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Ambiance tendue à l’audience entre la défense et le parquet, au tribunal judiciaire de Bobigny, ce lundi après-midi. « Je rappelle que ce n’est pas nous qui avons demandé le renvoi, mais vous le savez déjà », précise à la barre de la 17e chambre Me Arié Alimi. « C’est parce que, de ce côté, ajoute-t-il en montrant le représentant du ministère public, volontairement, on a tout fait pour ne pas ouvrir d’enquête durant la garde à vue de mon client. »
« On a d’ailleurs déposé une plainte contre le ministère public pour obstruction à la manifestation de la vérité », poursuit Me Arié Alimi, qui défend un homme de tout juste 22 ans, poursuivi pour outrages et violences à l’encontre de deux policiers, commis vendredi à Noisy-le-Grand. Une vidéo de son interpellation a circulé sur les réseaux sociaux, dimanche.
Sur les images, on peut voir le prévenu, menotté au sol, recevoir des coups au visage par un policier. « Mon client a subi un tabassage en règle en mode Rodney King », insiste son conseil. Dont « un coup de pied en pleine tête », qui a déclenché une autre plainte, déposée également ce lundi, « contre X mais où l’on évoque les policiers, pour tentative de meurtre en réunion et avec arme, et aussi pour faux en écriture public ».
À l’audience de comparution immédiate, Me Arié Alimi fournit de nouveaux éléments, dont une nouvelle vidéo, captée par les caméras du bailleur social, « où l’on voit l’intégralité de l’interpellation ». Il présente aussi au moins quatre témoins de la scène. Le tribunal n’a pas pu visionner ces images, et les témoins n’ont pas pu être auditionnés. « L’affaire est renvoyée d’office » souligne le président du tribunal, afin d’avoir le temps d’étudier toutes ces nouvelles pièces. Le représentant du ministère public, Adrien Jourdain, n’y voit pas de difficulté.
Mais le parquet hausse le ton et balaie d’un revers les arguments de la défense selon lesquels il aurait tout fait pour « étouffer l’affaire » et « protéger mordicus les fonctionnaires de police ». « Une procédure a été ouverte cet après-midi contre le policier », lance-t-il. La préfecture de police a été saisie.
Il essaie aussi de recadrer les débats en précisant « qu’aujourd’hui, c’est pour les faits de violence de monsieur que nous sommes ici ». Il requiert son placement en détention en attendant l’audience, qui aura lieu le 19 octobre. Et ce « pour empêcher toutes pressions et communication sur ces témoins, qui sortent de nulle part et arrive aujourd’hui un peu comme par magie, pour garantir sa représentation et prévenir le renouvellement de l’infraction ».
Adrien Jourdain rappelle, comme l’avait souligné l’avocat des policiers, que « monsieur va comparaître devant la 13e chambre aussi pour outrages et violences, à Noisy-le-Grand, à l’encontre de l’un des policiers déjà victime dans l’affaire d’aujourd’hui ».
Comme alternative pour son client, Me Arié Alimi propose une interdiction d’apparaître en Seine-Saint-Denis, garantissant l’hébergement du prévenu par son père, à Paris. Il en profite pour rappeler le climat explosif actuellement à Noisy-le-Grand, à la suite de la relaxe d’un jeune homme prévenu dans une affaire impliquant également des policiers.
Depuis, « les policiers sont échauffés » et « provoquent les jeunes ». Selon lui, c’est ce qui s’est passé dans la nuit de vendredi à samedi. « Mon client a été arrêté alors qu’il rentrait chez lui », défend-il. Les coups, qui lui sont reprochés, ont été donnés « pour se défendre, c’est tout », affirme l’avocat.
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Sur ces images prises depuis le balcon d’un immeuble, deux policiers sont en train d’interpeller un homme, maintenu à terre. Arrive alors un troisième fonctionnaire qui lui assène un coup de poing puis un coup de pied au niveau de la tête.
Les faits se sont déroulés vendredi vers 20h30, alors que les policiers intervenaient pour un « attroupement avec tapage, dans la rue », a précisé le parquet de Bobigny. L’homme, âgé de 22 ans, a ensuite été placé en garde à vue et déféré en vue d’une comparution immédiate lundi pour violences et outrage.
Pendant leur intervention, les policiers ont reconnu cet homme, déjà connu pour outrage, et ont décidé de le mettre à l’écart. Mais celui-ci s’est énervé et a frappé les agents, selon une source proche de l’enquête. Deux fonctionnaires ont eu cinq et six jours d’ITT (incapacité totale de travail), a affirmé le parquet.
De son côté, l’avocat de la famille du jeune homme, Me Arié Alimi, a annoncé son intention de déposer une plainte pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique en réunion et avec armes ». Il estime que son client avait fait les frais d’un « contexte conflictuel » dans ce quartier, à la suite de la relaxe d’une autre personne. Me Alimi a indiqué qu’il était en train de « collecter tous les témoignages ».
« On regrette que le parquet, comme à son habitude, ait choisi de déférer après une garde à vue ce jeune homme sans ouvrir d’enquête sur les violences pourtant avérées au regard de la vidéo et illégitimes », a réagi Me Alimi. « Il s’agit d’une protection des policiers par le parquet de Bobigny », a-t-il affirmé.
Paul Morao 3 septembre 2021.
Ce vendredi, Darmanin a annoncé la mise en place de la gratuité des trains pour les policiers. Dans le même temps, le gouvernement veut remettre en cause les "avantages" des cheminots...
Avec le gouvernement Macron, rien n’est trop beau pour les policiers. Alors que le Président de la République a annoncé mercredi 150 millions d’euros d’investissements dans la police à Marseille, Darmanin leur a offert un beau cadeau ce vendredi.
"À compter du 1er janvier 2022, les policiers auront droit à la gratuité des voyages en train" a en effet annoncé le ministre de l’Intérieur sur Twitter, suite à un accord avec la SNCF. L’AFP précise que l’accord inclue le fait que "le trajet domicile-travail soit gratuit pour les policiers, s’ils sont armés et s’ils se signalent au chef de bord". Mais il ne s’arrête pas là ! Dès 2023, l’ensemble des trajets en train des policiers seront rendus gratuits. Un cadeau justifié au nom de la participation des policiers à la "sécurisation" des trains.
L’annonce vient ainsi répondre à une revendication de longue date des syndicats policiers. "Enfin une mesure sociale digne de ce nom" s’est d’ailleurs félicité Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat policier ultra-réactionnaire Alliance, auprès d’Europe 1, évoquant une "une avancée historique que nous attendions depuis des décennies."
De fait, elle constitue un nouveau privilège accordé aux policiers, soignés plus que tout par le gouvernement qui sait à quel point son bras armé est essentiel face à la colère de la rue. En 2019, ces derniers avaient déjà échappé à la réforme des retraites. En 2020, la loi sécurité globale incluait une disposition leur permettant de gonfler leurs retraites. Plus récemment, les forces de répression se sont vues exemptées d’obligation vaccinale.
Une décision qui risque de choquer largement alors que dans le même temps Jean-Baptiste Djebarri veut justement remettre en question les avantages du même type dont jouissent les cheminots ! "Sur le principe, je suis d’accord à ce que les cheminots gardent les avantages en nature. Seulement la spécificité de la SNCF, c’est que le périmètre est très large" a ainsi déclaré le ministre des Transports sur RMC ce vendredi. Un deux poids deux mesures qui a au moins le mérite de la clarté !
Quid des changements structurels : moyens pour l’hôpital public, lutte contre la pollution, prévention des maladies environnementales ? Contre le Covid, le gouvernement a préféré tout miser sur la vaccination et le traçage numérique, rage notre chroniqueuse. Pour le bonheur des tenants des industriels de l’e-santé, de l’intelligence artificielle et de la big data.
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En deux mots, il n’y a pas eu de « monde d’après » — ou plutôt, nous sommes dans l’autre « monde d’après » : celui qui était en germe dans le monde d’avant. Ce monde-là repose sur ce qui est présenté depuis plus de vingt ans comme la clé de la compétitivité économique, résumé par le sigle « NBIC » : nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives. Face à une pandémie, il se déploie sous la forme d’une politique sanitaire exclusivement fondée sur la vaccination et le traçage numérique. Dans des domaines qui pourraient nuire aux intérêts de l’agro-industrie, la chimie, la grande distribution, ou qui nécessitent des investissements dans des moyens humains, comme l’hôpital, aucun bouleversement à l’horizon. Il semble inimaginable de modifier les lois et les réglementations au nom de la santé publique.
Avant même l’entrée en scène du Covid-19, l’Agence européenne de santé avait lancé un appel d’offres pour développer une e-carte de vaccination destinée à limiter les risques pandémiques en Europe ; le marché a été remporté au printemps 2020 par un consortium de quatre entreprises françaises, piloté par le groupe de santé numérique Jouve. En juillet 2020, le « Ségur de la santé » a consacré d’un côté 8,2 milliards d’euros à l’augmentation des salaires du personnel soignant, mais il a investi en même temps 2 milliards pour informatiser les données médicales et organiser leur « partage ».
Le fournisseur de courriers électroniques chiffrés suisse Protonmail a fourni sous contrainte légale des informations sur des militants français de Youth for Climate, qui ont par la suite été perquisitionnés. Une procédure qui illustre « l’acharnement » policier sur les activistes climat et les limites de la confidentialité sur internet.
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L’affaire commence à faire polémique sur la toile et dans le milieu militant. Protonmail, un service de courriels chiffrés situé en Suisse, a fourni aux autorités policières françaises des données relatives à certains de ses utilisateurs impliqués dans le mouvement climat. Fondé en 2013 par des ingénieurs du MIT — l’Institut de technologie du Massachusetts — et du Cern — l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire — Protonmail se présente comme « le plus grand service de messagerie sécurisée au monde ».
Le site a connu un essor rapide et compte désormais plus de 20 millions d’usagers. En open source et automatiquement chiffré de bout en bout, Protonmail est particulièrement apprécié par les militants. Il propose un haut degré de confidentialité et reste, contrairement à d’autres techniques, très facilement utilisable. Son slogan : « La sécurité sans les tracas ».
Cela ne l’a pourtant pas empêché de fournir à la police l’adresse IP de militants engagés à Youth for Climate. Depuis un an, ces derniers font l’objet d’une surveillance massive après avoir occupé un local dans le quartier de la place Sainte-Marthe, à Paris. Les jeunes activistes luttaient contre l’embourgeoisement et « les spéculateurs » et défendaient une vision de l’écologie résolument sociale.
« On a eu dix procès. Ça a abîmé le collectif et détruit des vies. »
En septembre 2020, ils avaient organisé un camp climat que Reporterre avait couvert. De nombreuses conférences avaient eu lieu pour « se réapproprier la rue » avec l’économiste Thomas Piketty, le cheminot Anasse Kazib ou encore le chercheur Malcom Ferdinand. Un squat avait été ouvert dans des bâtiments détenus par des promoteurs immobiliers avant d’être violemment expulsé le lendemain. Deux mois plus tard, en novembre 2020, les militants avaient occupé un autre lieu inhabité depuis cinq ans qu’ils avaient baptisé L’Arche. Cette occupation avait suscité de nombreux remous dans la presse car le local appartenait à la Siemp, un bailleur social, qui l’avait loué au Petit Cambodge, l’un des restaurateurs victime des attentats du 13 novembre 2015.
La répression ne s’est pas arrêtée là, la police a aussi engagé une vaste enquête pour connaître les instigateurs de l’occupation. Youth for Climate a été identifié comme étant « à la tête des opérations ». Les enquêteurs ont épié les réseaux sociaux et se sont intéressés aux adresses électroniques avec lesquelles les militants communiquaient. Des lignes téléphoniques ont aussi été mises sous écoute. Le dossier fait plus de 1 000 pages et des extraits ont été publiés sur le site Paris Luttes Info.
Selon les policiers, « le collectif militant “Youth for Climate” choisissait en effet l’occupation illégale de bien privé comme moyen d’action idéologique contre “la gentrification du quartier”, “la loi sécurité globale” ou encore “la protection du climat”. Lancé en février 2019, Youth for Climate organisait initialement des marches hebdomadaires pour le climat avant de durcir fortement sa ligne en prônant des actions de lutte directe anticapitaliste », ont-ils écrit dans le dossier.

Plusieurs réquisitions ont été adressées à Instagram et à Protonmail pour connaître l’identité des militants gérant les comptes. Paradoxalement, Instagram, détenu par Facebook, n’a pas donné suite aux sollicitations. Par contre, Protonmail a bien fourni des informations en réponse à la demande. L’entreprise affirme pourtant sur son site internet ne pas enregistrer les adresses IP de ses utilisateurs. « Contrairement aux services concurrents, nous n’enregistrons aucune information de suivi », assure-t-elle.
Prise à partie sur les réseaux sociaux, la messagerie a dû se défendre. Lundi 6 septembre, sur Twitter, elle a affirmé ne pas avoir eu le choix. « Nous pouvons être contraints de collecter des informations sur des comptes appartenant à des utilisateurs faisant l’objet d’une enquête pénale suisse. Ce n’est évidemment pas fait par défaut, mais seulement si Proton obtient une commande légale pour un compte spécifique a-t-elle déclaré. Nous n’avions aucun motif ni aucune possibilité de faire appel de cette demande particulière », ajoute-t-elle. Dans un communiqué publié sur leur site dans l’après-midi, Protonmail récapitule son point de vue sur l’affaire et rappelle que son site est accessible avec des garanties d’anonymat bien plus élevées via le navigateur Tor.
La police française a dû passer par le biais d’Europol — l’Agence européenne spécialisée dans la répression de la criminalité — et demander la collaboration des autorités suisses pour contraindre Protonmail. Pour les militants, cette procédure fastidieuse prouve l’« acharnement » de la police : « Ça en dit long sur la manière dont ils nous perçoivent et essayent de nous faire taire. Ils nous considèrent comme des terroristes ou des criminels », s’insurge un militant de Youth for Climate. À la suite de cette réquisition, des perquisitions ont eu lieu et sept militants ont été poursuivis pour violation de domicile. Leur procès aura lieu en février 2022.
À l’association de défense des libertés la Quadrature du net, on considère l’affaire révélatrice : « Le milieu militant doit désormais réfléchir profondément à ses usages du numérique , estime Arthur Messaud, juriste au sein de l’association. Pendant longtemps, on a invité les militants à se former au chiffrement, à trouver les meilleurs hébergements mais aujourd’hui on s’interroge », explique-t-il à Reporterre. Face à l’arsenal policier et aux renforcements de la répression, les activistes doivent, selon lui, « désapprendre à se croire en sécurité sur internet même s’ils pensent avoir de bons outils […] On devrait plus faire attention à ce que l’on se dit, à comment on se le dit et à qui on parle. »
C’est la fin du marché, ce samedi, en début d’après-midi, à côté de la mairie de Stains (Seine-Saint-Denis). Les camelots remballent leurs marchandises. À la mairie, quelques klaxons et cris de joie signent le bonheur d’un mariage. En face, quelques groupes se forment. On se checke. On s’embrasse. Mais les visages sont plus sombres. Beaucoup ont endossé un tee-shirt blanc aux inscriptions noires : « Droit de justice pour Nordine », écrit en capitale.
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L’homme de 37 ans et sa compagne de 39 ans ont été grièvement blessés par balles par les policiers de la Bac de Stains, dans la nuit de lundi à mardi, à hauteur de l’avenue Maxime-Gorki. Leurs jours ne sont pas en danger mais ils sont toujours hospitalisés. « Il est sous morphine, dans un état critique, précise l’une des cousines du conducteur. Heureusement, il est en vie mais il a des séquelles. »
Pour le soutenir, une « marche pacifique » a été organisée par sa famille. Une petite centaine de proches, amis, habitants, membres de collectifs ont participé à la mobilisation. Le cortège a investi la route et a remonté l’avenue Maxime-Gorki. Sans heurt. Sous le regard interloqué de certains passants. En pointe, un jeune homme. Pancarte levée, « Justice pour Nordine ». À trois reprises, il s’arrête et laisse la foule le dépasser. Sur le côté, une voiture de la Bac. Il y fait face. Le regard fixe. Quelques secondes, puis il rattrape son retard pour retourner en avant de la marche.
Demi-tour à hauteur de l’avenue Gaston-Monmousseau. Quelques mètres plus loin, au bloc 103 d’un vaste immeuble, le mouvement s’arrête. « C’est ici que ça s’est passé, lance alors la cousine, porte-parole de la famille. On va s’arrêter un peu pour parler de lui et penser à lui. » Elle remercie les personnes présentes, annonce que la famille va se constituer partie civile, via leur avocat Yassine Bouzrou qui a déposé plainte pour « tentative d’homicide volontaire » et « faux en écriture publique », et fait une demande de dépaysement du dossier.
« Ce que les policiers de la Bac de Stains ont fait est inacceptable », répète la cousine, d’une voix parfois chevrotante. Elle assure que son cousin ne « savait pas que c’était la police. Ils n’avaient ni brassard, ni gyrophare, et ils ne se sont pas présentés comme policiers ». La version officielle de la police est différente.

Membres de la famille et quelques proches décrivent le trentenaire comme « Monsieur tout le monde. Il a un travail, une copine, la main sur le cœur. Il rentrait de vacances », affirment-ils. « À Stains, il y a souvent des règlements de compte, des cars jacking, alors si à 1 heure du matin quelqu’un vous demande de vous arrêter et que vous ne savez pas qui c’est, vous ne vous arrêtez pas », confient des participants. « Nous n’appelons pas à la haine, insiste un ami, qui a pris la parole en public. Nous voulons la vérité et la justice. »
Deux enquêtes sont actuellement ouvertes, dont l’une par l’IGPN, la police des polices, concernant les policiers qui ont fait usage de leur arme. Les gardes à vue pour « tentative d’homicide volontaire » des deux policiers, auteurs des tirs, ont été levées mardi après-midi et, selon les premiers éléments de l’enquête, le parquet a écarté « l’intention d’homicide ». « Une information judiciaire sera ouverte la semaine prochaine », déclare une source judiciaire. Le trentenaire, dont l’ITT a été réévaluée à la hausse, passant de 45 jours à 90 jours, « n’a toujours pas pu être entendu », assure cette même source judiciaire.
« On était effrayé. Dans le bus, tout le monde s’est jeté à terre. Des enfants criaient. Une petite fille était traumatisée. » Cette femme de 22 ans l’est tout autant. Elle se trouvait dans le bus 116 en direction de Champigny (Val-de-Marne), ce mardi après-midi, quand elle a assisté à une série de coups de feu tirés par un policier en direction d’un automobiliste qui refusait de lui obtempérer. L’étudiante rentrait de son job d’été.
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Peu avant 17h30, le bus s’est retrouvé bloqué à hauteur de la rue Jean-Jaurès à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), près de la gare RER. « Une Mercedes grise s’arrête devant le bus », raconte-t-elle. L’automobiliste semble faire des manœuvres pour s’extirper du trafic.
Les passagers voient alors « deux ou trois policiers à moto », reprend la jeune femme. L’un arrive, arme au poing, sur la voie publique. « Il se positionne devant la voiture. » La tient en joue. « Un deuxième est à côté du bus et essaie de stopper la voiture, mais le conducteur ne semble pas vouloir s’arrêter », poursuit-elle. Un policier essaie de briser une vitre de la Mercedes en criant : « Arrête-toi ! » Le conducteur n’obtempère toujours pas. « La voiture recule et percute une moto », témoigne l’étudiante. Un policier tombe. Il semble blessé.
Résonnent alors des coups de feu. « Deux policiers se mettent à tirer sur la voiture, au moins quatre balles », se souvient le témoin. Neuf coups de feu sont tirés selon une source policière. Les cris redoublent d’intensité dans le bus. La scène est surréaliste. Le conducteur finit par s’enfuir, laissant les témoins de la scène dans l’effroi et l’expectative. La jeune femme a eu le réflexe de filmer la scène avec son téléphone portable. Elle diffuse rapidement les images. La vidéo devient virale. Comme celle de l’intervention controversée de policiers de la BAC de Stains tournée ce week-end.
La voiture est retrouvée « abandonnée » quelques kilomètres plus loin, « avec des traces de sang à l’intérieur », confie une source policière. Dans le même temps, un homme se présente à l’hôpital de Montreuil, « blessé par balle, au cou ». Il est pris en charge par les secours. Selon une source policière, son état de santé était « stable » ce mardi soir. L’homme est « connu des services de police et était détenteur d’un bracelet électronique ».
D’après les premiers éléments de l’enquête, « un refus d’obtempérer » est à l’origine de l’incident. Des policiers veulent contrôler un automobiliste garé sur la bande d’arrêt d’urgence de l’A86, à hauteur de Créteil (Val-de-Marne), à côté du Centre régional d’information et de coordination routière. Le conducteur s’y refuse et prend la fuite. Une course-poursuite s’engage alors avec les motards.
L’homme est une première fois bloqué dans le flux de circulation, explique une source policière. Les policiers descendent de leurs deux-roues, mais la voiture fait marche arrière, percute une moto et s’enfuit. Les policiers renfourchent leurs motos et reprennent en chasse la Mercedes, qui file en direction de Rosny-sous-Bois.
La circulation est dense à cette heure-ci dans la ville de Seine-Saint-Denis. La voiture est une seconde fois bloquée dans les embouteillages. « Elle essaie de partir en poussant la voiture de devant », décrit une source policière. Et est coincée devant le bus.
« Deux policiers ont été conduits à l’hôpital, légèrement blessés. » Dans un tweet, la préfecture de police souligne qu’en faisant demi-tour, le conducteur de la voiture a percuté la moto d’un des policiers qui est tombé au sol, en indiquant que les policiers ont aussi fait « usage de leur arme administrative ». Une enquête a été ouverte pour comprendre plus précisément les circonstances de cette affaire.
Dans un court post publié sur les réseaux sociaux, le maire (LR) de Rosny-sous-Bois Jean-Paul Fauconnet annonce qu’« aucun blessé n’est à déplorer », que la « situation est sous contrôle » et qu’il « apporte tout son soutien au travail des policiers ».
La mâchoire et le nez fracturés, un hématome multicolore sous l’oreille et 15 jours d’incapacité de travail sous réserve de complications ultérieures. Voilà le bilan médical de M.C., un habitant de Mantes-la-Ville âgé de 19 ans, qui a dû être opéré en urgence après avoir été la cible d’un lanceur de balle de défense (LBD) par des policiers alors qu’il tentait de se soustraire à un contrôle routier.
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Les faits remontent au mardi 10 août dernier. Il est environ 19 heures lorsque les agents de la sécurité publique repèrent dans le quartier du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, une voiture signalée volée. Ils somment le conducteur de s’arrêter mais ce dernier refuse et tente de s’enfuir. Une course-poursuite s’engage alors en voiture. Puis l’automobiliste abandonne le véhicule et part à pied.
« Il n’a même pas fait quelques mètres qu’on lui a tiré dessus, avec ce qui semble être un LBD, indique Me Philippe Quimbel, l’avocat du jeune homme. Jusqu’au moment où il s’enfuit, il est coupable d’infractions caractérisées pour lesquelles il devra répondre de ses actes. Mais il n’y avait pas de mise en danger particulière, il était de dos… C’est quoi la prochaine étape, l’arme de service ? Et si le projectile avait touché la tempe 10 centimètres plus haut ? »
Interpellé, le conducteur blessé est emmené au poste où les pompiers sont appelés pour le prendre en charge. À l’hôpital de Mantes-la-Jolie, un lourd dispositif est déployé. « Il y avait cinq fourgons de police, c’était totalement démesuré », estime l’avocat. Son état nécessitant une opération chirurgicale maxillo-faciale, il est ensuite transféré à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, à Paris (XIIIe).
« Depuis sa sortie, il ne fait toujours pas l’objet d’un placement en garde à vue », précise son conseil. Le parquet de Versailles confirme pourtant qu’une procédure est bien ouverte « des chefs de vol et recel de véhicule, refus d’obtempérer avec mise en danger d’autrui ». En parallèle, une seconde enquête a été confiée à l’IGPN, la police des polices, « pour déterminer les circonstances de l’usage de l’arme (LBD) susceptible d’avoir occasionné les blessures ».
Dans le rapport médical que nous avons pu consulter, il est précisé que M.C. a déclaré aux médecins avoir reçu des coups au visage ainsi qu’un tir de LBD. Actuellement en convalescence chez des membres de sa famille, il s’apprête à déposer plainte pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.
« Depuis sa sortie, il ne fait toujours pas l’objet d’un placement en garde à vue », précise son conseil. Le parquet de Versailles confirme pourtant qu’une procédure est bien ouverte « des chefs de vol et recel de véhicule, refus d’obtempérer avec mise en danger d’autrui ». En parallèle, une seconde enquête a été confiée à l’IGPN, la police des polices, « pour déterminer les circonstances de l’usage de l’arme (LBD) susceptible d’avoir occasionné les blessures ».
Dans le rapport médical que nous avons pu consulter, il est précisé que M.C. a déclaré aux médecins avoir reçu des coups au visage ainsi qu’un tir de LBD. Actuellement en convalescence chez des membres de sa famille, il s’apprête à déposer plainte pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.
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Les images, impressionnantes, sont devenues virales sur les réseaux sociaux. Deux policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de Seine-Saint-Denis ont grièvement blessé par balles un conducteur et sa passagère lors d’un contrôle opéré dans la nuit de dimanche à lundi à Stains.
Les faits se sont déroulés vers 1h30 du matin, à l’angle du boulevard Maxime-Gorki et de la rue Salvador-Allende. Après un refus d’obtempérer, un équipage de la BAC décide de procéder au contrôle du conducteur d’une Citroën et de sa passagère. Les policiers parviennent à immobiliser le véhicule, qui coupe aussitôt le contact.
Mais le conducteur de la Citroën aurait rallumé le contact et brusquement fait marche arrière, « percutant un policier qui se trouvait à l’arrière du véhicule », précise une source proche de l’enquête. C’est à ce moment-là que deux policiers auraient fait usage de leur arme, tirant à huit reprises.
Le conducteur aurait été touché par trois projectiles, dont un a touché le thorax. La passagère, pour sa part, aurait été blessée dans le dos. Le premier a été conduit en état d’urgence absolue à l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris (XVe). La seconde a été prise en charge à la Pitié Salpêtrière, toujours à Paris (XIIIe). À ce stade, leurs pronostics vitaux ne sont plus engagés. « Le conducteur et la passagère se sont respectivement vus fixer 45 et 100 jours d’ITT », indique une source judiciaire.