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29 décembre 2023 5 29 /12 /décembre /2023 19:32
Le Conseil d’Etat annule la dissolution
des Soulèvements de la Terre

Le collectif écologiste avait été dissous le 21 juin en conseil des ministres, le gouvernement dénonçant le « recours à la violence » des membres du groupe. Le Conseil d’Etat a en revanche maintenu la dissolution du Groupe antifasciste Lyon et environs, de l’Alvarium et de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie.

Le Monde avec AFP. Publié  le 9 novembre 2023.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/11/09/le-conseil-d-etat-annule-la-dissolution-des-soulevements-de-la-terre_6199172_3224.html
 

Le Conseil d’Etat a annulé, jeudi 9 novembre, la dissolution des Soulèvements de la Terre. Le collectif écologiste avait été dissous le 21 juin en conseil des ministres, le gouvernement dénonçant le « recours à la violence » des membres du groupe. « Une mesure de dissolution porte une atteinte grave à la liberté d’association, principe fondamental reconnu par les lois de la République, a tenu à rappeler la haute juridiction administrative. Elle ne peut donc être mise en œuvre que pour éviter des troubles graves à l’ordre public.

 

Selon le Conseil d’Etat, « aucune provocation à la violence contre les personnes ne peut être imputée aux Soulèvements de la Terre ». Le relais, avec une certaine complaisance, d’images d’affrontements de manifestants avec les forces de l’ordre, notamment contre la construction de retenues d’eau à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), « ne constitue pas une revendication, une valorisation ou une justification de tels agissements », a insisté le Conseil d’Etat.

La juridiction administrative a toutefois estimé que Les Soulèvements de la Terre « [s’étaient] bien livrés à des provocations, à des agissements violents à l’encontre des biens ». Néanmoins, leur dissolution ne constituait pas « une mesure adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des troubles susceptibles d’être portés à l’ordre public », selon elle.

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1 novembre 2023 3 01 /11 /novembre /2023 07:41
Le ministère de l’intérieur
réduit la distance de tir des LBD
malgré leur dangerosité

Ces cinq dernières années, plus de 35 personnes ont été blessées et une tuée par des tirs de lanceur de balles de défense. Pourtant, dans ses instructions, le ministère de l’intérieur a abaissé la distance réglementaire. Une décision que la gendarmerie conseille de ne pas suivre. 

Pascale Pascariello  27 octobre 2023 à 11h37

La liste des blessés ne cesse de s’allonger. Hedi à Marseille, Virgil à Nanterre, Nathaniel à Montreuil, Mehdi à Saint-Denis, Abdel à Angers : tous ont été grièvement touchés par un tir de lanceur de balles de défense après les révoltes suscitées par la mort de Nahel en juin dernier. Mediapart a cherché à savoir quelle était la distance minimum de sécurité que les policiers doivent respecter lorsqu’ils tirent au LBD. 

Le ministère de l’intérieur et la Direction générale de la police nationale ont mis un mois à nous répondre. Et pour cause, cette distance réglementaire a tout simplement été supprimée des récentes instructions, remplacée par une distance dite « opérationnelle » correspondant à celle du fabricant de munitions. Auparavant, pour tirer, un policier devait respecter une distance minimum de 10 mètres. Selon les informations collectées par Mediapart, elle est désormais passée à 3 mètres. Une décision dangereuse que la gendarmerie nationale déconseille de suivre. 

Gravement touché au cerveau par un tir de LBD dans la nuit du 1er au 2 juillet, à Marseille, Hedi, 22 ans, subit depuis de multiples interventions chirurgicales. C’est le cas encore en octobre, alors que la prochaine est prévue en novembre. À ce jour, déjà confronté à une potentielle paralysie, Hedi ne sait toujours pas s’il pourra conserver l’usage de son œil gauche. 

Il fait partie des nombreuses victimes du LBD, une arme utilisée par la police et les gendarmes depuis le début des années 2000 (en remplacement du flashball, apparu à la fin des années 1990). Muni d’un canon de 40 millimètres, ce fusil tire des balles de caoutchouc à plus de 250 km/heure (plus de 73 m/seconde). Le ministère de l’intérieur qualifie le LBD « d’arme de force intermédiaire », alors même qu’elle est classée « catégorie A2 », c’est-à-dire matériel de guerre, aux côtés notamment des lance-roquettes. Une classification qui laisse peu de doute sur sa létalité. 

 

Des instructions ministérielles d’août 2017 précisent que « le tireur vise de façon privilégiée le torse ainsi que les membres inférieurs », cibler la tête étant interdit. Lorsqu’une personne est touchée, le policier doit s’assurer de son état de santé et la garder sous surveillance permanente. 

Comme le rappelle une note du ministère de l’intérieur adressée à l’ensemble des forces de l’ordre, en février 2019, les fonctionnaires habilités doivent faire usage du LBD, selon le cadre prévu par le Code pénal et celui de la sécurité intérieure, « dans le strict respect des principes de nécessité et de proportionnalité ».

Hormis en cas de légitime défense, c’est-à-dire lorsque l’agent, un de ses collègues ou une tierce personne est physiquement menacée, des sommations doivent précéder le tir, qui doit se faire à une distance réglementaire, en deçà de laquelle les risques de lésions sont irréversibles. Mais quelle est cette distance ?

Une nouvelle munition pas moins dangereuse

Notre enquête nous a conduits à compulser les instructions ministérielles que nous avons pu nous procurer. Il faut remonter à 2013 pour voir figurer que le LBD « ne doit pas être utilisé envers une personne se trouvant à moins de 10 mètres ». 

Depuis, dans les notes de 2017, 2018 ou 2019, nulle trace de recommandations concernant la distance minimum de sécurité. Seul le règlement de l’armement de dotation de la gendarmerie nationale, mis à jour le 1er septembre 2023, rappelle que « le tir en deçà de 10 mètres, uniquement possible en cas de légitime défense, peut générer des risques lésionnels importants ».

Interrogée, la Direction générale de la police nationale (DGPN) n’a pas su nous répondre sur la distance réglementaire, arguant que la doctrine d’emploi du LBD 40 faisait « actuellement l’objet d’une réécriture ». Seule précision, les unités de police utilisent une nouvelle munition,  appelée la munition de défense unique (MDU), « moins impactante » que l’ancienne, nommée la Combined tactical systems (CTS). 

Certes, depuis 2019, la MDU, moins rigide et légèrement moins puissante, est majoritairement utilisée par les policiers. Pour autant, elle n’en reste pas moins dangereuse, comme l’attestent les graves blessures qu’elle a pu occasionner, notamment sur Hedi ou sur plusieurs jeunes qui ont perdu un œil lors des révoltes à la suite du décès de Nahel. 

"Ce qui est dangereux, c’est que le ministère et la DGPN ont banalisé l’usage du LBD." Un commissaire de police

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) conseille de conserver, avec cette nouvelle munition, une distance minimum de 10 mètres. En effet, dans une note interne, datée du 12 septembre 2022, adressée à la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), et que Mediapart a pu consulter, il est stipulé que « par principe de sécurité et de déontologie », il doit être rendu obligatoire pour les gendarmes de ne pas tirer au LBD à moins de 10 mètres. 

Selon un officier, « au sein de la gendarmerie, nous privilégions l’usage du LBD pour une distance de 30 mètres pour faire cesser une infraction s’il n’y a pas d’autres moyens de le faire. Lorsque le danger est plus près de nous, à quelques mètres, nous tentons de neutraliser l’individu autrement qu’en ayant recours au LBD ».

Quand bien même la nouvelle munition représente une certaine avancée, étant « moins dure et donc susceptible de faire moins de blessures », « elle reste néanmoins puissante et dangereuse. Évidemment, d’autant plus si elle est tirée de près ». 

Un haut gradé de la gendarmerie spécialisé dans le maintien de l’ordre insiste : « Cette nouvelle munition ne doit pas conduire à modifier la doctrine d’emploi du LBD, ni à un débridage dans les comportements. » Il rappelle que le LBD est « l’ultime recours avant l’usage du 9 mm. Son usage ne doit pas être la règle. Ce n’est pas une arme de dispersion dans les manifestations ».

Information inexacte

Nous avons donc recontacté la police nationale pour qu’elle nous transmette les dernières directives mentionnant la distance minimum qu’un policier doit respecter. Le cabinet du ministre a, lui, répondu qu’une « distance minimum de sécurité serait communiquée. Il n’y a pas de raison que ce soit différent des gendarmes ». Et pourtant...

Après moult relances, la Direction générale de la police a déclaré qu’il fallait prendre en compte « la distance opérationnelle des munitions » et « qu’en deçà de 3 mètres, le risque lésionnel est important », assurant que « les doctrines en ce domaine sont communes pour les forces de sécurité intérieures, police nationale et gendarmerie nationale ». 

Une information inexacte puisque la gendarmerie interdit de tirer au-dessous de 10 mètres. 

« Ce qui est dangereux, explique auprès de Mediapart un commissaire de police, c’est que le ministère et la DGPN ont banalisé l’usage du LBD, qui devait initialement être utilisé en cas d’extrême danger, comme ultime recours avant l’usage de l’arme. » 

"Un pas a été franchi pour légitimer des tirs de très près." Un commandant, spécialisé dans le maintien de l’ordre

Depuis, après avoir été « expérimenté dans les banlieues, il a été utilisé, depuis 2016, dans les manifestations et les mobilisations contre la loi Travail. En enlevant toute notion de distance minimum de sécurité, le ministère gomme la dangerosité de cette arme et des blessures qu’elle cause »

Pour ce commissaire, « c’est un nouveau verrou qui saute. On peut toujours contester cette distance, qui était déjà peu respectée, mais elle introduisait néanmoins un garde-fou, aussi ténu soit-il »

Avec l’apparition des nouvelles munitions « présentées comme moins impactantes, un pas a été franchi pour légitimer des tirs de très près », nous explique un commandant spécialisé dans le maintien de l’ordre. Ainsi, dans les nouvelles instructions du ministère, « la distance minimum n’existe plus ». « Pire, poursuit ce commandant, on a vu apparaître les termes employés par le fabricant de la munition qui parle de “distance opérationnelle”. »

En effet, dans une instruction relative à l’usage des armes de force intermédiaire, datée du 2 août 2017 et adressée à l’ensemble des fonctionnaires, sont précisées les « distances opérationnelles », allant de 10 à 50 mètres pour l’ancienne munition, et de 3 à 35 mètres pour la nouvelle. C’est sur cette instruction que s’appuie aujourd’hui la DGPN. 

Selon ce gradé, « même d’un point de vue purement opérationnel, c’est absurde. Car le point touché par le tireur est égal au point qu’il a visé à environ 25 mètres et pas en deçà. Donc il faudrait donner cette distance et non une fourchette ». 

« Avec une distance aussi courte que 3 mètres, c’est presque tirer à bout portant. Et c’est inviter, davantage qu’ils ne le faisaient déjà, les policiers à tirer de près avec des risques gravissimes de blessures. Non seulement les agents manquent de formation, mais avec ces directives, ils vont avoir tendance à sortir leur LBD comme une simple matraque et dans le plus grand flou », conclut-il, rappelant « le tir absolument injustifié de la BAC sur le jeune qui a eu le cerveau fracassé à Marseille [en référence à Hedi – ndlr] ». 

"Celui qui veut tirer des balles de caoutchouc accepte que cela conduise à des morts et des blessés graves. Cela n’est pas tolérable dans une démocratie."Frank Richter, membre du premier syndicat de police en Allemagne

Les déclarations faites à la juge d’instruction du policier Christophe I., auteur du tir de LBD, qui a grièvement blessé Hedi à la tête, en juillet, révèlent l’ampleur des conséquences de la banalisation d’une telle arme.   

Le policier explique que le soir des faits, « il n’y avait pas de consignes particulières sur l’utilisation des armes ». Que Hedi ait pu être atteint à la tête ne le surprend pas. Une erreur aux conséquences dramatiques qui ne semble pas lui poser problème : « J’ai tiré sur un individu en mouvement, dit-il. Le fait de viser le tronc, le temps que la munition arrive, c’est ce qui a pu expliquer qu’il soit touché à la tête. » En revanche, il nie que les blessures d’Hedi aient pu être occasionnées par le LBD, allant même jusqu’à avancer qu’elles peuvent « être liées à sa chute » au sol. 

Dans d’autres enquêtes mettant en cause des tirs de LBD, les déclarations des policiers auteurs des tirs affichent à la fois la dangerosité de cette arme et la banalisation de son usage. L’augmentation du nombre de manifestants blessés, en particulier lors des mobilisations des gilets jaunes, avait d’ailleurs conduit le Défenseur des droits, Jacques Toubon, à demander, en janvier 2019, la « suspension » du recours au LBD dans les manifestations.

La France, un des rares pays européens à autoriser le LBD 

Depuis, plusieurs organisations non gouvernementales, parmi lesquelles le Syndicat des avocats de France, la Confédération générale du travail ou le Syndicat de la magistrature, ont saisi la justice pour en demander l’interdiction. En vain. Après avoir essuyé un refus du Conseil d’État de suspendre cette arme, les organisations syndicales ont vu leur requête jugée irrecevable par la Cour européenne des droits de l’homme en avril 2020, estimant que les « faits dénoncés ne relèvent aucune apparence de violation des droits et libertés garanties par la Convention et […] que les critères de recevabilité n’ont pas été satisfaits ».

À l’annonce du refus du Conseil d’État d’interdire le LBD, le syndicat de police majoritaire, Alliance, avait salué « une sage décision ». Son secrétaire général adjoint, qui était alors Frédéric Lagache, avait précisé auprès de l’AFP que « si le Conseil d’État avait prononcé l’interdiction, il aurait fallu à nouveau changer de doctrine et revenir à un maintien de l’ordre avec une mise à distance »

Un discours bien différent de celui de ses homologues allemands, qui ont refusé d’avoir recours au LBD (utilisé dans deux Länder sur seize). En effet, comme le rappelle le politiste Sebastian Roché dans son livre La police contre la Rue, en 2012, le premier syndicat de police d’Allemagne, par la voix d’un de ses représentants, Frank Richter, s’était opposé à ce que les forces de l’ordre puissent avoir recours à cette arme : « Celui qui veut tirer des balles de caoutchouc [comme celles du LBD – ndlr] accepte consciemment que cela conduise à des morts et des blessés graves. Cela n’est pas tolérable dans une démocratie. » 

En Europe, la France est, avec la Grèce et la Pologne, l’un des rares pays à y avoir recours.  

 

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1 novembre 2023 3 01 /11 /novembre /2023 07:38
Gaz lacrymogène et grenades
de désencerclement : le mariage
tourne mal dans les Hauts-de-Seine
 
Publié le 23/10/2023 à 10:03
Samedi, un couple a vu son mariage virer au cauchemar quand deux invités ont décidé de tirer des mortiers d'artifice pour célébrer cette nouvelle union. Intervention de la police, gaz lacrymogène, interpellations... La journée de rêve ne s'est pas tout à fait déroulée comme prévu. 

Le parvis de la mairie de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine a pris des allures de fin de manifestation qui dégénère ce samedi. Pourtant, tout a débuté par un mariage des plus classiques, mais rapidement, la situation s'est envenimée pour finir au poste de police pour deux convives.

Il est 16 heures, deux jeunes mariés viennent de se dire "oui" et, pour célébrer ce moment de joie, deux invités décident de tirer des mortiers d'artifice à la sortie de la mairie, un geste non autorisé qui a valu l'intervention d'agents de police stationnés non loin de là. 

Les policiers demandent à contrôler les auteurs des tirs, ces derniers s'y refusent et les autres invités prennent leur défense. Très vite, la protestation se généralise, si bien que les forces de l'ordre ont dû avoir recours à des grenades de désencerclement et des gaz lacrymogènes pour calmer la foule et parvenir à s'en extraire, des renforts ont dû être appelés. Le Parisien, qui relate les faits, raconte qu'un invité a été légèrement blessé à l’œil, vraisemblablement par un éclat de la grenade lacrymogène. Les deux invités soupçonnés d’avoir tiré ont été placés en garde à vue dans les locaux du commissariat de Gennevilliers, chargé de l’enquête.

Interpellations et mariés en pleurs

"Les deux mis en cause ont reconnu les faits de rébellion et de détention sans motif légitime de substance ou produit explosif non soumis à un régime particulier et permettant de commettre une destruction ou dégradation de bien d’autrui", précise le parquet de Nanterre.

L'incident a eu des conséquences sur un autre mariage, qui s'est tenu peu après 16 heures. "Peut-être aurions-nous pu éviter de gazer deux mariages ? J’ai récupéré le cortège suivant en pleurs. Les mariés et leurs invités avaient les yeux qui coulaient pendant la cérémonie", interpellait ce week-end le maire de Gennevilliers, Patrice Leclerc.

 

"C'est grâce aux renforts de leurs collègues que les policiers de #Gennevilliers, intervenus alors que des tirs de mortiers étaient effectués lors d'un mariage et qu'ils étaient pris à partie par une cinquantaine de convives, sont parvenus à s'extraire. Ce type de débordements ne… https://t.co/gnwmhGWHRb

— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) October 22, 2023

"Ce type de débordements ne saurait être toléré et je remercie et soutiens totalement tous les policiers qui ont fait face à ce groupe hostile et ont mis un terme à ces troubles à l’ordre public, a par ailleurs commenté le préfet de police de Paris Laurent Nuñez. "C’est le sens des instructions de fermeté que je donne et nous continuerons", a-t-il conclu.

 

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1 novembre 2023 3 01 /11 /novembre /2023 07:37
300 CV, 14,5 tonnes, lance-grenades…
à bord du Centaure, nouveau véhicule
blindé de la gendarmerie

La gendarmerie renouvelle sa flotte de véhicules blindés avec un tout nouveau modèle made in France : le Centaure, dont 90 exemplaires seront déployés en France métropolitaine et en Outre-Mer d’ici 2025.

Par Le Parisien 
Le 21 octobre 2023 à 13h30

Aperçu en région parisienne lors des émeutes de juin et juillet 2023, le nouveau véhicule blindé de la gendarmerie nationale a été présenté à la presse sur la base militaire de Satory (Yvelines) ce jeudi 19 octobre. Le « Centaure », conçu en France, par l’entreprise alsacienne Soframe, a vocation à remplacer les véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG), en service depuis 1974.

Son déploiement est en cours, avec un « objectif » de 90 exemplaires d’ici 2025, selon la Colonelle Marie-Laure Pezant, porte-parole de la gendarmerie nationale. Un tiers de la flotte sera localisé Île-de-France, un deuxième tiers en région, et la dernière partie en Outre-Mer, explique la gendarmerie.

D’emblée, son nom interroge. Quel est le rapport entre ce colosse de 14,5 tonnes et 7,5 mètres de long et la créature mythologique, mi-homme, mi-cheval ? Rien d’esthétique, confirme la Colonelle Marie-Laure Pezant. « C’est la représentation de la sagesse », affirme la porte-parole. Le centaure est représentatif, selon elle, du blindé par « la force qu’on va employer - c’est un animal assez robuste - et la sagesse : il va agir à bon escient ».

Son champ d’action est justement assez large : il peut être déployé en cas de « graves troubles à l’ordre public », de catastrophes naturelles, de « menaces sur les institutions » ou encore d’incidents industriels. Une polyvalence assurée, selon le major François Simon, commandant du centre d’instruction blindé, par la technologie du véhicule : il est équipé de caméras permettant une vision à 360 degrés, d’un lance-grenades ou encore de micros permettant d’identifier la position d’un tireur.
 

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1 novembre 2023 3 01 /11 /novembre /2023 07:34
https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/10/07/gerald-darmanin-entend-doubler-les-places-dans-les-centres-de-retention-administrative-d-ici-2027_6193028_823448.html
 
Gérald Darmanin entend « doubler »
les places dans les centres de
rétention administrative d’ici à 2027

De nouveaux centres destinés aux sans-papiers en attente de leur expulsion se situeront dans onze villes et auront chacun une capacité « d’une centaine de places » précise le ministre. 

Le Monde avec AFP

7 octobre 2023
Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé dans un entretien au Parisien, samedi 7 octobre, que le gouvernement allait « doubler les places dans les centres de rétention » pour les porter à « 3 000 » d’ici à 2027.
 

Les nouveaux centres de rétention administrative (CRA), destinés d’ici à 2027 aux sans-papiers en attente de leur expulsion, se situeront dans onze villes, précise le ministre : Dijon, Oissel, Nantes, Béziers, Aix-en-Provence, Goussainville, Nice, Olivet, Mérignac, ainsi que dans le Dunkerquois et à Mayotte. Chacun aura une capacité « d’une centaine de places », a affirmé le ministre. Le gouvernement avait déjà évoqué il y a quelques mois cet objectif de 3 000 places.

Depuis 2017, le nombre de places de rétention a augmenté « de 1 488 à 1 869 places », précise encore une source au sein du ministère de l’intérieur. Au total, 15 922 personnes y ont été retenues l’an dernier en métropole, et 27 643 en outre-mer, selon le rapport annuel des associations de défense des migrants.

Cette annonce intervient un mois avant l’examen au Sénat du projet de loi sur l’immigration, plusieurs fois reporté, et qui devrait faire de l’expulsion des étrangers délinquants une priorité. Mais un autre volet du texte, sur la régularisation de travailleurs sans papiers dans les métiers dits « en tension », suscite l’hostilité de la droite.

« Certain » d’un accord avec le Sénat

Interrogé par les lecteurs du Parisien sur ce volet, M. Darmanin a promis qu’il n’y aurait « pas d’appel d’air » et qu’il s’agissait « de régulariser, au cas par cas, ceux qui sont là depuis plus de trois ans en France »« Arrêtons d’être hypocrites », a-t-il affirmé, en assurant qu’il passait « [son] temps à recevoir des lettres de parlementaires de tous les partis pour [lui] demander des papiers ». Une telle mesure, alors que la France régularise « 7 000 personnes par an pour ce motif », satisferait aussi « tous ces entrepreneurs qui nous demandent de les accompagner », a expliqué le ministre.

Face à l’hostilité affichée des républicains (LR), Gérald Darmanin a rappelé que les centristes (alliés de la majorité de droite au Sénat) étaient, eux, « favorables à cette disposition »« Discutons », a-t-il ajouté, en se montrant optimiste sur les chances d’éviter le recours à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet de faire adopter un texte sans vote du parlement.

« Je suis certain qu’on trouvera un accord, notamment avec le président du Sénat, Gérard Larcher, qui est un grand gaulliste social et qui n’a aucune envie, je le sais, de voir les LR avoir les mêmes positions que le [Rassemblement national] », a ajouté le ministre, lui-même élu des rangs de LR. Réitérant la date du 6 novembre pour l’examen du texte au Sénat, il a appelé à « arrêter de retarder son adoption ».

Enfin sur l’aide médicale d’Etat, réservée aux sans-papiers, il s’est dit « favorable », mais « à titre personnel » à la proposition de la supprimer pour « la transformer en (...) aide médicale d’urgence »« Ce n’est pas la position initiale du gouvernement » mais, « c’est un bon compromis qui allie fermeté et humanité et je le dirai sur le banc du Sénat », a-t-il ajouté.

 

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1 novembre 2023 3 01 /11 /novembre /2023 07:30
Gardes à vue :
en cas de «conditions indignes»,
la personne peut être remise en liberté,
juge le Conseil constitutionnel
Le Conseil constitutionnel se prononçait vendredi 6 octobre sur une question prioritaire de constitutionnalité concernant les conditions de garde à vue dans les locaux de police, qualifiées d’«indignes» par l’association des avocats pénalistes.
par LIBERATION et AFP
publié aujourd'hui à 10h28
 
 

De mauvaises conditions «connues de toute la chaîne policière et judiciaire»

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6 octobre 2023 5 06 /10 /octobre /2023 08:39
Quatre ans après une bagarre filmée,
un policier jugé pour des violences

À Bobigny, jeudi, le parquet a requis trois mois de prison avec sursis contre Jérémie A., qui s’était battu avec un médiateur de la ville de Sevran lors d’une patrouille et l’accusait d’outrage.

Camille Polloni 6 octobre 2023 à 08h56

Jeudi 5 octobre, le policier de 39 ans comparaissait pour des « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » ayant entraîné cinq jours d’ITT (interruption totale de travail) pour Lamine Ba, du même âge, médiateur de la ville de Sevran au moment des faits et toujours employé municipal. 

Une vidéo de quelques secondes, aussitôt diffusée sur les réseaux sociaux et décortiquée pendant l’enquête, montre les deux hommes en train d’échanger des coups. Sur l’interprétation des images, l’avant et l’après, leurs versions s’opposent.  

 

Illustration 1 Lamine Ba, médiateur de Sevran, le 21 septembre 2020. © Photo Le Parisien / MAXPPP

Tout commence par un différend des plus banals. Le 11 septembre 2019, à Sevran, des agents du commissariat d’Aulnay-sous-Bois en patrouille descendent de voiture pour faire des contrôles près d’un « point de deal ». Jérémie A., le conducteur, reste seul à côté du véhicule arrêté en pleine rue. Un automobiliste lui reproche de créer un embouteillage et lui demande de bouger. Jérémie A. refuse, Lamine Ba s’en mêle. 

À partir de là, plus personne n’est d’accord. Jérémie A. accuse le médiateur d’avoir lancé : « Parle pas avec cette salope, tu vois bien qu’il s’en bat les couilles. » « On est dans un quartier de reconquête républicaine, je ne peux pas laisser passer un outrage », soutient le policier à la barre. 

Lamine Ba conteste l’outrage et explique être intervenu pour calmer le jeu, en s’exprimant poliment. Le policier l’aurait mal reçu : « T’es qui toi, tu fais le malin ? Dégage, je vais te contrôler. » Le médiateur explique être retourné à sa voiture pour poser, sur le toit, sa sacoche contenant ses papiers, puis avoir attendu quelques minutes, le temps que l’agent se gare proprement. 

Lorsque le policier revient et « souhaite le contrôler, il refuse », reprend Jérémie A., se disant alors « contraint » de l’interpeller. « Il ne m’a pas demandé mes papiers, il a voulu m’interpeller directement alors que je n’avais pas commis d’infraction », proteste le médiateur.

Sur les images projetées dans la salle d’audience, on voit le policier attraper d’un coup les jambes de Lamine Ba, « une technique règlementaire » pour « l’amener au sol », sans grand succès en l’espèce. « Donc, en le saisissant par les chevilles, vous pensez pouvoir l’accompagner dans sa chute ? », s’interroge la présidente. Rires dans le public, où une vingtaine de militants antiviolences policières – dont Michel Zecler, Amal Bentounsi et Jérôme Rodrigues – sont venus en soutien. 

S’ensuit un corps-à-corps, pendant lequel Lamine Ba dit avoir passé ses bras « sous les aisselles » du policier pour « rester debout », quand l’agent assure avoir été « étranglé » jusqu’à « perdre [son] souffle ». Le médiateur, qui a pratiqué la boxe et le ju-jitsu brésilien, semble en tout cas avoir le dessus. Dès qu’il parvient à se dégager, le gardien de la paix décoche un coup de poing au visage de son adversaire. Celui-ci riposte. 

Pendant ces quelques secondes de bagarre en public, où Lamine Ba est acculé contre sa propre voiture, chacun soutient n’avoir fait que se défendre face à l’agression de l’autre. Jusqu’à ce qu’un collègue de Jérémie A. revienne en courant et tase le médiateur, qui tombe. La vidéo s’arrête là. 

Lamine Ba se plaint d’avoir reçu d’autres coups de poing lors de son menottage, quand Jérémie A. était « à califourchon » sur lui, ce qu’un témoin confirme. Le médiateur affirme ensuite avoir été insulté dans la voiture de police, sur le trajet vers le commissariat. Sur avis médical, sa garde à vue est rapidement levée. Il passe la nuit en observation à l’hôpital. La procédure pour outrage est finalement classée sans suite. 

« Quatre années de bataille judiciaire » 

« Faute de preuves suffisantes », le parquet de Bobigny décide aussi, en mars 2020, de classer sans suite l’enquête pour violences visant le policier. Grâce à une nouvelle plainte, Lamine Ba obtient la désignation d’un juge d’instruction. À l’issue de l’information judiciaire, le parquet n’est toujours pas convaincu et requiert un non-lieu. Contre son avis, Jérémie A., aujourd’hui en poste à la compagnie de sécurisation et d’intervention du Val-de-Marne (CSI 94), est tout de même renvoyé devant le tribunal.  

Revenant sur ces « quatre années de bataille judiciaire », Diane de Condé, avocate du médiateur, regrette que son client ait été dépeint comme « un délinquant » alors que son casier judiciaire est vierge. Aux yeux de l’avocate, le policier n’était pas confronté à « un péril imminent » mais avait « envie d’en découdre »« Je pense que l’État s’effondre lorsque la force n’est plus régulée par le droit, lorsqu’on en fait un usage privé. »  

Au sein du parquet de Bobigny, Loïc Pageot occupe une place particulière. En tant que magistrat référent pour les affaires impliquant des policiers, c’est lui qui a diligenté la première enquête, puis l’a classée sans suite et a requis le non-lieu à l’issue de l’instruction. Il est aussi chargé de porter l’accusation lors de cette audience. 

Assumant ses arbitrages passés, le procureur ajoute toutefois que « la décision du juge d’instruction a permis » que « [sa] conviction se forge en fonction des débats »« Le plus simple, c’est peut-être de se limiter à l’examen de la vidéo », conclut Loïc Pageot, pour qui les deux coups de poing infligés à Lamine Ba ne sont ni nécessaires, ni proportionnés au regard de son attitude, et constituent donc « des violences illégitimes ». Il requiert trois mois de prison avec sursis contre le policier. 

L’avocat de ce dernier, maître Frédéric Gabet, plaide la relaxe au bénéfice du doute. À ses yeux, trop de « contradictions » subsistent pour pouvoir condamner son client. Reconnaissant que la vidéo n’est « pas à l’honneur de la police », il estime qu’elle ne montre pas « des violences disproportionnées, excessives ou illégitimes » mais « des coups portés de part et d’autre » lors d’une interpellation nécessaire. Le tribunal doit rendre sa décision le 2 novembre. 

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6 octobre 2023 5 06 /10 /octobre /2023 08:37
Communiqué n°6 : un bilan d’étape
de la situation du S
Serge a été grièvement blessé le 25 mars 2023 à Sainte Soline. Six mois après les faits, voici où nous en sommes.
 
Passé le soulagement après le temps de l’incertitude du réveil, de nouveaux champs d’incertitudes sont apparus, sur ce que notre camarade allait pouvoir récupérer, comment, en combien de temps etc. Nous avons eu la joie de le retrouver, lui et ses souvenirs, ses convictions et sa détermination. 
 
Pourtant, chaque jour, l’étendue des dommages s‘est révélée à petits bruits. Le choc cérébral, qui a a entrainé le retrait d’une partie de sa boîte crânienne pour maîtriser un œdème qui lui aurait été fatal, a laissé des traces importantes. Le traumatisme crânien a causé une paralysie faciale et des difficultés de mobilité des membres, des troubles importants de la vision qui fragilisent sa capacité à se déplacer seul sans risquer l’accident, des difficultés de concentration et une fatigue chronique. La grenade qui l’a percuté a détruit une oreille interne, mettant à mal son équilibre et provoquant une surdité définitive de l’oreille impactée ainsi qu’une baisse de vision. Nous ne sommes pas en mesure de dresser un constat définitif. Il a fait des progrès notables grâce à la rééducation et nous espérons qu’il parviendra à récupérer ce qui n’est pas définitivement perdu.
 
Il a récemment subi une opération visant à reconstituer sa boite crânienne (pose d’une prothèse appelée volet), une opération cruciale pour estomper tout risque de dommage cérébral supplémentaire. Malheureusement, cette opération a échoué En effet, après un mois d’infection, de fièvre, de galères de cicatrisation, d’antibiotiques, d’entraves dûes à des cathéters et d’ennui, le volet a dû lui être retiré. Il est aujourd’hui encore gardé sous surveillance et nous espérons qu’il pourra sortir rapidement pour reprendre le travail de rééducation. Il devra subir à nouveau cette opération chirurgicale dans quelques mois, sans garantie de réussite. 
 
En définitive, depuis sa sortie du coma, Serge n’aura connu que 3 semaines hors de l’institution hospitalière. Nous y avons donc passé suffisamment de temps pour constater à quel point ici comme ailleur le capitalisme poursuit son écrasement en quête de marge financière et les patients comme les travailleuses et travailleurs du soin en sont la variable d’ajustement. Malgré la bienveillance du personnel hospitalier, l’hospitalisation reste une situation d’enfermement, avec son lot de dépossession, d’entrave et d’isolement, qui s’ajoute au traumatisme de la blessure initiale. Y faire face n’est pas toujours facile et le soutien est une ressource primordiale.
 
Nous tenons à remercier toutes les personnes qui se sont mobilisées et se mobilisent encore : concerts de soutien, visites quotidiennes à l’hopital, compils de soutien, tags, banderoles, actions, les logements prêtés, les affiches, les collectes de thunes, les dons, qui permettent notamment d‘assumer sereinement les frais médicaux (hospitalisation, prothéses auditives) et les aménagements nécessaires à la vie quotidienne, mais aussi d‘amortir l’impact financier pour Serge et ses proches
Merci aussi à toutes celles et ceux qui, 2 fois par jour depuis 5 mois, préparent des repas pour Serge et lui apportent à l’hosto. Merci à ceux qui l’ont accompagné marcher, à tous ceux qui ont été présents pour le soutien moral. Merci à ses collègues, qui lui envoient quotidiennement des photos, lui rappelant une partie de sa vie d’avant. Merci pour les messages de soutien, les chansons, les vidéos, qui donnent de la force.  Cette solidarité est exemplaire. Nous avons conscience d’être bien lotis, comparés à toutes celles et ceux qui subissent seuls la répression , à l’ombre des chaumières, sans force collective pour contrecarrer toutes les misères qu’elle charrie.
 
Parce que nous pensons qu’il est primordial de prendre collectivement en charge la répression qui s’abat sur les mouvements révolutionnaires, nous proposerons bientôt un retour sur notre expérience propre autour de la blessure de Serge. Nous y présenterons les différentes questions logistiques et politiques auxquelles nous avons été confrontés et comment nous avons su ou non y répondre. Ce bilan n’est qu’un bilan d’étape, dans la mesure où nous sommes bien loin d’en avoir fini et où aucun retour à la normale ne se pointe à l’horizon. Et ce n’est certainement pas le règlement judiciaire de l’affaire, quelle que soit l’issue de la plainte qui vise l’action de l’Etat à Sainte Soline, qui y mettra un terme.
 
Depuis que l’Etat existe, sa police mate, fracasse, tue, en un mot terrorise. Un seuil a probablement été franchi en France au moment où les blindés des forces spéciales ont tenté de prendre le contrôle de la rue sans hésiter à tirer sur la foule au petit malheur la chance pour éteindre la révolte déclenchée par le meurtre de Nahel. Ainsi, depuis les émeutes de 2005, combien d’yeux crevés, de membres fracassés, de cas de surdité, d’assassinats plus ou moins légaux, de viols, de vies réduites en miettes au nom du maintien – coûte que coûte d’un monde d’exploitation ? Combien de séquelles et d’années de rééducation reste-t-il une fois que les médias ont fait leurs choux gras ?
 
La solidarité doit se poursuivre pour que les blessés et enfermés de nos luttes se relèvent de la meilleure des manières et pour que nos morts ne se soient pas fait tuer pour rien. Les capitalistes n’ont qu’un objectif : faire du fric en nous abîmant, en nous detruisant et en détruisant tout ce qui est viable sur le globe.
 
Plus que jamais, la lutte des prolétaires du monde entier est vitale pour trouver le chemin de ce foutu monde meilleur. 
 
 
 
Les camarades du S
 
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1 octobre 2023 7 01 /10 /octobre /2023 18:09

Editorial de RÉSISTONS N°213.

Au bal des faux culs les révoltés n’étaient pas invités
Des dizaines de milliers de manifestants dans une centaine de villes, à l’appel d’une centaine de collectifs, familles et organisations ont exigé le 23 Septembre, la fin des violences policières et du racisme institutionnel… Dans chaque tête de cortège, d’importantes représentations des familles de victimes.
Quelque chose de positif se développe. Il était temps car la répression policière et judiciaire a pris une ampleur sans précédent après le meurtre de Nahel, même comparé aux révoltes de 2005.
En 2005 il n’y a pas eu de morts, nettement moins de blessés, mutilés, on était loin du chiffre de 400 incarcérations donné dès fin juillet et les procès continuent.
Oui, cette manif a été un succès, mais comment transformer la haine du pouvoir raciste et oppresseur en une lutte qui le fera reculer ? Ce n’est pas gagné.
 Il suffit de se pincer le nez et regarder le bal des faux culs à Saint Denis le 30 aout . Comme de gentils toutous, tous les partis parlementaires, dont le PC, PS, les Verts et Les Insoumis y sont accourus. Ils se sont enfermés avec Macron de 14 heures à 3 heures du matin, pendant 13 heures , svp, ils ont accepté le secret du conclave, ils ont même docilement remis leurs portables aux huissiers. Les Insoumis avaient juré qu’ils ne dîneraient pas avec Macron. Eh bien, ils sont restés et ils ont participé à dorer le blason du grand manipulateur.
On ne sait pas ce qui s’est passé, mais ce qui est sûr, c'est que les révoltés n’étaient pas invités.
Il s’avère, une fois de plus, que c’est dans la rue que l’avenir se joue.
Face à cette embrouille, la Coordination nationale contre les violences policières, quant à elle, formule au nom des victimes, des familles et des collectifs des revendications claires et nettes : interdiction des LBD, dissolution de la BAC et les BRAVM, l’amnistie des révoltés, la condamnation sans concessions des policiers tueurs et mutileurs, mais aussi à bas l’islamophobie, non à la chasse à l’abaya alors que Macron se présente comme le chevalier blanc de la laïcité tout en participant à la messe à Marseille.
Ils ne s’agit pas pour les familles et les collectifs de faire la révolution, mais tout simplement de proposer des objectifs démocratiques (https://www.youtube.com/watch?v=BUKBnhb3QwU).
Pour les faux culs de gauche de Saint Denis c’en était trop. Le PS était absent, le PCF, par la voix de son chef, a justifié son absence : on va pas marcher le 23 à côté des gens qui crient : tout le monde déteste la police, tout en lançant un appel inconséquent à « envahir » les préfectures et les supermarchés…contre l’inflation.
 Quant aux deux autres convives de Macron, La France Insoumise et les Verts , ils ont signé » un « appel light »pour le 23, plein de bonnes choses, mais flou et ont participé à la marche.
Alors que dire ? Nos rangs se sont étoffés. Mais vigilance, les faux culs nous guettent au coin de la rue.

 

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28 septembre 2023 4 28 /09 /septembre /2023 09:35

 

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