Dans ce face à face très tendu entre des groupes de jeunes et les forces de l’ordre, vendredi soir, la police a utilisé de nombreuses munitions de défense. Alors que l’intervention a choqué une partie des habitants, le syndicat de police Unité SGP dénonce, de son côté, un manque de moyens sur ce secteur.
Les échauffourées auraient pu très mal tourner. Dans la soirée du vendredi 15 avril et durant une partie de la nuit, de violents affrontements ont opposé les forces de l’ordre à des groupes de jeunes encapuchonnés dans la cité de la Rose-des-vents à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), durant lesquels la police a utilisé un nombre impressionnant de munitions de défense. 109 tirs de lanceur de balles de défense et 106 jets de grenades incapacitantes ont été employés, indique une source policière.
Il est environ 18h45, rue Edgar-Degas, quand un équipage prend en chasse le conducteur d’un scooter ayant refusé de se soumettre à un contrôle, relate une source policière. Ce dernier se réfugie alors au cœur de la cité des 3 000 et tente de se cacher au milieu d’un groupe d’enfants. À peine sortis de la voiture, les policiers rapportent avoir été pris à partie par des petits groupes leur jetant des pierres. Une dizaine de voitures sont alors appelées en renfort. Les affrontements durent environ une heure et demie.
Trois CRS légèrement blessés
À 20h15, le calme revient dans le secteur. Et deux heures et demie plus tard, la tension remonte. Des CRS envoyés en renfort sont ciblés par des tirs de mortiers de feux d’artifice et ripostent. Puis un pavé sera jeté sur les policiers. Au total, trois CRS sont légèrement blessés et deux suspects interpellés.
Sur les réseaux sociaux, ce week-end, de nombreux habitants ont fait part de leur incompréhension face à l’arsenal déployé par les forces de l’ordre. Car à l’heure des premières échauffourées, de nombreuses familles étaient encore dehors. « On tenait un stand au village ramadan, et on a entendu que ça se chauffait depuis un moment, mais ça avait commencé beaucoup plus haut dans le quartier. On entendait des coups de flash-ball », décrit une mère de famille, qui s’est finalement retrouvée au cœur de l’intervention.
« On n’a pas compris »
« La police n’a pas trouvé mieux que d’attendre d’être à l’endroit où il y avait le plus de monde pour gazer alors qu’on n’avait rien à voir. On n’a pas compris ce qu’il se passait, elle n’était pas en train d’être attaquée à ce moment-là », déplore-t-elle, affirmant que sa fille d’un an et sa nièce de 8 ans ont été indisposées par le gaz lacrymogène inhalé.