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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 12:26

http://www.slate.fr/story/149028/mort-adama-traore

Antoine Hasday

«Pas de justice, pas de paix!» Ce samedi 21 juillet, les rues étroites et pentues de Beaumont-sur-Oise peinent à contenir les 1.500 personnes qui défilent en hommage à Adama Traoré. Les t-shirts rouges ou noirs du collectif La Vérité Pour Adama sont les plus nombreux. Mais d’autres noms se détachent: Ali Ziri, Lamine Dieng, Angelo Garand. Autant de victimes de violences policières, dont les proches réclament justice et prendront la parole un peu plus tard, sur le terrain du quartier de Boyenval. Dans la nuit, des heurts opposeront une quarantaine de jeunes aux forces de l’ordre. «On n’oublie pas, on pardonne pas!», clame la foule, tenue à distance par des barrières, devant la gendarmerie de Persan.

Un an plus tôt, le 19 juillet 2016, c’est derrière ces murs qu’Adama Traoré, 24 ans, est mort le jour de son anniversaire. Après s’être soustrait à un contrôle d’identité à Beaumont-sur-Oise –les gendarmes venaient d’arrêter son frère Bagui, qui se trouvait avec lui– il s’est caché sous un drap dans un appartement voisin. Découvert, il a subi un plaquage ventral, immobilisé au sol sous le poids de trois hommes, avant d’être emmené à la gendarmerie de Persan. Les rapports d’autopsie successifs ont démontré qu’un «syndrome asphyxique» avait contribué à sa mort. Sa mort a entraîné de vives réactions dans le quartier et les villes avoisinantes, tout en initiant une mobilisation qui n’a pas faibli depuis.

 

es affaires difficiles à juger

Une cinquantaine de policiers ou gendarmes sont condamnés chaque année en France pour violences volontaires, selon Camille Polloni dans Les Jours. La moitié est condamnée à de la prison, quasiment toujours du sursis. Si la victime a été tuée avec une arme à feu, la légitime défense est généralement retenue, et les procès sont l’exception. La tenue des enquêtes internes est critiquée par certaines associations de défense des droits de l’homme. «Cette affaire révèle par ailleurs un système d’enquête défaillant, dans lequel les investigations ont été réalisées prioritairement par des pairs et n’ont pas permis de relever les déclarations contradictoires, incohérences ou incertitudes concernant le déroulé les faits», écrit l’ACAT au sujet de l'enquête sur la mort d'Ali Ziri. L’association réclame la création d’un organe d’enquête véritablement indépendant et la publication annuelle de chiffres relatifs à l’usage de la force par les policiers et gendarmes.

«En France, les plaintes pour ce type de violations des droits humains ne sont pas souvent suivies d’enquêtes effectives, et les responsables de ces actes sont rarement traduits en justice», affirmait déjà Amnesty en 2009. Depuis, la situation s’est améliorée sur certains points, comme la possibilité pour chaque citoyen d’alerter l’IGPN, ou bien de saisir le Défenseur des droits. Mais les victimes de violences policières savent que les procédures demeurent longues et incertaines. C’est au bout de huit ans que la justice a refermé le dossier Ali Ziri. Les proches de Lamine Dieng ont attendu dix ans pour obtenir un non-lieu. Pour les familles, le dernier recours consiste alors à porter plainte contre la France devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, où elle a déjà été condamnée à de multiples reprises pour des faits similaires.

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  • : Halte aux violences policières excessives et disproportionnées! Les droits humains ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de la sécurité.
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