs de la République, une chorale qui vient chanter la Marseillaise… Nous voulons également accélérer la naturalisation des personnes de nationalité étrangère en première ligne lors du confinement (éboueurs, caissières, infirmières, médecins) qui ont entamé le parcours pour devenir français.

LES VIOLENCES DANS LA POLICE

« Flic » de Valentin Gendrot, le livre d'un journaliste infiltré dans la police, fait actuellement grand bruit. Il y dénonce des scènes de violences et des propos racistes tenus par les forces de l'ordre. Quelle est votre réaction ?

G.D. Les journalistes travaillent comme ils l'entendent. En revanche, j'ai demandé au préfet de police de Paris de saisir l'Inspection générale sur ces faits de violence et de racisme auxquels l'auteur dit avoir assisté. Le procureur de la République a été aussi saisi. Par ailleurs, cela ne m'empêche pas de m'interroger sur le fait que ce journaliste, qui est aussi un citoyen, n'a manifestement pas dénoncé les faits graves qu'il décrit dans son livre. J'espère qu'il ne s'agit pas seulement d'une démarche commerciale… L'enquête devra aussi expliquer pourquoi il ne l'a pas fait.

Et sur le fond, cela vous inspire quoi ?

G.D. J'ai lu seulement des extraits. Il explique, par exemple, qu'il s'est obligé à faire des fautes de français lors des épreuves de recrutement pour ne pas se faire repérer. Je trouve cela particulièrement insultant pour les policiers. Cela démontre un certain mépris et un parti pris que je condamne.

Plus largement, cette infiltration ne pose-t-elle pas le problème du recrutement des policiers, notamment des adjoints de sécurité (ADS), qui se retrouvent dans la rue en uniforme et armé après seulement trois mois de formation ?

G.D. L'un des grands enjeux des années à venir est la formation des policiers et des gendarmes. Des jeunes hommes ou femmes venus de province se retrouvent parfois à Paris ou en région parisienne, dans l'hyper-violence de certains quartiers, et ne sont pas suffisamment formés pour y faire face. Ce n'est pas la faute des policiers, mais plutôt celle du ministère dans la façon dont on les sélectionne, recrute et forme. Et je veux dire que, s'il y a aujourd'hui beaucoup d'attaques médiatiques contre les policiers, ce sont les agents publics les plus contrôlés et les plus sanctionnés, et qu'ils font le travail le plus difficile de la République.

Comment se passent vos relations avec le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti ? Vous avez eu dernièrement des divergences publiques sur l'utilisation du terme de « l'ensauvagement »…

G.D. J'ai beaucoup de respect pour sa carrière d'avocat et son entrée dans l'arène politique pour servir son pays. Nous menons des actions communes, mais nous avons aussi des sensibilités différentes. Il ne va pas se renier, et je ne vais pas me renier. Mais il n'y a pas pour autant deux lignes politiques au sein du gouvernement. Nous appliquons la même, décidée par le président de la République et le Premier ministre.

Mais vous continuerez d'employer ce terme ?

G.D. Oui, je continue à penser qu'il y a des actes de sauvagerie, et un ensauvagement d'une partie de la société. J'ai mes propres mots, ma propre sensibilité, et j'utilise les mots de mes concitoyens de Tourcoing. Mais je respecte la sensibilité de chacun, et celle en particulier du garde des Sceaux.

Eric Dupond-Moretti estime pourtant que c'est reprendre la sémantique du Rassemblement national…

M.S. Si Marine Le Pen dit que le ciel est bleu, je ne vais pas dire qu'il pleut pour me différencier. Je ne fais pas de politique en fonction du RN, mais pour les gens. J'assume l'utilisation de ce terme d'ensauvagement, et personne ne peut me soupçonner d'appartenir à la droite dure. Je viens de la gauche républicaine. Marine Le Pen n'est pas notre boussole. Tout notre combat au ministère de l'Intérieur est aussi d'empêcher sa progression.

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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 06:46
 SôS Soutien ô Sans-papiers
 


 APPEL À MANIFESTER DEVANT TOUS LES CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIF LE SAMEDI 5 SEPTEMBRE 14h

 Dans plusieurs camps de rétention (Mesnil-Amelot, Rennes, Nîmes, Marseille Le Canet, Vincennes, Lille Lesquin...) des retenus sont en grève de la faim !

LA MACHINE À EXPULSER AVEC INTERDICTIONS DE RETOUR SUR LE TERRITOIRE BAT SON PLEIN !

 PEU IMPORTE à ce gouvernement que des RETENUS mettent leur vie en danger.

Peu importe qu'un gréviste de la faim ait été hospitalisé trois fois.

Peu importe les TENTATIVES DE SUICIDE quasi QUOTIDIENNES.

 Peu importe la propagation du coronavirus dans les CRA

 Peu importe la confirmation des cas de COVID-19 dans plusieurs centres.

 Peu importe l’ABSENCE de PROPRETÉ, d'HYGIÈNE et la PROMISCUITÉ.

 BIEN QUE LES EXPULSIONS SOIENT IMPOSSIBLES SUR CERTAINES DESTINATIONS, LES RETENUS RESTENT MALGRÉ TOUT ENFERMÉS 3 MOIS!

 Lors de "la première vague" de contamination, de nombreux CRA ont été fermés grâce à la lutte EXEMPLAIRE des retenus et à la solidarité des soutiens.

 La politique du chiffre et la chasse à l’étranger est assortie d’une obligation à quitter le territoire et, de plus en plus souvent, d’une IRTF (interdiction de retour sur le territoire français) signée par le préfet.

 Bannissements de plus en plus fréquents pour un simple défaut de titre de séjour … avec inscription au système d'information Schengen (SIS), interdiction de visa et d’entrée dans tout l’espace Schengen.

 Monsieur le garde des Sceaux, ces IRTF sont une violation des droits humains élémentaires, et sont contraires aux dispositions et articles de loi du CESEDA dont vous êtes le garant .

 Ni justice, ni respect du droit à un procès équitable en VIOLATION de l'article-6 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme .

 Beaucoup de retenus ont une famille, d’autres ont établis tous leurs liens en France. Certains sont pères d'enfants français. Ils sont tout de même expulsés, sans possibilité de retour, en violation des articles de loi du code d’entrée et du séjours des étrangers et du droit d’asile. Plus grave : des exilé-es sont expulsé-es vers leur pays où ils risquent la torture et la mort, en violation de l’article 3 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme .

 Les révoltes actuelles, dans tous les CRA, nous montrent que cette politique de chasse à l’étranger, fondée sur des contrôles au faciès (contraires à l'article 78-1 et 78-2), cette politique du chiffre n’est plus tolérable.

 Le CESEDA, dont vous êtes le garant, Monsieur le garde des Sceaux, est régulièrement bafoué. Des jugements sont rendus par visioconférence, sans interprète, sans avocat, même commis d'office.

 Les juges du tribunal administratif confirment systématiquement les décisions d'expulsion, jugements types non argumentés. Et ces jugements sont rendus au nom du peuple français !

 Broyer des vies, séparer des familles, expulser vers la mort parfois ... Quels sont les objectifs de cette politique qui bafoue les droits humains élémentaires?

 Monsieur le ministre de la Justice, vous avez vous-même, en tant qu’avocat, lutté pour un juste droit à la défense. Nous vous demandons à ce titre, que la juste lutte des retenus et leurs demandes ne restent pas lettre morte ou ne soient renvoyées vers le ministère de l’Intérieur.

 Dans sa rédaction la Constitution de novembre 1848, la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" est définie comme un "principe" de la République : l'article IV précise en effet que la République "a pour principe la Liberté, l'Égalité et la Fraternité ». La politique indigne actuelle envers les exilés et les migrants est contraire à ce « principe » de la République, dont vous êtes le représentant en tant que ministre de la Justice.

 Monsieur le ministre de la Justice, nous exigeons que vous mettiez fin à cette POLITIQUE INDIGNE.

 SôS Soutien ô Sans-papiers appelle à se rendre devant tous les centres de rétention le 5 septembre à partir de 14 heures afin d'exiger leur fermeture immédiate et la libération des retenuEs. (Les rassemblements seront déclarés de 14h à 20h auprès de chaque préfecture dont dépendent les centres de rétention administratif).

 SôS appelle à rejoindre l'ensemble des luttes en cours dans tous les CRA.

Ci-dessous la liste des prisons pour étrangers (CRA) avec leur adresse et numéros de téléphone (cabines). APPELONS NOS COMPAGNONS À L'INTÉRIEUR ET SOUTENONS-LES.


FERMETURE DES CENTRES DE RÉTENTION

 Des papiers pour tous

 Libre circulation, libre installation


 Contact SôS : 06.62.17.20.98 / 06.31.56.17.56

 
LISTES ET COORDONNÉES DES CENTRES DE RÉTENTION

 Mesnil-Amelot
1 rue Périchet
77990 Le Mesnil-Amelot
  Bâtiment 3 : 01.60.54.27.84 / 01.60.54.27.78
Bâtiment 4 : 01.60.54.27.76 / 01.60.54.26.03
Bâtiment 5 : 01.60.54.26.02 / 01.60.27.64.94
Bâtiment 6 : 01.60.27.64 88 / 01.60.27.64.91
Bâtiment 9 : 01.60.54.16.56 / 01.60.54.16.57
Bâtiment 10 : 01.60.54.16.53 / 01.60.54.16.55
Bâtiment 11 : 01.60.54.16.51 / 01.60.54.16.52
Bâtiment 12 : 01.60.54.16.49 / 01.60.54.16.50
Bâtiment 13A1 (femmes) : 01.60.54.16.48
Bâtiment 13A2 (femmes) : 01.60.54.16.47
Bâtiment 13B1 (familles) : 01.60.54.16.46
Bâtiment 13B2 (familles) : 01.60.54.16.46
Bâtiment 13B3 (familles) : 01.60.54.27.89

  Palaiseau
Hôtel de police
rue Emile Zola
91120 Palaiseau
01.60.14.90.77 / 01.69.31.29.84 / 01.69.31.17.81

  Paris-Vincennes
ENPP
avenue de Joinville
75012 Paris
01.45.18.02.50 / 01.45.18.59.70 / 01.45.18.12.40
01.43.96.02.68 / 01.43.96.59.39
01.48.93.69.47/ 01.48.93.69.62 / 01.48.93.90.42
01.43.76.50.87 / 01.48.93.99.80
01.34.59.49.80

 Bordeaux
Commissariat central,
23 rue François-de-sourdis33000 Bordeaux
05.57.01.68.22
05.57.26.87.09

 Coquelles
Hôtel de police
 Boulevard du Kent
62903 Coquelles
03.21.00.91.55
03.21.00.82.16
03.21.00.96.99

Hendaye
rue Joliot Curie
 64700 Hendaye
 05.59.15.34.19 et 05.59.15.34.20 (hommes)
05.59.15.34.21 (femmes)
 
Lille-Lesquin
Site 1, route de la Drève
 59810 Lesquin
 Hall : 03.20.44.74.13
Zone A : 03.20.32.76.20
Zone B : 03.20.32.70.53
Zone C : 03.20.32.75.31
Zone F : 03.20.32.75.82

Lyon-Saint-Exupéry
Poste de police aux frontières,
 espace Lyon Saint-Exupéry-CRA,
 69125 Lyon Aéroport
Zone Nord : 04.72.22.09.19
Zone Ouest : 04.72.22.08.18
Zone Famille : 04.37.46.27.15

 Marseille
26 bd Danielle Casanova
13014 Marseille
04.91.67.94.06
04.91.81.53.12
04.91.81.45.89
04.91.67.93.29
04.91.81.17.58
04.91.81.39.54
04.91.42.34.86
04.91.63.13.05
04.91.67.41.56

 Metz
quartier Desvallières,
rue de la Ronde,
57050 Mets-devant-les-Ponts
Zone femme et famille : 03.87.18.16.55
Zone homme : 03.87.18.16.63
Zone 3 : 03.87.18.16.66
Zone 4 : 03.87.18.16.64

 Nice
Caserne d'Auvare,
28 rue de la Roquebillière
 06300 Nice
 04.93.55.84.68
04.97.08.08.23
 

Nîmes
rue Clément Ader
30000 Nîmes
Zone A1 : 04 66 67 08 10 /
 04 66 36 09 35
Zone B0 : 04 66 26 01 08
Zone B1 : 04 66 87 08 15 / 04 66 06 65 01

Zone C0 : 04 66 28 03 63
Zone C1 : 04 66 06 64 01 / 04 66 38 08 72
Zone d’accès contrôlée : 04 66 64 06 73 / 04 66 29 09 46

 Perpignan
rue des Frères-Voisins lotissement Torremilla
 66000 Perpignan
Zone B3 : 04 68 52 16 32
Zone B4-5 : 04 68 84 04 36
Zone B6-7 : 04 68 73 01 91

  Rennes
Lieudit Le Reynel
35136 Saint-Jacques-de-la-Lande
 H1/H2 : 02 99 35 64 60
H3/H4 : 02 99 35 28 97
H5 : 02 99 35 13 93
H6 (femmes/familles) : 02 99 35 64 59

Rouen-Oissel
Ecole nationale de police
route des Essarts
76350 Oissel
Zone hommes : 02 35 68 61 56 /  02 35 68 77 09
 Zone femmes/familles : 02 35 69 11 42

 Sète
14 quai François-Maillol
 34200 Sète
 04.67.53.61.60 ou 04.67.53.61.41
 
 Strasbourg
rue du Fort 

67118 Geispolsheim

 Module B : 03 88 67 39 92Module C : 03 88 67 29 94
Module D : 03 88 67 19 72
Module E : 03 88 67 41

Toulouse
Site 1, 38 chem du Prat-Long
31000 Toulouse
Secteur A (hommes) : 05 34 52 11 06
Secteur B (femmes) : 05 34 52 11 05
Secteur C (familles) : 05 34 52 11 02
Secteur D (hommes) : 05 34 52 11 03
Secteur E (hommes) : 05 34 52 11 01

 
Mayotte
Dzaoudzi
Z1 : 02.69.63.68.74
Z2 : 02.69.63.68.73
Z3 : 02.69.63.68.78
Z4 : 02.69.63.68.72
Z5 : 02.69.63.68.75
Z6 : 02.69.63.68.76

La Réunion
 97, Le Chaudron
 02.62.97.25.77

 Guadeloupe
97, Les Abymes
05.90.20.42.93 (hommes)
05.90.28.60.10 (femmes)

 Guyane
97, Matoury 

05.94.37.78.34 (hommes)
05.94.37.78.73 (femmes)

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