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25 mai 2021 2 25 /05 /mai /2021 14:58

UN GENOU SUR LE COU DU PLAQUÉ AU SOL pendant 9 minutes !!

 

Plusieurs policiers appuient de tout leur poids sur le corps du plaqué au sol. (Paris)

 

 

Un genou sur le cou ( Israel -12 mai 2021 )

 

Un genou sur le cou  (Paris)

 

Un genou sur le cou ( Jérusalem - 8 mai 2021 )

 

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 08:37

 

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 07:56
 
 
 
 Mort de Maïcol à Nice :
le rapport interne qui met en cause la police
 23h00 , le 22 mai 2021, modifié à 14h33 , le 23 mai 2021
 

Le 10 janvier dernier, Maïcol, 20 ans, décédait à Nice après une course-poursuite suivant le viol du couvre-feu. Les conditions de l'intervention sont contestées. 

Le 3 mars à Nice, une centaine de personnes manifestaient pour rendre hommage au jeune Maïcol.
Le 3 mars à Nice, une centaine de personnes manifestaient pour rendre hommage au jeune Maïcol. (Maxppp)
 
L'affaire a enflammé Nice, suscitant marches blanches et protestations. Dans le quartier des Liserons où Maïcol a grandi, plus de quatre mois après le drame, une fresque à son image proclame encore : "La mort n'arrête pas l'amour." Sa mère a déposé plainte contre X pour "homicide involontaire", et le passager de la moto a, lui, visé les policiers de la brigade anticriminalité (BAC), auteurs de la course-poursuite, pour "blessures involontaires". Le rapport de l'inspection générale de la Police nationale (IGPN) rendu fin mars, que le JDD a pu consulter, éclaire d'un jour nouveau l'enquête préliminaire ordonnée par le parquet de Nice. Le comportement des policiers y est mis en cause.

Quatre minutes dix-neuf. C'est le temps qu'a duré la course-poursuite d'un équipage de la BAC, lancé à grande vitesse – avec des pointes à plus de 150 km/h – dans les rues de Nice le 10 janvier 2021 derrière deux jeunes hommes à moto. Ce soir-là, il est un peu plus de 22 heures quand les quatre policiers décident de contrôler Maïcol Goncalves-Furtado et son passager, Salyakhuddin Ibakaev ; en plein couvre-feu, les deux amis se baladent. Face au refus d'obtempérer, la BAC entame une course-­poursuite qui va mener le conducteur de 20 ans à la mort ; dans le virage glissant d'un tunnel, Maïcol perd le contrôle et heurte le rebord d'un trottoir. Il décède de traumatismes crânien et thoracique. Le passager s'en tire avec des blessures ­superficielles.

La course-poursuite était-elle légale?

La course-poursuite était-elle légale? L'IGPN met en avant une note de service de la direction départementale de la sécurité publique des Alpes-Maritimes, produite en août 2020, dont la lecture permet de répondre par la négative. Le document "rappelle les conditions de prise en charge des véhicules par la police" ; y sont listés "les faits qui peuvent motiver la poursuite d'un véhicule". Ils doivent être "d'une grande gravité", comme "la fuite ou l'évasion d'un individu armé", "d'auteurs de crimes de sang [ou de] crimes et délits aggravés ayant causé un préjudice corporel". Dans les autres situations, précise la note dont les policiers avaient eu connaissance, "toute poursuite systématique est exclue, notamment en cas de refus d'obtempérer". Or la course-poursuite à Nice est motivée par une simple contravention suivie d'un refus d'obtempérer.

Les "baqueux", auditionnés par l'IGPN, se défendent en contestant le caractère "systématique" de leur action lancée ce jour-là dans, disent-ils, un contexte précis. Le chef de bord de l'équipage déclare ainsi que "le refus d'obtempérer des fuyards les avait confortés sur le fait qu'ils devaient avoir quelque chose de grave à se reprocher". Cinq jours avant le drame, des coups de feu avaient éclaté dans le quartier où a démarré la course-poursuite, tirés par de jeunes hommes à bord de grosses cylindrées. Maïcol et son ami "pouvaient correspondre au signalement des auteurs des coups de feu", argue le brigadier. Mais les tireurs n'étaient pas sur le même type de deux-roues : des Tmax (sortes de gros scooters), alors que les deux jeunes hommes pris en chasse étaient sur une moto TDM, pointe l'IGPN.

Le véhicule de police n'a jamais touché la moto

La mort de Maïcol Goncalves-Furtado est-elle due à l'intervention de la BAC? Pour le passager, les policiers ont poussé son ami à la "faute de pilotage", en les suivant "de très près, […] ce qui l'aurait motivé à accélérer davantage", écrit l'IGPN, qui a auditionné le jeune homme. Les images des caméras de vidéosurveillance montrent "le véhicule de police, gyrophare en action, suivant la moto à allure soutenue et parfois à courte distance", selon le rapport. Sans jamais la toucher, ajoute la police des polices, contrairement à ce qu'affirmait la rumeur.

Par ailleurs, le rapport pointe la différence entre le sort échu au pilote, décédé dans l'accident, et celui de son passager, légèrement blessé. Une disproportion due selon l'IGPN au casque : celui de Maïcol n'était "probablement pas attaché". En effet les sangles n'étaient "pas coupées ou arrachées" malgré la violence du choc. En conclusion, l'IGPN liste une kyrielle d'infractions supplémentaires imputables à Maïcol Goncalves-Furtado : l'absence de permis moto, la consommation de cannabis ou le défaut d'assurance du deux-roues. Autant de points que la BAC ne pouvait cependant pas connaître avant de démarrer la course-poursuite. "On est dans une construction intellectuelle a posteriori de la police", fustige Nabil Boudi, l'avocat de la famille de Maïcol, qui souhaite l'ouverture d'une information judiciaire.

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 07:48
 
 
Mort du jeune Maïcol à Nice:
l’IGPN met en cause les policiers
Clément Avarguès23/05/2021 08:33Dernière MAJ:23/05/2021 10:44
 

L’Inspection générale de la police nationale met en cause la décision de la BAC d’engager la course-poursuite qui a conduit le jeune Niçois à la mort alors que les motifs suffisants n’étaient pas réunis.

Le contexte. Cela fait maintenant plusieurs mois que les proches du défunt et une partie de la jeunesse niçoise se mobilise. C’est dans le tunnel Liautaud à Nice que l’accident qui a emporté Maïcol Goncalves-Furtado, 20 ans, s’est produit aux alentours de vingt-deux heures le dimanche 10 janvier dernier. Le jeune conducteur de la moto tentait d’éviter un contrôle de police, avec un passager, pendant le couvre-feu. Une course-poursuite s’est engagée à très grande vitesse, avant de prendre une tournure dramatique dans le tunnel.

Maïcol succombe rapidement à ses blessures. Le second passager, Salyakhuddin Ibakaev, âgé de 19 ans, est légèrement blessé. Dans les semaines qui ont suivi, une forte mobilisation (voir les différents articles ci-bas) s’est levée autour de l’affaire, au travers d’une marche blanche, d’une manifestation et d’une forte présence sur les réseaux sociaux.

La mère de Maïcol Goncalves-Furtado a déposé plainte contre X pour « homicide involontaire », et le passager de la moto a, lui, visé les policiers de la brigade anti-criminalité (BAC), auteurs de la course-poursuite, pour « blessures involontaires ».

« Le comportement des policiers mis en cause »

Ce qui est nouveau. Le Journal du Dimanche  révèle ce 23 mai le contenu du rapport de l’IGPN, l’Inspection générale de la Police nationale, rendu à la fin du mois de mars dernier. « Le comportement des policiers y est mis en cause » souligne le JDD.

Le document rappelle les faits : la course-poursuite, « lancée à grande vitesse, avec des pointes à plus de 150 km/h » aura duré « quatre minutes dix-neuf ».

« Face au refus d’obtempérer (des deux jeunes, NDLR), la BAC entame une coursepoursuite (…) Dans le virage glissant d’un tunnel, Maïcol perd le contrôle et heurte le rebord d’un trottoir. Il décède de traumatismes crânien et thoracique. »

Au coeur du travail de l’IGPN, cette question : « la course-poursuite était-elle légale? » D’après « une note de service de la direction départementale de la sécurité publique des Alpes-Maritimes, produite en août 2020 », il semblerait que non.

Ce rappel liste les motifs permettant aux policiers d’engager une course-poursuite : ils doivent être « d’une grande gravité », comme « la fuite ou l’évasion d’un individu armé », « d’auteurs de crimes de sang [ou de] crimes et délits aggravés ayant causé un préjudice corporel ».

Autant de faits qui ne concernent pas le refus d’obtempérer des deux jeunes hommes à Nice. La note de la direction le rappelait d’ailleurs noir sur blanc, six mois avant la mort de Maïcol : « toute poursuite systématique est exclue, notamment en cas de refus d’obtempérer. »

Toujours d’après le Journal du dimanche, les agents de la BAC de Nice se sont défendus devant l’Inspection générale en affirmant que le refus d’obtempérer « les avait confortés sur le fait qu’ils devaient avoir quelque chose de grave à se reprocher. » De plus, cinq jours avant les faits, une nouvelle fusillade avait éclaté dans le quartier où la course-poursuite a démarré : les brigadiers avancent que les deux fuyards auraient pu correspondre au profil des suspects. Observation de l’IGPN : « les tireurs n’étaient pas sur le même type de deux-roues : des Tmax (sortes de gros scooters), alors que les deux jeunes hommes pris en chasse étaient sur une moto TDM ».

Contrairement à ce qui a pu être entendu ou lu sur les réseaux sociaux, les images de vidéo-protection montrent que la voiture de police n’a jamais touché la moto, même si elle la suivait avec une « allure soutenue, parfois à courte distance. »

Le rapport tente également de faire la lumière sur l’état des deux jeunes, l’un étant décédé, l’autre s’en étant sorti avec des blessures légères. D’après l’IGPN, il y a de fortes chances pour que Maïcol, qui « ne possédait pas de permis moto », n’avait « pas attaché son casque ». Le jeune aurait également « consommé du cannabis ».

L’avocat de la famille demande l’ouverture d’une information judiciaire.

Soutien syndical

Dans un communiqué de presse publié ce 23 mai « en réaction aux articles du JDD et de Nice-Presse » le bureau départemental Unité SGP Police 06 se dit « solidaire des collègues de la BAC de Nice » et « rappelle que si le conducteur du deux roues avait obtempéré, s’il s’était arrêté, s’il avait répondu aux injonctions des policiers, ce drame ne serait jamais arrivé. »

Opposée à « la vindicte », l’organisation dénonce une « insoutenable inversion des valeurs », appelant à « ne pas se tromper de cible (sinon) les policiers maralpins ne sortiront plus des commissariats ».

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 18:14
 
 
Violences policières
En Guadeloupe,
le spectre de George Floyd flotte
sur la mort de Claude Jean-Pierre
Que s’est-il réellement passé fin novembre, lors d’un contrôle de gendarmerie dans la ville de Deshaies, en Guadeloupe ? Tombé dans le coma, Claude Jean-Pierre, un maçon à la retraite est mort deux semaines plus tard. Des images de vidéosurveillance révélées cette semaine relancent l’affaire.
par LIBERATION
publié le 23 mai 2021 à 15h03

 

Colère

Alcoolémie élevée

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 23:36
Le Collectif Lumiàre(s) pour Sabri a rejoint le Réseau d'Entraide Vérité et Justice a vu le jour le vendredi 19 février 2021.
Face aux crimes et violences policières et carcérales, face aux dénis de justice, des familles, des mutilé.e.s, des blessé.e.s ont décidé de s'unir !

 

LES MEMBRES DU RESEAU
 
🤝 COLLECTIF VIES VOLEES [Paris]
🖋 viesvolees.france@gmail.com
🤝 LES MUTILE.E.S POUR L'EXEMPLE
🖋 lesmutilespourlexemple@protonmail.com
🤝 VÉRITÉ ET JUSTICE POUR LAMINE DIENG
🤝 ASSO MÉMOIRE JAWAD ZAOUIYA
🤝 ASSEMBLÉE DES BLESSÉS/DÉSARMONS-LES
🖋 desarmons-les@riseup.net
📱 07 58 67 20 60
🤝 COLLECTIF JUSTICE ET VÉRITÉ POUR BABACAR GUEYE
🖋 justicepourbabacar@gmail.com
🤝 JUSTICE ET VÉRITÉ POUR ALLAN
Page Instagram : @justicepourallan
🤝 JUSTICE POUR IBO
🖋 justicepouribo@gmail.com
🤝 JUSTICE POUR ANGELO
🖋 justicepourangelo@gmail.com
🤝 COLLECTIF CONTRE LES ABUS POLICIERS - C.L.A.P33 [Bordeaux]
🖋 collectif.clap33@gmail.com
📱 06 95 35 40 16
COLLECTIF ANGLES MORTS
🖋 anglesmorts@gmail.com
🤝 COMITE VERITE ET JUSTICE 31
🖋 comiteveritejustice31@riseup.net
📱 07 53 48 02 55
🤝 ZÉRO CHLORDECONE - OBJECTIF ZERO POISON
🖋 c.c.e.a.e.martiniquais@gmail.com
📱 +596 696 97 72 71

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 19:13
 
Argenteuil : près de 200 personnes
marchent pour Sabri

Il y a un an, le jeune homme de 18 ans trouvait la mort au guidon de sa moto de cross alors qu’une voiture de police était à proximité des lieux. Si l’enquête a été classée sans suite par le parquet de Pontoise, ses proches demandent toujours « la vérité » sur les circonstances exactes du drame.

Par Anne Collin 
Le 22 mai 2021 à 15h14

« Lumière pour Sabri ! », « On veut, on veut la vérité ! » « Sans justice, pas de paix ! » scandent les participants réunis dans les rues malgré la météo maussade. Ce samedi après-midi, environs 200 personnes ont participé dans le calme à une « marche blanche pour la vérité » à Argenteuil (Val-d’Oise) à l’appel du collectif « Lumière(s) pour Sabri ». La journée étant notamment marquée par de nombreuses mobilisations en Ile-de-France dont plusieurs marches.

Il y a un an, le 17 mai 2020, ce jeune homme de 18 ans, habitant de la commune, trouvait la mort au guidon de sa moto de cross rue du Trouillet alors qu’une voiture de police était à proximité des lieux.

La famille a pris la tête du cortège

Derrière une grande banderole « Lumière [s] pour Sabri », le cortège parsemé de pancartes s’est élancé vers 14 heures de la gare d’Argenteuil pour rejoindre sans aucun incident le parc de la Bérionne où la mobilisation s’est terminée sous la pluie par un lâché de ballons et des prises de paroles. En tête, sa famille entre émotion et détermination.

Car si l’enquête a été classée sans suite par le parquet de Pontoise le 28 octobre 2020 pour « absence d’infraction », ses proches demandent toujours « la vérité » sur les circonstances exactes du drame. Il y a quelques jours, lors d’une reconstitution organisée par leurs soins, leur avocat a ainsi annoncé avoir déposé une plainte avec constitution de partie civile contre X pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Ils entendent obtenir la réouverture du dossier et l’organisation d’une reconstitution officielle par la justice. En effet, pour eux, de nombreux points restent à éclaircir dans la version retenue par le ministère public.

Ce dernier avait justifié sa décision par l’expertise en accidentologie rendue trois semaines après le drame. Selon le parquet, elle « a confirmé l’absence d’intervention d’un tiers dans l’accident » et a conclu « à une perte de contrôle de la moto alors qu’elle roulait sur le trottoir et percutait le rétroviseur d’une camionnette », avant de s’écraser contre un poteau en béton. Mais pour Me Lucie Simon, l’avocate de la famille, celle-ci « fait de la version des policiers son postulat de base, sans la questionner, ni proposer d’autres hypothèses ».

« Des zones d’ombre à éclaircir »

La tante du jeune homme a ainsi pris la parole à plusieurs reprises pendant la marche. « J’ai le dossier en main, 680 pages ce n’est pas rien. Je l’ai étudié et il n’y a que des zones d’ombre que l’on a besoin d’éclaircir. » Et de revenir sur différemment éléments évoqués pendant la reconstitution organisée par la famille.

« On n’est pas contre la police. On veut juste la justice, la justice pour tous car je pense qu’il s’est vraiment passé quelque chose et c’est à nous de le montrer. Y a rien qui nous en dissuadera. On va faire la lumière pour Sabri », a souligné cette proche.

« Un an plus tard, vous êtes encore là, la mobilisation est toujours là. On va porter son combat avec honneur et dignité. Aujourd’hui, on se bat pour tous les Sabri. Justice pour Sabri », a notamment lancé Assa Traoré, la sœur d’Adama, venue apporter son soutien à l’événement.

 
Dans le défilé, de nombreux jeunes portent un tee-shirt floqué « Lumière [s] pour Sabri », mais aussi des parents, des habitants. Comme Sarah, 37 ans. « C’est important d’être là pour soutenir la famille dans sa démarche et lui dire que nous non plus on n’oublie pas, explique cette Argenteuillaise. Et tant qu’il y aura des questions, des zones d’ombre, on n’oubliera pas ». Toute la lumière doit être faite aussi pour Yasmina, 38 ans. « On ne peut pas laisser ce flou. Les questions, ça laisse place à la suspicion à l’injustice et il faut que ça cesse. Les policiers manifestent pour demander du respect mais il faut que ce soit dans les deux sens ».

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 14:24
La censure des mesures
les plus emblématiques
de la loi « sécurité globale »,
un revers pour la majorité
et Gérald Darmanin

L’ex-article 24, qui prévoyait de lourdes sanctions en cas de diffusion d’images de policiers, a notamment été jugé par le Conseil constitutionnel trop imprécis pour être applicable en l’état.

Par Antoine Albertini

Publié aujourd’hui à 04h05, mis à jour à 08h50

 

De proposition de loi « pour une sécurité globale », le texte avait été rebaptisé « loi pour une sécurité globale préservant les libertés », avant d’être adopté par le Parlement le 15 avril. En décidant de censurer sept des vingt-deux articles soumis à son analyse, le Conseil constitutionnel a considéré que cette précaution sémantique ne valait que pour ce qu’elle était : une simple tournure de style.

Saisis par 87 députés de l’opposition, rejoints par le premier ministre, Jean Castex, le 20 avril « pour qu’il ne puisse subsister aucun doute (…) sur la conformité de ces dispositions », l’instance de la rue de Montpensier a taillé en pièces la disposition la plus controversée de la loi, l’article 24, devenu article 52 à la faveur d’un tour de passe-passe et d’une réécriture cosmétique par le Sénat.

Théoriquement destiné à protéger les membres des forces de l’ordre, objets de menaces démultipliées par la puissance des réseaux sociaux, il punissait de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende toute provocation à l’identification d’un policier ou d’un gendarme « dans le but manifeste » de porter atteinte « à son intégrité physique ou psychique ». En pratique, il aurait surtout conduit à entraver, sinon à rendre impossible, le travail des journalistes.

(...)
 

Au-delà de ce revers pour la majorité et le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, indéfectible soutien du texte, deux autres importantes dispositions ont également été rejetées. La première visait à expérimenter pendant cinq ans la dévolution de pouvoirs de police judiciaire, comme celui de constater par procès-verbal certains délits – vente à la sauvette, consommation de stupéfiants – à des agents de police municipale et des gardes champêtres.

La seconde, d’une plus grande envergure, concernait l’article 47, relatif à la mise en œuvre opérationnelle de drones, une possibilité très attendue par les forces de l’ordre, en particulier à l’occasion de manifestations sur la voie publique mais également pour des investigations menées par des services de police judiciaire en matière de lutte antiterroriste ou de démantèlement de trafics de stupéfiants. Problème : la loi prévoyait le recours « aux aéronefs circulant sans personne à bord » – leur désignation officielle – dans des conditions particulièrement extensibles.

Outre ces vétos, quatre autres articles ont fait l’objet de réserves d’interprétation et cinq « cavaliers législatifs » de censure, comme le Conseil constitutionnel en a le pouvoir d’office. Ces mesures, sans lien direct avec le sujet d’un texte de loi, y sont volontiers introduites sous la forme d’amendements pour en atténuer la visibilité et, de ce fait, neutraliser leur éventuelle charge polémique – une sorte de contrebande législative.

L’article 27, qui portait la peine encourue de quinze à vingt années de prison pour les homicides involontaires d’agents de sécurité privée, une circonstance aggravante prévue notamment pour des personnes dépositaires de l’autorité publique, a ainsi été censuré. C’est également le cas de l’article 67, qui prétendait conférer un pouvoir de verbalisation de véhicules aux « gardes particuliers » affectés à la surveillance de propriétés privées.

(...)

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 14:21
 
Le gilet jaune Frédéric Vuillaume
relaxé pour la troisième fois
21 mai 2021 Par Guillaume Clerc (Factuel.info)
 

Syndicaliste bisontin de la première heure, le gilet jaune Frédéric Vuillaume subit un acharnement policier depuis plus de deux ans : 7 gardes à vue, une perquisition, 12 amendes et 3 procès. Soutenu par Amnesty International, il a comparu devant le tribunal de Dijon ce 20 mai, pour délit d’attroupement. Pour la troisième fois en moins d’un an, il a été relaxé.

 

Dijon (Côte-d’Or).– « C’est une victoire de la démocratie contre la répression policière et judiciaire », se réjouit Frédéric Vuillaume à la sortie du tribunal de Dijon ce matin du 20 mai. Il y est sorti le poing levé, entonnant un célèbre chant des gilets jaunes, dont il est une figure à Besançon et au-delà. Il vient d’être relaxé pour la troisième fois en moins d’un an. Et savoure cette nouvelle victoire devant ses soutiens, réunis à l’appel d’Amnesty International, qui a fait de son cas un symbole des menaces qui pèsent aujourd’hui en France sur la liberté de manifester, et de la section Doubs de son syndicat, Force ouvrière.

 

Le Bisontin était poursuivi pour délit d’attroupement à la suite d’une manifestation contre la loi « sécurité globale » le 5 décembre à Dijon. Des affrontements éclatent, lui reste pacifiste mais déterminé, comme à son habitude. Il tient un micro et une enceinte en bandoulière, une pancarte avec l’inscription « Police floutée, police pas nette » est accrochée autour de son cou.

Au moment où il souhaite rentrer, il demande aux policiers son chemin dans une ville qu’il ne connaît pas bien. Après lui avoir répondu, ils l’interpellent. « J’ai halluciné, ce sont les mêmes qui m’ont pris par les jambes, le cou, ils gueulaient Taser, Taser. J’ai montré mes mains, ils m’ont menotté très serré. Quand je suis monté dans la voiture, ils m’ont dit : “M. Vuillaume, vous vous faites trop remarquer” », déclare-t-il devant la cour.

Il passera ensuite 44 heures de garde à vue éprouvante. « Vous avez l’impression d’être dans le collimateur ? », lui demande la présidente. « C’est clair », répond le prévenu.

L’historique de l’acharnement dont il est victime n’a été que brièvement évoqué au tribunal de Dijon. Malgré les recadrages de la présidente et du procureur, l’avocat de la défense parvient tout de même à évoquer le nombre de fois où son client a été placé en garde à vue (sept fois), sa perquisition, ses saisies de téléphone, ses deux autres procès qui se sont soldés par une relaxe, etc.

Dans ce qu’il nomme « un mauvais procès politique », il place les magistrats devant leur responsabilité de « gardiens des libertés fondamentales » et en appelle à leur rôle primordial : « Avant toute chose je parle d’un homme qui souffre depuis deux ans, depuis qu’une autorité administrative a décidé qu’il faisait trop bruit. On reproche à un représentant syndical d’être venu manifester dans une manifestation déclarée. Tous les voyants sont au rouge. »

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18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 20:15
 
La politique réduite à la police
18 mai 2021 Par Edwy Plenel et Ellen Salvi
 

La République ne saurait se soumettre à la police. Ce principe démocratique est remis en cause par la manifestation de l’intersyndicale policière, organisée mercredi 19 mai, devant l’Assemblée nationale, avec le soutien du pouvoir en place, de l’extrême droite et des deux partis historiques de la gauche.

Mercredi 19 mai, l’un des articles de la première Déclaration des droits de l’homme et du citoyen deviendra caduc dans le pays même où elle fut énoncée en 1789 : « La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique, cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. »

Autrement dit : la police ne saurait faire la loi ; elle est au service des citoyens et d’eux seuls, de leurs droits et de leurs libertés ; sa mission première est d’être une gardienne de la paix au bénéfice de toute la population et non pas d’être réduite à une force de maintien de l’ordre au seul profit du pouvoir en place. La République n’est pas au service de la police. C’est au contraire à la police de se soumettre à la République, à ses lois fondamentales, à ses textes fondateurs, aux principes et aux valeurs qu’ils énoncent.

Telle est l’évidence démocratique que remet aujourd’hui en cause la manifestation appelée par l’intersyndicale policière, le 19 mai, devant l’Assemblée nationale, pour imposer, comme l’indique son communiqué, « la mise en œuvre de peines minimales pour les agresseurs de forces de l’ordre ». Ce n’est rien d’autre que la revendication d’une justice rendue hors contexte et circonstance, ligotant les juges et les jurés.

Une démocratie véritable ne devrait pas connaître les peines automatiques et la justice devrait s’y rendre, en toute indépendance et sérénité, à l’abri des pressions, des émotions et des corporatismes. Or, c’est cet héritage républicain qu’a choisi de jeter aux orties réactionnaires et conservatrices la coalition de politiques égarés qui ont annoncé rallier le rassemblement. Dans un exercice de démagogie à deux sous, ils cautionnent, par leur présence, cette pression policière sur la représentation nationale. Parmi eux, l’actuel ministre de l’intérieur, qui ne prend même plus le soin de cacher son suivisme.

Que ce dernier se soit auto-invité à une manifestation de policiers n’a rien de surprenant sur le fond. Car depuis qu’il est entré Place Beauvau, en juillet 2020, Gérald Darmanin ne fait que prolonger la dérive de ses prédécesseurs, qui ont transformé le ministère de l’intérieur en ministère de la police. Issus des rangs de la gauche comme de la droite, tous ont choisi cette position ingrate, fébrile et lâche, qui consiste à se placer « derrière » les policiers, pour les suivre et les soutenir quoi qu’ils fassent et quoi qu’ils revendiquent, plutôt que de se mettre devant eux, pour les conduire et les commander.

Le simple fait que Gérald Darmanin se précipite dans ce rassemblement, alors même que les syndicats de police ont déserté son « Beauvau de la sécurité », en dit long sur le rapport de force qu’il entretient avec la profession. Qu’il le fasse en convoquant pêle-mêle les « attaques de la classe médiatique », le terrorisme, « un an de violences d’une partie des “gilets jaunes” » et les agressions dont les forces de l’ordre peuvent être victimes, relève au mieux de la malhonnêteté intellectuelle, au pire d’un confusionnisme dangereux. La police est censée dépendre du ministre de l’intérieur, qui dépend lui même des citoyens et citoyennes. Pas l’inverse.

Ce renoncement du pouvoir exécutif à son autorité politique sur une force de coercition va au-delà du symbole : il signifie une privatisation de la force publique au service des gouvernants, des intérêts particuliers qu’ils protègent et de leur survie face aux contestations, comme l’a clairement illustrée la répression du mouvement des gilets jaunes. Mais, comme l’écrit l’avocat François Sureau dans Sans la liberté (Tract/Gallimard), « on peut aussi y voir l’aveu d’une démission que tous les grands mots du monde ne pourront plus effacer de notre mémoire collective, si du moins nous ne cessons pas d’oublier que nous sommes des citoyens avant d’être des électeurs ».

« Il dépend à la fin de nous que ceux qui gouvernent et répriment puissent ou non aller jusqu’au bout de cette inclination à l’autoritarisme qui est le lot de tout pouvoir, raison pour laquelle nos constituants ont voulu précisément que les pouvoirs fussent séparés », poursuit ce libéral radical, attaché aux libertés fondamentales. La séparation des pouvoirs a toujours été un concept très nébuleux pour cet exécutif, comme en témoigne, une fois encore, la présence du ministre de l’intérieur dans la manifestation de mercredi. Sur la forme, c’est du jamais-vu. « Ça ne s’est jamais vu parce que ça ne devrait pas exister », confie d’ailleurs un cadre de La République en marche (LREM), atterré par les « gesticulations » de Gérald Darmanin et le climat ambiant.

Dans un tel climat, plus personne n’est surpris d’entendre le ministre de l’intérieur qualifier les forces de police de « soldats » au service d’une « guerre », utilisant un champ lexical qui fait écho à cette pétition dans laquelle 93 policiers retraités appellent à « reconquérir notre propre pays et rétablir l’autorité de l’État partout où elle est défaillante ». Dans le même temps, paraissent dans un hebdomadaire d’extrême droite deux tribunes de militaires de réserve, puis d’active, appelant à une reprise en mains musclée d’un pays qui serait menacé par ces ennemis intérieurs que seraient l’altérité (culturelle, religieuse) ou la dissidence (politique, sociale).

Plus personne n’est surpris. Et plus personne – ou si peu – ne s’en indigne. Les violences policières se multiplient, mais le pouvoir dénie leur existence. Dans l’affaire de Viry-Châtillon, nous révélons qu’un montage policier a conduit de jeunes innocents en prison durant plusieurs années, mais cela ne suscite aucune réprobation officielle. Nous sommes collectivement anesthésiés par leurs peurs. Et cette atonie ne présage rien de bon. D’autant que la nécessité d’un pouvoir autoritaire, jusqu’alors revendiquée par la seule extrême droite xénophobe, est désormais caressée par des gouvernants qui prétendent lui faire barrage, mais lui ouvrent la voie.

Piétinant sa fonction, Gérald Darmanin croisera mercredi de nombreux élus du Rassemblement national (RN), dont Jordan Bardella, le numéro 2 du parti de Marine Le Pen. Mais il ne sera pas le seul à sombrer dans cet abîme. Les principaux dirigeants des deux forces historiques de la gauche française, le Parti socialiste (PS) et le Parti communiste (PC), l’accompagneront. Olivier Faure et Fabien Roussel, bientôt rejoints par l’écologiste Yannick Jadot et quelques autres, ont en effet annoncé leur participation au rassemblement, ne trouvant visiblement rien à redire, eux non plus, à cette pression policière sur le pouvoir législatif.

Les mêmes avaient pourtant trouvé mille prétextes, dans un passé récent, pour ne pas manifester dans l’unité contre les discriminations, l’islamophobie ou les violences policières. Comment donc ces partis dits de gauche peuvent-ils prétendre représenter les espoirs démocratiques, sociaux, écologistes, féministes, etc., qui traversent le pays et mobilisent sa jeunesse, alors même qu’ils ne sont jamais au rendez-vous de ces urgences immédiates ? Comment interpréter leur empressement à suivre l’agenda idéologique imposé par les droites, de plus en plus extrêmes, au lieu d’accompagner les luttes où se construit l’espérance ?

À un an de l’élection présidentielle, ces questions sonnent comme des couperets pour une gauche qui n’en a plus que le nom. Dans cet épisode de manifestation policière, La France insoumise (LFI) et ses divers alliés, ainsi que nombre d’écologistes, sauvent l’honneur, en maintenant le cap de l’alternative par le refus de l’instrumentalisation politique. Mais une partie de la gauche acte sa division et, partant, sa défaite, en ralliant les obsessions de ses adversaires. Ce faisant, elle tourne le dos à la société, ne cherchant plus sa légitimité que dans l’ordre établi, ses injustices et ses aveuglements.

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