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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 20:44
 

Plan sécurité, loi sur le séparatisme : Darmanin et

Schiappa dévoilent les chantiers du gouvernement

Avant le séminaire sur les questions de sécurité, mercredi, les deux ministres détaillent au Parisien - Aujourd’hui en France les chantiers de ce qui sera l’une des priorités de l’exécutif dans les prochains mois, et dévoilent les mesures fortes du projet de loi sur le séparatisme.

Par Olivier Beaumont et Jean-Michel Décugis
Le 6 septembre 2020 à 17h05, modifié le 7 septembre 2020 à 05h43

Deux personnalités sous le feu des projecteurs, mais aussi des critiques. Polémique autour du terme d'«ensauvagement», multiplication des agressions au cours de l'été, accusations de violences et de racisme dans la police, projet de loi contre les séparatismes qui se fait attendre… Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et sa ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, ont du pain sur la planche. Mais huit semaines après son installation place Beauvau, le duo entend bien prouver que l'exécutif répondra présent sur le terrain de la sécurité. C'est même tout l'enjeu de la feuille de route qu'ils présenteront mercredi 9 septembre lors du séminaire gouvernemental de rentrée, où les questions régaliennes et de l'ordre juste seront abordées par le Premier ministre, Jean Castex.

A la tête de l'Intérieur, ce binôme iconoclaste sur le papier − elle a fait son parcours politique à gauche et gagné ses galons en défendant la cause des femmes, lui à droite et particulièrement aux côtés de Nicolas Sarkozy − compte se démultiplier tous azimuts au cours des prochaines semaines. « On a pas mal de points communs, et on est aussi très complémentaires sur d'autres champs. Ça fonctionne, c'est générationnel », confie Schiappa, qui rappelle qu'ils sont tous les deux nés la même année, en 1982.

Derrière les paroles, la pression pour eux deux reste cependant énorme. En exclusivité pour le Parisien - Aujourd'hui-en-France, ils détaillent ainsi les chantiers des mois à venir. Car l'obligation de résultats est impérative, à la veille d'une présidentielle où l'enjeu sécuritaire sera forcément au cœur de la campagne. Emmanuel Macron ne l'ignore pas.

LE PROCÈS EN LAXISME

Emmanuel Macron est régulièrement accusé de ne pas avoir mis les questions de sécurité parmi ses priorités. Cela vous agace ?

GÉRALD DARMANIN. C'est surtout injuste. Le bilan depuis trois ans sur le régalien est indiscutablement positif. Le budget du ministère des Armées a, par exemple, été augmenté de 1,6 milliard d'euros par an, ce que personne n'a jamais fait. Celui du ministère de l'Intérieur, de plus d'un milliard d'euros depuis le début du quinquennat. Mettre fin à l'Etat islamique, c'est réduire le risque d'avoir un attentat projeté sur le sol français. C'est aussi le recrutement sans précédent de 6000 policiers et gendarmes, dont 2000 au renseignement intérieur qui ont ainsi permis de déjouer plus de trente attentats depuis 2017.

Alors pourquoi ce procès en laxisme de la part de vos adversaires ?

MARLÈNE SCHIAPPA. L'opposition s'empare des questions régaliennes tout simplement parce que nous en faisons une priorité en cette rentrée. En fait, ils nous courent après en lançant soudainement des propositions, alors qu'ils n'ont rien proposé depuis le début du quinquennat.

G.D. Et puis de quelle opposition parle-t-on? Celle de M. Abad (NDLR, président du groupe LR à l'Assemblée )qui est pour la dépénalisation du cannabis? Celle de M. Piolle, le maire Vert de Grenoble, qui considère qu'un maire ne doit pas s'intéresser à la sécurité de sa ville? Ou des gens qui nous disent qu'il faut mettre des recettes qu'ils n'ont pas mises en place quand ils étaient en responsabilité? Moi, j'ai tendance à penser que c'est parce que le président de la République et la majorité s'intéressent à la protection des Français qu'il y a de l'énervement dans l'opposition.

GUERRE DÉCLARÉE AU TRAFIC DE STUPÉFIANTS

Mercredi, un séminaire gouvernemental portera sur les questions de sécurité et de l'ordre juste. Quelle sera votre première priorité ?

G.D. Indéniablement la lutte contre les stupéfiants. Cela doit être l'alpha et l'oméga de toutes nos interventions. A travers ce sujet, il y a la lutte contre le crime organisé, avec la traite des êtres humains et le financement du terrorisme, mais aussi une grande mesure de santé publique. Et, bien sûr, un lien avec la lutte contre l'insécurité du quotidien. Quand on voit qu'aujourd'hui un gamin de 14 ans peut gagner plus que son père en faisant le « chouf » (le guet), il ne faut pas s'étonner qu'il y ait une crise d'autorité dans notre pays.

Le sujet n'est pas nouveau. Qu'est-ce qui va changer avec vous ?

G.D. Il faut s'occuper de tous les trafics. Des gros réseaux jusqu'au bout de la chaîne, c'est-à-dire le consommateur. Il faut sanctionner tout le monde, y compris dans les beaux quartiers de Paris. Grâce à l'action de mon prédécesseur, nous avons tout de même saisi 34 tonnes de cannabis depuis le début de l'année, 6 tonnes de cocaïne. On doit pouvoir encore augmenter ces chiffres.

Vous avez testé pendant deux mois l'amende forfaitaire de 200 euros pour les consommateurs de stupéfiants, avant de la généraliser depuis le 1er septembre. Quels sont les premiers résultats ?

G.D. 558 amendes ont été dressées dans les cinq territoires où il y a eu ce test. Cela a été très probant. Et, rien que sur la première journée de généralisation de cette amende, 200 verbalisations. Désormais, il n'y a plus besoin d'une pièce d'identité pour être verbalisé. J'en remercie le garde des Sceaux. Et si jamais les gens ne payent pas, on peut imaginer une saisie sur salaire ou sur le compte bancaire de la personne. Je suis certain que les services de Bercy vont nous aider dans cette mission.

En vous attaquant aux petits trafics, ne craignez-vous pas qu'ils se déportent sur une autre forme de délinquance ?

G.D. Je n'ai pas l'esprit de capitulation. La drogue, c'est de la merde, ça finance le crime organisé, ça tue la vie de milliers de personnes et ça peut concerner toutes les familles de France. Le rôle d'un responsable politique, ce n'est pas d'accompagner tout doucement la mort d'une société.

Il y a eu une époque où le gouvernement communiquait sur les chiffres de la délinquance. Vous y réfléchissez ?

G.D. On n'y réfléchit pas, on va le faire ! Nous avons pris la décision de faire conjointement avec Marlène Schiappa un point presse mensuel sur tous les sujets, à la fin de chaque première semaine du mois, pour communiquer l'ensemble des résultats de nos services. Il se tiendra à Beauvau, à partir d'octobre. Il reprendra six points : la lutte contre les stupéfiants, les chiffres des violences conjugales, intrafamiliales et sexuelles, les heures de patrouilles pédestres sur la voie publique des gendarmes et des policiers, celles dans les transports publics également, le nombre de dérives sectaires signalées, et aussi le thème de l'immigration et de l'asile.

C'est le retour de la course aux chiffres ?

G.D. Nous ne sommes pas pour la politique du chiffre, mais pour la politique du résultat. Je pense profondément que la France est malade de son insécurité. Il faut vraiment être sourd et aveugle pour ne pas entendre ce que nous disent les Français. Ou alors habiter dans le monde des « Bisounours »… Si la France est malade, il faut prendre sa température. Et je ne connais pas d'autres moyens que de la prendre en se renseignant sur les chiffres, et en les rendant publics.

Mais certains vont vous reprocher de faire de la com…

M.S. La confiance, ça passe par la transparence. Ce que nous sommes en train de mener, c'est aussi un combat culturel pour l'ordre républicain. Il se mène en étant offensif, mais aussi en communiquant sur ce que l'on fait. Si on met en place des dispositifs, mais que les gens ne le savent pas, ils ne peuvent pas y avoir recours, et ça ne sert à rien.

Vous parlez de redéployer les forces de police sur le terrain. C'est qu'on ne les voit pas assez ?

G.D. L'objectif, c'est de remettre du « bleu » dans la rue, car cela rassure les honnêtes gens que nous voulons protéger. Les forces de l'ordre ne font jamais un travail inutile, quelle que soit leur mission. C'est le plus beau métier : celui de protéger. Et je veux le dire à tout le monde : à la fin, c'est toujours la police, c'est-à-dire la République, qui gagne. C'est à nous de le montrer davantage.

Vous dites qu'à la fin, « c'est la police qui gagne ». Mais les Français ont souvent l'impression que les condamnations ne suivent pas. Le problème, c'est la chaîne judiciaire ?

G.D. Je ne suis pas de ceux qui disent que la justice est laxiste. Elle fait son travail. En revanche, elle est lente, c'est ça la difficulté. Elle est lente, car elle manque de moyens et Jean Castex en a conscience. C'est pour cela qu'il va augmenter le budget de la justice. Quand on chope un mec de 19 ans à Tourcoing qui trafique du cannabis et qu'il faut parfois deux ans pour qu'il soit jugé en première instance, ce n'est pas normal. Ni pour la société ni pour lui. L'amende forfaitaire pour détention de stupéfiants, ça doit aussi permettre de désengorger les tribunaux, de faire moins de procédures. Je souhaite d'ailleurs qu'il y ait ce même système d'amendes pour d'autres faits : l'occupation illégale des halls d'immeubles, la vente à la sauvette de cigarettes…

DOUBLER LES PV POUR HARCÈLEMENT DE RUE

Qu'en est-il du chantier des violences conjugales ?

M.S. On poursuit le combat. La plate-forme arretonslesviolences.gouv.fr, créée à l'issue du Grenelle sur les violences conjugales, a déjà permis de recueillir 16000 signalements qui n'auraient peut-être pas pu être recueillis si elle n'avait pas existé, car ces femmes n'auraient pas poussé la porte d'un commissariat.

Et concernant le harcèlement de rue ?

M.S. La France est le seul pays à verbaliser le harcèlement de rue. Quand loi a été votée, tout le monde disait qu'on n'y arriverait pas. Eh bien, je peux vous dire que 1723 amendes ont été dressées par les forces de l'ordre depuis début 2019. Nous avons réuni les préfets mercredi dernier avec le ministre de l'Intérieur, on leur a demandé de doubler le nombre de verbalisations. Les femmes doivent pouvoir circuler librement partout.

VERS UNE INTERDICTION DES GAZ HILARANTS

Certains produits en vente libre posent aujourd'hui problème. Notamment le protoxyde d'azote, le fameux gaz hilarant, très prisé des jeunes dans les cités...

G.D. J'ai demandé à mon administration de me proposer des dispositions pour interdire purement et simplement l'utilisation des cartouches ou capsules de protoxyde d'azote. Je suis élu local, je sais que cela cause des nuisances et que cela pourrit le quotidien de nombreux Français.

Il y a aussi les mortiers de feu d'artifice, régulièrement utilisés dans les manifestations de rue contre la police. C'est un problème ?

G.D. Oui, car ils sont tirés sur les forces de l'ordre. Il faut aussi se poser la question de la vente au grand public, sans non plus embêter les artificiers. Le problème, là aussi, ce sont les ventes sur Internet. Je vais diligenter une mission pour réfléchir à cela afin d'en encadrer la vente.

Où en êtes-vous concernant le projet de loi contre les séparatismes qui sera présenté à l'automne ?

M.S. Nous sommes en train de le finaliser. Depuis trois ans, on a fermé 240 lieux soupçonnés de radicalisation, ce qui démontre le travail accompli sur le terrain. Mais nous voulons aller plus loin contre les séparatismes en légiférant sur un nombre de zones grises juridiques.

Lesquelles ?

M.S. Il y a une mesure forte que j'avais montée dans mes précédentes fonctions et que le président veut généraliser : la création pour les associations d'un contrat d'engagement sur la laïcité. Nous ne voulons plus un euro d'argent public aux associations qui sont les ennemies de la République ! A chaque fois que le ministère de l'Intérieur constatera que les valeurs de la République sont bafouées – comme l'égalité hommes-femmes, la laïcité, le respect de la dignité de chacun ou encore la liberté de conscience –, il s'opposera aux versements de subvention. Ceci concerne toutes les associations, qu'elles soient sportives, culturelles, ou autres.

Ce n'était pas déjà le cas avant ?

G.D. A certains endroits, des élus ont tenté de mettre en place des chartes pour empêcher le financement public de certaines associations, mais celles-ci ne s'inscrivaient pas dans la loi. Avec cette disposition, on va donner un vrai cadre législatif.

M.S. Aujourd'hui, la loi ne permet pas de fermer une association, ou une chaîne YouTube, qui invite, par exemple, quelqu'un qui se présente comme un imam susceptible de dire qu'une femme se parfumant est une fornicatrice méritant les flammes de l'enfer. On peut poursuivre la personne, mais pas le support ou l'association qui l'accueille. C'est une zone grise juridique. Le projet de loi sur le séparatisme doit donc permettre de nous outiller juridiquement pour y répondre. Il faut permettre aux élus de prendre leurs responsabilités par rapport au séparatisme dans les territoires. Certains élus sont courageux, mais d'autres font aussi preuve d'une grande lâcheté, comme à Grenoble, où le maire a soutenu des personnes ayant envahi la piscine municipale en burkini au mépris de toutes les règles d'hygiène.

Quelles seront les autres mesures ?

G.D. Nous allons aussi nous attaquer aux « certificats de virginité ». Certains médecins osent encore certifier qu'une femme est vierge pour permettre un mariage religieux, malgré la condamnation de ces pratiques par le Conseil de l'Ordre des médecins. On va non seulement l'interdire formellement, mais proposer la pénalisation. On va également mettre clairement dans la loi qu'aucun élu ne pourra prendre de dispositions pour favoriser l'inégalité entre les femmes et les hommes pour mettre en place des pratiques communautaires, comme réserver des horaires de piscine à un sexe plutôt qu'un autre.

Vous voulez aussi rendre plus solennelles les naturalisations ?

M.S. Devenir citoyen français, ce n'est pas seulement un acte administratif, c'est aussi un acte profond, symbolique et solennel. Comme l'a dit le président au Panthéon, c'est une volonté. Nous allons établir un vade-mecum de la naturalisation à destination des préfectures. Cela va passer systématiquement par des photos officielles, la diffusion d'un nouveau film sur les valeurs de la République, une chorale qui vient chanter la Marseillaise… Nous voulons également accélérer la naturalisation des personnes de nationalité étrangère en première ligne lors du confinement (éboueurs, caissières, infirmières, médecins) qui ont entamé le parcours pour devenir français.

LES VIOLENCES DANS LA POLICE

« Flic » de Valentin Gendrot, le livre d'un journaliste infiltré dans la police, fait actuellement grand bruit. Il y dénonce des scènes de violences et des propos racistes tenus par les forces de l'ordre. Quelle est votre réaction ?

G.D. Les journalistes travaillent comme ils l'entendent. En revanche, j'ai demandé au préfet de police de Paris de saisir l'Inspection générale sur ces faits de violence et de racisme auxquels l'auteur dit avoir assisté. Le procureur de la République a été aussi saisi. Par ailleurs, cela ne m'empêche pas de m'interroger sur le fait que ce journaliste, qui est aussi un citoyen, n'a manifestement pas dénoncé les faits graves qu'il décrit dans son livre. J'espère qu'il ne s'agit pas seulement d'une démarche commerciale… L'enquête devra aussi expliquer pourquoi il ne l'a pas fait.

Et sur le fond, cela vous inspire quoi ?

G.D. J'ai lu seulement des extraits. Il explique, par exemple, qu'il s'est obligé à faire des fautes de français lors des épreuves de recrutement pour ne pas se faire repérer. Je trouve cela particulièrement insultant pour les policiers. Cela démontre un certain mépris et un parti pris que je condamne.

Plus largement, cette infiltration ne pose-t-elle pas le problème du recrutement des policiers, notamment des adjoints de sécurité (ADS), qui se retrouvent dans la rue en uniforme et armé après seulement trois mois de formation ?

G.D. L'un des grands enjeux des années à venir est la formation des policiers et des gendarmes. Des jeunes hommes ou femmes venus de province se retrouvent parfois à Paris ou en région parisienne, dans l'hyper-violence de certains quartiers, et ne sont pas suffisamment formés pour y faire face. Ce n'est pas la faute des policiers, mais plutôt celle du ministère dans la façon dont on les sélectionne, recrute et forme. Et je veux dire que, s'il y a aujourd'hui beaucoup d'attaques médiatiques contre les policiers, ce sont les agents publics les plus contrôlés et les plus sanctionnés, et qu'ils font le travail le plus difficile de la République.

Comment se passent vos relations avec le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti ? Vous avez eu dernièrement des divergences publiques sur l'utilisation du terme de « l'ensauvagement »…

G.D. J'ai beaucoup de respect pour sa carrière d'avocat et son entrée dans l'arène politique pour servir son pays. Nous menons des actions communes, mais nous avons aussi des sensibilités différentes. Il ne va pas se renier, et je ne vais pas me renier. Mais il n'y a pas pour autant deux lignes politiques au sein du gouvernement. Nous appliquons la même, décidée par le président de la République et le Premier ministre.

Mais vous continuerez d'employer ce terme ?

G.D. Oui, je continue à penser qu'il y a des actes de sauvagerie, et un ensauvagement d'une partie de la société. J'ai mes propres mots, ma propre sensibilité, et j'utilise les mots de mes concitoyens de Tourcoing. Mais je respecte la sensibilité de chacun, et celle en particulier du garde des Sceaux.

Eric Dupond-Moretti estime pourtant que c'est reprendre la sémantique du Rassemblement national…

M.S. Si Marine Le Pen dit que le ciel est bleu, je ne vais pas dire qu'il pleut pour me différencier. Je ne fais pas de politique en fonction du RN, mais pour les gens. J'assume l'utilisation de ce terme d'ensauvagement, et personne ne peut me soupçonner d'appartenir à la droite dure. Je viens de la gauche républicaine. Marine Le Pen n'est pas notre boussole. Tout notre combat au ministère de l'Intérieur est aussi d'empêcher sa progression.

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