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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 08:08

http://www.leparisien.fr/aulnay-sous-bois-93600/a-aulnay-l-affaire-yacine-cristallise-la-defiance-envers-les-autorites-15-10-2017-7333356.php#xtor=EREC-1481423606-[NL93]---${_id_connect_hash}@1

A Aulnay, l’affaire Yacine cristallise la défiance envers les autorités

 

Un dispositif de sécurité renforcé est en place sur la ville, sous tension depuis la mort d’un jeune, dont les proches doutent des explications officielles. Les habitants pointent un divorce entre autorités et population.

« C’est le comportement des enquêteurs qui sème le doute. On a le sentiment qu’on nous cache des choses… » Ce dimanche, 400 personnes ont manifesté à Aulnay, un mois après la mort de Yacine.

Objectif : rappeler les doutes qui entourent la mort du jeune homme de 24 ans, dont le corps a été découvert dans une cave, pantalon baissé, avec des lésions sur le visage.

Il y a quelques jours, une information judiciaire pour homicide involontaire a été ouverte, mais certains habitants n’ont pas attendu les conclusions de l’enquête pour pointer du doigt les autorités — police et justice. « Ici, tout le monde croit à une bavure maquillée », résume un ami de Yacine. Un rapport a conclu à un décès par overdose, mais les proches n’y croient pas.

Depuis le viol présumé de Théo par un policier, en février, Aulnay est sous tension. Au moindre flou sur une affaire, on soupçonne la police d’être impliquée et la justice de ne pas traiter les victimes comme des citoyens lambda. Tout dérape vite : les soirs suivant les premiers résultats de l’enquête sur Yacine, des voitures ont brûlé et des échauffourées ont éclaté. Invariablement, au petit matin, des tags réclamant « Justice » fleurissent sur les murs de la ville.

Preuve que la situation est explosive, la préfecture du 93 se dit très attentive « à l’évolution de la situation sur la commune d’Aulnay », indiquant que « le dispositif de sécurisation a été adapté et renforcé par la direction territoriale de la sécurité de proximité, au regard de la situation constatée ».

 

« Citoyens de seconde zone » pour Abdel, habitant des 3 000.

Selon le jeune homme, investi dans diverses initiatives culturelles aux 3000, la défiance provient d’une différence de traitement entre les quartiers et les zones aisées. « Quand le fils Sarkozy perd son scooter à Neuilly-sur-Seine, la police va jusqu’à pister le voleur via son ADN ! Chez nous, un jeune meurt… et on a le sentiment que les enquêteurs n’y mettent pas tout leur cœur », estime Abdel. Qui ajoute : « Le comportement quotidien des forces de l’ordre pose problème. Ici, on nous tutoie direct ! Alors, quand les mêmes policiers sont censés enquêter sur la mort d’un habitant du coin, on a des doutes. »

Le passif entre jeunes et policiers, selon des associatifs.

« Il y a un divorce entre une partie de la population et des forces de l’ordre. Cette défiance vient du passif entre eux, résume Hervé Suaudeau, de l’association Vivre mieux, ensemble. Comment les quartiers nord peuvent-ils placer leur confiance dans les collègues des auteurs d’un viol présumé sur un gamin de 21 ans ? »

Hadama Traoré, du collectif La Révolution est en marche, renchérit : « Quand il y a un flou sur une affaire, on pointe du doigt la police, c’est devenu automatique. Il y a une paranoïa… justifiée ! »

Un « mal profond » pour Leïla Abdellaoui, élue (SE).

« Les gens des quartiers ont peur, estime la conseillère municipale. Quelqu’un du quartier me racontait qu’il disait à son fils, étudiant dans une grande école, de baisser la tête en cas de contrôle policier, de ne rien répondre. C’est dire à quel point le mal est profond. » Leïla Abdellaoui s’étonne également que, dans le cas du décès de Yacine, « son frère Bilel a dû s’adresser à quatre commissariats avant de pouvoir déposer une plainte. Qui, en découvrant son frère mort dans une cave, pourrait accepter cela ? »

« N’incriminer personne sous le coup de la colère », demande Samira, une maman

des 3 000.

Juste après le viol présumé de Théo par des policiers, en février, elle faisait partie des « mamans » du quartier des 3 000, qui réclamaient le départ des CRS du quartier. « Aujourd’hui, dans les cités, les gens se méfient de la police, car quelques-uns sont loin d’être exemplaires », rappelle-t-elle. Mais comme partout, « il y a des bons et des mauvais. Pour Yacine et de manière générale, il faut laisser l’enquête se faire, n’incriminer personne sous le coup de la colère ».

 

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