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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 12:26

http://www.slate.fr/story/149028/mort-adama-traore

Antoine Hasday

«Pas de justice, pas de paix!» Ce samedi 21 juillet, les rues étroites et pentues de Beaumont-sur-Oise peinent à contenir les 1.500 personnes qui défilent en hommage à Adama Traoré. Les t-shirts rouges ou noirs du collectif La Vérité Pour Adama sont les plus nombreux. Mais d’autres noms se détachent: Ali Ziri, Lamine Dieng, Angelo Garand. Autant de victimes de violences policières, dont les proches réclament justice et prendront la parole un peu plus tard, sur le terrain du quartier de Boyenval. Dans la nuit, des heurts opposeront une quarantaine de jeunes aux forces de l’ordre. «On n’oublie pas, on pardonne pas!», clame la foule, tenue à distance par des barrières, devant la gendarmerie de Persan.

Un an plus tôt, le 19 juillet 2016, c’est derrière ces murs qu’Adama Traoré, 24 ans, est mort le jour de son anniversaire. Après s’être soustrait à un contrôle d’identité à Beaumont-sur-Oise –les gendarmes venaient d’arrêter son frère Bagui, qui se trouvait avec lui– il s’est caché sous un drap dans un appartement voisin. Découvert, il a subi un plaquage ventral, immobilisé au sol sous le poids de trois hommes, avant d’être emmené à la gendarmerie de Persan. Les rapports d’autopsie successifs ont démontré qu’un «syndrome asphyxique» avait contribué à sa mort. Sa mort a entraîné de vives réactions dans le quartier et les villes avoisinantes, tout en initiant une mobilisation qui n’a pas faibli depuis.

 

es affaires difficiles à juger

Une cinquantaine de policiers ou gendarmes sont condamnés chaque année en France pour violences volontaires, selon Camille Polloni dans Les Jours. La moitié est condamnée à de la prison, quasiment toujours du sursis. Si la victime a été tuée avec une arme à feu, la légitime défense est généralement retenue, et les procès sont l’exception. La tenue des enquêtes internes est critiquée par certaines associations de défense des droits de l’homme. «Cette affaire révèle par ailleurs un système d’enquête défaillant, dans lequel les investigations ont été réalisées prioritairement par des pairs et n’ont pas permis de relever les déclarations contradictoires, incohérences ou incertitudes concernant le déroulé les faits», écrit l’ACAT au sujet de l'enquête sur la mort d'Ali Ziri. L’association réclame la création d’un organe d’enquête véritablement indépendant et la publication annuelle de chiffres relatifs à l’usage de la force par les policiers et gendarmes.

«En France, les plaintes pour ce type de violations des droits humains ne sont pas souvent suivies d’enquêtes effectives, et les responsables de ces actes sont rarement traduits en justice», affirmait déjà Amnesty en 2009. Depuis, la situation s’est améliorée sur certains points, comme la possibilité pour chaque citoyen d’alerter l’IGPN, ou bien de saisir le Défenseur des droits. Mais les victimes de violences policières savent que les procédures demeurent longues et incertaines. C’est au bout de huit ans que la justice a refermé le dossier Ali Ziri. Les proches de Lamine Dieng ont attendu dix ans pour obtenir un non-lieu. Pour les familles, le dernier recours consiste alors à porter plainte contre la France devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, où elle a déjà été condamnée à de multiples reprises pour des faits similaires.

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 14:06

https://quartierslibres.wordpress.com/2017/07/23/la-seance-du-dimanche-impunite-policiere-partie-1-quartiers-xxi/

Partie 1 : « Version contre version » / « Victime suspecte, légitime défense »

Mais comment expliquer que la police soit irresponsable devant la population qu’elle est censée protéger ? Comment expliquer qu’il existe un certaine impunité policière ?

Lorsqu’une personne subit une violence policière, quand elle est tuée ou gravement blessée par un policier ou un gendarme, on observe souvent les mêmes séquences d’un scénario. C’est le même schéma qui se déroule et qui débouche la plupart du temps sur la minimisation de la violence d’État  : on finit par parler de « bavure » ou d’« accident ».

Le premier réflexe des autorités politiques est de nier la violence.

Une autre manière de relativiser la responsabilité des policiers est de dénier le statut de victime à la personne violentée, et la suspecter de violences, d’engagement politique, de délinquance, ou de tout autre fait qui diminuerait la « valeur » à accorder à la victime.

Il faut faire passer l’idée que l’usage de la violence était légitime,conséquence d’une peur ou d’un danger immédiat.

https://www.youtube.com/watch?v=Rf7D5fAq1_o

Partie 2, à venir : Émeutes et criminalisation de la révolte.

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 11:08

http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20170722.OBS2445/oumou-traore-mere-d-adama-je-veux-bien-croire-dans-la-justice-si-elle-est-juste.html

Extraits de l'interview :

L'affaire a été dépaysée à la demande de votre avocat, maître Yassine Bouzrou. Que reste-t-il de la confiance que vous portez à la justice française ?

Je veux bien y croire, je veux bien avoir confiance. Nous avons rencontré récemment la juge d’instruction en charge de notre dossier. Elle nous a écoutés, longuement, et nous a semblé déterminée à faire en sorte que toute la lumière soit faite sur notre affaire. J’espère maintenant que la justice sera à la hauteur de cette confiance que je lui accorde encore. Les gendarmes doivent être entendus, mis en examen, et condamnés. Ce jour-même, au départ du rassemblement, j’ai croisé le gendarme qui m’assurait que mon fils était mort après avoir absorbé de l’alcool, après avoir pris des drogues, le 19 juillet 2016. Il m’a menti, on le sait maintenant. Et cet homme travaille toujours ici, comme ses collègues entre les mains desquels Adama est mort. Ils sont toujours libres. Mais pour nous les Traoré, un an après, le bilan est celui-là : un mort, deux frères en prison, et la peine à vie. Je veux bien croire dans la justice, si elle est juste.

 

Vous pensez qu’elle ne l’est pas avec tout le monde de la même manière ?

Oui, et c’est aussi la raison pour laquelle je suis prête, je mènerai ce combat jusqu’au bout. Pas seulement pour Adama, mais aussi pour les autres, parce que je ne veux qu’aucune mère vive cette douleur qui m’habite depuis un an, et qui ne me quittera plus. Aucun homme ne mérite de mourir comme un chien. Il faut que ça cesse. Je veux défendre les droits de nos jeunes. Depuis l’adolescence, j’ai pu voir comme un étau se resserrer autour de mon fils, à l’école comme dans la rue. Les jeunes garçons sont cibles d’humiliations, de contrôles injustes à répétition dans les quartiers populaires. Comme s’ils étaient à craindre, comme s’ils étaient un risque pour notre société. Adama ne demandait rien, c’était un citoyen français qui voulait seulement vivre.

u’espérez-vous aujourd’hui ?

Nous avançons à petits pas vers la vérité, mais il nous reste beaucoup de questions, et nous ne cesserons d’exiger les réponses. Je veux savoir où est mort Adama. Les conversations échangées entre les médecins le 19 juillet 2016 au soir montrent que mon fils ne respirait plus, n’avait plus de pouls au moment où les secours sont arrivés. Alors, que s’est-il passé avant que pompiers et médecins ne débarquent ? Que s’est-il passé dans la voiture vers la gendarmerie ? Que s’est-il passé dans la cour de la brigade, alors que mon fils gisait au sol, menotté, en pleine canicule ? Je veux savoir

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 16:23

http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20170718.OBS2265/adama-traore-serait-mort-avant-l-arrivee-des-secours.html

Les médecins venus porter secours à Adama Traoré à la gendarmerie de Persan, il y a un an jour pour jour, ne disposaient pas des informations permettant de tout mettre en œuvre pour ramener à la vie le jeune homme de 24 ans retrouvé gisant mort sur le sol. Ils affirment avoir été "envoyés sur un faux truc", avec un "bilan" qui ne correspond pas à la réalité.

Pendant qu’ils interviennent le 19 juillet 2016, les médecins se disent "un peu surpris là, en fait" de découvrir la victime en arrêt cardio-respiratoire, alors qu’ils ont seulement été informés - sans qu'on sache par qui - d’une "crise convulsive, durée trois minutes" avec "antécédent épilepsie". Ils comprennent aussi qu’Adama Traoré est en fait mort avant l’arrivée de tout secours.

C’est ce que révèle une nouvelle expertise technique sur les enregistrements sonores des échanges du Samu, que "l’Obs" a pu consulter. Celle-ci fait suite à une demande de l'avocat de la famille, maître Yassine Bouzrou, auprès des magistrates parisiennes. Les proches d’Adama Traoré avaient jugé les retranscriptions du premier rapport incomplètes. Celles-ci évoquaient pourtant déjà une situation qui "a merdé du début à la fin". Une transmission d’informations partielles ou fausses du début à la fin de l’intervention, confirmée aujourd’hui par cette nouvelle expertise. La sœur de la victime, Assa Traoré, souligne :

"Ces éléments me font dire une nouvelle fois que les forces de l’ordre n’ont pas aidé mon frère à vivre. Et nous confortent dans nos accusations de non-assistance à personne en danger à l’égard des gendarmes."
(...)

Pendant qu’ils interviennent le 19 juillet 2016, les médecins se disent "un peu surpris là, en fait" de découvrir la victime en arrêt cardio-respiratoire, alors qu’ils ont seulement été informés - sans qu'on sache par qui - d’une "crise convulsive, durée trois minutes" avec "antécédent épilepsie". Ils comprennent aussi qu’Adama Traoré est en fait mort avant l’arrivée de tout secours.

C’est ce que révèle une nouvelle expertise technique sur les enregistrements sonores des échanges du Samu, que "l’Obs" a pu consulter. Celle-ci fait suite à une demande de l'avocat de la famille,
maître Yassine Bouzrou, auprès des magistrates parisiennes. Les proches d’Adama Traoré avaient jugé les retranscriptions du premier rapport incomplètes. Celles-ci évoquaient pourtant déjà une situation qui "a merdé du début à la fin". Une transmission d’informations partielles ou fausses du début à la fin de l’intervention, confirmée aujourd’hui par cette nouvelle expertise. La sœur de la victime, Assa Traoré, souligne :

"Ces éléments me font dire une nouvelle fois que les forces de l’ordre n’ont pas aidé mon frère à vivre. Et nous confortent dans nos accusations de non-assistance à personne en danger à l’égard des gendarmes"
(...)

Le problème, c’est que ces données sont toutes fausses. Le dossier médical d’Adama Traoré ne fait aucunement mention d’une quelconque épilepsie. Et les examens toxicologiques ont établi par la suite que la victime n’était, le 19 juillet 2016, sous l’emprise ni d’alcool ni de cocaïne.

Les médecins décident de tenter une demande d’ECMO, dispositif ultime d’assistance cardio-respiratoire, auprès du Samu de Paris. Ils savent que leur démarche est vaine, il est 18h48, Adama Traoré n’a plus ni respiration, ni pouls depuis 18h02. "Enfin, ça change rien, mais 25 ans quand même…", lâche le médecin qui se trouve à la gendarmerie.

Lorsqu’ils se rappellent à 18h56, ce dernier a "refait le point avec les pompiers" : "Donc, effectivement (…) ce qu’ils disent pour un pouls, en fait, c’est pas un pouls, ils ont jamais perçu de pouls (…). Ils ont vu un vieux tracé sur leur Scop (appareil de monitoring cardiaque) qui faisait des ondes tu vois, donc clairement on considère que depuis 18h02 il est en arrêt."

Le décès d’Adama Traoré serait donc antérieur à l’arrivée des secours. Pour Assa Traoré :

"Tout cela signifie que, bien que mon frère soit mort, les gendarmes n'ont pas voulu lui retirer ses menottes, puisqu'on sait que les pompiers ont dû leur demander à deux reprises avant qu'ils obtempèrent."

Elsa Vigoureux

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 13:19

https://quartierslibres.wordpress.com/2017/07/15/verite-et-justice-pour-lamine-dieng-2/

10 ans après la mort aux mains de la Police Nationale, la cour de Cassation à malheureusement confirmé le non lieu dans l’enquête du meurtre de Lamine Dieng. Un pot commun est mis en place pour les aider dans la suite de leur démarche : la Cour Européenne des Droits de l’Homme.
https://www.lepotcommun.fr/pot/ed4qclxq/participer

LA page fb du collectif Vies Volées : https://www.facebook.com/collectif.viesvolees/
Le Collectif Vies Volées sur Twitter : @viesvolees .

 

Appel du Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri : Réunissons les 2000€, que la famille Dieng se voit contrainte de verser aux policiers qui ont tué Lamine

Un non-lieu définitif a été rendu fin juin, pour les policiers qui ont littéralement "écrasé" Lamine, il y a 10 ans. Certes, ce non-lieu est aussi impensable, invraisemblable, déniant la raison, que ceux rendus pour Ali Ziri, pour Abou Bakari et tous les autres. Pendant 10 ans, de si nombreuses voix se sont élevées contre ce crime policier, y compris celles d'Amnesty, de l'ACAT, mais avant tout  celle de Ramata qui a tant dénoncé la mise à mort de son frère, que le non- lieu paraissait IMPOSSIBLE....

 
La cour de cassation l'a prononcé ... assorti  d'un dédommagement aux policiers  de 2000€ !!
Il est hors de question que la famille Dieng verse elle-même  cette somme aux meurtriers d'un des siens.
 
En participant à cette collecte, nous épargnons à la famille Dieng une ultime offense, et continuons le combat  pour la vérité et la justice  devant la CEDH.
 
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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 18:18

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170714.OBS2125/affaires-theo-et-adama-le-haut-commissariat-des-nations-unies-demande-des-comptes-a-la-france.html

Six experts, mandatés par le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, ont interpellé le 17 février le gouvernement français au sujet "de l’usage excessif de la force par la police concernant trois personnes d’origine africaine". La France disposait d’un délai de 60 jours pour répondre à l’instance des Nations unies située à Genève. Ce qu’elle a fait le 18 avril dernier. Les deux documents publics que nous publions ici interrogent autant qu’ils renseignent sur l’état des relations inquiétantes qu’entretiennent forces de l’ordre et population française.

Traité de "Nègre" par des policiers

Dans leur missive au gouvernement français, les six experts évoquent trois cas, qu’ils souhaitent voir "tirer au clair". Le premier est celui de François Bayiga, camerounais handicapé, porteur de "deux prothèses aux membres inférieurs et n’ayant plus qu’un bras". Vivant alors en France depuis trois ans, il a fait l’objet le 2 mai 2016 d’un contrôle d’identité par trois policiers sur un quai de la gare de Lyon à Paris. "Monsieur Bayiga leur a présenté sa carte de sécurité sociale qu’ils n’ont pas acceptée [...]", lit-on dans la missive. Selon les allégations, les policiers lui auraient dit qu’il était un bon à rien parce qu’il est noir, et l'auraient traité de "Nègre". Saisi au cou, plaqué au mur, "un des policiers a tiré sa prothèse droite, ce qui a entraîné sa chute". Les agents des forces de l’ordre ont justifié leur intervention ainsi : François Bayiga "s’apprêtait à uriner sur les voies". Le 12 décembre 2016, l’homme a finalement été condamné pour "immixtion de matières insalubres sur la voie publique" à une amende de 180 euros.

Asphyxié

Les deux autres cas qui ont retenu l’attention des experts du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme sont ceux d’Adama Traoré et Théo Luhaka. Le premier a été retrouvé mort asphyxié le jour de son 24e anniversaire, menotté sur le sol de la gendarmerie de Persan le 19 juillet 2016. Trois plaintes ont été déposées par la famille, le dossier a été dépaysé, la procédure étant désormais entre les mains de trois juges parisiennes. A propos de cette affaire, les auteurs du rapport demandent "instamment" à la France "une enquête rapide et impartiale", incluant une évaluation "de la conformité des agissements de la gendarmerie, conformément aux obligations de la France en vertu du droit international relatifs aux droits de l’homme".

Le groupe de travail exige aussi "des informations supplémentaires sur les causes physiques du décès de Monsieur Traoré", et de savoir "s’il a bénéficié d’une assistance médicale lors de sa détention". Réponse de la France : instruction en cours, couverte par le secret. A propos des communications mensongères du parquet de Pontoise évoquant une infection de la victime, les experts s’enquiert de "l’enquête menée contre le procureur". Là, le gouvernement français est clair : "Aucune enquête ne vise le procureur de la République de Pontoise."

Impunité"

Pour Théo Luhaka, 22 ans, le rapport fait état d’un "contrôle particulièrement violent" le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois, provoquant "60 jours d’incapacité temporaire de travail du fait d’une section du sphincter anal et d’une lésion du canal anal de dix centimètres de profondeur" qui l’obligent "à porter une poche externe". Les experts écrivent : "Nous exprimons nos interrogations à la suite des premières conclusions de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) qui écartent l’idée de 'viol délibéré' et parlent d’acte accidentel". Pour la France, l’instruction étant en cours, il convient "d’attendre les résultats des enquêtes afin de se prononcer".

Les experts se disent pourtant "particulièrement préoccupés par le fait que [...] ces incidents ne sont pas isolés". Ils citent le rapport de l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) sur les violences policières en France, qui montre qu’au cours de la dernière décennie, les Noirs et les Arabes étaient sept à huit fois plus susceptibles d’être soumis à un contrôle policier que les autres citoyens. "Notre préoccupation porte aussi sur la question de l’impunité", précisent les rapporteurs. Quelles mesures la France prend-elle pour y mettre fin ? Réponse : "Le gouvernement français conteste fermement les allégations selon lesquelles un usage excessif de la force pourrait rester impuni."  

Pour chacun des trois cas, le groupe de travail exprime dans son rapport son souhait d’être informé "en détail de toute action en justice qui a été prise" à l’encontre des auteurs présumés de ces "violations graves des droits de l’homme". Et "si des sanctions pénales, administratives ou disciplinaires ont été prises". Pour François Bayiga, Camerounais handicapé, la France répond : "La procédure diligentée à l’encontre des trois policiers a été classée sans suite par le parquet, en raison de l’absence d’infraction constituée. En revanche, monsieur Bayiga fait l’objet d’un rappel à la loi pour dénonciation calomnieuse." Et d’ajouter aussi : "Aucune indemnisation ne saurait lui être accordée dès lors que les forces de l’ordre n’ont commis aucune faute."

Elsa Vigoureux

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 16:45

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170714.OBS2126/violences-policieres-les-chiffres-de-l-impunite.html

Interpellée par le Haut commissariat aux droits de l'homme des Nations unies, la France se défend, chiffres à l'appui. Sauf que ces derniers montrent surtout l'impunité des policiers.

L’IGPN compte 120 enquêteurs, répartis dans neuf services sur la France entière. En 2015, l’inspection générale de la police nationale a enregistré 2.491 signalements. 13,8 % d’entre eux concernaient des "attitudes irrespectueuses ressenties lors d’actions sur la voie publique ou de l’accueil du public" ; 12,1% étaient "relatifs à des actes de violence à l’occasion d’actions de police au cours desquelles des mesures de contrainte ont été appliquées". Toujours en 2015, "2.113 sanctions disciplinaires ont été prononcées à l’égard de fonctionnaires de police, dont 47 concernaient des mesures de radiation des cadres (révocation, mise à la retraite d’office, radiation, exclusion définitive)". Le gouvernement français précise qu’il convient "de rapprocher" ces chiffres "aux quatre millions d’interventions de police réalisées chaque année".

De son côté, l’IGGN a reçu 1.097 réclamations en 2015, contre 699 en 2014. "Seuls 29 signalements concernaient des faits allégués de 'violences' de la part des militaires de la gendarmerie", indiquent les autorités françaises. Et pour elles, aucun n’était fondé… Toujours en 2015, 13 sanctions disciplinaires ont été prononcés pour des "violences illégitimes" commises par des gendarmes, dont huit sur des personnes gardées à vue ou témoins. C’est tout.

Des peines avec sursis

Sur le plan de la phase judiciaire, l’institution judiciaire, par la voie des parquets, enregistre chaque année "un peu moins de 500 signalements dans des affaires de violence par personne dépositaire de l’autorité publique". Ce qui est peu, et ce qui surtout ne dit rien de la gravité des faits allégués. Sur les trois dernières années, précise le gouvernement français, une réponse pénale (poursuite, convocation, ou saisine du juge d’instruction) a été portée en moyenne dans 86% des affaires mettant en cause des agents des forces de l’ordre. Et 50 à 60 condamnations seraient prononcées chaque année "pour des violences délictuelles commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique". Là encore, il faudrait pouvoir rapporter ces chiffres aux millions d’interventions des forces de l’ordre chaque année.

nfin, sur la période 2013-2015, le taux de condamnation à de l’emprisonnement contre des agents des forces de l’ordre s’élèverait à 55%, selon les autorités françaises. Ce qui peut paraître équilibré. Mais il s’agit "quasi-exclusivement" de peines avec sursis, puisque seulement 4% d’entre elles sont assorties de prison ferme. Et rien n’est précisé sur la nature des faits commis. En revanche, 37% des condamnations, toutes poursuites confondues, sont une peine d’amende, "dont le montant moyen ferme s’élève à 724 euros".    

Elsa Vigoureux

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 09:57

http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/adama-traore/affaire-adama-traore-mon-frere-a-fait-les-frais-de-ce-systeme-que-l-etat-a-construit-autour-de-ces-quartiers-populaires_2273600.html

Affaire Adama Traoré : "Mon frère a fait les frais de ce système que l'État a construit autour de ces quartiers populaires"

Interrogée dans le cadre de la nouvelle expertise confirmant la mort par asphyxie d’Adama Traoré, sa soeur, Assa Traoré, s’est exprimée sur les rapports qu’entretiennent les forces de l’ordre et les jeunes de quartiers populaires.

Alors que l’affaire Adama Traoré est toujours en attente de jugement, sa soeur dresse un constat amer sur la place des jeunes de quartiers dans la société française.

« Vous savez depuis leur plus jeune âge ils sont pointés du doigt ces jeunes des quartiers comme s’ils ne pouvaient pas participer à la construction de cette France » insiste-t-elle.

 

Selon Assa Traoré, la situation actuelle dans les quartiers est préoccupante. Elle déplore la manière dont les forces de l’ordre se présentent dans ces quartiers, « armés comme dans des zones de guerre ». Déshumanisés, ces jeunes seraient soumis à un rapport de force permanent.

« Ce ne sont pas des jeunes qu’on doit tabasser et humilier comme on le fait. Et mon frère en a fait les frais. Mon frère a fait les frais de ce système que l’Etat a construit, autour de ces quartiers populaires. »

 

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 06:50

http://www.20minutes.fr/paris/2099927-20170705-mort-adama-traore-expertise-exclut-hypothese-probleme-cardiaque

Une nouvelle expertise confirme la mort du jeune homme des suite d'un «état asphyxique aigü» sans toutefois écarté l'hypothèse d'un problème cardiaque...

« Depuis que le dossier a été dépaysé à Paris, on a enfin espoir de connaître un jour la vérité. Tout ce qu’on demande c’est de savoir comment est mort mon frère », confie Hawa Traoré. Le 19 juillet 2016, jour de leur 24e anniversaire, la jeune femme a perdu son frère jumeau, Adama, à la suite d’une interpellation musclée à Beaumont-sur-Oise, dans le Val-d’Oise. Une nouvelle expertise, demandée par la famille et révélée mardi par Le Parisien, confirme que la mort du jeune homme est « secondaire à un état asphyxique aigu lié à la décompensation (à l’occasion d’un effort ou de stress) ». Selon une proche de l’enquête, une expertise dite « de synthèse » s’apprête à être demandée par les trois juges d’instruction parisiens en charge du dossier depuis le mois d’octobre.

Pathologie cardiaque

L’hypothèse d’un décès par asphyxie n’est pas nouvelle. Dès le mois de juillet 2016, un collège d’experts de l’Institut médico-légal de Paris parvient à des conclusions similaires. « Cette nouvelle étude va plus loin car elle conclue que l’asphyxie est la cause principale du décès et non une des raisons », assure Me Yassine Bouzrou, le conseil de la famille. Une nouvelle fois, le rapport écarte l’existence de « lésions d’allure infectieuse », mentionnées dans la première autopsie, mais souligne que le jeune homme souffrait d’une pathologie cardiaque.

Selon nos informations, les experts évoquent dans leur rapport un « état antérieur plurifactoriel associant notamment une cardiomégalie et une granulomatose systémique de type sarcoïdose. » Ce dernier terme, désigne une maladie immunitaire rare qui se développe généralement chez des hommes jeunes, pouvant affecter plusieurs organes, dont le cœur. Elle peut entraîner une insuffisance cardiaque ou des troubles du rythme ventriculaire. La cardiomégalie, qui désigne un cœur hypertrophié, peut être un des signes de cette maladie.

 

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 16:38

https://quartierslibres.wordpress.com/2017/07/04/ecoutez-notre-experience-apprenez-nos-luttes-ramata-dieng/

Discours de Ramata Dieng pour le Collectif Vies Volées, au départ de la manifestation contre l’état d’urgence permanent, samedi 1er juillet, à Paris.

Nous sommes ici pour exprimer notre refus déterminé à l’introduction d’un état d’urgence permanent dans le droit commun et contre l’aggravation de tout ce que nous subissons depuis plus d’un an et demi. Nous sommes ici pour alerter l’ensemble des habitants de notre pays de ce qui se prépare. Pour combattre le terrorisme, l’état d’urgence ne sert à rien. La majorité des responsables des services de sécurité et de renseignement le disent. Parmi les pays voisins également touchés par des attentats ces derniers mois, aucun n’a mis en place une telle justice d’exception.

 

 

Contre un état d’urgence permanent qui légitime les agressions policières qui nous menacent tous, contre une état d’urgence qui garantit l’impunité de ces violences, contre un état d’urgence qui viole la justice, contre une politique qui combat ouvertement ceux que le président Macron appelle « les gens de rien » pour favoriser « les gens qui réussissent ». Des associations, des juristes, des autorités indépendantes et l’Église catholique s’inquiètent vivement du projet de loi antiterroriste du gouvernement.

Hier, Le président de la République a reçu une délégation d’associations et de personnalités du réseau État d’urgence-Antiterrorisme, dont Amnesty international, Human Rights Watch et le Syndicat de la magistrature, qui l’ont alerté sur les risques qu’ils voient dans une sixième prorogation de l’état d’urgence (jusqu’au 1er novembre) et surtout dans l’intégration de certaines de ses dispositions dans le droit commun, prévue dans le projet de loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme ».

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