Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 17:08

Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, 29 ans, profitait d'une journée ensoleillée sous le pont du Carrousel. Il ne savait pas qu'on allait le précipiter dans la Seine et mettre fin à ses jours. Les assassins venaient de quitter le défilé du Front National.

Depuis, d'autres noms se sont ajoutés à la liste sinistre des victimes de crimes racistes.

C'est à sa mémoire et à celles de toutes les victimes du racisme dans ce pays, en souvenir à la souffrance de leurs proches que nous nous rassemblons ici, sur le lieu du crime innommable, le 1er mai de chaque année. La plaque commémorative du crime racial est posée, à la demande de nos associations, par la Mairie de Paris, un signe indélébile pour celles et ceux qui viendront après nous, pour tous les « visiteurs » qui passeront par cet endroit marqué désormais à jamais.

En video :

https://www.youtube.com/watch?v=AGsDNCfNyWA

Repost 0
26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 10:04

http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2017/04/23/La-justice-pour-Angelo-!-3076314

Plus de 200 personnes ont manifesté hier à Blois autour de la famille d’Angelo Garand, mort le 30 mars dernier à Seur lors de son interpellation par le GIGN.

 

 

Pas de justice, pas de paix. Justice pour Angelo ! Parmi les manifestants réunis hier après-midi dans le centre-ville de Blois, un bambin d'une douzaine d'années qui n'hésite pas à crier dans le mégaphone, mais qui pleure aussi souvent. Qui était Angelo ? « C'était mon papa », répond-il avec émotion. Bon nombre de Blésois ont découvert ainsi qui était Angelo Garand, en écoutant plus de 200 manifestants venus faire entendre leur voix, dans le calme et la dignité. Ce trentenaire avait perdu la vie le 30 mars dernier au domicile de son père, à Seur. Recherché pour ne pas avoir réintégré la prison de Poitiers après une permission, il est mort lors de son interpellation par le GIGN (lire la NR du 1er avril). Le parquet de Blois avait alors expliqué que les gendarmes avaient agi en état de légitime défense.

« Nous attendons toujours que la justice nous explique qui a organisé la prise d'assaut et pourquoi. Oui il avait un casier judiciaire mais il ne méritait pas de mourir. » Aurélie, l'une des sœurs d'Angelo, coordonne le rassemblement. L'idée est de rompre le silence et de demander que toute la lumière soit faite, symboliquement devant le palais de justice de Blois. Avant de partir pour une marche en ville, les manifestants se réunissent dans le plus grand calme. Un dispositif policier est déployé sur place, mais les mots d'ordre chez les manifestants resteront l'ordre et la dignité. Aurélie s'est constitué partie civile. Et si sa famille vient porter son deuil et la mémoire d'Angelo, les sympathisants des collectifs Nous sommes d'ici et d'ailleurs venu de Tours et Acid, agir contre les inégalités et les discriminations d'Orléans sont là pour faire plus largement « avancer la justice, qu'elle soit la même pour tous ».
Angelo faisait partie de la communauté des gens du voyage. Sa famille est venue faire entendre ses droits. « C'est le début de la bataille. On ne veut plus que ce soit le Gitan, le Chinois ou le Black qui meurent », ajoute Aurélie. Ce n'est pas pour rien si Amal Bentounsi, coordinatrice d'un collectif très actif, s'est déplacée auprès de la famille loir-et-chérienne, hier. « Il faut que les familles s'organisent dans toute la France. Pour qu'il n'y ait plus 15 morts injustes par an », scande-t-elle.
 

Repost 0
7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 06:23
La famille de Rémi Fraysse  dépose deux nouvelles plaintes et demande le dépaysement.

La famille de Rémi Fraisse, tué par la grenade offensive d’un gendarme le 26 octobre 2014 à Sivens (Tarn), ne fait plus confiance à la juridiction de Toulouse. Les deux années d’enquête n’ont mené à aucune mise en examen, et la famille craint qu’elle ne s’achève sur un non lieu. C’est pourquoi elle a déposé une requête à la Cour de Cassation pour que celle-ci désigne une nouvelle juridiction pour reprendre l’instruction. Les avocats de la famille Fraisse contestent le fait que les juges d’instruction toulousains aient saisi la gendarmerie et non la police pour enquêter …sur les gendarmes, ainsi que les nombreux refus de demandes d’actes (reconstitution, expertises…) De plus pour empêcher que la mort de leur fils ne se solde par un non-lieu, les parents ont déposé deux plaintes en janvier dernier. L’une pour homicide involontaire à l’encontre du préfet, et de son chef de cabinet pour leur gestion de cette soirée au cours de laquelle 23 grenades offensives ont été employées par les gendarmes mobiles ! L’autre à l’encontre de trois gendarmes, dont l’auteur du tir mortel de grenade, pour faux témoignages, du fait de contradictions apparues dans leurs différentes auditions.

Repost 0
6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 09:10

Un gardien de la paix est poursuivi pour «coups mortels» sur un homme interpellé dans des conditions difficiles à Paris en 2015.
Repères :
6 mars 2015. Décès d'Amadou Koumé au commissariat du Xe arrondissement. Une enquête préliminaire est ouverte.
9 novembre 2015. Le parquet de Paris classe l'affaire sans suite, estimant l'infraction «insuffisamment caractérisée».
20 juin 2016. Après la plainte avec constitution de partie civile déposée onze mois plus tôt par la famille du défunt, une information judiciaire est ouverte.
28 mars 2017. Un policier de la BAC est mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Amadou Koumé avait 33 ans. Ce père de famille originaire de Saint-Quentin (Aisne) est mort dans la nuit du 5 au 6 mars 2015 au commissariat du Xe arrondissement de Paris, après une interpellation difficile dans un bar du secteur de la gare du Nord. Après plusieurs péripéties judiciaires, le policier de la brigade anticriminalité (BAC) qui a procédé à une manœuvre d'étranglement pour le maîtriser a été mis en examen le 28 mars pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
 
«C'est une véritable avancée dans le dossier», se réjouit Me Eddy Arneton, l'avocat des proches de la victime, qui a relancé la procédure après un premier classement sans suite.
 
Le soir du drame, Amadou Koumé ne jouit manifestement pas de toutes ses facultés mentales. «J'ai vu qu'il n'allait pas bien parce qu'il n'arrêtait pas de dire : Ils veulent me tuer», a expliqué le videur du bar où Amadou s'est rendu vers 23h30. La police est alertée. Le premier équipage arrive à 00h06. Les trois policiers voient que ce client récalcitrant et paranoïaque relève de l'infirmerie psychiatrique. Mais devant sa résistance et sa force physique, ils appellent des renforts.
 
 

Étranglements

 
Trois équipes de la BAC vont successivement se présenter. «Je suis parti derrière l'individu pour pratiquer un étranglement arrière. [...] J'ai réussi à faire venir en arrière M. Koumé qui s'est retrouvé en position assise», a témoigné devant l'inspection générale de la police nationale (IGPN) le gardien de la paix qui vient d'être mis en examen. Mais le Picard continue à se débattre. «J'ai retourné M. Koumé sur le ventre et j'ai pratiqué de nouveau un étranglement arrière», poursuit-il.
 
Amadou Koumé est finalement maîtrisé, les chevilles entravées. Mais il va rester quatre minutes allongé sur le sol et menotté dans le dos alors que la doctrine préconise de limiter au maximum cette position. Il est ensuite porté vers un fourgon où il est, selon les témoignages, allongé sur le ventre ou sur le côté. A l'arrivée au commissariat, les policiers constatent qu'il a fait un malaise. Les pompiers sont alertés, mais il est trop tard. Le décès est prononcé à 2h10. Les légistes concluent qu'il a succombé à un œdème pulmonaire majeur qui «résulte de l'association d'une asphyxie mécanique par traumatisme cervical et laryngé et d'une intoxication à la cocaïne.»
 
Devant la juge, le policier de la BAC, déjà sanctionné d'un blâme pour usage disproportionné de la force, a considéré qu'il n'avait aucune part de responsabilité dans ce décès. «A aucun moment je n'ai étranglé Amadou Koumé. [...] Il n'y a pas eu de pression exercée sur sa gorge», a-t-il insisté.
 
«Tous les témoignages attestent qu'il n'y a eu aucune violence policière et que l'action était légitime, ajoute son avocate, Me Vannina Versini. Cette mise en examen est totalement injustifiée.»
 

 

Repost 0
28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 01:54
Paris : la famille de l'homme abattu par un policier se défend de toute agression

http://www.leparisien.fr/paris-75019/un-policier-abat-un-assaillant-a-paris-la-famille-se-defend-de-toute-agression-27-03-2017-6801216.php

 

L'intervention de la Bac dimanche soir dans un appartement du XIXe arrondissement s'est soldée par la mort d'un occupant tué par l'un des policiers. Ces derniers invoquent la légitime défense mais sa famille assure que l'homme était en train de découper des poissons. 

Que s’est-il passé réellement ce dimanche soir rue d’Aubervilliers (XIXe) dans la résidence Villa Curial ? Un homme de 56 ans, Shaoyo Liu, a été abattu par un policier de la BAC (brigade anticriminalité), lors d'une intervention à son domicile pour «différend familial». Malgré des massages cardiaques, ce père cinq enfants est décédé. Mais les versions, celle de la police et de la famille, sont pour le moins opposées.

 

Pour les forces de l’ordre, sollicitées par police secours, la victime a attaqué l’un des membres de la BAC au thorax avec une paire de ciseaux et l’un de ses collègues a réagi sous la menace en faisant usage de son arme. « Le 2e DPJ (district de police judiciaire) est chargé d’enquêter sur une tentative d’homicide sur fonctionnaire de police et l’IGPN (l’inspection générale de la police nationale) doit statuer sur l’usage de l’arme à feu. Les deux enquêtes ne font que commencer », souligne une source judiciaire. Et d’enchaîner : « Les premiers faits laissent à penser qu’il s’agit bien de légitime défense. Si le policier attaqué n’a pas été blessé, il le doit au port de son gilet pare-balles. »

Des ciseaux pour découper des poissons ? 

 

Un scénario très fortement contesté par la famille de Shaoyo Liu. « Vers 20 heures, ma petite sœur a entendu frapper à la porte. Elle a regardé le trou de la porte (l’œil-de-bœuf) et elle a vu deux hommes et une femme armés, explique l’une des filles de la victime, la voix serrée par l’émotion. Mon père est arrivé à la porte avec les ciseaux qu’il avait pour s’occuper du poisson qu’il cuisinait. Les coups à la porte sont devenus de plus en plus forts. J’ai crié Calmez-vous, faites moins de bruit, mais rien n’y a fait. Ils ont défoncé la porte, le coup est parti et mon père s’est retrouvé au sol. »

 

 

La famille est alors confinée dans une pièce pendant que les secours s’occupent de ce ressortissant chinois. A 22 heures, les enfants et l’épouse apprennent le décès du mari et père. « Nous devons rencontrer les policiers demain (ce mardi). Mais nous allons porter plainte », assène la jeune femme. Le président du conseil représentatif des associations asiatiques de France, Jacques Sun, a bien l’intention de se porter partie civile : « Nous souhaitons comprendre ce qui a pu se passer. C’est une famille fragile. Les enfants sont dévastés. C’est un choc immense. » Pour Me Calvin Job, avocat de la famille, « tout s’oriente vers une bavure policière. Quelle est la proportionnalité ? Il n’y a même pas eu de sommation ! C’est très inquiétant. »

 

Un rassemblement devant le commissariat


Plusieurs dizaines d'Asiatiques furieux se sont rassemblés ce lundi soir devant le commissariat du XIXe arrondissement où ils avaient disposé des bougies en mémoire du défunt. Pour une raison inconnue, la manifestation a dégénéré lorsque des individus ont brisé la vitre d'une voiture de police et jeté un engin incendiaire à l'intérieur. Le véhicule sérigraphié a entièrement brûlé. 

 

Repost 0
28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 01:33
Montigny-en-Gohelle Une marche pacifiste en hommage à Lahoucine, mort lors de son interpellation

http://www.lavoixdunord.fr/138167/article/2017-03-25/une-marche-pacifiste-en-hommage-lahoucine-mort-lors-de-son-interpellation

Repost 0
20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 12:31
Marche du 19 Mars contre les violences policères

2 collectifs argenteuillais ont participé à la Marche ! Le Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, et le Collectif Justice Argenteuil pour Amine.

Repost 0
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 18:08
La première grande manifestation contre les violences policières avait rassemblé en octobre 2015 entre 3 500 et 10 000 personnes, selon les sources. C’était exactement dix ans après les grandes émeutes en banlieue parisienne consécutives à la mort de Zyed et Bouna, deux adolescents décédés dans un transformateur électrique alors qu’ils tentaient de fuir la police à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/violences-policieres/article/2017/03/19/plusieurs-milliers-de-manifestants-a-paris-contre-les-violences-policieres_5097144_5078781.html#iEH8MrpAEFUBJrwh.99

Quelques milliers de personnes manifestaient dans le calme à Paris dimanche après-midi 19 mars contre les « violences policières » à l’appel de plusieurs organisations. Lancé en décembre 2016 à l’initiative d’une douzaine de familles de victimes de violences policières, ce rassemblement appelle à manifester, contre celles-ci, contre le racisme, l’impunité des forces de l’ordre et l’état d’urgence, entre autres. Et, plus généralement, contre la répression de l’Etat.

Les participants marchaient derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Justice et dignité, stop à l’impunité policière », flanquée des portraits dessinés de 13 personnes, présentées comme victimes de la violence policière. Le cortège doit rejoindre la place de la République où se tiendront plusieurs concerts jusqu’à minuit.

Aux cris de « Zyed, Bouna, Théo et Adama, on n’oublie pas, on ne pardonne pas », « pas de justice, pas de paix », « Police partout, justice nulle part » ou « urgence, urgence, la police assassine en toute impunité », la foule s’est mise en branle peu après 14 h 30 depuis la place de la Nation, dans l’est de la capitale.

Dans le cortège, flottaient des drapeaux du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), du DAL (Droit au logement), d’Attac, CGT, CNT, des ballons de Solidaires, et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Les bamboulas, les bougnouls, les niakoués (…) vous emmerdent ».

Une marche qui divise les quartiers populaires

C’est la deuxième fois qu’une telle marche, à l’initiative des familles de victimes, est organisée dans la capitale. A cinq semaines de la présidentielle, cette nouvelle manifestation prend une résonance particulière après l’affaire Théo, du nom de ce jeune homme noir dont l’interpellation brutale à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a provoqué des violences urbaines en février. Toutefois, certains acteurs de terrain des banlieues ont regretté qu’à leur mot d’ordre se soient greffées de multiples organisations.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/violences-policieres/article/2017/03/19/plusieurs-milliers-de-manifestants-a-paris-contre-les-violences-policieres_5097144_5078781.html#iEH8MrpAEFUBJrwh.99

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/violences-policieres/article/2017/03/19/plusieurs-milliers-de-manifestants-a-paris-contre-les-violences-policieres_5097144_5078781.html#iEH8MrpAEFUBJrwh.99
Repost 0
12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 18:49

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/03/10/un-policier-condamne-en-appel-a-5-ans-de-prison-avec-sursis-pour-avoir-tue-un-fugitif-d-une-balle-dans-le-dos_5092860_1653578.html

« Coupable, coupable, coupable ! » Dans les couloirs du palais de justice de Paris résonnent les échos d’une condamnation, vendredi 10 mars. Sous les hourras et les « justice pour Amine » scandés par une petite centaine de personnes venues l’acclamer, la fondatrice du collectif Urgence notre police assassine sort de la cour d’assises, le regard aussi fier qu’embué.

 

 

Amal Bentounsi est la sœur d’Amine. Le policier qui a tué son cadet lors d’une course-poursuite dans les rues de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), en 2012, vient d’être reconnu coupable de « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

La légitime défense n’a pas été retenue, et la cour a prononcé une peine de cinq ans de prison avec sursis et une interdiction de porter une arme pendant la même durée à l’encontre de Damien Saboundjian. Il peut en revanche continuer d’exercer le métier de policier.

Quelques minutes avant sa « victoire », Amal Bentounsi fumait encore une cigarette en se disant qu’« au moins [elle aurait] essayé ». Le gardien de la paix avait été acquitté par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis, il y a un peu plus d’un an. Elle osait à peine croire à une condamnation en appel.

Une balle dans le dos

« Quelquefois, on dit que l’émotion l’emporte en première instance, le droit en appel », avait lancé quelques heures plus tôt l’avocat général, Rémi Crosson du Cormier, dans un réquisitoire suivi à la lettre par les jurés.

D’une voix calme, sans éclats, il avait repris pas à pas le fil de cette course-poursuite fatale, lancée par un appel anonyme, le 21 avril 2012, aux alentours de 20 h 30. Un homme « recherché pour des faits de braquage » se trouverait en face d’un bar de Noisy-le-Sec.

L’équipage de Damien Saboundjian intervient. Ses trois collègues sortent du véhicule pour contrôler le suspect. Il s’enfuit, jette une grenade factice. Damien Saboundjian le prend à revers, en voiture, avant de finir sa course à pied et de tirer. Quatre coups. Amine Bentounsi s’effondre, le visage contre le trottoir. Une balle vient de le traverser dans le dos. Il meurt à 5 h 10 du matin, à 29 ans.

Un tir de panique, et non de riposte, considère l’avocat général, pour qui la réaction « inappropriée » du policier a très largement dépassé le cadre de la légitime défense.

« Manque de discernement », « faute professionnelle », « excès de zèle », « absence totale de remise en question »… Rémi Crosson du Cormier n’a pas épargné le gardien de la paix de 37 ans, même s’il lui laisse, au moins, le bénéfice de la sincérité : « Damien Saboundjian vous demande de croire ce dont il s’est lui-même convaincu. Et sans l’enquête de l’inspection générale des services (IGS), il aurait même certainement reçu une lettre de félicitations. » La pique est loin d’être gratuite, car des pressions avaient été exercées, à l’époque, sur les enquêteurs.

« Mort de sa main, mort de ses choix »

Sans compter le contexte politico-médiatique qui avait pour le moins desservi la sérénité des investigations. Les faits s’étaient en effet déroulés dans l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2012, politisant rapidement l’affaire, entre manifestations policières et polémique sécuritaire.

Durant la semaine de ce procès en appel, police et justice ont tenté de se comprendre. Les magistrats se défendant d’être « antipolice » ; l’avocat général rappelant à l’ordre le chef de bord de Damien Saboundjian lorsqu’il estime « plus facile d’être délinquant que policier » ; le président expliquant au policier pourquoi il se trouvait devant une cour d’assises, aussi souvent que lui répétait n’avoir rien à faire là.

L’avocate de la partie civile, elle, voulait simplement rappeler à Damien Saboundjian que, quel que soit le verdict, un homme était « mort de sa main, mort de ses choix ». Un délinquant multirécidiviste en cavale, certes, puisque Amine Bentounsi s’était fait la belle à la faveur d’une permission deux ans auparavant. « Ce n’était pas un ange, a concédé Me Louise Tort, mais il ne méritait pas d’être abattu comme un chien. »

« Il m’a braqué. J’ai tiré »

Jusque dans ses derniers mots à la barre, le policier campera sur son seul et unique leitmotiv depuis cinq ans : « Il m’a braqué. J’ai tiré. » Rien de plus. Et, si aucun témoin ne peut corroborer que la victime l’ait « pointé » – sauf, dans un premier temps, son coéquipier, avant d’avouer avoir menti –, aucun ne peut attester le contraire. Aucun expert n’a pu, non plus, exclure formellement qu’Amine Bentounsi se soit retourné juste avant de recevoir cette balle dans le dos.

« Et à quoi peut bien servir une arme chargée à la main ? », ironise l’avocat de la défense, MDaniel Merchat, en rappelant qu’un revolver chargé a été retrouvé aux côtés du fuyard.

Lui-même ancien commissaire divisionnaire, il ne peut s’empêcher de plaider que condamner son client serait forcément « antiflic » : « Je sais bien qu’il n’y a pas de présomption de légitime défense, mais il n’y a pas non plus de présomption de culpabilité. Sauf pour les policiers. » Le doute, « évidemment », aurait dû lui bénéficier. Amer à la sortie de la salle d’audience, il lâche une pensée pleine de sous-entendus, pour « tous les policiers et gendarmes qui attendaient ce verdict et qui vont devoir composer avec ».

Réfléchir avant d’agir

Venu déposer au cours du procès en faveur de son collègue, Loïc Lecouplier, secrétaire national Ile-de-France du syndicat policier majoritaire Alliance, se fait plus explicite. Puisqu’une première cour d’assises acquitte et qu’une seconde condamne sur les mêmes faits, il se demande qui peut être désormais certain « des conditions de la légitime défense, en France ».

Dans des rangs déjà « mal en ce moment », prévient le syndicaliste, la condamnation risque d’avoir des conséquences : « Le policier va réfléchir sérieusement avant d’intervenir. » Une petite voix s’élève pour oser souligner, peut-être, que ce n’est pas plus mal de « réfléchir avant d’agir ».

Imperturbable, un militant distribue des tracts en bas des marches de la cour d’assises. Un nouveau rendez-vous contre les violences policières est donné à Paris, le 19 mars : une « marche pour la justice et la dignité ».

Le cordon de gendarmes se referme tranquillement sur les derniers poings levés, les amenant vers la sortie, sans heurts. Soulagés sous leurs uniformes, certains se félicitent que tout se soit bien terminé. Les slogans, eux, bruissent encore, à peine étouffés par les lourdes portes du palais. « Zyed, Bouna, Théo et Adama. On pardonne pas, on n’oublie pas. »

Repost 0
12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 18:11

En 2012, Damien Saboundjian avait tiré sur Amine Bentounsi alors qu'il se trouvait de dos. Acquitté en première instance, la cour d'assises de Paris n'a pas retenu en appel l'état de légitime défense.

Repost 0

Présentation

  • : Vérité et Justice pour Ali Ziri
  •  Vérité et Justice pour Ali Ziri
  • : Halte aux violences policières excessives et disproportionnées! Les droits humains ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de la sécurité.
  • Contact

Profil

Recherche

Catégories

Liens