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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 11:21
 
 
 

Attaque du commissariat de Champigny : une

course-poursuite entre la police et deux jeunes en

scooter à l'origine des évènements ?

Vous nous saisissez à propos de l’attaque, dans la nuit de samedi à dimanche, du commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) par une quarantaine de jeunes, aux tirs de mortiers d’artifice.

Alors que ces images impressionnantes ont fait réagir au sommet de l’Etat, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin pointant, sur Twitter, «les petits caïds» qui «n’impressionnent personne et ne décourageront pas notre travail de lutte contre les stupéfiants», des éléments de contexte affleurent.

En réalité, un événement s’est bien produit à Champigny-sur-Marne en amont de l’attaque du commissariat. Mais il n’implique pas un individu de seize ans et n’a pas eu lieu le soir des tirs de mortiers d’artifice.

Comme le décrit la journaliste Sihame Assbague dès le 11 octobre, un accident s’est effectivement déroulé à la suite d’une course-poursuite entre deux jeunes hommes à scooter et des policiers, le 1er octobre dernier dans le quartier du Bois-l’Abbé à Champigny-sur-Marne. À 200 mètres, précisément, du commissariat qui sera ensuite pris pour cible. Pour la journaliste, «c’est sûrement ce qui a provoqué ces révoltes».

Ce jeudi soir, un peu avant vingt heures, une patrouille de police de Champigny repère un scooter qui emprunte, sur une dizaine de mètres environ, un rond-point en sens inverse. À son bord, I (qui conduit) et L (à l’arrière), tous deux âgés de 22 ans.

D’après la version des policiers, ces derniers, après l’avoir suivi à distance, demandent au conducteur du deux-roues de s’arrêter. Mais celui-ci refuse et accélère. À plusieurs reprises, il fait de grandes embardées sur la route et manque de percuter d’autres véhicules. Malgré tout, les fonctionnaires poursuivent leur prise en chasse.

Pris en étau

Les policiers affirment que le scooter s’engage ensuite dans la rue Jacques Salomon, où se trouve une école. Ils décident alors de le prendre en étau pour le forcer à s’arrêter mais précisent «laisser une échappatoire pour éviter la collision». D’après eux, c’est le conducteur, qui en tournant sa tête vers le fourgon de police, aurait déporté le scooter et entraîné un choc contre la porte avant, côté passager. Le deux-roues percute alors le trottoir, les deux jeunes chutent lourdement. 

La famille du jeune I, contactée par Libération, souhaite rester discrète sur cet évènement. Elle relaye tout de même la version du jeune homme : lui assure que c’est le fourgon qui a «tamponné» le scooter, pendant la course-poursuite, et qui a provoqué sa chute. Immédiatement après les faits, c’est d’ailleurs ce que L, le passager du scooter, hurle dans la rue, selon nos informations : «Vous êtes des oufs, ils nous ont renversés, ils ont voulu nous tuer!»

Pendant ce temps, I est toujours au sol et ne parvient pas à se relever. Il est sérieusement blessé à la jambe et semble pris d’une crise de panique. Le SAMU, appelé sur place, l’embarque en urgence absolue. D’après sa famille, il est sorti mardi dernier de l’hôpital et s’en tire avec une fracture du fémur. Il devra se déplacer en fauteuil roulant pendant plusieurs semaines.

Quant au passager du scooter, il est interpellé pour «outrage» et «provocation directe à la rébellion» puis relâché suite à sa garde à vue. D’après nos informations, tous les deux seront reconvoqués plus tard par la police. Le parquet de Créteil, sollicité, n’a pas confirmé. 

Quant à savoir s’il y a effectivement un lien entre cette course-poursuite et l’attaque du commissariat, dix jours plus tard, rien n’est encore établi. Du côté de la famille de I, on réfute tout lien direct : « on n’a rien à voir avec tout ça ». Une source policière avance que la situation sera plus claire lorsque les auteurs présumés de l’attaque du commissariat seront interpellés. «Ils pourront nous dire si les deux évènements sont liés», nous dit-on. De fait, la course-poursuite au beau milieu du Bois l’Abbé n’est pas passée inaperçue. La police indique qu’un regroupement «d’une centaine d’individus» s’est formé autour du scooter et du fourgon de police, au moment de l’interpellation, nécessitant l’appel de renforts.

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