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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 05:24

Angelo 7 mois après on n'oublie pas !

Ce 30 octobre, voilà 7 mois jour pour jour que nous luttons pour la mémoire de notre proche Angelo Garand, voyageur de 37 ans abattu par des gendarmes de l'antenne du GIGN de Tours. Venus chez nos parents à Seur (41) pour l'interpeller le 30 mars 2017, ils lui ont tiré 7 balles dans le torse, à bout portant et sans sommation, dans la petite remise où il s'était réfugié. Il était 13h, on s'apprêtait à partager une grillade en famille, le temps s'est arrêté. Depuis, nous comptons les jours.

6 mois plus tôt, en septembre 2016, Angelo n'était pas retourné à la prison de Vivonne, près de Poitiers, où il était détenu pour vol. Après une permission de sortie d'une seule petite journée pour aller voir les siens du côté de Blois, son père âgé et malade, ses 3 enfants âgés de 19, 17 et 12 ans, il était resté auprès d'eux. Il savait bien que cela ne pourrait pas durer, qu'un matin on viendrait le chercher pour le ramener à sa vie de prisonnier, condamné depuis ses 22 ans à l'engrenage carcéral. Mais lorsqu'Angelo était pris, il se rendait. Il n'était pas un forcené. Alors pourquoi lui avoir envoyé un commando du GIGN, au lieu des gendarmes locaux connaissant notre famille ? Et pourquoi ces hommes surentraînés aux situations critiques se sont-ils précipités dans la remise où un petit bruit venait d'attirer leur attention ? Ils pouvaient encercler la seule issue, négocier, mettre en oeuvre les nombreux moyens non létaux à leur disposition pour préserver le droit à la vie d'Angelo. Or nos proches présents sur les lieux sont formels : les gendarmes n'ont pas dit un mot et ont mitraillé aussitôt entrés.

Nous contestons la thèse de la légitime défense avancée par le procureur de Blois. Le 25 septembre dernier, la juge d'instruction en charge de l'information judiciaire dans laquelle nous sommes parties civiles décidait la mise en examen des deux gendarmes auteurs des tirs mortels pour « violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Après cette première avancée, plus que jamais le combat continue. 6 mois après qu'Angelo nous ait été arraché, une seconde Marche en sa mémoire faisait résonner dans les rues de Blois notre colère et notre détermination. A nouveau ce 30 septembre nous l'avons crié haut et fort à travers la ville : nous voulons que toute la vérité soit dite sur les conditions de la mise à mort d'Angelo, et que justice lui soit rendue, comme pour toutes les victimes des abus et de la violence des forces de l'ordre. Merci à celles et ceux qui sont venus ou qui nous soutiennent à distance. Merci pour les paroles qui ont été dites tout au long du cortège. Merci en particulier à la maman de Wissam El Yamni et aux membres de son comité, dont la présence et les mots renforçants nous ont ce jour-là touchés au coeur.

Entre familles de victimes, nos solidarités sont précieuses car nous partageons le même sort. Ceux qui tombent sont tous nos frères, nos fils, nos pères. Et quand on marche pour un, on marche pour tous. Nous serons toujours présents en pensées ou physiquement pour honorer toutes les victimes, aux côtés de leurs familles. Nous serons présents à Rennes le 2 décembre prochain pour honorer Babacar Gueye, à l'invitation de sa famille et de son comité de soutien. Nous continuerons sans relâche à informer la population, à travers nos communiqués, notre pétition, les réseaux sociaux, et les trop rares médias qui nous relaient. Car au-delà des pauvres et des discriminés, premières cibles d'abus et de violences sécuritaires et carcérales qui humilient, blessent, et tuent en toute impunité, tout le monde est concerné. Nous ne le redirons jamais assez. 

A Blois, nous allons régulièrement distribuer nos tracts , et inviter à rejoindre notre comité de soutien local. 3 jours avant notre marche du 30 septembre, la police municipale est soudain venue en nombre nous interdire de continuer, au motif qu'un arrêté imposerait de faire une déclaration avant tout tractage dans l'espace public de cette ville. Ce jour-là, nous avons décidé d'obtempérer, pour ne pas compromettre un petit groupe de jeunes qui prenaient notre parti. Nous avons tenu à éviter que ce débarquement de policiers à pied, à vélo, à moto, en voitures, n'en vienne à provoquer un « trouble à l'ordre public » inexistant avant cette irruption, mais dont nous aurions ensuite été rendus responsables, comme nous en avons été menacés, et comme cela se produit régulièrement en situations d'abus policiers.

Depuis nous avons appris sans surprise qu'en réalité, aucun arrêté municipal ne réglemente le tractage dans l'espace public de Blois. Nous attendons le résultat des investigations du Cabinet du Maire concernant l'intervention policière dont nous avons fait l'objet. Quoi qu'il en soit, nous reviendrons encore et encore, avec nos tracts, échanger librement dans la ville avec toutes celles et ceux qui voudront bien nous écouter et appuyer notre combat, conscients que c'est l'ensemble de notre société qui doit se mobiliser contre les abus, les violences et l'impunité des forces de l'ordre.

La famille Garand et ses soutiens
Le 30 octobre 2017


Pour rejoindre notre collectif de soutien à Blois, pour continuer à signer en tant qu'organisation solidaire (voir en P.J.), ou pour plus d'informations, nous écrire à justicepourangelo@gmail.com

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