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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 18:11

En 2012, Damien Saboundjian avait tiré sur Amine Bentounsi alors qu'il se trouvait de dos. Acquitté en première instance, la cour d'assises de Paris n'a pas retenu en appel l'état de légitime défense.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 22:04

Aux assises, la fragile «légitime défense» d’un policier

Par Willy Le Devin

http://www.liberation.fr/france/2017/03/09/aux-assises-la-fragile-legitime-defense-d-un-policier_1554640

Amal et Jasmine, la sœur et la fille d’Amine Bentounsi, lors d’une marche blanche en sa mémoire, le 5 mai 2012 à Noisy-le-Sec. Photo Vincent Nguyen. Riva Press

Aquoi tient l’acquittement d’un homme ? Et la mort d’un autre ? A un fil d’une infinie fragilité, comme l’a formulé le président de la cour d’assises chargé de réexaminer l’affaire Saboundjian, du nom de ce gardien de la paix qui a tué Amine Bentounsi d’une balle dans le dos le 21 avril 2012 à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) : «Si je résume, tout est relativement incompatible mais tout est possible…» Malheureux jurés. Il faut dire que le procès en appel qui s’est ouvert lundi à Paris n’a pas permis d’avancer d’un iota. En janvier 2016, le policier de 37 ans, aujourd’hui désarmé et affecté à un standard téléphonique à Grenoble, avait été acquitté en première instance de «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner».

Canettes. Un an plus tard, les faits apparaissent toujours aussi nébuleux. En clair, il y a la version intangible de Damien Saboundjian, qui soutient qu’Amine Bentounsi - détenu recherché pour ne pas avoir réintégré sa cellule à la suite d’une permission - «s’est retourné et [l’]a braqué avec un revoler». Le gardien de la paix dit avoir «pris peur, et [a] donc fait feu à quatre reprises avec [son] arme de service en situation de légitime défense». Et puis il y a le reste du monde, qui peine à y croire. Et pour cause, aucun des témoins présents ce jour-là ne corrobore la version de Damien Saboundjian.

Son ex-coéquipier, Ghislain B., a bien tenté de venir à son secours en épousant à la virgule près les déclarations de l’accusé devant l’Inspection générale des services (IGS, la police des polices, devenue depuis l’IGPN), mais la supercherie a fini par être démontée : au moment des tirs, Ghislain B. se trouvait trop loin de la scène, ralenti par une grenade factice larguée dans sa fuite par Bentounsi. Rappelé à la barre par le président, Ghislain B., quadra falot à la voix éteinte, n’a pas l’air gêné outre mesure de sa fausse déposition : «Je n’ai pas l’impression d’avoir mal agi.» A l’époque préfet de Seine-saint-Denis, l’ultra-sarkozyste Christian Lambert s’était lui-même fendu d’un coup de fil à l’IGS, sommant les enquêteurs d’y aller mollo avec les collègues.

Plus effarant encore, la désinvolture avec laquelle a été traitée la scène de crime. Le premier arrivé sur les lieux, le commissaire divisionnaire Zejloko Ilic, raconte qu’il a «dans un premier temps tenté de comprendre ce qu’il s’était passé». Ce qui est bien normal. A ce moment-là, Damien Saboundjian «est recroquevillé au pied d’un arbre et pleure». Zejloko Ilic se souvient également de ses coéquipiers, «très nerveux», «qui répètent alors en boucle qu’ils vont perdre leur boulot». Sauf que, dans un second temps, d’autres unités ont accouru, dont la brigade anticriminalité. Surprise, des canettes ont été positionnées sur la chaussée, censées indiquer l’emplacement des quatre douilles percutées par l’arme de Damien Saboundjian. Or d’après les expertises balistiques, qui ne brillent pas par leur limpidité, certaines trajectoires semblent impossibles. D’où des soupçons de modifications des emplacements effectuées à dessein pour couvrir Damien Saboundjian.

Il y a, enfin, les écoutes diligentées sur le téléphone de l’accusé après les faits. Elles décrivent les arcanes insupportables d’une institution policière se croyant au-dessus des lois : «L’administration est avec toi, et quand elle est avec toi, le pouvoir est avec toi… Ils nous protègent de la justice», ose un collègue de Damien Saboundjian. Dans une autre écoute, ce dernier n’y va pas non plus par quatre chemins : «A Bobigny [où il fut jugé en première instance, ndlr], les juges, c’est vraiment des enculés.»

Héros. Du reste, même mis bout à bout, ces éléments n’entérinent nullement la culpabilité d’un homme. Demeure le profil psychologique du policier qui, selon une analyste invitée à la barre, n’a «pas géré son stress». Avant ce 21 avril 2012, Damien Saboundjian étirait une vie sans éclat. Né à La Tronche (Isère), il se fait d’abord racketter au collège. En seconde professionnelle, il bifurque vers la pâtisserie, parce que «c’est un gourmand». Mais rate deux fois le CAP à cause de l’examen de chocolaterie. Saboundjian devient ensuite adjoint de sécurité par «amour de l’uniforme». Afin de gravir les échelons, il se présente au concours de police. Classé 850e sur 1 200, il n’a d’autre choix que de découvrir la Seine-Saint-Denis, territoire exigeant, où il n’a aucune attache.

Ce soir du 21 avril 2012, lorsque ses trois collègues se lancent à pied à la poursuite d’Amine Bentounsi, Damien Saboundjian reste au volant du véhicule sérigraphié. La radio est défectueuse. Livré à lui-même, se dit-il alors que son heure de gloire est venue ? Se dit-il qu’il est enfin temps d’être un héros ? Il enclenche la première, fonce, rattrape Bentounsi, mais au lieu de l’interpeller, il l’abat. Le verdict est attendu ce vendredi.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 09:36
La deuxième journée d’audience du procès en appel de Damien Saboundjian a été marquée par le passage à la barre de son ancien coéquipier.
http://www.lemonde.fr/violences-policieres/article/2017/03/08/affaire-bentounsi-ce-n-est-tout-simplement-pas-digne-de-la-police-nationale_5090865_5078781.html
 

Il a gardé son manteau à la barre, comme pour montrer qu’il n’est que de passage dans cette cour d’assises parisienne, mardi 7 mars, que ce n’est pas lui qu’elle doit juger en appel pour avoir abattu Amine Bentounsi d’une balle dans le dos, en 2012, lors d’une course-poursuite à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Lui n’est que l’ancien équipier de l’accusé, Damien Saboundjian.

Seulement voilà. L’agent de police Ghislain Boursier avait affirmé avoir vu la victime pointer une arme sur son collègue juste avant que celui-ci ne tire. Seul témoin à accréditer la thèse de la légitime défense, en dehors du policier accusé, acquitté en première instance.

Face à la reconstitution démontrant qu’il ne pouvait pas voir « la scène finale » d’où il se tenait et confronté aux versions des autres témoins, Ghislain Boursier avait fini par avouer au cours de l’enquête que non, il n’avait pas « vu de ses yeux vus » Amine Bentounsi braquer Damien Saboundjian. Du moins pas au moment crucial : celui où son coéquipier a tiré, à quatre reprises, sur le fuyard recherché pour s’être fait la belle en permission.

Alors pourquoi le gardien de la paix de 40 ans, dont treize ans d’ancienneté dans la police nationale, a-t-il menti ? « Je ne sais pas », répète-t-il à la barre. Le président le sermonne. « On pourrait penser que vous vouliez le couvrir. Seulement, en disant que vous étiez là où vous n’étiez pas, ça devient suspect, et ça se retourne contre la personne [accusée]. » L’avocat de la partie civile tonne et lâche sa sentence : « Vous êtes un menteur », avant de déplorer qu’il n’ait même pas été sanctionné.

Une main cramponnée à l’autre à la barre, la voix à peine audible, Ghislain Boursier attend que le savon passe. Vient le tour de l’intransigeant avocat général, garant des intérêts de la société. Son intervention claque comme une gifle. « Ce n’est tout simplement pas digne de la police nationale. »

« Plus facile d’être délinquant que policier »

Durant près de trois heures, le président de la cour d’assises avait repris méticuleusement chaque audition de Ghislain Boursier : devant l’Inspection générale des services (IGS) ; devant le juge d’instruction. Aucune ne se ressemble. Alors, mensonge ? Le fonctionnaire secoue la tête. Il préfère parler de « logique » et de « déductions » faites d’un mélange entre ce qu’il a vraiment vu et des discussions entre collègues. « Et voilà, on y revient… » soupire le président.

Plus tôt au cours de cette deuxième journée d’audience, un autre membre de l’équipe avait déjà fait face à la cour, et évoqué ses « déductions ». Ce soir du 21 avril 2012, après avoir jeté une grenade factice sur les policiers, le suspect pris en chasse avait également laissé tomber un étui de pistolet vide. Lui, le chef de bord, avait donc compris « de lui-même » pourquoi Damien Saboundjian avait tiré. Ou serait-ce Ghislain Boursier qui lui avait rapporté avoir vu l’individu braquer son coéquipier. Ou peut-être encore d’autres collègues arrivés sur place en renfort qui l’auraient appris d’autres collègues… « Autrement dit, c’est l’ours qui a vu l’ours qui a vu l’ours », résume le président.

Et sur place, pourquoi la crainte majeure de l’équipe après les tirs, selon le commissaire de nuit entendu lundi, se résumait en un leitmotiv : « On va perdre notre boulot » ? « Parce que la parole des policiers n’a plus beaucoup de valeur, on est remis en cause sans arrêt », ose le chef de bord. Dans une écoute téléphonique datant de 2012, il avait même lancé – agacé par l’enquête de l’IGS qui « cherchait la petite bête » – qu’il était « plus facile d’être délinquant que policier ».

« Vous le pensez toujours ? », lui demande l’avocat général, prêt à bondir au premier mouvement d’acquiescement. Le policier répond oui. « Vous ne pouvez pas dire ça, la police nationale est la gloire de la France !, s’emporte l’avocat général. Ce n’est pas parce qu’on vous demande des comptes dans cette affaire que l’on ne fait pas confiance à la police. » D’autant que, poursuit le président, si chercher à comprendre les circonstances de la mort d’un homme tué par un policier, « c’est chercher la petite bête… ». Mardi, l’audience s’était ouverte sur le schéma glaçant du médecin légiste, représentant les blessures d’Amine Bentounsi. En plein milieu du dos, un point noir dessiné au stylo. L’impact de la balle. Verdict attendu vendredi.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/violences-policieres/article/2017/03/08/affaire-bentounsi-ce-n-est-tout-simplement-pas-digne-de-la-police-nationale_5090865_5078781.html#c7rdM3kYwvX8UdQd.99

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/violences-policieres/article/2017/03/08/affaire-bentounsi-ce-n-est-tout-simplement-pas-digne-de-la-police-nationale_5090865_5078781.html#c7rdM3kYwvX8UdQd.99
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 13:11
Comme Un Bruit a rendez-vous sur la dalle d’Argenteuil avec Omar Slaouti, professeur de physique-chimie au lycée Julie-Victoire Daubié. La dalle d’Argenteuil que Nicolas Sarkozy avait proposé le 5 octobre 2005 de débarrasser de sa « bande de racailles », avant que les banlieues ne s’enflamment trois semaines plus tard après la mort tragique de Zyed Benna et Bouna Traoré le 27 octobre à Clichy-sous-Bois. Où est passé le grand-ensemble construit dans les années 1970, où il faisait bon vivre et qui promettait une intégration sociale réussie ? La colère face aux violences policières répétées et aux injustices économiques et sociales est présente dans de nombreux esprits, que les récentes affaires, dont celle de Théo, n’ont fait qu’alimenter.
Un reportage d 'Antoine Chao
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 13:08
"100 portraits contre l'état policier" est paru !
Ce livre est né de la volonté de rendre visible le flux permanent de personnes qui meurent victimes de l’État policier français.
Elles ont été étouffées, abattues, percutées, battues à mort, lors de contrôles, d’arrestations, d’expulsions, de mouvements sociaux, ou dans d’autres circonstances encore, par des policiers, des gendarmes.
Cases Rebelles, s’empare ici de la forme du portrait militant, hérité de l’art mural, du graff, d’artistes activistes comme Emory Douglas, et largement réactivé dans les mouvements actuels contre la police raciste aux États-Unis, avec Oree Originol notamment.
Le dessin rompt avec la froideur clinique des listes. Facilement diffusable, affichable, il est une tentative de reprendre la rue et ses murs.
Le récit des circonstances et des suites judiciaires permet de saisir comment toutes ces petites histoires, souvent tombées dans l’oubli, forment la grande Histoire de la domination policière en France et son caractère à la fois de classe, raciste et colonial.
Quelques familles ont obtenu une forme de reconnaissance et de justice, mais dans leur grande majorité, elles ont fait face à l’impunité.De 1948 à 2016, chaque portrait est accompagné d’un résumé des circonstances de la mort et des suites judiciaires éventuelles.
Les dessins se veulent aussi porteurs d’amour pour les victimes et de solidarité pour leurs proches.
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 11:13

http://www.leparisien.fr/noisy-le-sec-93130/j-ai-un-mort-sur-la-conscience-06-03-2017-6738852.php#xtor=EREC-1481423606-[NL93]---${_id_connect_hash}@1

Autre décor, autre ambiance. Le procès du gardien de la paix, Damien Saboundjian, s'est ouvert ce lundi sous les lustres de la cour d'assises de Paris où il n'a pas été besoin de diviser la salle en deux, en fonction des soutiens des différentes parties. Ce lundi matin, les policiers ne sont pas venus aussi massivement qu'à Bobigny soutenir leur collègue qui, depuis cinq ans, invoque la légitime défense pour expliquer la mort d'Amine Bentounsi, fugitif en cavale tué d'une balle dans le dos à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) en 2012. Carrure de rugbyman, en jean et chemise rayée, assis à la petite table des accusés, Damien Saboundjian, 37 ans, acquitté à Bobigny en 2016, encourt vingt ans de réclusion criminelle.
Il est toujours policier, mais désarmé, à la salle de commandement à Grenoble. Il avait été muté en Isère après les faits, en conservant son traitement, sur décision conjointe du «président de la République (NDLR : Nicolas Sarkozy), du ministre de l'Intérieur et du préfet (NDLR : Christian Lambert)».
«Il n'y a pas un jour depuis ce 21 avril 2012 où je ne pense pas à ce qui s'est passé. Depuis je vis avec un mort sur la conscience», dit-il au micro, à moins d'un mètre du père et de la sœur d'Amine Bentounsi, silencieux. L'accusé apparaît plus loquace qu'à Bobigny, allant jusqu'à commenter les raisons de son échec au CAP de pâtissier. Mais la restauration, c'était «par gourmandise », la police « par conviction, par passion». «J'ai toujours aimé l'uniforme», explique-t-il.
 
Sans le bac, il est entré dans les forces de l’ordre par la petite porte des adjoints de sécurité. Une fois gardien de la paix (850e sur près de 1200), il avait rejoint le tribunal de Bobigny en 2006, avant d'aller sur le terrain, enfin, en 2009 à Noisy-le-Sec. Les équipes de police secours sont souvent les premières à intervenir, comme ce soir du 21 avril 2012 où un corbeau, jamais identifié, a prévenu la police de la présence d'un homme «recherché pour raisons de braquage».
À ce moment-là, personne ne sait qu'il s'agit d'Amine Bentounsi, 28 ans, condamné pour vol à armée et recherché depuis qu'il s'est fait la belle du centre de détention de Chateaudun (Eure-et-Loir) à la faveur d'une permission en 2010. Amine Bentounsi s'enfuit, jetant sur trois policiers à ses trousses une grenade défensive factice. Le gardien Saboundjian, lui, fait le tour en voiture pour le cueillir 800 m plus haut.
Il s'expliquera jeudi sur les circonstances dans lesquelles il a tiré. «Techniquement, la prudence voudrait que l'on suive à distance, mais vous pensez à interpeller et vous oubliez le danger, ça tient tellement à l'appréciation et à l'expérience professionnelle», explique à la barre le commissaire qui gérait à l'époque le service de nuit. Il se souvient de Saboundjian «choqué, dans un grand état de stress» après les tirs.
«Il aurait été bien plus indiqué d'envoyer un équipage de la BAC (brigade anti-criminalité) mais ils avaient terminé leur service», note le policier de l'IGS (ex-IGPN). Selon lui, plusieurs éléments écornent la version du policier : la position des étuis des balles qui auraient été déplacés et les «mensonges» d'un coéquipier, qui sera entendu ce mardi, et qui avait soutenu être témoin des tirs. Soudainement, l'accusé est pris d'une crise de sanglots. Le policier de l'IGS rappelle qu'à l'époque, entre les deux tours de l'élection présidentielle, le syndicat de police du gardien avait tenté de faire pression sur l'IGPN pour «faire gicler le lieutenant qui avait mené l'interrogatoire».
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 11:02

En présence des familles des victimes et notamment de Jessica Koumé, Amal Bentounsi et Ramata Dieng Et en présence d'Omar Slaouti, porte parole du collectif 19 mars, mais aussi de nombreux représentants des organisations et collectifs signataires de l'appel de la Marche.

Le collectif d'organisation de la Marche du 19 mars appelle à un grand meeting qui se tiendra à la bourse du Travail de Paris le 4 mars prochain autour de la famille d'Amadou Koumé, mort le 6 mars 2015 dans le commissariat du 10ème arrondissement. Rappelons qu'Amadou Koumé est mort d'un œdème pulmonaire survenu dans un contexte d'asphyxie avec traumatisme facial et cervical. Il est une victime de plus de pratiques policières d'interpellation scandaleuses comme la clé d'étranglement, des pratiques jugées tellement dangereuses qu'elles sont interdites dans de nombreux pays. Une fois de plus, pourtant, la justice vient de rendre un non-lieu dans cette affaire.

A Bobigny, nous étions nombreuses et nombreux en solidarité avec Théo Luhaka, contre les humiliations, contre les violences policières, contre le racisme. Pour Théo bien sûr qui a été frappé et violé mais aussi pour Amadou Koumé, Amine Bentounsi, Lamine Dieng, Wissam El Yamni, Zyed Benna et Bouna Traoré, Adama Traoré et bien d'autres tués par la police. Une fois de plus la police a tout fait pour provoquer délibérément les manifestant.e.s et criminaliser la mobilisation. Nous affirmons ici notre solidarité avec les 37 interpellés.

Depuis plus de 40 ans, les policiers bénéficient d'une véritable impunité dans les quartiers. Contrôles au faciès, tutoiements, injures et provocations racistes pendant que la justice couvre ces agissements en acquittant ou en donnant du sursis aux policiers incriminés. Aujourd'hui un syndicaliste policier peut tranquillement à la télé défendre l'utilisation du terme raciste bamboula.

La dernière loi votée par ce gouvernement est un véritable arsenal répressif, la loi de sécurité publique s'ajoutant au maintien de l'état d'urgence. Les règles de légitime défense pour les policiers, sont assouplis et les peines pour outrage aux forces de l'ordre sont alourdies. L'impunité policière est désormais légalisée !

Nous ne baisserons pas les yeux ! Contre la hogra, les humiliations répétées, le racisme et les violences policières nous nous réunirons le 4 mars à la bourse du travail de Paris, rue Charlot, à 14h et nous marcherons tous ensemble le 19 mars à Paris.

Les deux rdv sont pris ! Soyons nombreux à exprimer notre résistance au meeting et dans la rue !

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 11:00

Publié le 2 mars 2017

Le collectif La Vérité pour Adama appelle à un rassemblement dans le quartier de Boyenval en soutien à Bagui Traoré, frère d’Adama et témoin de son meurtre par les gendarmes, incarcéré depuis décembre et poursuivi pour « tentative d’assassinat sur agents dépositaires de l’autorité publique ».
La violence des forces publiques qui a commencé par la mort de notre cher Adama le 19 juillet 2016 s’intensifie gravement depuis le 28 février.
Bagui déjà incarcéré sur la base de mensonges et de faux témoignages depuis décembre, est aujourd’hui avec d’autres, de « tentative d’assassinat sur agents dépositaires de l’autorité publique ».
Ces accusations graves participent de la campagne de criminalisation de Bagui Traoré, témoin clé du meurtre de son petit frère Adama. Cette criminalisation est aussi un moyen de discréditer la lutte pour la vérité et la justice.
Après avoir tué atrocement Adama dans les locaux de la gendarmerie de Persan, les instances publiques mettent tout en œuvre afin de tuer notre famille en s’acharnant sur notre fils, frère et ami Bagui Traoré.
À travers ces accusations et ces représailles, c’est toute notre lutte qu’ils tentent d’asphyxier. Une vengeance de plus pour répondre à la mobilisation mise en place depuis juillet 2016.
Nous appelons alors à un rassemblement samedi 4 mars, sur le quartier de Boyenval, à Beaumont sur Oise, centre de toutes nos mobilisations.
Ce rassemblement sera l’occasion de faire le point sur ces derniers évènements et de permettre également une consultation publique, d’autres habitants de Beaumont étant directement concernés par ces instructions.
Rendez-vous donc pour la Vérité et la Justice à 14h sur le terrain de sport du quartier de Boyenval, Beaumont Sur Oise.
La Vérité pour Adama                 Image en ligne
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 10:57

http://www.leparisien.fr/argenteuil-95100/argenteuil-un-dernier-espoir-pour-la-famille-d-ali-ziri-22-02-2017-6702444.php

On croyait l’affaire Ali Ziri terminée. Ce retraité algérien est mort le 11 juin 2009 à Argenteuil, deux jours après une arrestation houleuse par la police. Une première autopsie avait conclu à une « fragilité cardiaque » et confirmé la « forte alcoolémie » du sexagénaire. Une contre-expertise révéla finalement la présence de 27 « hématomes de 12 à 17 cm » sur le corps.
 
Après six années de procédure, la Cour de cassation a validé il y a un an le non-lieu prononcé par la cour d’appel de Rennes en décembre 2014 à l’encontre des policiers mis en cause. Mais l’affaire pourrait désormais rebondir devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). C’est en tout cas l’espoir de Stéphane Maugendre, l’avocat de la famille, qui a saisi la juridiction à l’été 2016, considérant que « l’Etat français n’a pas instruit correctement le dossier ». « La CEDH a transmis la requête à l’Etat français qui vient de répondre ne pas être favorable à un règlement amiable de cette affaire, explique le conseil. Je dois désormais transmettre mes observations. On devrait être convoqué pour une audience. »
Et l’avocat d’énumérer, selon lui, les manquements dans l’instruction. « J’avais demandé que les juges entendent eux-mêmes les policiers, qu’une reconstitution en présence des experts et des policiers ait lieu et que la bande-vidéo de l’arrivée au commissariat soit visionnée. Rien n’a été fait. La France a déjà été condamnée pour mauvaise instruction dans une affaire similaire. » Stéphane Maugendre espère ainsi que la cour s’appuiera « sur l’avis du dernier expert ». « Il avait déclaré qu’Ali Ziri était décédé suite à un arrêt cardiaque dû à un phénomène d’asphyxie causé par la technique du pliage (NDLR : qui consiste à faire pression sur le haut des cuisses afin que la tête soit sur les genoux) pratiquée par les policiers, rappelle-t-il. La cour exige une instruction impeccable lorsqu’une personne décède alors qu’il est entre les mains de la police. »
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 10:55
Rapport d'Amnesty International /2016

La France à la croisée des chemins

A deux mois des élections présidentielle et législative, la France, «patrie des droits de l’homme», est pour Amnesty «à la croisée des chemins». «Les droits humains ne doivent pas être sacrifiés au profit sécuritaire, dans l’intérêt économique ou en vue de l’élection présidentielle», s’alarme la présidente d’Amnesty France, Camille Blanc. L’ONG dénonce la prolongation, à cinq reprises en un peu plus d’un an, de l’état d’urgence «qui menace de devenir la nouvelle norme», s’inquiète Salil Shetty. Et entraîne une remise en cause des libertés comme le droit de manifester ou à une vie privée. «Les 612 assignations à résidence n’ont débouché sur aucune enquête judiciaire pour terrorisme, mais à la perte d’emplois ou à la marginalisation de ces personnes», ajoute Camille Blanc.
La France est aussi épinglée pour sa politique d’accueil des réfugiés. Si le pays s’est engagé à accueillir des réfugiés, Camille Blanc dénonce la «réponse inadaptée du gouvernement, notamment sur le plan européen». Dans le viseur : l’accord controversé UE-Turquie adopté le 18 mars et que la France a largement soutenu. Il prévoit que tous les nouveaux migrants qui atteignent la Grèce depuis la Turquie doivent être renvoyés. En échange, les Etats membres s’engagent à reprendre un Syrien pour un réfugié renvoyé en Turquie. «La fermeture des frontières passe avant la protection des personnes, regrette Camille Blanc. La France doit s’engager à ce que cet accord ne soit pas dupliqué avec d’autres pays.»

Amnesty s’en prend également à l’évacuation «forcée au regard du droit international» de la jungle de Calais fin octobre, où vivaient plus de 6 500 migrants et demandeurs d’asile, tout comme aux renvois dans des conditions illégales de réfugiés à la frontière franco-italienne. L’organisation s’inquiète enfin de la stigmatisation des réfugiés, des migrants mais aussi des musulmans, dans les discours et dans les faits, comme l’illustre l’interdiction du burkini dans certaines communes françaises cet été.
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  • : Vérité et Justice pour Ali Ziri
  •  Vérité et Justice pour Ali Ziri
  • : Halte aux violences policières excessives et disproportionnées! Les droits humains ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de la sécurité.
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