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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 10:29

Sur ce blog, à la date du 14 août, un article de Médiapart  "La justice ouvre une enquête sur la mort d'un homme en garde à vue pour excès de vitesse "par détaille les développements de l'enquête sur la mort de Lucas M.

Rappel des faits :

Comme le révélait Mediapart le 15 août, Lucas M. avait été arrêté en fin de journée le lundi 3 juillet pour un excès de vitesse à moto. Il est alors conduit au commissariat et placé en garde à vue.

Peu après 22 heures, des policiers se rendent au domicile de ce chef mécanicien et préviennent sa femme qu’il a commis une tentative de suicide par pendaison et qu’après un arrêt cardio-respiratoire il a été transporté à l’hôpital. Il aurait utilisé ses chaussettes pour mettre fin à ses jours, en les coinçant dans les trous d’aération de la porte de sa geôle de garde à vue. Dans le coma pendant plusieurs jours, il décède le 8 juillet.

Interventions de l'avocat de la famille, Maître Jean Tamalet :

http://www.liberation.fr/france/2017/08/15/une-enquete-ouverte-apres-la-mort-d-un-motard-en-garde-a-vue-dans-l-essonne_1590060
«Il y a de nombreuses incohérences dans ce dossier», pointe l’avocat de la famille, Jean Tamalet, à l’AFP. Selon lui, deux hypothèses sont possibles. Soit les policiers ont laissé entrer Lucas M. dans la cellule avec ses lacets de chaussures et il se serait pendu avec. Or, depuis 1963, pour prévenir les suicides, les lacets sont interdits aux gardés à vue. «Dans ce cas, ils ont commis une erreur et tenté de maquiller la scène ensuite», indique-t-il à Mediapart. Soit il s’agirait d’un acte de contention ou de coercition qui aurait mal tourné, à l’issue duquel Lucas M. aurait fini étranglé avec son polo. Une version écartée par le procureur d’Evry qui rappelle que l’autopsie a montré qu’il s’agissait d’une mort par pendaison.
 
Pour l’avocat de sa famille, Jean Tamalet, le sillon visible autour du cou de Lucas M., large d’un à cinq millimètres, est trop fin et « incompatible avec l’utilisation de chaussettes ». « Tout est ouvert, poursuit-il. Je n’exclus pas un acte de contention mal maîtrisé dans lequel la personne est allongée au sol et tirée en arrière par le col de son polo. »
 
 Analyse : Mort par pendaison ??
"Sollicité, le procureur d’Evry, Eric Lallement, précise que si l’autopsie réalisée par deux experts a conclu à la mort par pendaison, elle n’a pas permis de déterminer si Lucas M. s’était donné la mort à l’aide d’un lacet ou d’une chaussette." Article du Monde, ci-dessus.
Là encore le procureur couvre la police en mettant en avant  une affirmation  (?) des médecins légistes. Ces derniers peuvent se prononcer sur ce qu'il observent sur le corps de la victime : des signes de strangulation sur la face antérieure du cou, peuvent-ils se prononcer sur la cause de ces constations cliniques et déclarer qu'il s'agit d'une pendaison, donc d'un suicide ?
Quelle valeur de vérité  le jugement des experts a-t-il, au-delà de leurs constations médicales? Maître Tamalet réclame "des réponses techniques et scientifiques"
D'autant que cette pendaison semble complètement impossible, ci-dessous un extrait de l'article de Médiapart :
"Que s’est-il passé exactement ce soir-là dans la cellule ? « Vous voyez, les vitres de garde à vue ? Elles sont en Plexiglas, avec des trous pour l’aération. Lucas aurait accroché ses grosses chaussettes de sport, les aurait passées dans les trous d'aération des vitres en Plexiglas de sa cellule de garde à vue. Il se serait ensuite pendu en se penchant en avant », décrit maître Tamalet, l’avocat de la famille, se rapportant à la version livrée par la police à sa cliente." Ubuesque !!!
 
 
Les éléments scandaleusement répétitifs au service de l'impunité policière :
 
- "Le 3 juillet, les caméras de surveillance du commissariat étaient en panne."
- Pas de témoins de l'interpellation dont Lucas M.n'a pas signé le procès-verbal.
- Les déclarations du Procureur actant une mort par pendaison, élément qu'il prétend tenir des médecins légistes qui ont pratiqué l'autopsie .
- "Certains membres du personnel soignant présents ce soir-là, qui avaient accepté de témoigner, n’ont pas encore été auditionnés."
 
Des similitudes tragiques qui rappellent la mort aux mains de la police d'Amadou Koumé, d'Adama Traoré...
« Les médecins affirment que son cerveau a manqué d’oxygène entre 30 à 60 minutes. Or, les policiers nous disent qu’ils ne l’ont laissé seul que 15 minutes, que tout se passait bien, qu’ils discutaient même moto ensemble »
....ou encre la mort d'Ali Ziri
"Il n'y pas de trace de lutte selon le procureur, mais s'il était menotté dans le dos au moment de la manœuvre, il ne pouvait pas lutter. Il y a quand même des ecchymoses sur le bassin et sur les poignets, à l'endroit où on met les menottes. Plus une trace sur le sternum. "
 
L'hypothèse qui s'impose, par comparaison avec d'autres cas de mort suite à des interpellations "musclées", ce qui est le cas pour Lucas M. c'est l'utilisation d'une technique d'immobilisation létale ( plaquage ventral ), la victime se relève un moment puis entre dans le coma dans le fourgon ou en arrivant au Commissariat.
 
En tous cas, la précipitation du procureur d'Evry, Éric Lallement, pour parler du "suicide"de Lucas M., nous rappelle celle du procureur de Pontoise, Yves Jannier à déclarer Adama Traoré atteint d'une grave infection, potentiellement mortelle !
Elise Languin, membre du Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri.
 
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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 10:12
A Châlette, près de Montargis, un homme de 48 ans en fuite a été abattu  au cours d'un fusillade au milieu des passants (dont de nombreux enfants) dans le  quartier Kennedy.
Evidemment, la victime est présentée comme "un forcené", "armé de couteaux" .....La substitut du procureur de Montargis, Laetitia Cohade ( on repense aux interventions des procureurs immédiatement après la mort d'Adama, d'Angelo ...) couvre d'avance les policiers. Mais comme ils ne sont visiblement pas en situation de légitime défense, elle argue de l'alignement du droit des policiers sur celui des gendarmes ( des militaires) à tirer sur les fuyards !!

"La loi L435-1 du 28 février 2017 du code de la sécurité intérieure a aligné le cadre de l'usage des armes par la police sur celui des militaires de la gendarmerie, explique Laetitia Cohade, et "ce texte permet, dans certaines conditions, aux policiers de faire feu sur le fuyard".
 
Rappel du meurtre de  Joseph Guerdner, abattu de 7 balles dans le dos dans la cour de la gendarmerie, alors qu'il était menotté ! Le gendarme a été acquitté, mais la CEDH a condamné la France, pour non respect "du droit à la vie", en effet, faut-il le rappeler, la peine de mort a été abolie en France.
 
Cette même  Laetitia Cohade, substitut du Procureur de Montargis,  tente de décrédibiser les videos,  déclare leur réalisation et leur diffusion relevant de l'"infraction pénale" dans une déclaration surréaliste "c'est une atteinte à l'intégrité physique d'une personne".
Filmer un meurtre porte atteinte à l'intégrité d'une personne ...?.Et le meurtre lui-même ...?
Elise Languin.
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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 08:07

https://paris-luttes.info/legitime-defense-des-policiers-8577

Légitime défense ? Des policiers tirent plus de 15 balles sur un homme en fuite et le tuent.

Encore un mort par la police. A Châlette-sur-Loing, près de Montargis dans le Loiret, les policiers ont ouvert le feu sur le conducteur d’une voiture en fuite, le blessant mortellement. L’homme de 48 ans, originellement interpelé pour menace au couteau et selon le Parisien suivi psychatriquement pour schizophrénie, décèdera à l’hôpital.
La scène a été filmée par des témoins, les vidéos montrent clairement que lorsque les policiers tirent une quinzaine de balles sur la voiture, celle-ci s’éloigne d’eux et ne les met pas en danger. Le Parisien, si prompt à accréditer la version des flics (mais sans doute embarrassé par les vidéos) demande pudiquement s’il fallait "le laisser prendre la fuite".

https://www.youtube.com/watch?v=9KLluZTk7jg

La loi sur la sécurité publique étendant la légitime défense passée en février dernier (suite aux manifestations de nuit de policiers armés et cagoulés en octobre 2016) devrait permettre de couvrir les policiers, même si l’IGPN et la justice vont certainement s’écharper pour savoir si tirer une quinzaine de balles sur un conducteur en fuite et s’éloignant des policiers était une "réponse proportionnée".
Il est probable que sans les vidéos des témoins, il aurait fallu se contenter de la version des policiers sur ce meurtre.

La police tue.

Dans la vidéo suivante ont voit bien que de nombreux enfants sont présents à proximité immédiate des tirs des policiers (à partir de 2:00 mn) c’est même assez miraculeux qu’il n’y ait pas de blessés parmi les passant.es.

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/fusillade-chalette-sur-loing-une-autopsie-determinante-1503473261

L'autopsie de la victime de la fusillade à Châlette-sur-Loing a lieu ce mercredi à l'institut médico-légal de Corbeille-Essonne. Une autopsie "fondamentale" selon Laetitia Cohade, substitut du procureur de Montargis. L'enquête sur la mort de l'homme de 51 ans, souffrant de troubles psychiatriques et tué samedi par des policiers, devra déterminer si les policiers ont fait feu "dans un des cas d'application de la nouvelle loi sur les conditions d'usage des armes par la police."

La fusillade s'est déroulée ce samedi à 17h30 dans le quartier Kennedy, à Châlette-sur-Loing. Des voisins sortent leur téléphone pour filmer la scène qui va faire le tour des réseaux sociaux. On y aperçoit un homme au volant d’une voiture, il est entouré par sept policiers qui essaient de le faire sortir en tapant avec une matraque sur le véhicule. C'est alors que l'individu exhibe un couteau, menace de tuer les fonctionnaires et même "de placer des bombes dans toute la ville." L'homme parvient à s'enfuir et alors qu'il fonce sur eux, les policiers font feu. Le pare-brise de la voiture est criblé de balles, le conducteur décède des suites de ses blessures.

L'IGPN est saisie, une enquête est ouverte

Les vidéos de l'intervention montrent les policiers tirant sur le véhicule en fuite. Mais il semblerait qu'ils n'étaient pas directement menacés par les mouvements du véhicule. La loi L435-1 du 28 février 2017 du code de la sécurité intérieure a aligné le cadre de l'usage des armes par la police sur celui des militaires de la gendarmerie, explique Laetitia Cohade, et "ce texte permet, dans certaines conditions, aux policiers de faire feu sur le fuyard".

Une autopsie déterminante

L'autopsie doit permettre, selon la substitut du procureur, de lever le voile sur de nombreux détails de l'intervention des policiers, comme le nombre d'impacts de balles sur le corps, mais aussi"d'enclencher l'expertise balistique." Laetitia Cohade estime "qu'il est bien trop tôt pour dire si l'intervention s'est déroulée dans un cadre légal." C'est tout l'objet de l'enquête, le parquet a saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). C'est la procédure normale quand une personne est tuée au cours d’une intervention de police.

Les vidéos sont utilisées dans le cadre de l'enquête

La substitut du procureur de Montargis précise que les vidéos tournées par les habitants sont exploitées dans le cadre de l'enquête. Mais elles"ne donnent pas le contexte de l'intervention. Elles durent deux à trois minutes alors que les faits se sont déroulés sur plus de 30 minutes", ajoute Laetita Cohade. Par ailleurs, elle rappelle que réaliser et diffuser ce genre de vidéos est une infraction pénale, "c'est une atteinte à l'intégrité physique d'une personne, on pourrait envisager des poursuites."

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 08:06

https://paris-luttes.info/31-juillet-1977-a-malville-vital-3651

 

31 juillet 1977 à Malville : Vital Michalon est assassiné par la police

  Le 31 juillet 1977, parmi 60.000 citoyens qui manifestaient contre la construction du surgénérateur Superphénix à Creys-Malville (Isère), Vital Michalon était tué par l’explosion d’une grenade offensive tirée par les forces de police.

En 1977, pour accueillir cette manifestation d’ampleur, préparée depuis plusieurs mois, le préfet René Jannin a déployé des moyens importants : 5000 CRS, gendarmes et gardes mobiles, hélicoptères, véhicules amphibies, ponts mobiles, un régiment de gendarmes parachutistes et des membres des brigades anti-émeutes. 5500 hectares autour du périmètre de la centrale sont interdits à toute circulation.

Vital Michalon, 31 ans, est abattu par un tir tendu de grenade lacrymogène. L’autopsie conclura à une mort causée par des "lésions pulmonaires du type de celles que l’on retrouve lors d’une explosion". Plusieurs dizaines de manifestants sont blessés, dont deux mutilés, Michel Grandjean et Manfred Schultz : l’un perd un pied et l’autre une main. Le CRS Tousot perd aussi une main avec la grenade qu’il voulait lancer.

La suite des évènements a donné raison à Vital et à l’ensemble des manifestants puisque Superphénix a été définitivement arrêté en 1998 après une suite invraisemblable d’avaries. En décembre 2006, EDF a annoncé n’avoir démantelé que 38% du réacteur, mais le plus difficile reste à venir avec les 5500 tonnes de sodium liquide (matière qui s’enflamme au contact de l’air et explose au contact de l’eau…). Depuis son arrêt, 200 personnes sont obligés de travailler en permanence sur le site pour éviter que ça ne s’emballe... alors qu’il n’y a aucune production. Le bilan économique et industriel de ce surgénérateur est catastrophique : 10 milliards d’euros pour 178 jours de fonctionnement effectif. Sans compter ce que cela va coûter en plus pendant des années ; en effet chaque jour on est obligé de fournir à cette centrale à l’arrêt l’énergie comparable à ce que consomme une ville de 15.000 habitants.

Or, malgré l’échec total de Superphénix, l’État français entend renouveler l’expérience : le projet appelé "réacteur de quatrième génération" n’est autre qu’une nouvelle tentative de faire fonctionner un réacteur de type Superphénix.

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 18:32

La justice ouvre une enquête sur la mort d'un homme en garde à vue pour excès de vitesse

Par

Le parquet d’Évry a ouvert une information judiciaire sur les circonstances de la mort d'un homme de 34 ans lors de sa garde à vue, début juillet, au commissariat d'Arpajon (Essonne). Il aurait tenté de se suicider dans sa cellule en s’étranglant avec sa chaussette, avant de mourir quelques jours plus tard à l'hôpital. La famille doute de la version officielle.

Le parquet d’Évry a ouvert une information judiciaire sur les circonstances de la mort d'un homme de 34 ans, Lucas M., lors de sa garde à vue début juillet au commissariat d'Arpajon (Essonne), selon des informations recueillies par Mediapart. Arrêté pour un excès de vitesse à moto, il aurait tenté de se suicider dans sa cellule, selon les premières constations médico-légales, avant de mourir quelques jours plus tard à l'hôpital.

« J'estime toutefois ne pas pouvoir prendre de décision permettant de conclure sur les causes exactes de la mort », explique le procureur de la République d’Évry, Éric Lallement. De fait : le père de famille aurait tenté de se suicider en utilisant ses chaussettes pour s'étrangler, mais sa famille doute de cette version, notamment à cause des traces laissées sur le cou du défunt et de la méthode employée. Parallèlement à l'enquête déjà ouverte, une plainte pour « homicide involontaire », « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner », « altération des preuves », « faux en écriture publique » et « non-assistance à personne en péril » a été déposée par les proches du défunt, représentés par l'avocat Me Jean Tamalet. 

L'histoire commence le lundi 3 juillet, à 17 h 50. Lucas M. passe un coup de fil à sa compagne, Séverine. Il lui annonce qu’il vient de se faire interpeller pour excès de vitesse et lui demande d’aller chercher leur garçon à l’école. « Il était tellement calme au téléphone que je lui ai demandé si c’était une blague », se souvient son épouse. Il est bel et bien menotté, c’est même un policier qui tient son portable pour qu’il puisse prévenir sa femme. « C’est une obligation légale d’informer la famille. Après son interpellation, il a dû être emmené dans le véhicule de service où on lui a notifié les droits de la garde à vue. Il évoquait la difficulté d’aller chercher son fils à l’école, donc il a dû demander à prévenir sa femme pour que l’enfant ne reste pas tout seul, les policiers ont accepté », avance le procureur d’Évry.

Une demi-heure plus tard, arrivé au commissariat d’Arpajon, dans l'Essonne, Lucas M. rappelle son épouse, toujours depuis son mobile, pour lui expliquer qu’il passera certainement la nuit au poste et qu’il a été placé en garde à vue. Ce que confirme un troisième appel, provenant d’un policier cette fois, selon le récit de la veuve.

Mais vers 22 h 15, c’est au domicile de Séverine et Lucas M. que des officiers se présentent. Ils lui apprennent que son mari aurait fait une tentative de suicide dans le commissariat et qu’il a été transporté d'urgence en réanimation à l’hôpital de Corbeil-Essonnes. Là, les médecins indiquent à la famille que Lucas M. ne se réveillera pas de son coma car son cerveau a manqué d’oxygène pendant trop longtemps.

Que s’est-il passé exactement ce soir-là dans la cellule ? « Vous voyez, les vitres de garde à vue ? Elles sont en Plexiglas, avec des trous pour l’aération. Lucas aurait accroché ses grosses chaussettes de sport, les aurait passées dans les trous d'aération des vitres en Plexiglas de sa cellule de garde à vue. Il se serait ensuite pendu en se penchant en avant », décrit maître Tamalet, l’avocat de la famille, se rapportant à la version livrée par la police à sa cliente.

« Mon mari mesure 1,74 m, il pèse 80 kilos, c’est un costaud », objecte Séverine. À l’hôpital, un infirmier lui aurait dit que Lucas n’aurait jamais pu passer ses doigts dans les trous, étant donné leur épaisseur.

La trace laissée sur le cou pose également question. Lors du coma de son époux, Séverine a soulevé la minerve et pris une photo de la marque – que nous avons pu voir. Elle se dessine uniquement sur l’avant du cou. La nuque, elle, est indemne. Surtout, elle semble très fine, peut-être un peu trop pour être une marque de chaussettes. « Le sillon d’étranglement mesure, en son point le plus large, 5 millimètres, d’après les observations de la légiste qui a examiné le corps en réanimation. Le procureur m’a même appelé pour me dire que mon instinct était le bon et qu’il ne s’agissait pas des chaussettes », insiste Jean Tamalet, qui a très vite douté de la version officielle.

Au parquet d’Évry, on se souvient qu’« à l’époque, on s’était posé la question : comment est-ce possible de se pendre avec des chaussettes ? Avait-il des mi-bas ? On avait une marque extrêmement fine qui tendait à faire penser que ce seraient donc des chaussettes extrêmement fines. On en était alors au stade de la spéculation. Ces questions ne sont pas celles d’un magistrat, mais simplement de la cohérence ».

D’après l’avocat Tamalet, lors de l’arrivée aux urgences, au moment où le Samu s’acquitte de la transmission orale du dossier au personnel soignant, il est dit que Lucas M. s’est pendu avec ses lacets. Or, sur le compte-rendu écrit, il est fait mention de chaussettes. Certains membres du personnel soignant présents ce soir-là, qui avaient accepté de témoigner, n’ont pas encore été auditionnés.

Des traces d'ecchymoses sur le bassin et les poignets

Pour Me Tamalet, deux hypothèses se profilent. Soit les policiers ont laissé entrer Lucas M. dans la cellule avec ses lacets de chaussures et il se serait pendu avec. « Dans ce cas, ils ont commis une erreur et tenté de maquiller la scène ensuite », note l'avocat. Une circulaire dont Le Monde s’était fait écho évoque effectivement pour les personnes gardées à vue la nécessité de les déposséder « des armes, instruments et objets divers (briquets, allumettes, soporifiques, ceinture, bretelles, lacets, ficelles, etc.) susceptibles soit de constituer une preuve de culpabilité, soit de permettre au détenu d’attenter à sa vie et à celle d’autrui, ou encore de s’évader ou d’incendier les locaux ». Signée par le sous-directeur des polices urbaines, au nom du directeur général de la sûreté nationale, cette circulaire date de 1963.

Pour Séverine, la veuve, le suicide ne correspond pas à la personnalité de son mari. « On ne se suicide pas pour un excès de vitesse ! Il n’avait aucune raison de paniquer. Surtout que ce n’est pas dans son tempérament, mon mari c’est quelqu’un de calme. C’est plutôt du genre à résoudre les problèmes dès qu’ils apparaissent. »

La deuxième hypothèse de l’avocat, « terrible mais plausible », dit-il, est celle d’un acte de contention ou de coercition qui aurait mal tourné, à l'issue duquel Lucas M. aurait fini étranglé avec son polo. « Les médecins affirment que son cerveau a manqué d’oxygène entre 30 à 60 minutes. Or, les policiers nous disent qu’ils ne l’ont laissé seul que 15 minutes, que tout se passait bien, qu’ils discutaient même moto ensemble », précise-t-il.

Cette thèse de l’étranglement avec le polo, le procureur Lallement la considère à ce stade des investigations comme « assez peu envisageable dans la mesure où l’autopsie n’a révélé aucune trace de quelque nature que ce soit ». « J’ai du mal à imaginer un geste très grave qui ne laisse aucune trace. Objectivement, s’il y avait eu un geste très violent, on l’aurait vu à l’autopsie », affirme le magistrat.

Effectuée une semaine après l’arrestation de Lucas, l'autopsie a été réalisée par deux médecins légistes. « Compte tenu du contexte, j’ai demandé deux experts, ça permet d’offrir à la famille toutes les garanties de neutralité », insiste le procureur. Il a également confié l’enquête sur la recherche des causes de la mort à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), « habituée à enquêter sur des responsabilités policières ».

Le premier examen en a appelé d'autres, plus approfondis, notamment au niveau de la plaie du cou. D’après le procureur d’Évry, « l’autopsie a montré qu’il s’agissait d’une mort par pendaison, mais comment est-elle survenue ? Est-ce ce qu’on nous a décrit ou y a-t-il eu transformation des lieux ? ». Confronté à ces questions, il a finalement ouvert une information judiciaire. Jean Tamalet, lui, regrette un « flou absolu ».

L'épouse de Lucas confie être « prête à tout entendre, si on [lui] explique comment tout est possible ». Lorsque son mari était encore dans le coma, ses effets personnels, retirés lors de la fouille, lui ont été remis. Seulement voilà : les chaussures et un lacet manquaient. D’après la version livrée à l’avocat, Lucas M. aurait réussi à enlever un premier lacet, mais pas le second. Il aurait alors fini par ôter ses chaussures.

Les conditions de son interpellation intriguent également la famille. « On nous dit qu’il a commis un délit de fuite, qu’il a quasiment renversé une femme et son enfant sur le trottoir, que les policiers n’ont pu que lui mettre une seule menotte tellement il se débattait, qu’ils ont dû sortir le Taser pour qu’il accepte la seconde. Mais juste après ça, il m’appelle. Super calme. Il n’est ni énervé, ni essoufflé et m’explique qu’un officier lui tient son téléphone pour qu’il puisse me parler. Il me rappelle du commissariat, toujours depuis son portable », liste son épouse.

Elle ajoute : « Ce n’était pas la première fois qu’il se faisait arrêter sur cette route. » Il avait déjà été sanctionné deux fois pour du matériel non homologué, le casque d’abord, puis les gants. « Il m’avait raconté que les policiers lui avaient dit : “La prochaine fois, on ne vous ratera pas, on a repéré votre moto. On sait quand vous passez.” Et deux semaines après, il meurt dans le commissariat. »

Selon son avocat, le PV mentionnant la suspension de permis de Lucas M. et évoquant cette interpellation musclée n’a d’ailleurs pas été signé par le défunt. Il est noté qu’il était absent lors de sa rédaction.

« Que Lucas ait essayé d’attenter à ses jours, c’est clairement établi. La difficulté c’est de comprendre dans quelles circonstances ? Comment cela est-il survenu ? Pourquoi une personne apparemment équilibrée voudrait mettre fin à ses jours pour une affaire qui peut paraître banale ? », interroge le procureur Éric Lallement. Il se dit sensible à la détresse et l’incompréhension de la famille. Il relève que tout, ce soir-là, de son placement en garde à vue à son comportement à moto, semble extraordinaire. Comprendre : inattendu de la part du père de famille. « Ce n’est pas un comportement adapté à sa personnalité. Peut-on comprendre un geste désespéré de la part d’une personne qui paraît équilibrée ? »  

Une source proche du dossier assure que les éléments à sa disposition concordent vers une tentative de suicide et que des chaussettes, roulées, pourraient laisser une trace fine, ce qui n'est toutefois pas encore démontré.

« On part probablement vers un suicide avec maquillage de la scène, c'est l'hypothèse privilégiée, réagit l'avocat de la famille. Dans mon for intérieur, et celui de la veuve, on n'imagine pas une bagarre. Pour des raisons totalement inexplicables, il aurait tenté de se suicider et la scène a été maquillée ensuite. Séverine veut savoir comment il en est arrivé là. Il n'avait pas d'histoire, pas de vie cachée, même ses amis et confidents ne trouvent aucune raison possible. Quant à l'hypothèse du polo, je ne l'écarte pas tant que je n'ai pas vu ce qu'ont révélé les examens des fibres. Il n'y pas de trace de lutte selon le procureur, mais s'il était menotté dans le dos au moment de la manœuvre, il ne pouvait pas lutter. Il y a quand même des ecchymoses sur le bassin et sur les poignets, à l'endroit où on met les menottes. Plus une trace sur le sternum. »

Lucas M. a été inhumé le 4 août.

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 05:59

https://paris-luttes.info/adama-traore-comment-continue-de-s-8511

 

Adama Traoré : comment continue de s’organiser l’impunité des gendarmes !

 

Adama Traoré en 2016, comme Ali Ziri en 2009, sont morts d’asphyxie, les autopsies le confirment pour l’un et l’autre. Si l’asphyxie est due à des techniques d’immobilisation létales, les policiers et gendarmes sont coupables de leur mort, mais si elle est due à une décompensation (hypothétique) de leur cardiomégalie, c’est le non-lieu pour les forces de l’ordre ! Ce fut le cas pour Ali Ziri, qu’en sera t-il pour Adama Traoré ?

 

Le 5 juillet 2017, une nouvelle expertise médicale confirme l’asphyxie, sans donner de conclusions définitives. « La mort de Monsieur Adama Traoré est secondaire à un état asphyxique aigu, lié à la décompensation –à l’occasion d’un épisode d’effort et de stress– d’un état antérieur plurifactoriel associant notamment une cardiomégalie et une granulomatose systémique de type sarcoïdose » [1].

Pour Ali Ziri et Adama Traoré, leur mort pourrait être due à une décompensation de leur "cardio-myopathie hypertrophique" commune. Ces allégations médicales sont avancées comme des hypothèses "théoriques" indépendamment du contexte factuel du pliage et du plaquage.

Pour Ali Ziri, le non-lieu définitif utilise cette même méthode : alors que l’expertise de l’Institut médico-légal de Paris lie clairement l’asphyxie au pliage, cause de la mort, la Cour de cassation rappelle la "malformation cardiaque inconnue" de la première expertise, précisée comme cardiomyopathie hypertrophique, qui peut être cause de mort subite. L’arrêt dit : « la seconde autopsie ne donne pas d’éléments écartant indubitablement une décompensation de pathologie préexistante, il n’est ainsi pas possible de retenir une cause certaine de la mort d’Ali Ziri  ». [2].

Pour résumer : l’autopsie de l’Institut Médico-légal de Paris, et l’expert Pourriat affirment que l’asphyxie due au pliage est la cause de la mort, mais la Cour de cassation argue du fait qu’ils ne donnent pas de preuves sur l’inexistence d’une autre cause de la mort... hypothétique !!!!

Cette décompensation d’une pathologie cardiaque "potentielle", dans un ensemble multifactoriel de causes, est, pour parler clair, une cause hypothétique non prouvable, puisque le coeur asphyxié s’est arrêté, et que cette cause possible de la mort est avancée dans le rapport des experts, en dehors du contexte factuel de l’interpellation, à savoir le pliage, car comme l’avait fait remarquer le journal "Jeune Afrique" : l’homme au cœur fragile avait 27 hématomes !
Dans le cas d’Ali Ziri, c’est cette cause possible de l’asphyxie - la décompensation d’une cardiomégalie - qui a permis le non-lieu pour les policiers, puisqu’elle a invalidé la cause d’asphyxie par le pliage, comme cause directe de la mort.

Le même montage est en marche pour dégager la responsabilité des gendarmes de Beaumont.

Le Monde, 1er Août 2016 [3] :

Un examen anatomopathologique du cœur fait le 26 juillet, a permis de déceler un « ensemble lésionnel compatible avec une cardiomyopathie hypertrophique » chez Adama Traoré, c’est-à-dire une maladie du cœur pouvant être « potentiellement la cause directe de la mort ». A ce stade, rien ne permet cependant d’en être certain. Cette maladie a pu provoquer un arrêt cardiaque puis l’asphyxie d’Adama. Mais elle peut aussi y être totalement étrangère.

Le Monde, 22 juillet 2017 [4] :

Un an après ce drame, qualifié de « bavure » policière par l’entourage et qui avait entraîné plusieurs nuits de violences à Beaumont et ses environs, une nouvelle expertise a confirmé récemment que le jeune homme était mort asphyxié, mais la cause de cette asphyxie (fragilité cardiaque ou compression thoracique lors de l’intervention des gendarmes) reste à établir.

L’article de 20minutes reprend la même analyse [5].

L’origine de l’état asphyxique reste indéterminée. Si l’expertise atteste qu’Adama Traoré est bien décédé d’une asphyxie, reste désormais à savoir ce qui l’a déclenchée. Adama Traoré a-t-il succombé des suites de cette pathologie cardiaque ou des conditions de son interpellation, un état de stress intense, précédé par une course-poursuite avec les gendarmes, par exemple ? Voire d’un mélange de ces deux facteurs ? « Adama Traoré était en bonne santé, l’étude de ses antécédents médicaux le prouve, il faisait du sport tous les jours. Il n’a jamais fait le moindre malaise sur un terrain de foot, même quand il jouait en plein cagnard, et il en aurait justement fait un ce jour-là ? ». Yassine Bouzrou (avocat de la famille Traoré) n’y croit pas. D’après lui, le jeune homme serait décédé des suites d’une compression thoracique. Lors de son arrestation, Adama Traoré avait été maintenu au sol sous « le poids des corps » de trois gendarmes.

C’est sur cette cardiomégalie que s’appuie le non-lieu définitif dans l’affaire Ali Ziri, écartant la mise en cause du pliage, technique d’immobilisation létale.

Espérons que cette même "cardiomégalie, cause potentielle de mort subite" ne servira pas d’alibi aux gendarmes de Beaumont, couvrant la pratique d’immobilisation par plaquage ventral avec appui dorsal, létale elle aussi.

Espérons que la formidable volonté de la famille Traoré, son exigence absolue de vérité et de justice, aboutira à la mise en examen et à la condamnation des gendarmes pour la mort d’Adama. L’exceptionnelle mobilisation du 22 juillet à Boyenval, en permet l’espoir.

E.L. membre du Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri.

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 09:55

http://www.leparisien.fr/beaumont-sur-oise-95260/adama-traore-la-version-des-gendarmes-confirmee-a-100-par-les-expertises-31-07-2017-7168185.php#xtor=EREC-109-[NLalaune]---${_id_connect_hash}@1

ADAMA TRAORÉ, MOHAMED BOUKROUROU, morts suite à un plaquage ventral, d'asphyxie consécutive non à l'écrasement du corps, mais à un problème cardiaque antérieur ! C'est ce que disent les médecins légistes en 2009 et en 2017 ... dans un véritable "copié-collé"!

 

https://www.doctrine.fr/d/CEDH/HFCOM/COMMUNICATEDCASES/2016/CEDH001-164417

Extrait de la requête déposée pour M. Boukrourou, mort dans un fourgon de police, le 12 Novembre 2009.

 

ll indiqua que L. était parvenu, " je ne sais pas comment à le replaquer au sol ª. Il précisa encore qu' afin d achever le menottage, le sous-brigadier L. s était accroupi sur les épaules de Mohamed Boukrourou alors que le gardien de la paix D. était au niveau de ses jambes ; l' intéressé continuant de se débattre, lui-même s' était mis debout sur ses fesses. Il déclara qu' ils étaient restés " comme ceci un petit moment, mais je ne peux pas vous dire combien, cela m' a paru trés long, moi sur ses fesses, le collègue sur ses épaules et la troisième fonctionnaire sur ses pieds, aidés par la collègue P. qui avait mis ses jambes en croix pour éviter qu il bouge. à ce moment, les pompiers sont arrivés."

 

Le 13 novembre 2009, une autopsie fut pratiquée. Le rapport du Dr H. établi le 16 novembre 2009 conclut comme suit :

 

" Le décès est vraisemblablement consécutif à la survenue d'une défaillance cardiaque.

L' atteinte athéromateuse observée sur une artère du coeur de l' intéressé l' a exposé à un risque accru de troubles du rythme et de mort subite.

D' autre part, cette défaillance du coeur a potentiellement été favorisée par l'état de stress et d'agitation présentée par l intéressé lors de son interpellation.

Une éventuelle contrainte à l' ampliation du thorax lors de la contention de l' intéressé peut également être envisagée, mais l'on ne peut affirmer qu' une asphyxie mécanique est la cause du décès."

 

Les 2 points du rapport d'autopsie du médecin légiste  du 13/11/2009  la mort de Mohamed Boukrourou,

- crise cardiaque, favorisée par état de stress et d'agitation,

- pas d'asphyxie mécanique,

sont MOT POUR MOT les conclusions de la nouvelle expertise médicale du 5/7/2017 sur la mort d'AdamaTraoré.

 

 

 

Rappel concernant les circonstances de la mort de Monsieur Boukrourou :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/27/la-mort-suspecte-dans-un-fourgon-de-police-de-mohamed-boukrourou_1272972_3224.html

 

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 19:23

Ce 30 juillet 2017, voilà 4 mois que nous avons rejoint le long et douloureux combat des familles de victimes tuées entre les mains des forces de l'ordre. 4 mois que notre proche Angelo Garand, un voyageur de 37 ans, a été abattu de 7 balles dans le torse par des hommes de l'antenne du GIGN de Tours, au domicile de nos parents, à Seur (41).

Angelo purgeait une peine pour vol à la prison de Vivonne (86). Il avait 3 enfants âgés de 19, 17 et 12 ans, un père très malade… Alors en septembre 2016, lorsqu'il a obtenu une permission de sortie d'une journée, une seule petite journée pour aller voir les siens du côté de Blois, la tentation de rester auprès d'eux a été trop forte.

Le jeudi 30 mars vers 13h, la famille s'apprêtait à partager une grillade quand une vingtaine d'hommes ont surgi en tenues d'assaut. Angelo s'est aussitôt caché dans une petite remise. Pour les autres membres de notre famille, jetés à terre, menottés et tenus en joue dans les cris, le temps s'est arrêté. Après avoir fouillé les lieux sans succès, les hommes du GIGN allaient partir, quand un léger bruit s'est fait entendre dans la remise. Les gendarmes se sont précipités. Et au lieu de demander à Angelo de se rendre, au lieu d'utiliser tous les moyens à leur disposition pour préserver son droit à la vie, ils ont immédiatement mitraillé l'homme qu'ils étaient venus arrêter.

Selon la version rapportée aux médias par le procureur de Blois, Angelo aurait refusé de se rendre, menacé les gendarmes d'un couteau, et résisté à un tir de taser. Mais nos proches présents au moment des faits sont formels : il n'y a eu aucun mot, aucune sommation et les hommes du GIGN ont tiré aussitôt entrés.

Dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour "violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner", nos auditions en tant que parties civiles viennent enfin de commencer et doivent se poursuivre courant août.

En lien avec les autres familles de victimes, la famille Garand se sent aussi le devoir d'informer largement la population que la question de la violence et de l'impunité des forces de l'ordre concerne l'ensemble de la société. Nous avons pu exprimer notre solidarité lors des récentes commémorations pour Ali Ziri, Lamine Dieng, Adama Traoréet nous continuerons de le faire car quand on marche pour une victime, on marche pour toutes. Ce sont tous nos frères, nos pères, nos fils.

Pour rejoindre notre collectif de soutien à Blois, pour continuer à signer en tant qu'organisation solidaire (liste en P.J.), ou pour plus d'informations, nous écrire à justicepourangelo@gmail.com
La famille Garand et ses soutiens,

Le 30 juillet 2017

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 20:13

https://paris-luttes.info/adama-traore-comment-continue-de-s-8511

Publié le 29 juillet 2017.

Adama Traoré en 2016, comme Ali Ziri en 2009, sont morts d’asphyxie, les autopsies le confirment pour l’un et l’autre. Si l’asphyxie est due à des techniques d’immobilisation létales, les policiers et gendarmes sont coupables de leur mort, mais si elle est due à une décompensation (hypothétique) de leur cardiomégalie, c’est le non-lieu pour les forces de l’ordre ! Ce fut le cas pour Ali Ziri, qu’en sera t-il pour Adama Traoré ?

Le 5 juillet 2017, une nouvelle expertise médicale confirme l’asphyxie, sans donner de conclusions définitives. « La mort de Monsieur Adama Traoré est secondaire à un état asphyxique aigu, lié à la décompensation –à l’occasion d’un épisode d’effort et de stress– d’un état antérieur plurifactoriel associant notamment une cardiomégalie et une granulomatose systémique de type sarcoïdose » [1].

Pour Ali Ziri et Adama Traoré, leur mort pourrait être due à une décompensation de leur "cardio-myopathie hypertrophique" commune. Ces allégations médicales sont avancées comme des hypothèses "théoriques" indépendamment du contexte factuel du pliage et du plaquage.

Pour Ali Ziri, le non-lieu définitif utilise cette même méthode : alors que l’expertise de l’Institut médico-légal de Paris lie clairement l’asphyxie au pliage, cause de la mort, la Cour de cassation rappelle la "malformation cardiaque inconnue" de la première expertise, précisée comme cardiomyopathie hypertrophique, qui peut être cause de mort subite. L’arrêt dit : « la seconde autopsie ne donne pas d’éléments écartant indubitablement une décompensation de pathologie préexistante, il n’est ainsi pas possible de retenir une cause certaine de la mort d’Ali Ziri  ». [2].

Pour résumer : l’autopsie de l’Institut Médico-légal de Paris, et l’expert Pourriat affirment que l’asphyxie due au pliage est la cause de la mort, mais la Cour de cassation argue du fait qu’ils ne donnent pas de preuves sur l’inexistence d’une autre cause de la mort... hypothétique !!!!

Cette décompensation d’une pathologie cardiaque "potentielle", dans un ensemble multifactoriel de causes, est, pour parler clair, une cause hypothétique non prouvable, puisque le coeur asphyxié s’est arrêté, et que cette cause possible de la mort est avancée dans le rapport des experts, en dehors du contexte factuel de l’interpellation, à savoir le pliage, car comme l’avait fait remarquer le journal "Jeune Afrique" : l’homme au cœur fragile avait 27 hématomes !
Dans le cas d’Ali Ziri, c’est cette cause possible de l’asphyxie - la décompensation d’une cardiomégalie - qui a permis le non-lieu pour les policiers, puisqu’elle a invalidé la cause d’asphyxie par le pliage, comme cause directe de la mort.

Le même montage est en marche pour dégager la responsabilité des gendarmes de Beaumont.

Le Monde, 1er Août 2016 [3] :

Un examen anatomopathologique du cœur fait le 26 juillet, a permis de déceler un « ensemble lésionnel compatible avec une cardiomyopathie hypertrophique » chez Adama Traoré, c’est-à-dire une maladie du cœur pouvant être « potentiellement la cause directe de la mort ». A ce stade, rien ne permet cependant d’en être certain. Cette maladie a pu provoquer un arrêt cardiaque puis l’asphyxie d’Adama. Mais elle peut aussi y être totalement étrangère.

Le Monde, 22 juillet 2017 [4] :

Un an après ce drame, qualifié de « bavure » policière par l’entourage et qui avait entraîné plusieurs nuits de violences à Beaumont et ses environs, une nouvelle expertise a confirmé récemment que le jeune homme était mort asphyxié, mais la cause de cette asphyxie (fragilité cardiaque ou compression thoracique lors de l’intervention des gendarmes) reste à établir.

L’article de 20minutes reprend la même analyse [5].

L’origine de l’état asphyxique reste indéterminée. Si l’expertise atteste qu’Adama Traoré est bien décédé d’une asphyxie, reste désormais à savoir ce qui l’a déclenchée. Adama Traoré a-t-il succombé des suites de cette pathologie cardiaque ou des conditions de son interpellation, un état de stress intense, précédé par une course-poursuite avec les gendarmes, par exemple ? Voire d’un mélange de ces deux facteurs ? « Adama Traoré était en bonne santé, l’étude de ses antécédents médicaux le prouve, il faisait du sport tous les jours. Il n’a jamais fait le moindre malaise sur un terrain de foot, même quand il jouait en plein cagnard, et il en aurait justement fait un ce jour-là ? ». Yassine Bouzrou (avocat de la famille Traoré) n’y croit pas. D’après lui, le jeune homme serait décédé des suites d’une compression thoracique. Lors de son arrestation, Adama Traoré avait été maintenu au sol sous « le poids des corps » de trois gendarmes.

C’est sur cette cardiomégalie que s’appuie le non-lieu définitif dans l’affaire Ali Ziri, écartant la mise en cause du pliage, technique d’immobilisation létale.

Espérons que cette même "cardiomégalie, cause potentielle de mort subite" ne servira pas d’alibi aux gendarmes de Beaumont, couvrant la pratique d’immobilisation par plaquage ventral avec appui dorsal, létale elle aussi.

Espérons que la formidable volonté de la famille Traoré, son exigence absolue de vérité et de justice, aboutira à la mise en examen et à la condamnation des gendarmes pour la mort d’Adama. L’exceptionnelle mobilisation du 22 juillet à Boyenval, en permet l’espoir.

E.L. membre du Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri.

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 19:17

https://francais.rt.com/international/41500-violentes-emeutes-londres-apres-mort-jeune-homme-noir-arrestation

29 juil. 2017, 16:01
 
De violents heurts ont éclaté à Londres entre la police et des manifestants descendus dans la rue pour réclamer la vérité sur la mort non élucidée d'un jeune homme de 20 ans, suspecté de trafic de drogue, peu de temps après son arrestation.
Des violences urbaines ont secoué le quartier de Dalston à Londres dans la nuit du 28 au 29 juillet 2017 après qu'une manifestation a dégénéré en émeutes. Les manifestants ont essayé de bloquer un boulevard en érigeant des barricades avec des poubelles qu'ils ont ensuite enflammées, provocant l'intervention de la police anti-émeutes et de la police montée, assistées d'un hélicoptère, pour rétablir le calme. Des magasins auraient été vandalisés et de nombreux graffitis peints sur les murs.
Ces violences surviennent après la mort le 22 juillet dans des circonstances non élucidées d'un jeune homme noir de 20 ans, Rashan Charles, peu de temps après son arrestation musclée dont une vidéo a été diffusée.
D'après la presse britannique, la manifestation organisée le 28 juillet à Londres a commencée à déraper dans l'après-midi, malgré le fait que la famille ait appelé à un rassemblement pacifique, quand des manifestants ont entrepris de bloquer les routes avec des poubelles et s'en sont pris aux policiers chargés de les escorter. Les affrontements et dégradations se sont poursuivis jusque dans la nuit. La police a même dû charger pour débloquer certaines rues.
 

 

La mort -en direct- de Rashan Charles; tué par clé d'étranglement et plaquage ventral, dans cette video : https://www.youtube.com/watch?v=e41QT-m8Jks

Lire ci-dessous la déclaration du policier qui a tué le jeune homme, cela dépasse tout en ignominie !!!

"La police a publié un communiqué le 27 juillet, disant qu'elle était déterminée à obtenir des réponses sur comment et pourquoi ce drame était arrivé.

«Nous y parviendrons en respectant la loi et nous ferons en sorte qu'il y ait des responsabilités individuelles et organisationnelle», peut-on lire par ailleurs. 

De son côté, le policier ayant procédé à l'arrestation musclée du jeune homme décédé a affirmé que les agents avaient agi de la sorte pour l'empêcher de se faire du mal à lui-même. En effet, bien que la cause de la mort soit encore indéterminée, certains envisagent l'hypothèse que le jeune homme serait mort en s'intoxiquant lui-même en ingérant un grand nombre de produits stupéfiants. "

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