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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 21:10
 QUI A TUE ALI ZIRI ? de LUC DECASTER Projections

Chers tous, chères toutes !

Après les projections et soirée débats à Paris et Argenteuil, retrouvez le réalisateur Luc Decaster dans différentes villes de France.
Si vous souhaitez voir le film et qu'il n'est pas encore programmer près de chez vous, n'hésitez pas à nous contacter à l'adresse distribution@zeugma-films.fr
Nous pourrons ainsi nous rapprocher des cinémas et contribuer à faire connaitre à travers le film des affaires de violences policières trop souvent étouffées.

A lire et à écouter, autour du film et de la marche de la dignité de samedi 30 octobre
L'article du Blog Documentaire : Benjamin Chevallier "une esthétique engagée, à hauteur d'homme"
Mediapart avec le Bondy Blog : Quartiers populaire : 10 ans après Clichy sous Bois avec Omar Slaouti du Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri
Là-bas si j'y suis : Daniel Mermet, France Inter : marche de la dignité avec Omar Slaouti "Il y a dix ans, les flammes de la révolte des quartiers "ont mis la lumière là où personne ne veut regarder"

NOVEMBRE / DECEMBRE en présence du réalisateur

Mardi 3 no
vembre à RIVIERE (81) à la Javanaise avec le Hamac Rouge 21h15
Mercredi 4 novembre à GRAULHET cinéma Vertigo avec le Hamac Rouge 18h45

Jeudi 5 novembre à TOULOUSE cinéma Utopia 20h30
avec le collectif pour l'Union Antiraciste et populaire

Vendredi 6 novembre à SAINT OUEN L'AUMONE cinéma Utopia 20h30
en présence du collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri

Lundi 9 novembre à MAMERS cinémamers 20h

Jeudi 12 novembre à BELLEY cinéma Arlequin, association Cinéfil

Samedi 14 novembre à MONTREUIL le Méliès 20h45
avec le salon du livre de Lanceurs et Laceuses d'alerte

Lundi 16 novembre à ROMAINVILLE le Trianon 18h30
festival du film franco-arabe

Mardi 17 novembre à CAEN le Lux 20h45

Dimanche 22 novembre à LILLE cinéma l’Univers 17h30
Lundi 24 novembre à TOURCOING (lieu à préciser)
Mardi 24 novembre à VILLENEUVE D'ASCQ au Kino 20h

Jeudi 26 novembre à MONTPELLIER cinéma Utopia (autour de 20h)

Vendredi 27 novembre à ACHERES cinéma Pandora

Samedi 28 novembre à CLERMONT-FERRAND cinéma le Rio 18h
avec Farid El Yamni
Dimanche 29 novembre à SAINT JUNIEN 19h

Lundi 30 novembre à IVRY cinéma Luxy 20h
avec Convergence Citoyenne Ivryenne

Vendredi 4 décembre à LONGWY

Lundi 7 décembre à BRON cinéma les Alisés 20h30

Mercredi 9 décembre à SAINT NAZAIRE le Jacques Tati
Jeudi 10 décembre à NANTES le Concorde

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 20:29
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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 17:11
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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 18:52

Séance unique le vendredi 6 novembre à 20h30 à Utopia St-Ouen l’Aumône en présence d’Omar Slaouti et du Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri.
Soirée soutenue par Europe Ecologie les Verts Cergy, le Parti de Gauche 95, le NPA , Alternative Libertaire, et le Collectif Antifasciste 95.

QUI A TUÉ ALI ZIRI ?

Luc Descaster - documentaire France 2015 1h31mn -

Du 06/11/15 au 06/11/15

Ali Ziri, un homme de 69 ans, décède le 11 juin 2009 après son interpellation par la police nationale à la suite d’un contrôle routier à Argenteuil. « Arrêt cardiaque d’un homme au cœur fragile », déclare le Procureur de Pontoise. Appuyant la famille qui vit en Algérie, un collectif d’Argenteuillais demande une contre-expertise. Deux mois plus tard l’institut médico-légal révèle 27 hématomes sur le corps d’Ali Ziri. Pendant cinq années, le cinéaste a suivi les pas de ceux qui demandent « Justice et vérité » après cette mort, ignorée des médias, mais que certains considèrent comme un lynchage digne des pires périodes de l’histoire. Au-delà d’une affaire de justice, Luc Decaster s’est attaché à représenter ce qu’une telle affaire suscite à l’intérieur d’une ville de banlieue ordinaire. Le cinéaste suit les échanges dans les rues de la ville, les entretiens avec les avocats dans les palais de justice, mais aussi les réunions internes du collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri ». Au fil de la dramaturgie du film, des retournements de situations et de nouveaux espoirs, se révèlent des personnalités étonnantes d’ingéniosité. Par-delà les échanges, le film interroge la justice française et ses incohérences lorsque des policiers sont mis en cause.

Le film de Luc Decaster, c’est six années de combat du Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, alternant espoir, désarroi, colère, découragement, sans jamais renoncer et trouvant toujours l’énergie de poursuivre. Après le décès d’Ali Ziri, la Police Nationale du Commissariat d’Argenteuil n’a eu qu’un seul but : « effacer », ne laisser aucune trace de ce qui s’était passé le soir du 9 juin 2009. « Effacer » en renvoyant en hâte le corps en Algérie, « effacer » en déclarant la mort due à une hypertrophie cardiaque », C’était compter sans l’indignation et l’exigence de justice de nombreux Argenteuillais qui formèrent, avec une trentaine d’associations, le Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri.
Après une manifestation de plus d’un millier de personnes dans les rues d’Argenteuil, le Collectif obtint, une autopsie et l’ouverture d’une procédure judiciaire à l’encontre de policiers pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La mort de ce chibani n’était pas « effacée », elle ne passerait pas inaperçue, l’Affaire Ali Ziri commençait…
Le Collectif a traversé des épisodes de grande tension politique, l’affaire étant devenue nationale. En pleine campagne des présidentielles cette affaire fut âprement discutée dans le cabinet de Guéant, en présence des syndicats de police, et rue de Solferino, avec la volonté de l’étouffer : le ministre de l’Intérieur de Sarkozy imposa le retrait de la plaque en février 2012. En mai 2013, Valls refusait de recevoir le collectif lors de sa venue à Argenteuil. La bataille judiciaire de non-lieu en non-lieu, de cour d’appel en cour de Cassation continue. La famille, soutenue par le Collectif, s’est à nouveau pourvue en Cassation. Reste à l’horizon, en cas d’un nouveau non-lieu, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui a condamné la France dans quelques cas similaires.

Luc Decaster est un cinéaste/citoyen de combat. Ancien enfant des chantiers de Saint Nazaire devenu dessinateur industriel puis professeur d’histoire avant de prendre la caméra. Il a toujours, depuis 1994, filmé ceux qui se battent et à qui on donne rarement, pour ne pas dire jamais, la parole : ouvriers qui tentent de sauver leur usine, sans papiers, élue locale du pays nantais. Habitant d’Argenteuil, largement impliqué dans la vie de sa ville, il ne pouvait pas ne pas s’investir dans le combat des proches d’Ali Ziri.
Son film a reçu le soutien d’Amnesty International, de l’Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture, de la Ligue des Droits de l’Homme et du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples. Les projections de ce film, soutenu par ces ONG internationales, renforcent la lutte pour la dignité, pour l’égalité, avec la question : « Les policiers seraient-ils au-dessus des lois ? »

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 18:44
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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 18:40

Second jour de mobilisation contre l'usine d'armement Nobel Sport (Récit)

24 octobre 2015 | Par Assemblée des blessés

Ce matin, nous étions nombreux rassemblés sous le barnum du campement installé à quelques pas de Pont-de-Buis, à quelques pas de l’usine Nobel Sport, marchand de mort. Les débats commencent avec une présentation des nouvelles armes de la Police, notamment le Flashball superpro et le LBD 40 dont l’usine Nobel Sport construit les projectiles. Débats où l’on a appris parmi d’autres choses…

Comment, au milieu des années 90, sous l’impulsion de Guéant puis de Sarkozy, le flashball a été introduit dans certains corps de police, et son utilisation généralisée.

Comment son usage a opéré un glissement vers un maintien de l’ordre offensif. On ne se contente plus de contenir les corps, on les frappe, on les mutile.

Comment la police se militarise. Les mêmes armes et les mêmes techniques y sont utilisées et participent de la même économie.

Comment Nobel Sport fabrique des gaz lacrymogènes interdits par la convention de Genève, afin de les envoyer hors des frontières de l’Europe, sur le marché mondial. Ces dernières ont été exportées au Burkina Fasso pour réprimer les opposants à Blaise Campaoré.

Comment l’usine Nobel Sport passe de 110 employés à 200 voir 300 quand une révolte éclate quelque part dans le monde. Trois chaînes de production sont mises en place et tournent en permanence sur le rythme des trois huit.

Comment des blessé.es au Flash-Ball et au LBD 40 se sont organisé.es en assemblée pour s’entre-aider.

Comment être blessé.e, mutilé.e par un tir de LBD ou de Flashball, c’est immédiatement après faire face aux médias, à la police, à la justice et aux regards des autres.

Et comment il est nécessaire de se rassembler pour y répondre.

Où l’on a appris que « désarmer la police » voulait aussi dire éradiquer dans les têtes, dans les mentalités, l’idée que la police protège.

Où l’on a appris ce qu’est « l’armement rhéostatique ». Pour chaque arme, les institutions peuvent décider du degré de létalité. Allant de

la blessure à la mort.

Le débat a continué sur la présentation de l’ambulance partisane.

Il s’agit d’un véhicule où l’on peut venir se faire soigner pendant une mobilisation. Où l’on peut apprendre et partager les gestes des premiers secours.

Cette ambulance commencera bientôt une tournée à laquelle chacun.e peut participer pour échanger, se réapproprier ces gestes ainsi que les techniques et savoir-faire concernant le soin.

Et qu’il est possible de les contacter à l’adresse suivante : medecine@riseup.net

Le débat s’est fini sur une histoire de l’usine Nobel Sport.

Où l’on a appris qu’en 1975, l’usine a explosé soufflant toutes les maisons alentour, tuant trois personnes et en blessant 80 autres. Ce qui provoqua un départ important des habitants de Pont-de-Buis.

Où l’on a appris que Pont-de-Buis était une ancienne poudrière royale privatisée dans les années 80. Et qu’un administrateur de Nobel Sport et aussi administrateur de Vinci.

Où l’on a appris que l’usine occupe 100 hectares et 20 kilomètres de routes. À cause de cela, l’accès à la forêt et à la rivière sont interdits aux habitants.

On a appris plein d’autres choses, mais le mieux serait quand-même de nous rejoindre pour continuer à discuter entre-autre des luttes en cours dans le Finistère (Centrale à Gaz, Extraction minière, Méthaniseur et extraction de sable dans la baie de Morlaix.) et participer avec nous aux différentes mobilisations.

Article dans CQFD à propos de l'usine d'armement de Pont-de-Buis :


http://cqfd-journal.org/Pont-de-Buis%E2%80%89-la-poudriere

Texte écrit par les habitants de Pont-de-buis ou vivre à côté d'une poudrière :


http://desarmonslapolice.noblogs.org/files/2015/06/tract-avis-%C3%A0-la-pooulation.p
df

Site dédié aux trois jours d'actions et de discussions :


http://desarmonslapolice.noblogs.org/

Une vidéo d'appel :


https://www.youtube.com/watch?v=dHkjIZav0n8

Recensement de toutes les initiatives en hommage à Rémi Fraisse et contre les violences policières.


https://nantes.indymedia.org/articles/30340

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 12:08
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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 11:40


Un an après la mort de Rémi Fraisse,
l'enquête judiciaire est enlisée
PAR MICHEL DELÉAN
ARTICLE PUBLIÉ LE VENDREDI 23 OCTOBRE 2015
Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr


Un an après le décès du jeune écologiste Rémi
Fraisse, tué par la grenade qu'avait lancée un gendarme
mobile à Sivens, l’enquête judiciaire semble ne devoir
déboucher sur rien de concret: pas de mise en examen,
ni même de questionnement des instructions données
aux forces de l'ordre, alors que la vie du jeune homme
a été fouillée dans ses moindres recoins.
C'était il y a un an. Dans la nuit du 25 au 26 octobre
2014, un jeune homme sans histoires, Rémi Fraisse, 21
ans, était tué par une grenade offensive lancée sur lui
par un gendarme, lors d’incidents violents sur le site du
barrage de Sivens (Tarn). Cachées pendant 24 heures
par les autorités, les causes du décès de Rémi Fraisse
ne faisaient pourtant aucun doute pour les gendarmes
et les secouristes qui étaient alors sur place.
À la suite de la plainte déposée par la famille,
une information judiciaire pour « violences par une
personne dépositaire de l’autorité publique ayant
entraîné la mort sans intention de la donner » a été
ouverte au tribunal de grande instance de Toulouse, et
deux juges d’instruction, Anissa Oumohand et Élodie
Billot, ont été désignées le 29 octobre 2014.
L’exécution de cette information judiciaire a été
confiée à des gendarmes, ceux de la section de
recherches (SR) de Toulouse, qui enquêtent donc sur
d’autres gendarmes. Et un an après la mort du jeune
homme – une victime des forces de l’ordre pour
laquelle le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve
n’a pas eu un mot lors de son discours annuel devant

les chefs de la police et de la gendarmerie, le 13
octobre –, rien n’indique qu’une (ou plusieurs) mise
en examen soit envisagée par les juges.

Une chose est sûre, le passé de Rémi Fraisse
comme ses agissements le soir du drame ont été
passés au crible par les enquêteurs. Leur zèle a
d’ailleurs été tel que ses proches ont pu s’en
étonner : contenus de l’ordinateur et du téléphone
portable de Rémi minutieusement épluchés, comme
les communications et les connexions, fréquentations
passées au tamis, compte bancaire examiné, questions
insistantes posées sur ses opinions politiques, son
éventuelle consommation de drogue ou d’alcool, et
même sur la médiatisation de son décès… Tout cela a
pu laisser penser à certains, plaignants ou témoins, que
l’on essayait de salir la victime.
Or parents, amis, connaissances et employeurs, tous
ceux qui ont été interrogés par les enquêteurs ont fait
la même description de Rémi Fraisse. Celle d’un jeune
homme concerné par l’environnement (il avait suivi un
BTS « gestion et protection de la nature »), passionné
de musique, aimant l’escalade, pacifiste, non violent,
travailleur, et ne consommant aucune drogue. Il n’était
affilié à aucun parti ni organisation, en dehors d’une
association de la défense de la nature de Midi-
Pyrénées, pour laquelle il « effectuait des relevés
concernant des espèces botaniques protégées ».
« Rémi donnait également 10 euros par mois à
Amnesty International », mais « il n’aimait pas la
politique », a précisé son colocataire aux gendarmes.
Il venait également de monter une petite association,
« Changeons ensemble », avec trois amis, « dans
le but de développer de la solidarité et un espace
de dialogue », a expliqué un autre proche. Il voulait
étudier les plantes (il s'était inscrit pour passer une
licence par correspondance), et projetait un voyage
en Argentine et au Chili. À terme, Rémi envisageait
d’ouvrir une boutique de plantes naturelles. Selon
sa petite amie, il n’avait jamais participé à une
manifestation.
Basé à Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne), dans
la région toulousaine, Rémi s’était décidé le samedi
même pour aller au rassemblement des opposants au
barrage, le 25 octobre dans la forêt de Sivens (à Lislesur-
Tarn), à une soixantaine de kilomètres de là. Des
débats et de la musique étaient au programme. Une
dizaine de copains du même âge ont fait le trajet dans
deux voitures, avec des tentes et des victuailles.
« Son intention était uniquement de passer un bon
moment, de rencontrer des gens qui avaient les mêmes
convictions que lui. Il s'y rendait vraiment dans un état
d'esprit festif, sachant qu'aucune force de l'ordre ne
devait être présente sur les lieux », a témoigné l’un
de ses amis. Après la soirée en zone festive, vers 1
h 30 du matin, Rémi Fraisse, qui avait bu un peu de
vin, a voulu aller vers les bruits d’explosions et les
affrontements, à 2 kilomètres de là, « pour voir ce que
c’était ». Sans foulard sur le visage, ni projectile. Sa
petite amie l’a accompagné, et puis a fait demi-tour,
à cause des gaz lacrymogènes. Rémi a continué tout
droit. Elle l’a cherché toute la nuit, mais ne l’a jamais
revu.

Aujourd’hui, malgré les nombreux témoignages,
films, photos et échanges radio des gendarmes qui
figurent au dossier d’instruction, personne n’est en
mesure de dire si Rémi Fraisse a participé activement
aux incidents. Dans leurs dépositions, qui semblent
concertées, les gendarmes mobiles ont en revanche
insisté sur le nombre de projectiles reçus et la
détermination de leurs assaillants cette nuit-là. Ils
avaient été bombardés de mottes de terre, de pierres et
de fusées par une centaine de personnes.

Pourtant, aucun des gendarmes mobiles n’a été blessé
(alors que six CRS l’avaient été lors des incidents de
la veille). Lourdement équipés, ils étaient protégés par
un grillage, dans la fameuse « zone de vie » censée
défendre un baraquement préfabriqué.
Sur l'ordre d'un major, un brigadier-chef a lancé
plusieurs grenades offensives OF pour repousser les
plus déterminés. L'une d'elles, lancée en cloche, a
explosé tout contre Rémi Fraisse, entre son sac à
dos et sa nuque, le tuant sur le coup. L'usage de
ces grenades, des armes de guerre, a été interdit
quelques jours plus tard par le ministre de l'intérieur
Bernard Cazeneuve. Pour sa part, l'inspection de
la gendarmerie a dédouané ses « hommes », qui
n'auraient commis aucune faute.
Pourquoi défendre à toute force un
préfabriqué ?
Craignant un nouveau Notre-Dame-des-Landes, le
pouvoir était resté inerte face aux violences commises
à Sivens par des agriculteurs et par des gendarmes
pendant les semaines qui ont précédé le décès de Rémi
Fraisse – cela malgré les alertes notamment relayées
auprès de François Hollande et Bernard Cazeneuve par
Cécile Duflot.
Après cet événement considérable, un jeune
manifestant tué par les forces de l'ordre sous un
gouvernement socialiste, ce même pouvoir n'a rien
trouvé à dire pendant 48 heures interminables,
feignant même l'ignorance. Comme Mediapart l'a déjà
démontré, le ministère de l'intérieur, la Direction
générale de la gendarmerie nationale (DGGN)
et la préfecture du Tarn suivaient pourtant les
événements en temps réel, et n'ont rien pu rater des
circonstances du décès de Rémi Fraisse.
Ainsi, sur le journal de bord du Groupement tactique
gendarmerie (GTG), d’abord transmis à la chaîne
hiérarchique puis remis aux enquêteurs de la section
des recherches de Toulouse, les gendarmes mobiles
ont indiqué, pour cette nuit-là, dès 1 h 45 précises, et
sans équivoque, la mention suivante : « Un opposant
blessé par OF », c’est-à-dire une grenade offensive,
arme dont seuls les militaires sont dotés, et que seuls
les gradés peuvent utiliser. Moins de quinze minutes
plus tard, à 1 h 59, le journal du GTG indique ceci :
« Opposant blessé serait décédé. Hémorragie externe
au niveau du cou. »
Selon le décompte officiel, le nombre d’engins
tirés par les militaires, cette nuit-là, est
impressionnant : plus de 700 grenades en tout
genre. À savoir 312 grenades lacrymogènes MP7, 261
grenades lacrymogènes CM6, 78 grenades explosives
assourdissantes F4, 10 grenades lacrymogènes
instantanées GLI, 42 grenades offensives OF, ainsi que
74 balles en caoutchouc LBD 40 mm. Les grenades
offensives OF, les plus dangereuses, sont lancées à la
main, à 10 ou 15 mètres maximum (lire ici les récits
des gendarmes présents sur place).
Or, selon de nouveaux documents dont Mediapart a
pris connaissance, les hautes autorités étaient bel et
bien informées minute par minute. À 1 h 52, le centre
opérationnel de gendarmerie d’Albi est avisé par
téléphone par un officier posté à Sivens du probable
décès d’un manifestant blessé avec une « grosse
hémorragie ». À 2 heures, soit seulement quelques
minutes après le drame, dans un autre appel, ce
message explicite : « Golf 42, informe qu'un opposant
est décédé, brigade des recherches se transporte sur
les lieux, pour information ce serait suite à un tir de
grenade offensive. » Et à 2 h 17 : « Colonel Andreani,
demande à ce que la SR soit prévenue, les événements
remontent au plus haut niveau, le TIC doit également
être engagé. » L’identité de l'auteur du lancer de
grenade offensive OF, un adjudant-chef, est déjà citée
à 2 h 44.
Les gendarmes mobiles étaient, cette nuit-là,
retranchés dans la fameuse « zone de vie », une base
construite par une entreprise de BTP pour entreposer
engins de chantier, matériel et vestiaire. Protégée par
deux clôtures successives hautes de 2 mètres, et un
fossé profond de 2,50 mètres, cette zone de vie était
constituée d'un préfabriqué et un groupe électrogène
(qui ont été incendiés la nuit précédente, quand des

vigiles avaient été pris à partie puis remplacés par
des CRS). Qu'y avait-il encore à protéger avec des
gendarmes mobiles la nuit suivante ?

Une réunion avait été organisée le 21 octobre 2014 à la
préfecture pour préparer le rassemblement festif du 25,
où plusieurs milliers de personnes étaient attendues.
Les questions de circulation et de stationnement des
véhicules ont pris du temps, selon le compte-tendu
auquel Mediapart a eu accès. Mais la prise en compte
des risques d'incident aussi.
« Lors de cette réunion, nos organisations ont
demandé à ce qu'il n’y ait plus d'engins de chantier
sur le site pour éviter tout débordement. La préfecture
avait confirmé que les engins seraient retirés du
site. Concernant les forces de l'ordre, dans la même
perspective la préfecture s'était engagée à ce qu'il n'y
ait pas de force de l'ordre présente à proximité de la
manifestation », a déclaré Ben Lefetey, le porte-parole
du collectif du Testet, interrogé en tant que témoin.
Or si les engins ont bien été retirés, le préfabriqué
et le groupe électrogène, eux, étaient encore là,
et les vigiles aussi. Avec cette cible, et après des
semaines de tensions entre militants écologistes d’une
part, agriculteurs locaux et forces de l’ordre d’autre
part, la montée en puissance des incidents était dès
lors prévisible. Des incidents qui ne pouvaient avoir
pour but que de « discréditer le mouvement »,
selon plusieurs militants, ce alors que l’arrivée de
petits groupes violents était prévue par le service
départemental du renseignement territorial (SDRT).
« J'ai été très surpris que des affrontements se
soient déroulés avec une telle ampleur sur le site,
conduisant jusqu'à ce drame. Je n'ai toujours pas
compris pourquoi l'État avait décidé de maintenir les
forces de l'ordre sur le site alors qu'à partir du samedi
matin il ne restait qu'une clôture à protéger. L'État
a ainsi, pour moi, fait prendre des risques aux forces
de l'ordre et aux personnes qu'elles affrontaient. Cette
décision politique me semble disproportionnée au
regard des enjeux sur place. D'autant plus que je
savais que le rapport qui serait rendu public le 27
octobre allait remettre en cause le projet de barrage
et donc probablement entraîner une suspension des
travaux », a poursuivi Ben Lefetey.
Le gouvernement surveillait à la loupe les événements
de Sivens. Selon le compte-rendu d’intervention du
lieutenant-colonel qui dirigeait le groupement tactique
gendarmerie à Sivens, il est fait état, vers 17 h 30,
dès les premiers incidents du 25 octobre, d’un
entretien téléphonique du GGD 81 [Groupement de
gendarmerie du Tarn – ndlr] avec le DGGN[le
directeur général de la gendarmerie nationale – ndlr]
donnant l’ordre de « procéder à des interpellations ».
Preuve que la situation intéressait au plus haut point
les autorités.
Le lieutenant-colonel qui commandait le dispositif
ce soir-là avait reçu l'ordre de « tenir la position ».
Entendu comme témoin, il déclare notamment ceci :
« Je tiens à préciser que le préfet du Tarn, par
l'intermédiaire du commandant de groupement, nous
avait demandé de faire preuve d'une extrême fermeté
vis-à-vis des opposants par rapport à toutes formes de
violences envers les forces de l'ordre. »
Bernard Cazeneuve a pour sa part fait un récit
diamétralement opposé, le 12 novembre 2014 devant
l’Assemblée nationale. « Est-ce qu’il y a eu des
consignes de ma part pour qu’il y ait de la fermeté
dans un contexte où il y avait de la tension ? J’ai
donné des instructions contraires, et je le redis devant
la représentation nationale », a déclaré le ministre de
l'intérieur.

« J’avais conscience depuis des semaines du climat
d’extrême tension de Sivens. J’étais désireux de
faire en sorte que celui-ci ne conduise pas à un
drame », a affirmé le ministre. « C’est d’ailleurs la
raison pour laquelle il n’y avait pas de forces prépositionnées
le vendredi soir à Sivens et si elles l’ont
été ultérieurement, c’est qu’il y a eu dans la nuit du
vendredi au samedi des heurts qui témoignaient de la
violence d’un petit groupe qui n’a rien à voir avec les
manifestants pacifiques de Sivens », a-t-il ajouté.
Quels ordres précis avait reçus le préfet du ministère
de l'intérieur ? Quelles instructions ce préfet a-t-il
transmises à son directeur de cabinet? L’audition du
préfet du Tarn et l'examen de ses échanges avec les
gendarmes et l'exécutif (Beauvau, Matignon et même
l'Élysée) la nuit du 25 au 26 octobre 2014, demandés
par les avocats de la famille Fraisse (Arié Alimi, Claire
Dujardin et Éric Dupond-Moretti), ont été refusés par
les juges d’instruction puis par le président de la
chambre de l'instruction de la cour d'appel de
Toulouse.
Selon des sources informées, les magistrats
toulousains ne veulent pas s'engager sur la voie
d'un questionnement des échelons administratifs
et politiques, c'est-à-dire ceux-là mêmes qui ont
conduit les gendarmes mobiles à lancer des grenades
offensives létales à Sivens.

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 14:48
 Un week-end d'actions et de discussions.

L'assemblée des blessées devant une usine d'armement de la police et de la gendarmerie

19 octobre 2015 | Par Assemblée des blessés

Vendredi 23 octobre à Pont-de-Buis, dans le Finistère. Un an après la mort de Rémi Fraisse, l'Assemblée des blessées, des familles, des collectifs, contre les violences policières tiendra une conférence de presse devant l'usine d'armement Nobel Sport de Pont-de-Buis. Les mutilés au LBD se retrouveront devant les grilles de l'usine qui construit le projectile qui les a mutilés.

L'assemblée des blessées. Elle regroupe plus d'une dizaine de blessés graves et mutilés par la police à l'aide de Flash-ball superpro, et surtout de LBD 40, dernière version plus puissante et précise de ce type d'arme.

Le Flash-ball superpro et le LBD 40. Depuis l'introduction de ces armes, il y a bientôt 20 ans, on recense plus de 40 blessés graves connus. La plupart ont perdu un œil ou la vue d'un œil. L'un d'entre eux est mort. Parmi eux, on compte des habitants des quartiers populaires, des manifestants, des supporters de football, des adultes, des adolescents, des enfants. Pour ne citer que les plus récents, le 14 juillet dernier, à Argenteuil, Amine, 14 ans a été gravement blessé aux testicules. Aux Ulis, Tarik, 26 ans, a été gravement blessé au front. Dans les Yvelines, un garçon de 16 ans, a eu la pommette ensanglantée. Le Flash-ball Superpro et le LBD 40 sont des armes mutilantes, parfois létales. Elles visent à terroriser la population et à punir toutes formes de révoltes et de résistances.

Rémi Fraisse. Ila été assassiné par la gendarmerie à l'aide d'une grenade offensive lors de la lutte contre le barrage de Sivens. Sa mort a occasionné trois mois de manifestations, mais aussi une répression sans précédent : interdiction de manifester, arrestations préventives, blessures, condamnations. La liberté de manifester qui est au même titre que la liberté d'expression, une liberté publique fondamentale, a largement été remise en cause par l'État lors de ce mouvement. Le 25 octobre 2015, une année sera écoulée depuis la mort de Rémi Fraisse.

L'usine d'armement Nobel Sport de Pont-de-Buis. Située dans le Finistère, elle fabrique des armes et des munitions pour la police et la gendarmerie française, mais aussi à destination d'autres forces répressives, à l'étranger. Comme le dit un habitant de Pont-de-Buis, quand une révolte explose quelque part dans le monde, l'usine passe aux « trois-huit » pour produire des armes en continu. La France, son gouvernement et ses industries, participent activement à la répression des mouvements sociaux de par le monde. Entre autres gadgets mortels et mutilants, Nobel Sport fabrique la balle Spartan LE-40, une munition de LBD 40 qui a mutilé beaucoup d'entre nous. En 2009, le PDG de l'entreprise se félicitait de pouvoir produire jusqu'à un million de pièces et de conquérir des marchés étrangers.

Un week-end d'actions et de discussions. Le 23, 24, 25 octobre se tiendra à Pont-de-Buis, un week-end d'actions et de discussions contre l'armement de la police. Aller à Pont-de-Buis, c'est s'attaquer à un maillon essentiel de la répression des mouvements sociaux en France et dans le monde. C'est refuser que la mort, la mutilation et la répression puisse être un business as usual.

L'assemblée des blessées participera et appelle à participer à ce week-end d'actions et de discussions. À l'occasion de la manifestation du vendredi 23 octobre, elle tiendra une conférence de presse devant les grilles de l'usine.

Notre seule présence devant les grilles de cette usine classée Seveso suffira à bloquer la production.

Alors toutes et tous à Pont-de-Buis.

Le site dédié au week end : http://desarmonslapolice.noblogs.org/

Une vidéo d'appel : https://www.youtube.com/watch?v=dHkjIZav0n8

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 14:40
Communiqué de l'assemblée des blessés par la Police


*L'assemblée des blessées devant une usine d'armement de la police et de la
gendarmerie.*
*Le vendredi 23 octobre, un an après la mort de Rémi Fraisse, l'Assemblée
des blessées, des familles, des collectifs, contre les violences policières
tiendra une conférence de presse devant l'usine d'armement Nobel Sport de
Pont-de-Buis dans le Finistère. Les mutilés au LBD se retrouveront devant
les grilles de l'usine qui construit le projectile qui les a mutilés...*

*Contact presse : Pour nous joindre par téléphone, veuillez envoyer un mail
à cette adresse (*
*assemblee.des.blesses@gmail.com <assemblee.des.blesses@gmail.com>) avec
votre nom et numéro de téléphone.*



Communiqué de l'assemblée des blessées :

http://blogs.mediapart.fr/blog/assemblee-des-blesses

Article dans CQFD à propos de l'usine d'armement de Pont-de-Buis :

http://cqfd-journal.org/Pont-de-Buis%E2%80%89-la-poudriere

Texte écrit par les habitants de Pont-de-buis ou vivre à côté d'une
poudrière :

http://desarmonslapolice.noblogs.org/files/2015/06/tract-avis-%C3%A0-la-pooulation.pdf

Site dédié aux trois jours d'actions et de discussions :

http://desarmonslapolice.noblogs.org/

Une vidéo d'appel :

https://www.youtube.com/watch?v=dHkjIZav0n8

Recensement de toutes les initiatives en hommage à Rémi Fraisse et contre
les violences policières.

https://nantes.indymedia.org/articles/30340
___________________________________________
LISTE DE DISCUSSION resistons_ensemble@rezo.net
[L'envoi doit avoir un seul destinataire, la liste]
Pour consulter le site: http://resistons.lautre.net/

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