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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 08:00

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Journalistes et ONG vent debout contre les nouvelles

mesures de maintien de l’ordre

24 septembre 2020 / Laury-Anne Cholez (Reporterre)

Un recours au Conseil d’État contre le nouveau schéma national du maintien de l’ordre est engagé. Car syndicats, sociétés de journalistes et ONG des droits humains ne décolèrent pas face à des mesures qui les empêcheront de couvrir correctement les manifestations.

C’est une nouvelle atteinte à la liberté de la presse et au droit de manifester qui ne passe pas. Le schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) présenté le 17 septembre, qui définit la stratégie sécuritaire lors des manifestations, a été vertement critiqué par les organisations de défense des droits humains et les journalistes. La Scam et le Prix Albert Londres ont même publié un communiqué de presse incendiaire, estimant que ce document était un « floutage de gueule. »

Si le texte du ministère de l’Intérieur commence par reconnaître que « l’exercice de la liberté d’expression et de communication, dont découle le droit d’expression collective des idées et des opinions, est une condition première de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés » c’est pour mieux la réprimer par la suite.

En effet, pour couvrir une manifestation, un journaliste devra désormais être accrédité et posséder une carte de presse. Une disposition inadmissible pour une quarantaine de société de journalistes qui ont publié le 22 septembre un communiqué, demandant au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, de corriger ce nouveau schéma qui porte atteinte à la liberté d’informer.

Cette tribune rappelle que l’exercice de la profession de journaliste, telle que définie dans le code du travail, ne nécessite pas la possession d’une carte de presse. Ce qui vaut tant pour la couverture des manifestations dans l’espace public que pour l’« identification » demandée afin de pouvoir porter des équipements de protection.

(...)

Le SNJ compte également attaquer ce schéma devant le conseil d’État. « Ce texte ne fait qu’entériner des procédés qui sont déjà mis en œuvre dans les manifestations à l’encontre des journalistes et que nous dénonçons », explique Dominique Pradalié, la secrétaire générale du syndicat.

Ce texte porte également atteinte aux droits des observateurs de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et d’Amnesty. Les deux ONG ont pourtant été auditionnées de façon « courtoise et policée » selon Michel Tubiana, le président de la LDH. « Mais nous considérons qu’un rendez-vous qui se bornait à 1 h 30 d’audition n’était pas une concertation. » La LDH a décidé d’engager un recours devant le Conseil d’État.

Chez Amnesty, on s’étonne également du manque de communication de la part du gouvernement. « On a été auditionné une fois puis tenu à l’écart des travaux, malgré nos relances. On nous indiquait que Christophe Castaner [l’ancien ministre de l’Intérieur] n’avait pas le temps de nous recevoir. C’est surprenant car nous avons souvent dénoncé l’usage illégal de la force et les blessés très graves dans le cadre des manifestations », estime Anne-Sophie Simpere, chargée de plaidoyer chez Amnesty. « D’autres pays ont des pratiques problématiques au regard du droit de manifester. Mais la France est quand même très souvent le mauvais exemple ».

La France se situe en effet à la 34e place du classement mondial de la liberté de la presse.

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